Paroles

Funérailles

Prends ton dernier rail avant tes funérailles

Casey

A sa décharge elle ne me connait pas. Je ne sniffe pas. J’injecte tout, ça me permet d’avoir les narines libres en descente, et de pouvoir dormir du sommeil du juste. C’est très pénible de dormir enrhumé ou le nez bouché.

Donc pour moi ce sera un simple « Prends ton dernier shoot avant d’finir ta route » et parce qu’il n’y a pas énormément de rimes en shoot, la mienne n’est pas riche. Mais par contre la musique de Casey l’est, les instrus sont terribles, les collectifs auxquels elle a participé m’ont fait découvrir des artistes supers, comme Prodige, Sheryo que j’ai effectivement connu via elle, Vîrus, B.James, etc. Mais sans scrupule, les fous comme moi s’en inspirent pour exprimer leurs trucs et leurs machins qui les hantent.

Souvent le rap s’adresse à « tu » un pronom personnel, toi. C’est accusatoire, parfois très agressif, ça fait réfléchir, et d’autres fois ça sent juste les textes de vengeance, et là on peut accompagner le chanteur sans se sentir concerné, on a tous un connard à qui on aimerait bien mettre quelques patates, non ?

Tu brailles Babar, tu pilles l’écaille avec ta
Paille Nabab, tu t’entailles le oid…

Où qu’t’ailles c’est : No way ! Call the FBI !
Et t’es def’ B-eye de Big Brother t’assaille
Tu payes, avec ta caille-ass ayayaye

Maquille ta paille en origami, et puis cueille
La vie, cueille la vie… avec les dents cueille la vie…
Mais cueille la vite, car l’écueil la voit, et qu’il la veut !
Tu veux du rab ? Alors cesse de faire ton crabe,
Fais néné, tkt moi j’grab la tétéille, mon srab !

Passe le joint copain ! J’te rends pas un kopeck mon lapin
A quand la Rabla Latté des petits formatés,
Au bord de la Terre fermente l’Ether, et j’affirme à mes
Risques et périls latéraux que les terres des firmes
Se déforment et contaminent les biofermes, et comme
Bioman n’est plus en forme, c’est très con… et conne !

Mais souvent aussi, les textes parlent en « je » l’egotrip. Tout tourne autour de l’ego et certains rappeurs ne peuvent s’empêcher de pousser l’expérience jusqu’à être extrêmement prétentieux. Ou vantards. Ou un mélange des deux. Mais d’humilité il y a rarement dans ce type de textes.

Alors j’prends mon dernier fixe avant mes funérailles,
J’me raye, les oreilles baissées, mon crâne déraille…

Mon existence s’enraye, et un ange baille, ma caille !
Tout est
die, et ces racailles de rats se les caillent…
…Les couilles, écoute-les grouiller, raï, l’écaille
De poisson coule à flot, les coutelas coulent à fleur
De peau, les scouts qui crurent à leur faux-flair rafleur…
De pis… En dépit des pire éraflures, l’air affleure
La passiflore mais pas si vite ! Les effets affluent,
Des flux énergétiques passifs, l’orifice en reflue…
En veux-tu en voilà, des lyrics qui fixent les enflures,
En vitesse envolés, délité sur des lits de littérature,
Tes ratures piratées délétères, te rendent un peu taré,
Allume un pétard et fume mon pépère, moi j’t’arrête
Direct, j’te braque en paix, ici c’est l’tarif du Mochtar…

Donc paye ton pet’ mon petit péquenaud-taire…

On peut aussi, et c’est plus rare, pratiquer un exercice qui est davantage réservé à la littérature, la fiction. C’est se mettre dans la peau d’un personnage imaginaire, ou réel, et parler en son nom. Comme le personnage de l’esclave qui est traité en « Sac de sucre » (Casey) dans la chanson éponyme.

Le Mochtar c’est pour : « Non seul’ment il est moche,
Mais en plus il est en r’tard », et c’est moi le Mochtar.
Je suis le Mochtar, et je t’mâcherai pas l’travail,
Jamais en costar, j’suis de mèche avec les pochtars,
Pleins de came tardive, qu’arrivent des camtars,
J’embauche tartufes et martyrs, mais du calme tocard…

Pour le job t’es auch ? Alors démarre la tire, petit pétochard !
Dès lors des militaires, mais les temps sont chers,
Les lieux délimitèrent, y montèrent les vieux d’l’élite !
Mais prends la route avec le Mochtar, j’ai des litres

Et des litres de kéro, allez vite on s’tire, ouvre les vitres,
J’couvre la suite de l’aventure, ce soir on mange tard !
Ça suinte faut éventer ! Les pompiers appellent les chtars,
Donc appelle les pas ces putes, j’les tiens en joue et j’tire !

Alors tu bouges pas une patte, sale pompier d’tes morts !
Va niquer ta mère ! Dans deux s’condes t’es mort.

Mais Casey est engagée, faire de la musique c’est pas quelque chose de léger, ça peut être amusant mais la gravité est de mise lorsqu’elle traite le sujet de l’esclavage, elle qui semble être personnellement intéressée vu sa couleur et certainement ses origines, par l’histoire des Noirs, et touchée par leur traitement aux Caraïbes à l’époque de l’esclavage. Les Noirs qui en ont chié, et c’est peu de le dire, à cause de raclures de chiottes, accessoirement blanches comme des bidets, souvent aïeules des békés actuels. Tout ça c’est pas très couleur locale…

Aux Caraïbes, les Noirs ont été importés sans ménagement, telles des marchandises, emmenés de force, dans des bateaux négriers. A la base ils ne sont pas originaires de là-bas, mais le sont de différents coins d’Afrique, ça n’a rien de secret. Donc la couleur locale originelle serait plutôt ici une magnifique peau cuivrée, magnifique à l’instar de la noire (qui est rarement noire), et de la blanche (qui est rarement blanche). Comme des autres.

Aujourd’hui tous les coins du monde ont été découverts, explorés, sauf quelques forêts denses, et très rares sont les civilisations qui n’ont pas laissé d’autres cultures se répandre chez elles et se mélanger avec leur culture locale. C’est le cas du peuple des Sentinelles, fermement opposé à ce qu’un seul pied étranger se pose sur leur île qu’ils protègent férocement, en tuant sans pitié les récalcitrants. Ils ne sont manifestement pas inquiétés pour ces meurtres sauvages, étant les seuls à faire la loi chez eux, et comme l’accès à l’île est strictement interdit à quiconque par le pays de qui elle dépend, l’Inde, ils sont plutôt tranquilles. Celui ou celle qui bafoue la règle doit en assumer les conséquences : mourir dans d’atroces souffrances.

Lorsque des cultures se croisent, ça peut bouleverser l’ensemble de la communauté, changer des traditions, en apporter des nouvelles, et grâce à la faiblesse de l’humain à se laisser aller à tomber amoureux, de belles histoires mixtes qui font évoluer ces fameuses couleurs locales, en les métissant. Le résultat est beau.

Mais je comprends aussi tout à fait l’importance que mettent certaines tribus, peuples, civilisations, à se couper du monde et maintenir l’ensemble de leur communauté sous l’égide de leurs propres règles, par exemple refuser le soi-disant progrès et la technologie (Amichs, Mormons). Je ne peux évidemment pas accepter par contre, qu’on lave le cerveau d’individus afin que leur curiosité jamais ne dépasse la limite d’un territoire, qu’on empêche des gens de quitter leur communauté pour aller à la rencontre d’autres gens.

Suis-je sur des clichés, là ? Lorsque rien ne sort d’une société dans la société, personne ne peut vérifier qu’il n’y est pas pratiqué des sévices, parfois connus par l’ensemble de la communauté qui en a honte et ne veut pas que ça se sache à l’extérieur, les couvrant simplement. C’est la raison pour laquelle je suis contre le principe de société secrète. Je n’ai rien en particulier contre les francs -maçons, mais ils font partie d’un ensemble de choses qui me débectent. Donc la Franc-maçonnerie me débecte, mais aussi le groupe Bilderberg, Rose-Croix, l’Eglise du Vatican, le gourou Osho et ses sbires, etc.

Hé ! Fallait bien que je crache sur quelque chose avant de boucler mes funérailles…

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