Littérature

Dictionnaires

Je sais plus quel âge j’avais à l’époque. Aux alentours de la dizaine. Pour un de mes anniversaires, ma grand-mère m’avait offert un dictionnaire, un vrai, un relié, un gros, le Robert. J’étais presque déçu, mais pas tant que ça, un énorme bouquin comme ça devait receler de merveilles…

Ma grand-mère était une fanatique de mots-croisés, une cruciverbiste dit-on. Autour de la grande table de la salle à manger, entre deux fenêtres où venaient volontiers des oiseaux, surtout des mésanges et des tourterelles, il y avait des piles de magazines ouverts aux pages de ces jeux qui la grisaient, et des dictionnaires. Elle ne pratiquait pas son art quand on venait la visiter, elle et mon grand-père, dans leur grande maison, à Barneau, c’était évidemment une activité solitaire. Je me souviens que j’adorais le jardin, il était immense, plein de surprises. J’y allais me promener seul ou avec mon frangin, mais toujours accompagné des chiens, pour explorer de toutes parts. Bon, ils avaient du fric mes grands-parents mais ça ne me frappait pas. Mon grand-père a eu une entreprise de voitures de luxe. Je ne les ai pas connus à la « grande époque » quand ma grand-mère devait rôder des Ferrari et cie. pour les clients, on m’en a juste parlé, comme si c’était normal, anecdotique.

Quand je demandais pourquoi autant de dictionnaires trônaient dans la salle, on me répondait que c’était une aide pour les mots-croisés. Je ne savais pas dans quelle mesure un dictionnaire pouvait aider à trouver un mot dans une grille de mots-croisés. Aujourd’hui, la simple phrase est absurde : comment trouver un mot dans un dictionnaire ? Mais qui achète encore des dictionnaires en dur ? Même moi je trouve ça plus pratique, un site internet dédié à la recherche de rimes avec une base de donnée enrichie régulièrement par un ou des passionnés, pour mettre en rapports les mots entre eux. Il existe des outils gratuits qui font le travail bien mieux et rapidement.

Attends, attends… Mieux ? Ce qui va plus vite n’est pas gage de qualité… Disons que c’est mis à jour un site, alors qu’un livre il faut acheter la dernière version pour l’avoir à jour. Un livre c’est statique, on a une version finie qui ne bougera plus, alors qu’un site internet c’est dynamique, ça évolue. Soit. Il y a donc certains sujets comme les rimes, les synonymes, qui seront sans doute plus pratiques en site web. Mais le reste… Enfin je ne sais pas, ces dernières années j’ai pris l’habitude de tout aller chercher sur internet. Quand je me demande un truc, conjugaison, orthographe, règle de grammaire, synonyme, antonyme, rime, définition, je le recherche, pas avec google, parce que ça c’est encore facile de s’en passer. Qwant ou Duck Duck go, font le taff aussi sans tracer l’usager.

Tout ça pour dire que je me suis procuré quelques dictionnaires :

  • Un Bescherelle déjà, et bon sang de bonsoir, qu’est -ce que j’ai pu en copier de pages de ce truc quand j’étais minot en internat, en Suisse, c’était THE punition…
  • Un dictionnaire des difficultés de la langue française, pour tenter de me familiariser avec des handicaps qui me bloquent encore aujourd’hui et les maîtriser à terme.
  • Un dictionnaire des combinaisons de mots. Mais déjà celui-là me déçoit. Le premier mot que je recherche (davantage, plus), y est pas ! Enfin ce dernier sera dédié à l’écriture artistique. Fiction, poésie, lyrics.
  • Et puis j’ai repensé à ma grand-mère et à ce cadeau de mes 10 ans (env.), en faisant ça, en m’offrant un Robert relié, elle a tracé ma route, disons qu’elle m’a indiqué un chemin. Un bon chemin. Du coup, à 42 ans je fais le chemin inverse (l’aller-retour disons), je m’offre un grand Larousse illustré, édition 2019, relié. Le truc balèze.

C’est pas Noël dans mon crâne. Mon but est de me perfectionner dans l’écriture, pour pouvoir continuer d’insulter les Bourgeois mais sans faute… Avec des figures de style qu’eux n’auraient pas eu l’audace d’utiliser. Tant qu’à cracher sa bile sur son monde, autant le faire de manière irréprochable.

Et puis écrire, c’est tout ce que j’ai. Le matériel c’est de la merde, l’immatériel reste. J’aimerais laisser au moins une bonne trace, parmi tous les écrits ultra-négatifs que j’ai déjà produit. L’écriture, c’est tout ce que j’ai à moi, on pourra pas me le retirer. C’est comme la pensée.

Liste des livres évoqués dans ce billet :

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