Littérature

Guerrier

Un guerrier ouais, c’est super prétentieux, mais ça aide de se dire ça. Je suis un guerrier, c’est pas un mantra. Ce n’est pas une prière car un guerrier peut aussi être mauvais et vicieux, le guerrier n’est pas la panacée mais il est courageux, et remonte en selle chaque fois qu’il le peut.

Bon, il faut absolument que je recommence à lire et que je termine, cette fois, L’Art de la Guerre de Sun Tzu. Maintenant que je sais que les sens métaphoriques de la guerre intérieure de l’Homme contre lui-même, des combats de la vie de tous les jours, des mini-guerres que les uns pratiquent sur les autres lorsque, par exemple, la communication devient compétitive, ne sont pas abordés, je pourrais le lire en connaissance du vrai sujet, sans attentes vaines, le finir et faire mes propres comparaisons avec tous les combats que je viens d’évoquer, de lister. Ce thème reste, comme le titre du livre l’indique, celui, très concret et tactique, de la guerre, au sens militaire du terme. Pas de métaphore, au moins dans la première moitié du bouquin. Et cette interprétation métaphorique, qu’on peut attendre avec déception si on ne s’est pas renseigné en amont sur le contenu du bouquin, ou si c’est simplement ce qu’on y cherche, est donc librement laissée au bon vouloir du lecteur, qui selon son époque, les us et coutumes, les mœurs, va tirer s’il le souhaite des enseignements auxquels le Maître lui-même n’aurait jamais pensé, ni prédit, pour les siècles à venir.

Ouais mais bref. Faut que je ressorte ça des cartons, les cartons… Y a eu un moment où j’ai pu à nouveau circuler convenablement dans ma cuisine-chambre au son terrifiant du réfrigérateur maudit. Mais les cartons et le linge sale, ils ont gagné cette bataille, mais ils n’ont pas gagné la guerre ! Alors maintenant il faut s’atteler à faire la vaisselle, enfin la reprendre où j’en étais quand j’ai abandonné le chantier. Et puis relancer cette machine qui pourrit depuis 4 jours, et cette fois l’étendre, ce foutu linge. Et tant qu’à faire en faire deux, trois, quatre…

Nan… J’déconne. Faut quand même pas exagérer, faut faire les choses en douceur, ouais en douceur. Une à la fois. Faut pas pousser la bête dans les orties, et quand j’aurais fini de torturer cette expression… Surtout que je l’ai déjà écartelée une paire de fois, si ma mémoire est bonne ça faisait « Faut pas pousser mémé dans les vieux croûtons » enfin avec les vers d’avant et ceux d’après ça donnait bien, juré craché !

Je suis un guerrier, je suis un guerrier, je suis un guerrier… Non ce n’est pas un mantra. C’est à la mode depuis les années 70 tous les trucs New-Age, mot que je n’emploie pas ici au sens péjoratif, parce qu’il y a des trucs qui fonctionnent vraiment parmi les méthodes douteuses et les sectes adeptes des suicides collectifs sous acide. Donc c’est à la mode, le Yoga, l’Hindouïsme, Bouddha, le Vedanta, le Dalaï Lama, le Zen, les moines Tibétains, les Sages assis dans la contemplation et dans l’effort en haut de la montagne, et qui dans un geste de compassion te tape sur l’épaule en te disant

« Essuie-moi disciple, j’ai fini de chier. »

RAOUL SAN, 82 ANS ET DEMI

Oui Maître… Mais continuez de rire charmante Elvire, les loups n’ont pas encore définitivement envahi Paris… Message pour certains qui font une moue de dégoût : quand t’auras essuyé le cul d’un petit vieux sans aucun dégoût, avec assistance, minutie parce que toi, quand tu t’essuies, ou que tu te laves le cul, t’aimes pas que ça gratte après. Lui non plus. Alors quand tu fais quelque chose et que cette chose concerne la dignité, la santé, le bien-être, l’aisance, le bonheur, le confort, d’autrui, fais-le bien.

Waow je suis parti loin, mais c’est pour me féliciter d’avoir réussi à faire le tour du quartier avec un clebs super excité en laisse, alors que sincèrement, j’en avais vachement, mais vachement, pas du tout envie. Toutes ces têtes avec qui il a fallu que je sois sympathique parce qu’eux m’ont pas montré de visages fermés et agacés, j’avais pas envie de les voir, je n’ai rien contre elles, absolument rien, mais je n’en avais pas envie et ça me fait chier d’avoir à le faire.

J’ai reçu un bang aujourd’hui. Mais c’est un gadget, c’est dommage parce que la conception était intéressante, il aurait fallu plus de volume, enfin je juge juste après une douille, une seule, avec un petit pré-refroidisseur qui m’avait laissé un peu sur les dents quand je l’ai testé. Plus de volume ça veut dire plus grand, plus massif, avec du verre plus épais, sans aucune pièce de plastique. Cela dit, maintenant que j’ai cette sorte de fausse œuvre d’art, il faut que je la protège, et ça c’est mon moment préféré, c’est en train de le devenir, le moment où il faut que je trouve une boîte rigide et tant qu’à faire, jolie, que je la prenne par excès de quelques centimètres en largeur, longueur et hauteur, que je la calfeutre avec de la mousse à l’intérieur, de la mousse, mais il faut qu’elle soit assez épaisse pour immobiliser ledit bang lorsque la boîte est fermée, et même plus, lorsqu’elle tombe, qu’elle est un peu maltraitée, le but étant, de une, d’avoir une soupape de sécurité à l’intérieur, et de deux, de pouvoir le transporter en extérieur sans trop galérer ni stresser par la possibilité de le casser. En extérieur, il suffit d’être scrupuleux, de le remettre dans sa boîte renforcée et sécurisée si personne ne s’en sert. Le premier ennui que je vois ici est l’odeur, donc il vaut mieux pouvoir le laver (avoir une source d’eau à dispo, des goupillons de différentes tailles pour le plongeur, la douille et le corps du bang, sans oublier du produit pour les goudrons) avant de le ranger, sinon la mousse prendra une odeur désagréable de fumée froide, et l’intérieur de la boîte puera.

Il faut que je me méfie de mes jugements à l’emporte-pièce. Les trois quart du temps je suis à côté de la plaque quand je fais ça, et je le fais souvent c’est une habitude rodée. En fait, au départ, j’ai dû avoir deux ou trois éclairs de lucidité qui m’ont amené à une fausse conclusion : j’ai beaucoup d’instinct. Or c’est faux : je n’ai pas beaucoup d’instinct, j’en aurais sans doute en prenant mon temps, en observant davantage avant de tirer des conclusions. Sherlock… J’en suis vachement loin, mais qu’est-ce que les gens comme ça me fascinent ! Sherlock Holmes est un fin observateur, personne ne pourra dire le contraire.

Sherlock Holmes ? Un junkie ? Vous n’y pensez pas ! Voyons ! Et pourtant. William Burrougs est, lui, un Junky… Une merveille de lecture pour qui n’a pas froid aux yeux et ne s’effarouche pas comme un gros dur d’alpha-mâle dès qu’on aborde le sujet sensible de l’homosexualité masculine, informations impossibles à gérer pour eux, rejetées en bloc sans même que personne n’ait cherché à les niquer, eux. D’ailleurs qui irait niquer un gros blaireau sans cerveau ? (et là je me marre… je sais, je sais, le blond a du succès, comme la blonde, le blond est l’ennemi juré du brun ou du châtain, hey allez je rigole !)

Françoise Sagan touche les rebuts des basses classes du haut de sa Bourgeoisie toxicomane à la morphine, ça marche, y en a qu’ont besoin de ça, pour se pousser eux-mêmes à vivre, ou à revivre, à créer, à se lever le matin. Ouvre un livre de Françoise, toxicomane avérée jusqu’au trognon, ou un de Jodorowsky selon où tu te trouves et ce qu’il y a autour de toi sur ton chemin, surtout évites les magazines, et parole : tu trouveras ce que tu veux. Ouvre un livre mais attention, nous sommes à une époque où faut absolument vendre, et vendre beaucoup et vite, faire des coups de vente, et de ce fait il y a beaucoup de merdes littéraires en circulation. La médiocrité est aujourd’hui devenue une meneuse d’hommes et de femmes pressés, des auteurs et je ne sais pas comment ça se dit au féminin, autrice ? Auteure mais en le prononçant comme « eux » ? Je n’en sais rien. Ils et elles veulent la gloire, la reconnaissance, sans travailler parce que comme moi pour l’instinct, ils pensent avoir un don sauf qu’un don ça se travaille, alors ils ne comptent plus que sur ce don et sur une bonne campagne de publicité bien dégoulinante et dégueulasse, et si pognon ou grand nom il y a, d’apparitions dans des émissions littéraires tardives ou à heure de grande écoute mais c’est plus cher, de séances de dédicaces où personne te connaît mais où les clients sont heureux d’avoir un truc signé, qu’ils garderont pour la postérité, ou revendront plus cher au cas où l’auteur deviendrait connu… Bande de pingres… Aucun respect pour la littérature. C’est des gens comme ça qui vendent des animaux… Du calme.

Bon, bref putain de merde. Nul n’est besoin de prendre des modèles et de se caler dessus pour se construire, se reconstruire et tutti quanti. Mais ce qu’un homme ou une femme a écrit à un moment donné de sa vie, qu’il ou qu’elle a livré au monde, sera probablement aussi utile pour toi que les mots d’une Bible ou que les paroles d’un(e) Bouddha. C’était le destin que tu tombes dessus à ce moment là, alors ne cherches pas à lutter et laisse-toi faire, ouvre-le ce livre et lis-y ce qu’il y a autour de ces paroles qui t’ont parlé un jour et que tu aimes à citer parfois. On en apprend tous chaque jour.

Y a plein de livres qui ne sont pas ce que j’appelle « de la merde » et que je déteste ou détesterait pourtant si je les connaissais, des qui diffusent des idées qui sont à l’antipode des miennes, et que j’estime parfois nuisibles, mais je suis seul juge de tout ça, et s’ils ont étés publiés c’est qu’il le fallait. Alors si à un moment de ta vie, tu ouvres, par hasard ou non, un livre prosélyte sur le capitalisme par exemple tiens… et que tu y lis quelque chose qui renforce tes convictions du même nom, c’est que c’était ton destin. Fais-le, sans hésiter.

Livres évoqués dans ce billet :

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