Quotidien alternatif

C’était pas un accident

Quelques mois plus tard, j’ai enfin des informations. Alors effectivement, je peux avoir des réactions violentes à la violence. Surtout si elle est exprimée pour humilier, et non pour faire mal. Si je reçois des gifles et que j’ai un truc à porté de main, j’hésiterai pas à le prendre au bout de ma deuxième ou troisième sommation de stopper ça, et à m’en servir. Or autour de moi, parfois il y a une gueuze qui traîne.

J’irai faire le dernier trod, et je lui enverrai tout de même le résultat des tests pour les MST. Y a pas de problème, mais je ne suis plus du tout dans le même état d’esprit qu’à l’époque. Je déplore ce manque de franchise, qui m’a fait douter de moi. Jamais je n’irai agresser quelqu’un et donner le premier coup, je le savais, je me connais suffisamment pour le savoir, dans quelque état que je sois il reste un point commun, je suis moi avec tout ce que j’ai appris en grandissant, en évoluant, en me cassant la gueule, en déconnant, en assurant, en apprenant.

Donc c’était pas du tout un accident. Qu’on se le dise.

Fiction

Mochtar

Ce matin, dans ma salle de bain, le zguègue entre les mains, j’avais du chagrin…

Elmer Food Beat (Est-ce que tu la sens ?)

Un petit café, sans Kafka ce matin SVP. Trop de Kafka tuent le café, comme les petites bulles d’air et l’excès de chaleur qui donnent au délicieux breuvage un coup de chaud tel qu’il n’est plus buvable, tout l’arôme s’en va si on l’oublie pendant qu’il chauffe.

Je ne sais pas ce qui m’arrive en ce moment, je le répète suffisamment comme ça. Citer Elmer de cette manière, au matin, sans prévenir, ça me perturbe. C’est entre moi et mon Moi mais bon. Surtout que les paroles de cette superbe chansonnette – dont on ne sait pas si elle est paillarde ou rock – sont croustillantes au possible. Grasses et sales comme le cul d’un éléphant un matin de chiasse mal réveillé, Babar. Tout pour plaire au Mochtar donc !

Prononcez « Moche-Tard »
[ mɔʃtaʁ ]

Je me présente, je suis le Mochtar, et je ne suis pas là pour plaire à qui que ce soit, je suis plus là pour emmerder le monde. C’est moi le Mochtar, je suis moche mais il est tard alors les poules me confondront avec un de leurs coqs de merde, séduisants, un de ceux que généralement je mets sur ma chaise de torture à pique, et elles seront déçues en pleine lumière. Moi pas. Jamais. J’enfante, des petits Mochtars un peu partout, comme Bob. Jamais de protection, la mort m’emportera quand elle le voudra, et si elle veut ce sera d’une chaude pisse. Soit. Gare si le Mochtar te mate… S’il se gare en double file et que son rétroviseur touche le tien tandis que tu es au volant de ta 106 de petite citadine parfaite, tu es déjà enceinte, ou morte. Entre les deux le cœur de pierre du Mochtar balance. Je rigole bien sûr, le Mochtar n’a pas de cœur, ni en pierre ni en chair ou en muscle.

Oracle

Vengeance vs. pardon

Il y a des fois où pardonner est au-dessus de ses moyens, le pardon devient alors plus difficile à choisir que la vengeance, qui à son tour devient une solution de facilité. 

La vengeance n’est pas pour autant une réelle solution de facilité. Il faut la fomenter, la scénariser, ou simplement attendre l’instant idéal, patienter. D’où le bon vieux dicton « la vengeance est un plat qui se mange froid » qui additionné de celui-là « y a que les montagnes qui se rencontrent pas » peut faire frissonner, voire être le début d’un film d’horreur…

Je suis la haine de Jason.
Je suis le sadisme de Hannibal.
Je suis la folie de Norman Bates.
Je suis l’intelligence de Jigsaw.
Je suis la brutalité de Leatherface.
Je suis… le dernier visage que tu verras dans cette vie.
Mouahahahahahahaha ! (rire diabolique)

Ce mec t’a fait du mal ? Il faut l’attraper, sans hésiter à lui coller une balle dans la jambe, le genou ou encore un organe non vital pour le rendre moins dangereux s’il l’est, le foutre dans un coffre de bagnole et l’amener dans une maison abandonnée, dans la cave préalablement insonorisée, l’attacher à quelque chose de solide comme un crochet dépassant des fondations de la maison. Un radiateur en fonte peut très bien faire l’affaire s’il est solidement fixé au mur. Ensuite, le plus simple mais le plus plaisant : la torture.

Sinon tu peux aussi pardonner. Peu en sont capables. 

J’ai ma protection, mais j’ai également mes malédictions.
Alors… Que choisir ?

Paroles

Funérailles

Prends ton dernier rail avant tes funérailles

Casey

A sa décharge elle ne me connait pas. Je ne sniffe pas. J’injecte tout, ça me permet d’avoir les narines libres en descente, et de pouvoir dormir du sommeil du juste. C’est très pénible de dormir enrhumé ou le nez bouché.

Donc pour moi ce sera un simple « Prends ton dernier shoot avant d’finir ta route » et parce qu’il n’y a pas énormément de rimes en shoot, la mienne n’est pas riche. Mais par contre la musique de Casey l’est, les instrus sont terribles, les collectifs auxquels elle a participé m’ont fait découvrir des artistes supers, comme Prodige, Sheryo que j’ai effectivement connu via elle, Vîrus, B.James, etc. Mais sans scrupule, les fous comme moi s’en inspirent pour exprimer leurs trucs et leurs machins qui les hantent.

Souvent le rap s’adresse à « tu » un pronom personnel, toi. C’est accusatoire, parfois très agressif, ça fait réfléchir, et d’autres fois ça sent juste les textes de vengeance, et là on peut accompagner le chanteur sans se sentir concerné, on a tous un connard à qui on aimerait bien mettre quelques patates, non ?

Tu brailles Babar, tu pilles l’écaille avec ta
Paille Nabab, tu t’entailles le oid…

Où qu’t’ailles c’est : No way ! Call the FBI !
Et t’es def’ B-eye de Big Brother t’assaille
Tu payes, avec ta caille-ass ayayaye

Maquille ta paille en origami, et puis cueille
La vie, cueille la vie… avec les dents cueille la vie…
Mais cueille la vite, car l’écueil la voit, et qu’il la veut !
Tu veux du rab ? Alors cesse de faire ton crabe,
Fais néné, tkt moi j’grab la tétéille, mon srab !

Passe le joint copain ! J’te rends pas un kopeck mon lapin
A quand la Rabla Latté des petits formatés,
Au bord de la Terre fermente l’Ether, et j’affirme à mes
Risques et périls latéraux que les terres des firmes
Se déforment et contaminent les biofermes, et comme
Bioman n’est plus en forme, c’est très con… et conne !

Mais souvent aussi, les textes parlent en « je » l’egotrip. Tout tourne autour de l’ego et certains rappeurs ne peuvent s’empêcher de pousser l’expérience jusqu’à être extrêmement prétentieux. Ou vantards. Ou un mélange des deux. Mais d’humilité il y a rarement dans ce type de textes.

Alors j’prends mon dernier fixe avant mes funérailles,
J’me raye, les oreilles baissées, mon crâne déraille…

Mon existence s’enraye, et un ange baille, ma caille !
Tout est
die, et ces racailles de rats se les caillent…
…Les couilles, écoute-les grouiller, raï, l’écaille
De poisson coule à flot, les coutelas coulent à fleur
De peau, les scouts qui crurent à leur faux-flair rafleur…
De pis… En dépit des pire éraflures, l’air affleure
La passiflore mais pas si vite ! Les effets affluent,
Des flux énergétiques passifs, l’orifice en reflue…
En veux-tu en voilà, des lyrics qui fixent les enflures,
En vitesse envolés, délité sur des lits de littérature,
Tes ratures piratées délétères, te rendent un peu taré,
Allume un pétard et fume mon pépère, moi j’t’arrête
Direct, j’te braque en paix, ici c’est l’tarif du Mochtar…

Donc paye ton pet’ mon petit péquenaud-taire…

On peut aussi, et c’est plus rare, pratiquer un exercice qui est davantage réservé à la littérature, la fiction. C’est se mettre dans la peau d’un personnage imaginaire, ou réel, et parler en son nom. Comme le personnage de l’esclave qui est traité en « Sac de sucre » (Casey) dans la chanson éponyme.

Le Mochtar c’est pour : « Non seul’ment il est moche,
Mais en plus il est en r’tard », et c’est moi le Mochtar.
Je suis le Mochtar, et je t’mâcherai pas l’travail,
Jamais en costar, j’suis de mèche avec les pochtars,
Pleins de came tardive, qu’arrivent des camtars,
J’embauche tartufes et martyrs, mais du calme tocard…

Pour le job t’es auch ? Alors démarre la tire, petit pétochard !
Dès lors des militaires, mais les temps sont chers,
Les lieux délimitèrent, y montèrent les vieux d’l’élite !
Mais prends la route avec le Mochtar, j’ai des litres

Et des litres de kéro, allez vite on s’tire, ouvre les vitres,
J’couvre la suite de l’aventure, ce soir on mange tard !
Ça suinte faut éventer ! Les pompiers appellent les chtars,
Donc appelle les pas ces putes, j’les tiens en joue et j’tire !

Alors tu bouges pas une patte, sale pompier d’tes morts !
Va niquer ta mère ! Dans deux s’condes t’es mort.

Mais Casey est engagée, faire de la musique c’est pas quelque chose de léger, ça peut être amusant mais la gravité est de mise lorsqu’elle traite le sujet de l’esclavage, elle qui semble être personnellement intéressée vu sa couleur et certainement ses origines, par l’histoire des Noirs, et touchée par leur traitement aux Caraïbes à l’époque de l’esclavage. Les Noirs qui en ont chié, et c’est peu de le dire, à cause de raclures de chiottes, accessoirement blanches comme des bidets, souvent aïeules des békés actuels. Tout ça c’est pas très couleur locale…

Aux Caraïbes, les Noirs ont été importés sans ménagement, telles des marchandises, emmenés de force, dans des bateaux négriers. A la base ils ne sont pas originaires de là-bas, mais le sont de différents coins d’Afrique, ça n’a rien de secret. Donc la couleur locale originelle serait plutôt ici une magnifique peau cuivrée, magnifique à l’instar de la noire (qui est rarement noire), et de la blanche (qui est rarement blanche). Comme des autres.

Aujourd’hui tous les coins du monde ont été découverts, explorés, sauf quelques forêts denses, et très rares sont les civilisations qui n’ont pas laissé d’autres cultures se répandre chez elles et se mélanger avec leur culture locale. C’est le cas du peuple des Sentinelles, fermement opposé à ce qu’un seul pied étranger se pose sur leur île qu’ils protègent férocement, en tuant sans pitié les récalcitrants. Ils ne sont manifestement pas inquiétés pour ces meurtres sauvages, étant les seuls à faire la loi chez eux, et comme l’accès à l’île est strictement interdit à quiconque par le pays de qui elle dépend, l’Inde, ils sont plutôt tranquilles. Celui ou celle qui bafoue la règle doit en assumer les conséquences : mourir dans d’atroces souffrances.

Lorsque des cultures se croisent, ça peut bouleverser l’ensemble de la communauté, changer des traditions, en apporter des nouvelles, et grâce à la faiblesse de l’humain à se laisser aller à tomber amoureux, de belles histoires mixtes qui font évoluer ces fameuses couleurs locales, en les métissant. Le résultat est beau.

Mais je comprends aussi tout à fait l’importance que mettent certaines tribus, peuples, civilisations, à se couper du monde et maintenir l’ensemble de leur communauté sous l’égide de leurs propres règles, par exemple refuser le soi-disant progrès et la technologie (Amichs, Mormons). Je ne peux évidemment pas accepter par contre, qu’on lave le cerveau d’individus afin que leur curiosité jamais ne dépasse la limite d’un territoire, qu’on empêche des gens de quitter leur communauté pour aller à la rencontre d’autres gens.

Suis-je sur des clichés, là ? Lorsque rien ne sort d’une société dans la société, personne ne peut vérifier qu’il n’y est pas pratiqué des sévices, parfois connus par l’ensemble de la communauté qui en a honte et ne veut pas que ça se sache à l’extérieur, les couvrant simplement. C’est la raison pour laquelle je suis contre le principe de société secrète. Je n’ai rien en particulier contre les francs -maçons, mais ils font partie d’un ensemble de choses qui me débectent. Donc la Franc-maçonnerie me débecte, mais aussi le groupe Bilderberg, Rose-Croix, l’Eglise du Vatican, le gourou Osho et ses sbires, etc.

Hé ! Fallait bien que je crache sur quelque chose avant de boucler mes funérailles…

L'invisible

Opéra

Je crois qu’une partie non explorée de mon cerveau est en train de créer, en secret du reste, un opéra dans un mélange de jargon et de patois de mon salon. Ça se précise… Des mélodies naissent dans ma tête incapable de les transcrire, je ne connais pas le solfège ! C’est très con. Ça tombera comme le reste, aux oubliettes. Combien d’artistes qui auraient pu être très talentueux ne se sont jamais révélés au monde ? Combien de Picasso, de Mozart, de Vian, de Jul, toutes ces têtes reconnues pour leur oeuvre absolument indispensable, n’ont pas pu donner corps à une oeuvre du coup restée dans leur tête ? Destin capricieux, lèche-moi les côtes, continues, tu tiens l’bon bout. Et moi je ris. En musique. Mais même toi, Destin, tu ne peux pas l’entendre, cette musique.

Qu’importe ! Hauts les cœurs ! Ce que l’autre n’entend, ne voit pas, n’existe pas pour lui. L’autre est dur. Non pas un dur, mais juste dur. Il te rappelle sans cesse de rester à ta place. De fermer ta gueule, ce que as à dire ne l’intéresse pas, alors il faut le rendre intéressant. Lui donner un style, une gueule tu vois, un je-ne-sais-quoi de plus, de plus que l’autre. Mais sans jamais chercher à rivaliser, la compétition j’ai classé ça dans les trucs de merde, dans ma tête. Comme beaucoup de films de Netflix (environ 80 à 90%, voir Supersouris et la prise USB à houppette bleue et comme je suis sympa, je te mets un lien – c’est le 1er lien du site, un lien interne, tout le monde ne peut pas être parfait).

Je ne suis jamais allé à l’Opéra. Enfin à l’intérieur. Enfin excepté le parking, et une cage d’escalier dont la sortie de service avait malencontreusement été laissée ouverte, bien heureusement pour nous qui n’avons pas hésité à y passer la nuit, au chaud. Je parle de celui de Bastille, là. Et je n’ai jamais été voir se jouer un Opéra, nulle part.

Et quelqu’un qui n’a pas cette culture, un punk, peut-il se permettre d’avoir le toupet de prétendre qu’un truc se passe dans sa pauvre tête abîmée par les drogues et les vices divers, quelque chose du niveau d’une pièce jouée à l’Opéra ? L’Opéra-Rock me conviendrait probablement mieux. Mais de toutes façons, comme ça n’en dépassera jamais de mes oreilles, on s’en fout… Ou osef comme disent les djeunz wesh !

Communication Non Violente

Marchandage

23.9.2019 11:37 Conscience dit :
Bon. Qu’est-ce que tu as encore ?

23.9.2019 11:38 Ego dit :
Je sais pas. Ça fait toujours mal. Je l’aimais bien, juste bien.

23.9.2019 11:39 Conscience dit :
T’es encore là-dessus… T’as mal où exactement ? Dis-moi, on va tenter de s’occuper de ça.

23.9.2019 11:40 Ego dit :
C’est ma fierté qui a été malmenée. J’ai mal à ma fierté.

23.9.2019 11:41 Conscience dit :
D’accord. As-tu l’impression d’avoir été humilié ?

23.9.2019 11:42 Ego dit :
Ah non, pas à ce point là. On est humilié par quelqu’un, or ici, c’est moi qui me suis provoqué ces sentiments de mécontentement. Je suis seul responsable de ce que je ressens, et là je ressens… oui, du mécontentement.

23.9.2019 11:44 Conscience dit :
Est-ce que tu te penses humble ?

23.9.2019 11:45 Ego dit :
En générale, oui. Là, moins, mais j’en ai quand même l’impression. Mais c’est une illusion. Je le sais bien. Je peux me mentir, je peux te mentir, mais là je n’ai aucune envie de me servir de la fuite pour régler mes problèmes.

23.9.2019 11:47 Conscience dit :
Bon, tout à l’heure tu as fait un truc intéressant. Tu as cessé d’écouter ta propre peine, et tu as tenté d’écouter la sienne. Et oui, tu as ressenti un instant ce qu’elle pourrait ressentir. Alors évidemment ça reste très sommaire, c’est selon tes propres critères et expériences, mais pendant une seconde tu as eu envie de lui donner de l’empathie.

23.9.2019 11:52 Ego dit :
C’est vrai. Je l’avais pas vu comme ça. J’ai eu honte d’avoir eu envie de lui offrir mon empathie, j’ai envisagé pendant une micro-fraction de seconde de lui envoyer un message, puis je me suis souvenu d’une chose, et ça m’a fait regretter tout de suite mon envie. Cette chose, ce sont ses derniers mots. Ils résonnent. Pourquoi ils résonnent ?

23.9.2019 11:54 Conscience dit :
Parce qu’elle est importante ? Non ? C’est pas la bonne question de toutes façons. Comment faire cesser ces mots qui se répètent ? Ca c’est une question plus intéressante. On va tenter d’y répondre. On ne souhaite pas la contacter. Tu es d’accord avec cette dernière affirmation ?

23.9.2019 11:56 Ego dit :
Pffff… Quelle connerie.
Ouais.

23.9.2019 11:57 Conscience dit :
On va faire une petite pause et on s’y remettra plus tard.

23.9.2019 11:57 Ego dit :
Waaah ! J’ai cru que ça s’arrêterait jamais… Merci.

L'invisible

Love of Gaïa

Chawa Yawana Hana Hana Hawi Ha… Sur cette musique d’une imperfection jouissive, j’ai des sortes d’incantations transcendantales, ça sort tout seul. La transe est légère, je la contrôle parfaitement. J’en sors quand je veux. Mais là ça me plaît alors j’arrête pas.

This is the Sound of the Fat Freddy’s !

MC Slave aka Mark Williams

Yaaaa Hamma Haaa Hamma Haaa Yahinna Hinna Ha Hooo… Donne de la voix petit homme… Donne, ne fais que donner, quand prendre devient le résultat d’une équation logique, alors prends ce qu’on te donne, n’attends rien de personne et tu sauras apprécier tous les cadeaux que t’offrira la vie, à leur juste valeur. Ne promets plus jamais. Les promesses sont pour les menteurs.

Les rêves du cœur sont pour les voleurs…

ManO Solo

Yahiyaaa ! En tous cas le chien adore quand ça bouge comme ça, et que son papounet remue ses guibolles, son bassin et sa tête en rythme, en sortant d’une voix pleine de gravité, l’air sérieux mais déconnant volontiers, ces formules qui ressemblent à des chants tribaux aux fonctions précises.

La question c’est : suis-je en train de virer maboule ? Ou est-ce que ce que je ressens au fond de moi existe et peut se développer ? Ça m’a hélas été révélé pendant une longue période de pétages de plombs qui étaient le résultat d’abus de produits divers, dont pas mal de substances hallucinogènes, de stimulants, d’alcool – et de paranoïa qui a approché la psychose.

Moi j’veux pas finir maboule, et bulle sur la mappemonde, je regarde tourner la boule sans jamais entrer dans la ronde…

La Tordue

Ça fait des siècles que les produits, à l’état naturel en tous cas, sont utilisés dans des rites de tous types, de manière très sérieuse, dirigés par des personnes dont c’est le boulot principal. Ils croient au don que leur a laissé la Nature, dans son immense sournoiserie, car un cadeau de ce type est empoisonné lorsqu’il n’est pas correctement exploité. Ils croient à ce don, mais plus important, ils sont reconnus comme l’ayant, ce qui les rend utiles au sein du groupe. Chacun fait ce qu’il sait faire.

Des siècles, ça fait des siècles que des hommes et des femmes prennent ça au sérieux. Et que c’est une machine bien huilée, qui fonctionne réellement. Quand sous je ne sais quel produit, tu hurles jusqu’à faire sortir ce putain de démon, image ou pas, qu’à la toute fin, tu as réussi et que tu continues à vivre, mais avec ça en toi, c’est que tu l’as battu. Tu t’en es sorti(e). Et y a aucune médecine moderne qui fait ça.

OK, alors maintenant, retournons chez nous, en Occident, et regardons ce que font les Occidentaux avec ces substances : ils s’amusent ! De statut de médecine, les produits les plus efficaces du monde sont mis dans le même sac déjà bien rempli et bien dégueulasse, des drogues toutes confondues, et on les mélange avec des substances chimiques, des substances qui n’existent pas à l’état naturel, et on rigole surtout, et des fois on pleure et là l’entourage est bien emmerdé, et des fois on se bat, ça ici on sait gérer, et des fois on s’embrasse… et surtout on évite les émotions négatives, c’est tellement mal… Et jamais, jamais, on ne s’abandonne totalement dans une idée de soins autres que des soins auto-administrés. Il y a des connaissances qui ne s’acquièrent pas comme ça, il faut les passer d’une personne à l’autre, comme un secret de famille. Pourquoi on va voir un médecin quand on est malade au lieu de se soigner tout seul ? Parce que c’est son métier, qu’il a les connaissances qui nous manquent pour identifier la maladie et traiter le mal efficacement. Que sans médecin, si t’as une grippe tu peux mourir… Enfin… Tu les connais toi les substances naturelles qui soignent la grippe, que ce soit en amont ou en aval ? Si oui, Bravo. Pas moi.

La plupart des Occidentaux pour moi sont des bouffons. Ils niquent la Terre. Ils l’insultent. Alors je me permets de le faire en retour et en son nom, parce que si elle parle, qu’on peut même échanger avec elle par divers moyens, si elle s’exprime Gaïa, peu de monde en est conscient, et encore moins de monde l’entend. Permettez-moi de faire l’interprète un instant. Elle ne vous insulte pas et elle ne le fera jamais. Je le fais.

Pour l’entendre, il est nécessaire que certaines conditions soient réunies, à commencer par le silence et l’immobilité. Si tu bouges, tu fais du bruit, tu ne pourras pas l’entendre à moins qu’elle soit dans une fureur telle que tu auras peur. Donc immobile, bouche fermée, oreilles ouvertes, yeux fermés (il est inutile ce sens pour entendre la Terre)… Si tu souhaites entendre Gaïa, le brouhaha des villes est rébarbatif d’office. La Nature par contre est toute disposée à te rendre ce service, elle est en contact permanent avec Gaïa. Même un brin de Nature au milieu d’une prison d’immeubles ou de maisons, c’est déjà mieux qu’au sein d’un appartement plein d’objets qui déconcentrent.

Tu sais, de ce que je dis là, je n’ai aucune certitude cohérente, qui correspond à des choses concrètes et que j’ai vues de mes yeux. C’est du ressenti, c’est de la logique qui m’est inhérente. Oui la Terre parle, mais ça suffit pas de l’entendre, encore faut-il pouvoir traduire ce qu’elle dit. Et c’est indicible, ce sont des pleurs & des rires, va transcrire des cris sourds en langage humain, toi !

Hawa Haaa, Hanna Hii ! C’est une prière, un hommage à celle qui me permet de l’utiliser pour me déplacer, de vivre, celle qui m’a encore une fois accueilli et à qui je vais m’amalgamer lorsque je mourrai pour la Nièmme fois. Dans cette vie.

Fiction

Supersouris et la prise USB à houppette bleue

Le dimanche est pour moi synonyme de tranquillité. S’il est calme, alors on pourra se reposer et gratter des heures de sommeil supplémentaire toute la matinée, puis se lever et très lentement, sans se presser, après avoir donné en retard sa gamelle au chien, commencer à s’occuper de soi. Juste de soi.

Se préparer du café et traîner pour le boire, le finir froid devant le début d’un film piraté en streaming, et merci Netflix au passage de nous trouver 1 perle pour 10 bonnes grosses bouses (en même temps je me plains pas, vu que je ne paye rien). 10 environ, ça dépend des périodes. Quand j’y ai eu accès grâce au compte d’un pote y a quelques mois, c’était plutôt de l’ordre d’1 truc bien pour 20 trucs de merde… Et j’insiste lourdement sur le mot merde. Parce que y a deux types de films & séries qu’on n’aime pas :

  • Y a celles et ceux qui sont pourtant bien parce que les scénarios ont de vraies histoires, que le staff au complet a vraiment travaillé, qu’ils y ont mis du cœur, et qu’on n’aime pas à cause de la présence d’un acteur antipathique, ou parce que le thème abordé nous rebute, etc.
  • Et puis y a ces choses vraiment merdiques. Dans quel état se trouve un producteur qui accepte ce type de film, de série ? Qui a choisi ces mauvais acteurs ? Pourquoi ces mauvais cadrages ? Ces mauvais éclairages ? Toutes ces erreurs de films ?

Tout simplement parce qu’ils n’en ont rien à foutre, ça semble évident. Le film sortira, de toute façon. Ils savent qu’il fera pas un carton, mais c’est du business, s’il sort alors qu’il est si naze c’est qu’il devait sortir et point barre. Des gens dont c’est le métier d’égrainer avec des souches vérolées ont des intérêts de gros sous dans le fait que ce film sorte vraiment.

Voilà, aujourd’hui il y a des investisseurs qui tentent des coups, qui prennent des risques, qui aident à produire des choses dont ils ne connaissent que le nom, et encore. Ils injectent des fonds là où on leur dit, c’est comme s’ils misaient au black jack ou à la roulette, au casino. Pour eux, une somme d’1 million de dollars, c’est pas grand chose. A bien y réfléchir, et en acceptant une idée fausse (celle que l’argent est indispensable), toutes ces thunes qui sont mises dans des films de merde, sont gâchées. Enfin je n’irai pas plus loin dans cette direction, pour moi l’argent ne se gâche pas puisqu’il est infini, que des banques dont c’est le taff en fabriquent à volonté.

Aujourd’hui, faire un film est devenu différent, étant donné que nous en sommes à la période post-balbutiements de l’usage massif d’internet. Cet usage a révolutionné toutes nos habitudes. Il a repris les choses où elles en étaient restées avec la télévision, indissociable de son petit canapé-table-basse-mais-où-est-la-télécommande-?-dans-ton-cul-!-non-j’ai-déjà-regardé. Y a toujours des télécommandes mais elle servent moins, car les claviers et les souris sont arrivés à la rescousse ! Ces couples hautains mais modernes, leur ont dit :

C’est bon les filles, on est là maintenant, c’est la relève, vous pouvez retourner partouzer sous les coussins du canap’ !

cit. DU 01-02-1998 de MISMOUSse, SOURIS ZOLÉE A LA RETRAITE, modèle à boule à prise PS2 de marque ibm

Elle avait vite parlé Mismousse, trop vite. Ce qu’elle ne savait pas c’est qu’elle ne ferait pas long feu à côté de ces petites malines de nouveaux modèles de souris, ces coquins de nouveaux claviers sans fil rétro-éclairés… Mais tout ce beau monde avait repéré un problème depuis un moment, un que l’humain dans toute sa stupidité typiquement humaine n’avait même pas vu et qu’il subissait pourtant : des télécommandes, y en avait beaucoup, beaucoup trop…

On avait assisté, totalement impuissants, entre les années 1990 et 2010, à une reproduction exponentielle et massive des télécommandes. Certaines, même, lorsque l’appareil qu’elles commandaient terminait sa vie, finissaient dans un tiroir, au lieu de rejoindre ledit appareil à la décharge ou à la déchetterie communale ! Des fois qu’elles puissent servir ultérieurement, sur autre chose par exemple… L’espoir… C’est beau.

J’imagine qu’elles ont été nombreuses, ces ménagères de moins de 50 ans (parce qu’après commence la désillusion), à s’autoriser à rêver, en espérant que d’un coup de magie très très magique, une des télécommandes du tiroir finisse un beau jour et sans que personne ne sache pourquoi, par acquérir la capacité d’ouvrir la fenêtre du salon ou d’allumer la lumière, et alors le top du top : ouvrir la porte du frigo et apporter une bière fraîche au salon, sans oublier le dessous de verre sinon j’en connais une qui va gueuler…

L’espoir… C’est d’une magnificence l’espoir… Les gens les gardaient donc, stupidement, bêtement. Un objet d’une telle complexité, d’une telle prise en main, d’une telle beauté, ne mérite pas qu’on s’en débarrasse… Qui plus est, même si l’appareil n’est plus là, y en a que quand on appuie sur un des boutons ça fait clignoter en rouge la petite diode du bout ! C’est qu’elle marche encore la bourrique !

Bref, le problème que les nouvelles générations de clavier et de souris avaient repéré direct, c’est qu’il n’était pas rare de voir un foyer classique d’humains moyens – un homme, une femme, deux gosses, un chien – crouler sous des dizaines de ces engins obsolètes.

Tout ça devait s’arrêter !

Les cerveaux humains ne suivaient plus, et déjà madame Michu ne savait plus reconnaître la télécommande du lecteur DVD qu’elle n’utilisait jamais parce que c’est trop cher un DVD, de celle de son téléviseur qu’elle ne regardait plus tellement outre mesure sauf Ça va se savoir et puis aussi Arabesques et Derrick des fois. Et ça, ça devenait réellement problématique.

C’est alors qu’est arrivée Supersouris ! Avec sa cape et son masque pour pas que tu captes qu’en fait c’est ta nouvelle souris, mais déguisée…

Supersouris a une visée laser comme Superman, son optique est d’une précision à toute épreuve.
Supersouris fait partie d’une génération de souris futuriste, ergonomique elle est maintenant pensée pour moins fatiguer le bras de son humain.
Supersouris a rendu les prises PS2 obsolètes sur les ordinateurs fixes, elle se branche en USB sur le hub de l’ordinateur de son humain.
Supersouris n’a pas de fil, elle voit des vortex invisibles à l’œil appelés Wifi, dans lesquels elle s’engouffre volontiers, et aux bouts desquels elle retrouve sa prise USB qui attend sagement ses instructions.

Supersouris est une super souris ! Mais des fois, elle est chiante… un peu trop rapide, ou trop lente au contraire par exemple, mais elle est généralement toujours accompagnée de son pote la console graphique de paramétrage, timide, cachée dans le system tray ou dans tes applications installées, mais comme Supersouris est aussi plug & play alors son humain n’installe souvent pas ce truc. Et Supersouris se retrouve alors esseulée.

Mais ne crois pas pour autant que ce soit la fin de l’histoire… Car c’est souvent à ce moment là, selon les foyers, que Supersouris rencontre Superclavier… Et qu’une magnifique histoire d’amour commence.

Le problème c’est que maintenant on croule sous les prises USB… Y en a partout, y en a même des qu’on saurait même pas reconnaître, alors que ce sont pourtant des prises USB mais d’un autre type. Trop de fils pendent de partout, il faut s’organiser dans ces toiles d’art et nier les vies denses. Enfin, je voulais plutôt dire : sans nier l’évidence, et désolé, j’ai eu une absence là, juste au-dessus. Mais comment organiser une chose qui va s’emmêler immanquablement, à chaque fois qu’un appareil sera déplacé, ou qu’une nouvelle prise rejoindra les autres pour trouver sa place dans la grande Moultiprise ? On ne sait pas, c’est encore mystérieux et tous les scientifiques du monde sont penchés sur la question. On découvre à peine, d’ailleurs, ces Moultiprises, sortes d’espaces sociaux pour prises, où moult branchements mâles trouvent leurs femelles sans se casser le cul !

La vie des prises sauvage pendant l’accouplement est passionnante. Elle nous en apprend tellement sur nous-même ! Bon, je dois avouer que personnellement je ne m’y intéresse qu’en amateur, je suis un observateur lointain, j’ai trouvé sur mon canap’, my couch en anglais c’est du jargon, un poste d’observation à l’angle parfait pour pouvoir, toute l’année, observer avec beaucoup de passion et d’amusement l’évolution d’un nid de Moultiprises.

Ici c’est une espèce appelée 220 Volts. Mais même les observateurs les plus gras et lourds n’auront pas manqué de constater que juste au-dessus, comme sur le lit du haut de deux lits superposés, se développe un autre nid, plus animé, plus excité même, plus moderne pour ainsi dire, ce sont des prises à houppette bleue, une espèce très rare de prises USB. Impossible à reproduire en captivité. La prise à houppette bleue a besoin de liberté et d’aise pour s’accoupler et proliférer.

Cette espèce a une histoire que sauront apprécier tous les amateurs, c’est en fait un croisement entre deux autres souches : la prise USB classique et la prise USB à houppette.

C’est dans un immeuble parisien, dans les locaux d’une start-up qui avait coulée, que la prise USB à houppette bleue était apparue. L’endroit abandonné tel quel depuis quelques semaines ne voyait jamais la lumière du jour, et pour cause…

La déprime d’avoir coulé la boîte avait été telle, chez les humains idiots, que les ordinateurs gisaient là, encore branchés, sur les tables blanches où se croisaient, entre quelques canettes vides de sodas et plusieurs cendriers pleins à ras bord, des périphériques divers, des feuilles volantes et des feuillets de papier, imprimés de tableaux incompréhensibles. Plus personne ne venait plus ici, les conditions étaient devenues plus que favorables pour l’apparition d’une faune et d’une flore électronique.

Tels des champignons, plusieurs petits bouts de circuits imprimés camouflés avaient déjà émergés douze heure après l’abandon des lieux. Il y en avait un à côté de la corbeille à papier débordante, il était sorti du sol à travers une grosse tâche de Red Bull qu’un humain avait dû renverser mais qui n’avait jamais été nettoyée. Il y en avait un autre, le plus gros, sur le mur du fond, il squattait un interrupteur. Et puis deux ou trois à peine visibles avaient fleuris sur les tables au-dessus de résidus de café.

Quelques jours avaient passé, les champignons de circuits étaient maintenant nombreux, il y en avait partout, et des sortes toutes plus colorées et étranges les uns que les autres. Mais derrière un carton, il y avait plus intéressant : un nid de prises USB classiques s’était formé. Il fourmillait d’activités.

Mais il se trouvait qu’un des humains avait également introduit ici, alors que l’entreprise marchait encore, une prise USB à houppette pour brancher un projecteur. Cette dernière était restée en désuétude, débranchée sur une table, et avait semblé morte jusqu’à ce moment particulier :

Une prise classique du nid, la plus jeune, avait réussi à grimper sur la table, et après quelques péripéties et un voyage épique dans la grande pièce, elle avait aperçue la prise à houppette.

Timidement, elle s’était approchée. Après quelques inspections plus poussées, elle avait comme dans un moment d’instinct, branché sa propre prise dessus. Et voici que quelques heures après, la nouvelle espèce était née !

Prise USB à houppette bleue, bienvenue dans le monde mystérieux des technologies !

C’est ça la magie des espaces urbains quand les humains ne regardent pas…

Une belle histoire n’est-ce pas ? Et encore, tu ne sais pas tout. Car c’est un petit résumé de ce qui est passé. Tout petit. Mais je ne vais pas me lancer dans la rédaction de cette aventure. Il faut se l’imaginer…

Littérature

L’œil du cyclone

Son œil unique dans le vague, le Cyclope se fixe. Entre alors sur scène une âme aux formes humaines, la tête coiffée d’une casquette, la poitrine ornée d’un badge. Dessus, une information nominative : Hermaphrodite, enfant d’Hermès et d’Aphrodite. L’Homme pragmatique dans sa plus pure perfection n’est pas sur son 31. En tenue de travail, il tient un planning en cuir de buffle. Le fils d’Hermès considère le Cyclope en l’observant par au-dessus, invisible. La fille d’Aphrodite durcit alors son regard. Sa beauté n’est pourtant pas altérée par ces yeux devenant noirs, pleins de tristesse noyée de fureur. Elle ne dit rien. Le fils d’Hermès lève le menton, sans cesser de regarder le prisonnier de l’île.

Instantané. C’était un instantané librement inspiré de l’Odyssée d’Homère et des Métamorphoses d’Ovide. Et aussi un peu d’internet et de ses dictionnaires sans fins que sont mes moteurs, il est toujours bon de se faire un petit topo sur un personnage même si on l’a vu au cours d’un récit dans une lecture précédente, avant d’en parler. Mais également de mon expérience. J’ai appris très jeune ce que voulait dire « se fixer » et j’ai prévu très jeune de passer une partie de ma vie à expérimenter. Je le voulais. Je l’ai toujours voulu. C’est aussi pour ça que je l’assume relativement aujourd’hui, de manière aussi décontractée. Alors que ça effraie beaucoup les gens, peur que j’ai eu aussi mais qui est tombée lorsque j’ai grillé les mythes générés par la prohibition. Prohibition… Ça s’appelle comme ça, c’est une belle saloperie :

Campagnes de désinformation + Lois arbitraires + Répression violente + Procès à charge = Prisons bondées de gens qui ne devraient pas y être, souvent en errance et à la santé défaillante

Des consommateurs ou des petits revendeurs de ceci ou de cela remplacent les vrais criminels dans les tôles devenues des supermarchés des drogues, accessoirement. Les seringues sont en vente libre depuis 1987 en France. Pourquoi ? Tentative d’une ministre, réussie la tentative, d’enrayer l’épidémie de Sida (dures dures les années 80)… Mais en 2019, ce n’est toujours pas possible de s’en procurer dans ces endroits où beaucoup d’usagers se fixent quand même du coup, mais à l’ancienne : dans des conditions ultra-risquées.

C’est d’une difficulté d’avoir la chance d’apercevoir le tableau d’un peu plus loin, et de pouvoir zoomer sur des parties, mais l’anonymisation d’un blog n’est pas suffisante pour pouvoir parler en sécurité pour soi et aussi pour d’autres, sans bâillon. Autocensure obligatoire. Ce qui oblige à oublier des chapitres entiers d’une vie qui se détaille petit à petit ici. Et c’est dommage parce que y en auraient qui seraient bien croustillants. Sans jamais avoir ne serait-ce que l’intention de balancer qui que ce soit, ça va sans dire. On peut parler sans jamais utiliser de nom, pour ce type de besoin. Mais la France n’est pas encore assez tolérante et ouverte, toujours trop obscurantiste pour ça, pour qu’un mec comme moi puisse faire ça, parler tranquille, sans risquer de se mettre ou de mettre des gens, dans la merde.

Conscience dit :
Qu’est-ce qu’il y a encore ?

Ego dit :
Je suis contrarié.

…etc…

Livres évoqués dans ce billet :

Paroles

Le Fou

Mate par le judas… mon gars, regarde dans ton tout petit judas !
Ou alors ouvre ta porte, mais j’crois qu’t’as pas l’courage pour ça,
Donc mate juste par l’judas, faut quand mêrme qu’tu constates ça, camarade Bourgeois !
Camarade fils à papa, protégé par son p’tit Judas…

Ce gars, on le coursa, et lui, de tout son courage parc’qu’il en a eu, lui,du courage
Il n’a pu que fuir ventre à terre de toute sa rage, même devant son entourage,
Mais déter-miné à survivre, il s’arracha du tabassage général, proto-commercial,
Non sans séquelles, mais comme chaque fois, sans égérie manifestale,

Pis là, il est d’vant chez twa, et tu sais, c’est pas comme si on lui avait laissé l’choix…
Quand tu dois courir pour ta vie, t’as pas vraiment l’temps de te prendre en selfie !
T’appelle ça comment un mec qui fait ça ? Pis toi, à sa place tu f’rais quoi ?
Ce n’est qu’un fou, un genre d’Iroquois qui s’foutrait volontiers sur la gueule avec toi,

Si t’étais Mariniste ! Allez petit, n’attends pas ouvre tes globules et regarde :

Y a un fou blessé sur ton palier assis dans les escaliers,
Il y est en escale d’une foule alliée, tout ça n’est-il pas lié ?
Faut balayer sur les paliers, certes, mais moi j’m’en bats les yeuk ! j’veux juste rallier,
Les enfants d’la balle, tous les potes au bar, toutes les p’tites aux bals…

1 coup coup d’surin pour chacun des coups de minuit,
De ce que je sais, la victime est bien diminuée,
12 fachos l’ont pas loupée, z’ont fait péter dans la nuit…
Une
nuée de violence, fallait pas bouffer après minuit !

Attirant comme des aimants, les antifas aux antipodes,
Des rues et ces déments se démènent, généralement aussi anti-deps,
Pas anti Johnny Depp hein ? En dépit du fait que beaucoup sont des
Deps refoulés, jaunis, dépravés… Mais chhhhut! Ça c’est privé !

L’antifa, ce fou, prend des pavés dans ses mains, mais chute en essayant d’esquiver
Des coups qui  finalement se font entendre…
Attifé en noir de la tête aux pieds, le jeune homme ainsi opé…
Rationné, prend cher, j’voyais la scène
s’envenimer depuis l’opé…

Rat de Bastille, moi, j’broyais du noir,
j’avais plus rien à boire, j’le connaissais ce mec, mais là ce soir,
Ces putains d’histoires, accessoires, accessoirement à dormir… debout
Me pètent la tête, j’crois qu’j’ai besoin de dormir… mais allongé…

Mes stances ce soir lui sont dédiées, sans aucune hésitance !
Et s’il rejette la France, c’est bien que les idées font pénitence,



Sur mon bout je coupe un mini, pour rouler je mets 5 minutes,
Je médis sur toi minette ! Je maudis ta chatte puant le porc…

Quand tu r’viens d’tes virées cocotte… Où tu te barres à pattes,
Dans tes bars à putes, les crustacés
habitués, le menu crapotent,
Frôlent ton corps apathique, et si on a d’la chatte, c’est
jackpot !
T’as toujours des capotes, Mickette, couvre leur la quéquette à tes potes !

Cric crac… Cric-crac, si ça craque sous la dent…
C’est L’affaire est dans l’sac, et ça fait…
Crac-crac, ça remue, ça secoue

Ça lag… Mais si tu veux j’ai 2 manettes shamaniques,
Quelques canettes… j’ajoute dans mes Notes Amanites,
Qu’j’
ai dû filer à Manille, mauvais coton à bannir,
Bourré de drogues qui annihilent de bibine et de connards

Aux noms nasillards,  y vont tous finir dans ma gazinière.
Alors vas-y ! Mais  vas-y ! Mets-y d’l’art dans les sillons,
Je suis juste un fou assis près d’une scie musicale
Et d’une fée tatillonne, à la peau satinée

Au corps de lionne, moi j’la trouve mignonne comme ça,
A peine habillée, mais j’te jure que j’m’éprendrai pas d’elle,
Elle ressemble à s’y méprendre à Antigone
Ou encore à une Manticore, mais faut qu’j’gomme ça.

J’ai des problèmes avec mes anticorps, j’ai un corps d’antiquaire,
Plus d’chicots, mais j’suis anti-cure, alors prends date Icare,
Sous ma peau j’sens des ailes qui naissent,
trépignant d’impatience,
Elles veulent sortir, ça me torture, le temps s’étire, & j’m’endors tard…


Hmmm… En fait j’m’endors pas. Je ne dors plus,
Je vis Fight Club à l’envers, je ne sors plus,
Je me perche seul parfois, comme un chat sur mon toit,
Et je marche errant, parfois soûl, parfois sale,


Mais toujours seul… Sur mon sol de suie et de sel
Ce sol qui recèle de formules si j’en sors une, j’ensorcelle tout
J’ai piraté la nacelle, et si l’âne assure encore de Sarcelle
A Serre-moi fort, sans souci j’remonterai en selle

Sur les pas d’Athéna,  j’atténue mes ténèbres,
En tenant haut ma lanterne en éclairant lentement,
Pantelant, ma lente pente mais ma lampe chancelle…
Les mésanges chantonnent, et mes anges entonnent,


Un chant liturgique… / Champagne ! / J’me cantonne
A la bière
biturgique… / J’vis à la Campagne… / J’me coltine
Des bocks, / j’suis à la bourre, / j’suis pas énergique,
Sauf du bec… / mais la barre faut surtout pas qu’j’me
vénèr Jack…

Sinon je leur dirai cash :
Le proc c’est qu’un vieux co(biiip) sé(biiip), / j’l’en(biiip)….
La juge c’est qu’une p’tite co(biiip) juvé(biiip), / j’la(biiip)…
L’avocat de la défense, (biiip) (biiip) (biiip) (biiip) (biiip),
Et leurs lois j’les viole…

Dansons la carmagnole !

Hey ! / Vive le son, / vive le son, / vive le son du gun
Ça m’fait dégueuler mais quand la balle elle est pour un enculé…
Vive le son, / vive le son / de l’agneau qui gueule,

Vive le son, / vive le son / de la gnôle qui me gèle,

Vive le son, / vive le son, / du salaud qui brûle,
Vive le son, / vive le son, / de Macron qui hurle,
Vive le son, / vive le son, / de Macron qui fond…
Ouais mes amis dansons… / devant les murs de son !


Dansons la carmagnole, / même en bagnole ou en car ma gueule…
J’ai un karma d’goule, / ma camisole m’isole
hardcore,
Dans un corps
mad, / en bad gamme / dans tous mes états j’erre,
Genre laisse la
meth agir / et quand la bête abjure

Fais la taire… tg’as jnuste

Comme un vieux bagnard à Cayenne, / j’espionne Babylone
Où fauteurs de trouble / défaits tard questionnent,
Des fêtards tétant bouteilles / en s’étirant des balles,
Sans s’attirer de belles, / attendant que le soleil rayonne.

Que le sale œil / du Yang / bâillonne le Yin,
Satyres & Hyènes / font bouillonner des Bitcoins

Sous les Yens saturent, / couillonnent de bêtes cons,
Talonnent de coups de bottes calbuts / & bouts d’culs,

Des bas d’caisse / emboutissent et déboutent
Décalent le début du début de la fin du débat,
Décollent des buttes, / puis retombent le sabre et débitent
Des bouts de bites qu’ils recollent, / mais comme ils débutent…

Ça colle pas…
ET quand ça colle pas, ça collera pas…

Eh mon gars, si ça colle pas, prends une autre massa..

Quand les pétards s’allument / sur le sol de Faya,
On s’apprête à caillasser les condés, / les murs des prisons,
Nos éclaireurs rieurs, / sondent et repèrent des clairières,
Pour poser du son / et nos derrières,

Les buts sont exposés / devant les bus explosés,
Et les camtars ainsi posés / ont ouvert des meurtrières,
J’ai couvert des meurtres, / hier, / aussi mes psychoses
Écumées, / si tout vire au vert, / faut juste que j’décuve…

Mais si tu m’sors la meilleure / de la meilleure de tes cuvées,
Que t’as découverte / au milieu d’un milliard de caves,

Même rien qu’un cubi, / du scifflard, / j’ai les crocs grave
Du pain, du clakos, / 3h du mat ? / On est trop braves…

Bref… / j’ai des trous / dans l’envers de mes raves,
Moi le simple trouvère, / je vétrou plus le revolver,
Qui me servait à trouer / mes vers dans vos murs,
Mais vos mères ! / Vos mères ! / Goûtez à ma verve amère.


J’ai gâté mon verbe à mort, / mais ma parole est couverte
Et des pas mûres, / agitée elle converge vers le coaltar

Le soir y a des cas avares, / y en a des qu’avortent,
Et des Kosovars, / y en a des qui votent…

C’est avéré, / faut pas t’exciter Don Quichotte,
Puis on verra un de ces 4, / si t’as des cachettes chez wat,
Des qui chantent on les trouvera / on videra tout ton cash…
T’es avarié, / j’ai gâché ta fête, / con d’facho.


J’ai vu clair dans ton monde, / des gosses qui viraient au shoot,
J’ai eu aussi des shoots / qu’ont viré OD,
J’ai vu des eaux déchaînées / dévorer mes potes, / des UD,
Dessouder mes court-circuits, / des fils dénuder…


Les faire se toucher pour rigoler… / Juste pour rigoler...
Moi j’rigole comme un puits / tari-golé olé olé…
En fait je rigole pas trop / mais eux ça les fait rigoler…
Leur putain d’vieux riz collé / me donne juste envie de picoler.


Pi coller des coups d’peinture, / racoler sur les murs…
Recoller les morceaux du mien / décoller l’épaisseur de plastique

Posée sur la mer, / mon alcool assure mes murges… démurge
J’ai pas école aujourd’hui, / laisse-moi dormir sur la berge

Ou dans mon caniveau, / j’suis pas un cas nouveau,
Je suis un
Cassosse comme ils diiiisent…
Tous les fils de mes potes c’est pas des fils de fiottes,
Mate la face de mon pit’, gare aux fesses des p’tites putes…

Ça crève la dalle à la tonne devant Lidl et Vidal,
Mais Lidl, dealer d’alcool, dévide à l’antenne,
Ses centaines de rengaines, mais il évite à long terme,
Les questions qui concernent les invendus, vidés dans ses bennes…


Ces dédales de tonnes de bouffe qu’on bétonne,
Plus rien n’étonne personne, du coup la came cartonne
Rétame et martèle, dans les crânes ça déconne
Sauf… quand ça tartine que des cônes.


Si j’devais décliner mon identité… / Hey ! / J’suis personne,
Juste un p’tit bout d’entité / au fond d’un trou qui résonne,
Qui rest’ra pas zen si son heure sonne, / qu’la mort le harponne,

Qui fera la fête avec toi / sur le port de Narbonne ou Rotter

Sur le port de Rotter…
Des Terriens décimèrent… Mon moteur, mais c’était pas des lumières
Sur le port de Rotter…
Des Terriens carottèrent… Mes pneus et mes portières,


C’était des Terriens pas déters, / des tarés déterrés,
Des p’tits qui mettent pas la barre haute, / pas des vétérans,
Plutôt des vipères / qui matent barrettes avec envie,
Des
charbonneurs / qu’ils imitent en se prenant le bec en vain.

Sur le port d’ Rotterdam, / j’crois qu’j’ai perdu mon âme,
Une lame à la main, / dizaines de soirées grammes alignés,
Servis sur un plateau balisé, / même pas pris d’valise…
Et j’vis dans un hôtel / que j’cannibalise.


Écorché / sous un lit de roses et / de bouteilles de rosé,
Mon corps cherche encore / l’étincelle de vie en rose,
En rose eau d’la Fontaine, / pas en chêne, / enchaîné
En rase campagne, /
comme un rescapé…

J’ai des risques à prendre, / de la mescaline / pour mes
Escapades, / j’ai dit qu’j’prenais la poudre d’escampette,
Ouais mais j’reste camper / sous la foudre où des

Gestes tempêtent, / j’mate l’estafette / mais putain qu’est-ce t’as fait ?

J’regarde se géchan / quelques pestes en putes,
Et quelques âmes / en peine en potes…
Des Sages en rage, / des Anges en panne, / empathes,
Que sais-je des âges ? / Nous on s’dépanne en pets’