Auto-Psychologie

Je hume

Je Homme. Homme aux narines frétillantes dans un vent apportant des odeurs boisées matinales, l’humus est humé également par d’autres hommes et femmes par ici, et ce ne sont pas les champignons qui ont eu la bonne idée de bourgeonner un peu partout en cette matinée de fin d’été, que je Homme, sens. Non. C’est un mélange de toutes ces senteurs que mon âme ressent clairement, elle est en osmose avec mon corps et mon esprit, ça ne dure pas, quelques secondes tout au plus, secondes qui me font fermer les yeux d’extase. Je n’y pense pas, je sais que lorsque je vais les rouvrir je retrouverai cette solitude même accompagné, ma condition de Je. La bataille sanglante et extrêmement violente entre deux entités qui existent bel et bien, mon ego, Je… Et ma conscience.

Automatiquement Je se rebelle. Ma conscience le regarde. Il veut que le corps entier cesse d’écrire pour s’occuper de sa petite gueule, exclusivement, lui faire passer je ne sais quel truc par le gosier, ou plus directement et radicalement, tel une de ces punaises en rut dont parle Werber dans Les Fourmis (ou était-ce dans une des deux suites de ce livre ?) : via une aiguille plantée dans un corps déjà tellement de fois suriné auparavant qu’il la sentira à peine entrer. Peau tannée en certains endroits par des piqûres à répétition. Je sais, c’est pas sexy.

Alors, je voulais utiliser ce mot, qui remplace un autre mot, sexy. Attirant ? Non, ou en fait si un peu, séduisant on va dire. Bref y a quand même une petite notion sexuelle qui est instillée dans le cerveau lorsqu’il entend ce mot. Selon la personne, bien entendu. Il doit y avoir des gens pour qui le mot de remplacement n’a aucune connotation sexuelle. On utilise souvent, j’ai remarqué, notamment dans des séries ou films, ce mot pour se qualifier soi-même, faire un aveu d’infériorité dans la chaîne de la reproduction. Humilité. Mais souvent cette humilité sert à mettre un point de plus de son côté lors d’une session de séduction qui mènera peut-être à des ébats entre adultes consentants et plus si affinité. Le point est double : Je est humble et Je est également honnête avec toi, il t’avouera ses faiblesses pour que tu le voies tel qu’il est vraiment.

Mon cul… Tout ça c’est de la merde pour nous faire croire qu’on n’est pas des animaux à la base, et Je est colère parce que On a raconté des cracks à Je quand il était gamin, On a fait espérer à Je qu’il serait heureux en ménage, qu’il choisirait une femme, qu’il lui ferait d’autres mini-Je qui courraient partout dans une grande maison à la campagne. Or ce n’est pas du tout comme ça que ça marche et Je le constate souvent, mais Je a été conditionné pour penser ainsi alors Je a du mal à sortir de ce cercle vicieux, et voir enfin clair et simple, dans les choses de la vie. Je est un junkie, et On aime pas trop les junkies par ici. Par ailleurs, non plus, d’ailleurs. Alors On s’amuse avec Je, au point que Je développe des (ou juste une ça suffit) débuts de psychoses paranoïaques. Mais Je est tout de même quelqu’un dont le corps garde au moins un pied sur terre, en permanence. Alors Je lutte, très fort, contre ça.

Je tente des trucs pour contrer ça, je ressors, je vais de nouveau à la rencontre des autres, et ils me comprennent rarement. Et parfois je fais face à ce que j’identifie comme étant du rejet global, du snobisme à mon égard, de l’agacement et on me le fait savoir, on m’envoie chier. Alors j’aime bien moi, j’insiste, un peu, je taquine, sans abuser si possible. Ensuite je passe à autre chose, tout le monde n’est pas comme moi : dans l’instant, dans l’envie de comprendre l’autre.

Aaah ! Mais Je a oublié de prendre son traitement ce matin… Je n’a pas envie de prendre un putain de traitement, mais la dernière fois que Je a fait une overdose de poney, il a flippé, vraiment, il a senti des parties de son cerveau mourir littéralement, et il a appelé à l’aide, mais il a eu peu de réponse. Alors en dépit d’autre chose il a décidé de reprendre cette saloperie de traitement régulateur de l’humeur, qu’on lui avait imposé à l’hôpital psychiatrique, quand lors d’une surdose d’alcool et d’amphétamine, il y avait été emmené de force et qu’il y était resté 3 jours. Juste pour tenir, avoir une béquille qui allait l’aider à dépasser tout ça.

Allez Je… Prends tes cachets et fais pas chier. Arrête de te répandre comme ça pauvre con. Ferme ta sale gueule tu mérites pas de vivre, On te tolère parce qu’on enferme plus les tarés comme toi dans Notre société d’aujourd’hui, on les laisse en liberté tant qu’ils font pas de mal autour ET qu’ils se font pas de mal à eux-mêmes, mais là Je, t’es sur la brèche, un pas et tu tombes dans le vide, et là, On va pas te louper…

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s