Auto-Psychologie

Tant de choses

Tant de choses à dire, et si peu de temps pour les dire, et puis elles s’entrechoquent à l’intérieur de l’immensité métaphysique imaginatoire de mon esprit, limitée par les os de mon crâne. Elles s’enchaînent rapidement. Mais aucune chance d’en choper une, parce que ça va trop vite : le temps d’avoir l’impression d’en avoir attrapé une, de ces petites bulles subjectives s’envolant dans l’espace intersidéral d’une nuit interminable mais magnifiquement étoilée, je suis déjà passé à la suivante. Comme elles entrent en conflit, la seconde fait s’étioler la première jusqu’à l’oubli. Et comme la troisième arrive déjà, la seconde est à peine touchée du bout d’un doigt fébrile avant de se dissiper dans la partie estampillée « néant » de ce cerveau insaisissable, même pas réellement remplacée par cette troisième, qui sournoisement se gausse de cette volonté vaine de l’homme de vouloir la capturer, avant de s’évanouir pour laisser place à la quatrième, et ainsi de suite…

Il faut un garde fou pour canaliser tout ça, se poser est déjà une première résolution qui paiera, c’est sûr. Fermer les yeux, seconde action ô combien salutaire. Inspirer, expirer, tenter de rendre régulière cette respiration et se concentrer dessus. Tenter de le faire. Les pensées arrivent, il faut les laisser glisser sans s’y accrocher, toujours se diriger vers ce souffle, anima, âme en Latin. Le souffle est-il lié à l’âme ? Tout est relatif, donc oui, mais cette signification est plus subtile que mécanique, anima, un souffle est à la base de l’existence sur le plan astral. L’âme est telle un souffle, elle est insufflée par une entité sans forme et sans visage, appelle-la « la destinée » ou « l’absolu » ou comme tu veux, même ne l’appelle pas si tu veux. Je replonge.

Ces pensées, les yeux fermés, passent les unes après les autres, elles s’envolent sans gêne. L’ego se tait, pour l’instant car il est sournois aussi l’ego. Il revient par derrière si on lui barre temporairement l’accès principal. Donc une pensée s’accroche. C’est ce qu’il faut éviter, l’ego lui répond à sa manière, et les émotions emplissent l’espace, et la pensée s’installe. Elle finit par être éjectée par l’esprit lorsqu’elle devient trop pénible, car elle peut le devenir, l’ego cherchant toujours à croire à des chimères afin de faire déferler des vagues d’émotions sur l’être et de le déstabiliser grâce à ces mensonges émotionnels, délires montés de toutes pièces par cette partie de lui difficilement contrôlable.

Mais il est de ces moments assez compliqués, pendant lesquels une de ces bulles plus légère que l’air devient plus lourde que le plomb – par exemple les paroles d’une chanson. Mise en situation : on est entre deux cycles de sommeil, et à ce moment là, le corps est au repos, les réflexes aussi, un peu comme sous hypnose, la vulnérabilité est totale, c’est sans contrôle et la focalisation irraisonnée sur la pensée répétitive, accentue cet état hypnotique et perturbe, voire empêche de se rendormir (pour ce type de situation). Et là je pense à ce mythe, enfin ce que moi j’identifie comme étant un mythe, qui raconte qu’un démon viendrait la nuit s’asseoir sur la poitrine de personnes paralysées, incapables de bouger, et qu’il empêche ses pauvres victimes de respirer correctement par son poids… Quelqu’un qui se contente de subir tout ce dont j’ai parlé avant (sur les pensées obsédantes, particulièrement pendant le repos) sans comprendre comment fonctionnent les rouages de cette mécanique complexe, ni même chercher à le comprendre, peut par facilité croire à des légendes, mythes, qui donnent du sens ou mystifient les différents moments de sa vie. On devine aisément des côtés nuisibles de ce choix de facilité : acquérir la certitude d’être étranger à ce qui arrive et de ne rien pouvoir y faire, à moins d’aller chercher de l’aide dans des groupes douteux (exorcisme ?), religieux, ésotériques, sectaires, etc. Très souvent obscurantistes. Donc à éviter. Il vaut mieux marcher seul que d’être porté par des personnes qui ont la main dans ta poche et qui te soutiennent que c’est parce que c’est plus pratique, la prise est meilleure pour te porter… Toi t’as pas compris parce que tu penses encore avec ton conditionnement avare, les tunes c’est pas les mains qui te les prennent, elles ruissellent, elles tombent toutes seules, y a pu qu’à se baisser pendant que tu regardes pas, que tu es dans l’euphorie d’avoir trouvé ta voie…

Y avait beaucoup de chances que ça parte en romans, pavés, appelle ces monologues comme tu veux, aussi. Je m’en fous, moi je les appelle pas ces diatribes, je les fais, je les livre à nu, le reste me regarde pas.

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