Littérature

Amor fati

Pour écrire il vaut mieux être à l’aise, par exemple être assis en tailleur sur le bout d’un canapé, le dos courbé au possible car un clavier sur les genoux, ben ça c’est pas une position aisée pour écrire. Quand bien même l’arôme d’un kafkafé se diffuse dans l’air, et son goût succulent dans mon gosier… Mmmm… Tant pis, demain je me plaindrai d’avoir le dos en compote. Après tout, souffrir fait se sentir vivant. Il faut aimer sa vie, chaque instant, même les pires.

Faut que je lise du Nietzsche, je pense que ses idées manquent grandement à ma culture, j’aime bien les penseurs, les personnes qui ont laissé une vraie trace, pas une trace de merde comme d’aucuns. Je ne veux pas, non, partir pas sur un délire philosophique ce matin. Ce matin, je suis sur la dernière ligne droite, je regarde droit devant, fixant mon but avec détermination tel le Sagittaire arc-bouté visant une cible imaginaire de son arc bandé.

Dans la réalité je passe mes journées sur les chiottes… Je dois couver un truc parce que ça fait quelques mois que ça dure ! Dans la réalité je me rappelle tout le temps de vivre l’instant, et non dans l’attente d’un truc qui va arriver, ou encore pire, dans le ressassement de vieux souvenirs douloureux. Et une chose me dérangeait, avant de redécouvrir des paroles de Khalil Gibran dans Le prophète, c’était les moments pénibles, comment arriver à vivre l’instant dans ces moments, la plénitude ?

Cela dit les chiottes m’appellent, et avec elles des bandes dessinées à leurs pieds… Tout n’est donc pas si terrible !

Hier j’ai reçu le dernier numéro de ma revue que j’aime pas. Pour changer il y avait encore une BD sur le trafic de cannabis. Pas sur le cannabis en lui-même, non, mais sur son trafic et la nuance est importante. Se basant sur des anciennes actualités, des enquêtes policières, journalistiques, et des investigations sur le terrain : usagers, charbonneurs, chouffeurs, les derniers maillons de la chaîne, les auteurs ont de leur côté, enquêté, pendant des années.

J’ai la nette impression que la revue est de droite, concrètement. Il y a une BD sur l’immigration dans les premières pages, qui parle au nom de blondinettes finlandaises allant au Niger leur dire quoi faire, quoi édicter comme loi, comment éduquer leurs flics, leur armée, etc… Parce que nous occidentaux, vous comprenez, nous les enfants des lumières, les esprits éclairés par des écrans, on sait mieux que les autres alors on exige que les autres fassent comme nous, même si ça nous regarde pas. Nous, nn met le nez dans tous les trous… Merci Billy au passage pour sa Radio K sur.

Il m’avait semblé que j’étais sorti du clivage « gauche – droite » politique français, mais non. J’identifie, peut-être à tort, des courants politiques inspirant des gens dans leurs créations artistique. Quartiers shit raconte une réalité vécue au quotidien par l’auteur, qui a passé son enfance à Marseille. Il faut vraiment que je sois moins sévère dans mes jugements, moins radical et sûr de moi. Ma revue n’est pas de droite, déjà parce que la droite n’existe pas, et puis parce que je juge beaucoup trop vite. C’est tout le contraire à mon avis tardif. Au lieu de faire des suppositions en aval, j’aurais mieux fait de me renseigner en amont avant de me jeter sur ce truc. Je finirai par le citer.

Pourquoi ça me plaît pas alors, moi qui suis si friand du 9e art, si ce ne sont pas des fachos ? J’ai une idée de réponse : ce n’est pas assez humoristique, c’est surtout du journalisme mis en page en images et en textes. Une BD pour m’intéresser, faut qu’elle soit drôle, pas sérieuse. J’aime pas les bande-dessinées sérieuses. Les histoires qui se prennent trop au sérieux m’ennuient assez vite, tandis que des dessins abusés et pleins de couleurs, ou simples mais avec des faces complètement déformées, des nez énormes, des mimiques ridicules, ça j’adore. Edika…fka !

Edit du 23.09.2019 : le n° unique, identifiant de cet article, c’est 420 !! Vu après coup… C’est un putain de signe ou alors je m’appelle plus… euuh comment je m’appelle déjà ?

Livre évoqué dans ce billet : Le prophète – Khalil Gibran

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