Auto-Psychologie

J’arrête

Bah ouais, j’arrête ! Pourquoi pas ? Cela dit, j’ai pas dit quoi… Enfin si, justement, je l’ai dit, dans un précédent billet : J’arrête les gens.

Il n’est clairement pas question de fliquer qui que ce soit, c’est pas une arrestation pandoresque et mort aux vaches au passage. Pas les vaches à 4 pattes, hein, comme ça on vexera pas les habitants de l’Inde, souvent pratiquant la religion Hindi fervente protectrice des animaux qu’elle estime sacrés, surtout les vaches d’ailleurs. Donc pas d’arrestation, je n’en ai ni l’envie ni les moyens, et je ne suis pas du genre à prétendre représenter quelque autorité que ce soit. Je conchie l’autorité. Mort aux vaches, c’est mort aux flics, policiers, pandores, keufs, feukeus, poulets, roussins, lardus, des synonymes y en a des centaines tant la partie illégale de la société les a en horreur, dérision… Inventer des sobriquets pour qualifier un métier, un individu dont c’est le métier, c’est marrant, moi j’aime bien. Surtout ce type d’individus qui croit que SA vision des choses, du bien et du mal, est celle que tout le monde devrait adopter.

J’arrête les gens, certainement pas dans la rue pour leur poser des questions. J’arrête les gens comme j’arrêterais la clope ou l’héroïne. Et un jour peut-être t’expliquerais-je pourquoi tant de haine. Un jour peut-être. Mais toi t’en es un de gent, jusqu’à preuve du contraire car je ne m’adresse pas à des robots. Mort aux robots ! (ta gueule)

Te formalise pas, j’ai été chercher le singulier de gens. C’est gent, ou gente, mais ça se dit plus tellement de nos jours. Nos jours maudits, étranges à souhait, sans morale, sans intégrité, sans dignité, ces jours sont pathétiques. A cause des gens. (tu t’enfonces)

O.K.

Bah non, pas « à cause des gens » clairement. Tu sais, j’ai conscience des choses, et je ne passe pas mon temps à reprocher tout aux autres. Parce que « les autres » n’existent pas en quelques sortes. Les autres c’est les gens. C’est tout le monde, et on ne peut pas désigner un coupable s’il en faut un, en englobant tout le monde. Ici, s’il en fallait un, le coupable serait moi-même, cette propension à tout dramatiser, à croire aussi que tout est contre moi, à certains moments bien précis qui ne représentent en gros qu’une toute petite partie de la totalité du temps passé. Si j’arrête les gens, c’est pour une bonne raison : je leur fais du mal involontairement. Et c’est pas un vieux délire tordu, j’en suis pas venu à cette conclusion par des détours accidentés, mais c’est une constatation. Et le pire c’est que plus ça va et moins je m’en aperçois pendant que je le fais, et à chaque fois il faut une personne en qui j’ai confiance pour me ramener à la réalité ponctuellement. On appelle ça la paranoïa.

Alors, j’arrête. Et ça veut pas dire que je vais rester chez moi et plus jamais ouvrir ma porte, et puis j’ai déconnecté totalement de tout réseau social virtuel, et je constate que le téléphone a de moins en moins de charme pour les personnes qui sont à jour, ces réseaux sont utilisés quasi exclusivement par certains, certaines, que je ne juge pas plus sévèrement. Je précise parce que le mot certains peut prêter à confusion, c’est dit sans aucun mépris, sarcasme, ou je ne sais quoi. Ça ne veut pas dire que je ne vais plus voir personne, donc. Ça veut dire que c’est bon, j’ai mon compte d’amis, de connaissances, et je ne souhaite plus faire entrer personne de nouveau dans ma vie. J’ai dû être trop gentil à un moment, baisser les armes et enlever l’armure, celle que je me targuais de ne pas posséder il y a encore assez peu de temps, quelques années au plus, et que j’avais tout de même sur le dos. Enlever est un bien grand mot d’ailleurs. Je ne pense pas avoir réellement retiré cette protection invisible, mais simplement déboulonné quelques articulations pour être plus à l’aise. Points faibles repérés immédiatement par quelques coquins malintentionnés, qui les utilisèrent pour me faire du mal. Ces derniers n’étaient pas nombreux, mais ces épisodes dans lesquels la violence eût une place de choix, eurent tôt fait de me faire me replier totalement. Stratégie ultime, tentative désespérée de me mettre à l’abri. Ces dits épisodes m’ont fait tout voir en noir, « les gens » y compris. Assimilation de personnes mauvaises à une masse globale, d’un coup c’est tout le monde qui souhaite utiliser des failles diverses que j’aurais en moi, profiter de moi jusqu’à me laisser crever dans un fossé dépouillé, à poil… Je sais, ta gueule, mais c’est comme ça quand même que ça plaise ou non. Quand on souffre et qu’on se retrouve à souffrir davantage de par la décision de quelqu’un de précis ou d’un groupe précis, restreint (ou pas), on peut vriller comme y disent les djeunz. Et la durée, la taille aussi, de ce départ en vrille, peut varier selon beaucoup de facteurs.

Ce que ça veut dire également, c’est que je pense avoir eu mon compte de soirées diverses hors d’un cadre habituel, les sorties du vendredi soir et qui durent parfois jusqu’au lundi ou au mardi, et celles du samedi soir très courtes aussi, ces bains de foule devant un dancefloor sur lequel on ne peut plus danser du tout tant il est blindé, ça me répugne. Je n’ai jamais aimé ça, je ne m’y sens mal, jamais à l’aise et même si je suis entouré de potes à ce moment là, j’ai encore des impressions de ne pas faire partie de mon groupe, isolé dans la masse, d’être un boulet et que ça se voit, que les gens autour le voient et se foutent de ma gueule ou me catégorisent d’office très bas dans leur estime, sans même avoir eu besoin de faire connaissance avant. Et alors, si par hasard (pas si hasardeux que ça) au moment où je suis dans cette foule s’abreuvant des kilowatts du mur de son, je suis sous substances hallucinogènes, alors là c’est le pompon : impressions de capter toutes les énergies voire les pensées de toutes les personnes qui m’entourent et des fois c’est pas joli-joli. Les comportements deviennent types, et toutes les petites stratégies psychologiques des uns et des unes ressortent grossièrement. Souvent je dois bouger, aller danser ailleurs, tant la tension est rude à un endroit précis, et que ce que je capte est malsain. Des fois au contraire, mais c’est vraiment rare, je sens une osmose vraiment positive, mais c’est généralement la journée, et la foule à ce moment là s’est changée en un groupe informel d’une vingtaine de personnes maximum (tout dépend de la taille du mur) qui fusionnent avec la musique. J’adore ça. Mais ça n’arrive que trop peu souvent.

En bref, plus de grosses soirées, plus de nouvelles connaissances, et je peux enfin respirer et m’adonner sans interférences parasitaires à tout ce que j’aime faire. Juste garder une chose à l’esprit : rien n’est définitif. J’ai des choses à faire avant de pouvoir recommencer, avant d’avoir à nouveau la capacité en toutes circonstances, d’apprécier les nouvelles rencontres, d’être ouvert, agréable, et respectueux lorsque ça arrive. Je fus sympathique, facile d’accès, et ce n’est plus le cas, car « on » a utilisé ça contre moi une fois de trop. Comme je n’aime pas la partie méfiante de ma personnalité, celle qui est aussi provocatrice, menaçante et agressive parfois, alors je préfère pour un avenir indéfini rester dans mon coin et adoucir tout ça – me reprogrammer pour ne plus vibrer que d’amour et plus jamais de haine, ce qui est concrètement impossible alors je vais reformuler : pour ne plus vibrer quasiment que d’amour, et du moins de haine possible. Là, je suis réaliste.

Le prochain billet s’appellera « Addiction ». Ou un truc dans le genre.

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