Auto-Psychologie

Adhyatma – Force blanche

Cet article fait parti d’un diptyque : A B. 100% vrai.

Quand j’avais 17 ans, j’ai été abordé par une femme bien intentionnée, au cœur même peut-être de la pire crise de ma vie à ce moment là. Elle a séché mes larmes. Elle m’a fait entrer chez elle. Elle a continué de sécher mes larmes, en restant jusqu’au matin à discuter. Je voulais mourir.

Elle avait un mari, qui est resté un peu. Et une petite fille, de 7 ans. J’ai senti une forme d’amour que je ne connaissais pas dans son foyer, chez cette femme. Elle était la source de ça. Elle était positive par essence. Elle a choisi de m’aider à long terme, même après son décès, en me donnant un livre. Je te dirai pas lequel. Trouve le tien.

J’avais un gros bout de shit sur moi, pas si énorme, un 12 grammes. A mesure de la soirée, je roulais, je roulais, je faisais tourner mes joints comme d’habitude. Il était sympa, elle était sympa, la gamine était sympa.

Il régnait dans cette famille l’harmonie qui n’avait jamais régné chez moi, j’étais ému de ça. Au matin le mari m’a ramené en voiture à 70km, chez mon père, c’était sa route pour aller bosser, ou pas. Il m’a demandé de lui donner un bout arrivé chez moi, j’ai pas eu ne serait-ce que l’idée de le devancer. Pas l’habitude. A l’époque je prenais beaucoup, je donnais peu.

J’ai lu son bouquin, c’est vrai qu’il était bien, l’auteur était un occidental qui a pas mal voyagé , Arnaud Desjardins. Un Sage.

Une phrase de cette femme : tu attires ce que tu rayonnes.

Elle a changé ma vie.

Aujourd’hui je donne, je prends moins.

Auto-Psychologie

Corsica – Force noire

Cet article fait parti d’un diptyque : A B. 100% vrai.

Quand j’avais 17 ans, j’ai été abordé par la mafia Corse. On m’a proposé un deal. J’avais quelques jours pour réfléchir sur ma décision, en attendant on me donna une enveloppe contenant 200 francs (30 euros), avec une seule condition : que je réponde oui ou non. Que j’accepte ou pas le deal, je gardais ces 200 francs. Soit… Dans l’heure j’avais acheté un 6 de shit et j’étais fonfonsse, ce qui n’a pas été pour plaire au messager. On attendait ma réponse. Aucun souci, je vais te la donner. J’ai combien déjà ? Dis y a pas de pression ? Non ? OK.

Je ne suis pas Corse. Je suis d’origine franco-italo-suisse. Et un peu gitan. Enfin Tzigane. Mon arrière-grand-mère au début du siècle 1900 a hébergé un gitan de passage, Abel. Cet homme a été le père de ma grand-mère maternelle. C’est du côté de mon grand-père maternel qu’on est suisses, et du côté de mon père, on est italiens.

Mais de la Corse je n’ai que mon respect pour le FLNC et les soi-disant terroristes que j’aime pour leur indépendantisme et leur radicalisme. Alors j’ai hésité. J’aurais dû accepter. Aujourd’hui je serais sans doute mort, mais mon destin aurait été tout autre. Et j’aurais tué masse de personnes.

Au départ c’était pour livrer des colis dont je ne connaîtrais pas le contenu. Livreur. Et le mec m’avait dit que je ferais des courses de plus en plus importantes jusqu’à prendre du galon, et qu’on me confierais un jour une affaire plus balèze. En échange j’aurais des enveloppes comme il m’avait donné, celle contenant les 200 francs. Suffisait de patienter et j’aurais évolué normal dans l’entreprise criminelle.

J’ai refusé.

J’ai jamais su de ma vie si j’avais pris la bonne décision, pendant toutes les années qui ont suivies. Encore aujourd’hui j’hésite. Y a des rigolos qui auraient pas fait leurs malins auprès de moi.

Hey le mafieux ! Garde ton fric, je n’ai que des principes, je ne suis pas intéressé moi. Ciao bello ! Hey les autres, méfiez-vous, s’il m’a abordé c’est parce que je suis dingue, alors me poussez pas trop. C’est un conseil.

Fiction, Paroles

Ne travaille pas

Je vais pas te la refaire non ? L’étymologie latine du mot travail, tu la connais déjà c’est évident. Bon allez, dans le doute, ça vient d’un mot qui représente un instrument de torture, tripalium. Le travail étymologiquement s’apparente à de la torture. Tel qu’il est goupillé sociétalement, en occident, c’est de l’esclavage. La différence étant qu’on te balance des miettes pour te donner une illusion de gagner ce que ton travail mérite, et une chance d’économiser (ou de contracter un crédit et ainsi te foutre une dette à la patte et te coincer jusqu’à ce que tu aies remboursé) pour t’acheter des choses que tu as probablement fabriqué, ou aidé à fabriquer.

Il y a l’école, où on tente de faire de toi ce dont la société a besoin, pas ce à quoi tu aspires. Ne vises surtout pas trop haut lors de ta rencontre avec ton conseiller d’orientation petit adolescent, il te remettra bien vite à ta place : « Avec tes notes mon gars, faudra plutôt viser un métier manuel » te dira-t-il ou te dira-t-elle avec un peu de mépris dans la voix au mieux. Au pire, il ou elle ne dira rien, et bavera ensuite pendant la réunion suivante peut-être devant un parent d’élève délégué, qui à son tour le soir venu, à table, évoquera ce pauvre futur carreleur qui espérait être astronome… Et tout le monde rira entre l’entrée et le plat, chez les Lequesnoy, on rigole, c’est comme ça. L’école te prépare donc à remplir une tâche souvent ingrate si tu n’es pas adapté à leur système scolaire pourri jusqu’à la moelle.

Ensuite vient la réalité du terrain. Tu veux de l’argent, et pour l’instant tu n’as qu’une possibilité pour en trouver parce que tes darons ont dit « Stop » ! Et c’est travailler. T’as 16 ans, tu t’es fait virer du collège parce que t’as mis une droite à un prof pervers qui matait un peu trop, en bavant comme un Saint-Bernard, la tasspé en minijupe de la classe, très jolie jeune fille de 15 ans au demeurant, un peu trop peinturlurée à ton goût. Le vieux porfc d’espagnol a fait une remarque de trop à ton propos, qui plus est en se baissant sur toi tout sourire : « Nan, nan ! Le réveillez pas ! Laissez-le dormir, au moins je peux parler comme ça » ce qui t’a fait remonter les trois tata et le trip que t’as pris dans la nuit, d’un coup comme ça ! Coup de boost ! Tu t’es levé et tu l’as cogné ce salaud. Bien fait pour sa gueule. Ensuite t’es parti dans un rire fou, et tu t’es barré de leur taule en lançant à la cantonade, juste avant de claquer la porte du cours : « Allez tous bien vous faire foutre » ! Et t’as claqué également la porte du collège devant le CPE dépité, sorti de son bureau alerté par le bruit de la poubelle qu’au passage tu as shootée. Toi, ça t’as vraiment éclaté de faire tout ça, mais la suite c’est qu’il faut assumer.

Très vite donc, ton obsession se met à tourner autour d’un sujet. Eeeh Non ! C’est pas le travail ! C’est l’argent bien sûr. Parce que si tu veux aller en soirée dans des boîtes parisiennes underground comme le Gibus, te défoncer ensuite dans ces boîtes, il t’en faut de l’argent, de la caillasse, de la thune, de l’artiche, du fric bordel ! Comment faire à 16 ans ? La pizzeria du coin embauche des débutants ? T’apprendras plus tard que c’est un gros fils de chacal qui paye moins que le SMIC, mais au moins il embauche, c’est pas comme tous ces rats là, qui « prennent pas avant 18 ans » bande de crevards !

Très vite ça te saoule de livrer des pizzas. Tu pourrais te lancer dans un business illégal, que tu te dis, tout en étant conscient que tu n’es pas très fort en affaires. Mais t’essayes, si d’autres ont pu le faire pourquoi pas toi ? L’ennui c’est que tu consommes beaucoup trop, et surtout t’as pas envie de charbonner. Soit t’es pas aussi requin, vicieux, que les autres, soit t’es juste trop fainéant. Toujours est-il que tu bouffes et le bénéfice, et le chiffre d’affaire. Du coup, ton affaire, elle s’écroule bien vite et tu contractes des dettes auprès de la mafia locale, sans scrupule, qui te rossera si tu ne rembourses pas. L’étau se resserre. Alors tu tiens bon la barre. Ton travail de livreur de pizzas ou/et de kebabs te gonfle certes, mais avec ton salaire tu rembourseras l’autre bâtard qui t’a bien fait comprendre qu’il fallait faire vite, sinon… c’est les coups de marteau. Sauf que pour avoir un salaire faut avoir bossé un mois, que souvent ensuite on a un chèque et que toi, ta banque c’est la Poste, un livret, et faut deux putains de semaines pour encaisser un chèque. Alors tu demandes un acompte à ton filou de patron.

Bon, interlude. A cette époque de ta vie, tu es entouré d’enculés. Y en a partout et à l’école on a pas de cours destiné à savoir les identifier et les éviter, normal tu me diras : l’école elle-même est structurée par des enculés. Donc tu les fréquentes sans capter leur jeu avec toi, tu es trop naïf, un jour tu acceptes même de jouer les nourrices, et tu fais ce qu’il faut pas faire… tu tapes dans le stock. Enfin bref… tu fais des conneries. De plus ce shit est dégueulasse mais tout se fume quand on a rien, et d’ailleurs il se vend vu le prix. Mais c’est compliqué, vraiment, en grandissant on devient plus exigeant sur la qualité, et tes potes grandissent, tout comme toi… Le mec qui vendait du mauvais shit.

Tes potes… Des amis à qui tu as accordé ta confiance te tournent le dos ou finissent par te mettre une carotte (toi en bon con, tu leur avances le produit), ils se cassent sans jamais revenir, en se promettant de bien se foutre de ta gueule durant les années à venir. A ce stade il te manque toujours 19 balles pour en faire 20… Ton business naissant s’est cassé la gueule. Et tu vis en sursis jusqu’au moment où le gars va s’apercevoir que tu as touché à la marchandise.

Pour tes potes, sans fric tu n’es pas intéressant : depuis que t’as essayé en vain de vendre du (mauvais) shit et que t’as fait faillite, tu n’as plus jamais un joint à rouler. Par contre tes potes, eux, se débrouillent pour en avoir. L’ennui c’est qu’étant donné que t’es en train de te faire une réputation de gratteur aux poches vides, on finit par ne plus te filer que des culs de pétards, enfin de ceux qui tournent…

Ton acompte, versé en liquide et au noir, va aller payer une partie de ta dette. Ça calmera un peu Goliath et sa bande, te fera gagner du temps, mais le reste de ton salaire un mois plus tard, vu que tu croiras à tort qu’on t’a oublié, va te servir à te défoncer. Ta dette restera. L’usurier s’énervera. La pression montera d’un cran. Comment éviter ça ? T’as raison : un bon joint, ça aide à réfléchir !

Vingt minutes plus tard, t’es sur ton pieu et tu comates. Tu comates pendant… un mois environ. Quand d’un coup…

— Bam bam bam !

Ça tambourine à la porte. Une voix lance :

— Bonjouuur ! C’est l’facteuuur !

En fait c’était une blague : c’est pas le facteur… Quelle boutade poilante ! C’est qui ? C’est en fait un marteau Facom accompagné accessoirement, au bout du manche, d’un mec pas très content. Et toi, t’as rien à lui donner sauf tes genoux et tu y tiens, comment dire… Alors comme t’es chez toi depuis à peu près 16 années, tu connais relativement bien les lieux, ses atouts et ses failles : il y a une issue, sortir par la fenêtre et te sauver par le jardin du voisin de derrière. Ça va juste te faire gagner du temps, énerver un peu plus l’autre rat mort à l’air bien vif pourtant, mais c’est une question de survie, tu dois te barrer de ce guêpier. Et en vitesse avec ça parce qu’il va pas s’embarrasser à faire le pied de grue devant la porte, là il va entrer.

T’enfiles un froc en speed, tu juges qu’au point où tu en es, garder sur le dos ce tee-shirt que tu portes depuis une semaine n’est pas très grave… Après tout il ne pue que la sueur… et un peu la bouffe, tiens ça c’est la mayonnaise du sandwich d’hier ! Sans tergiverser sur les condiments, tu enfiles tes rangers, pas le temps de les lacer, tu te tire fissa. T’es habillé léger mais heureusement, l’été approche et il fait un temps superbe.

Que faire maintenant ? Tu te sens oppressé. Tic ! Tac ! Tic ! Tac ! On veut ta peau et l’instant s’approche. Tu es un mauvais payeur. Et les mauvais payeurs, on leur fait comprendre dans ce milieu, et on leur fait comprendre par la violence, y a que ça que les chiens de la casse comme toi entendent, enfin c’est ce qu’ils pensent.

Tout en marchant en direction de la gare, tu te dis que si tu avais un flingue et des balles, tu pourrais lui en coller une ou deux dans le buffet. Oui, mais ensuite ? Faudrait l’enterrer, tout ça, et c’est chiant. Et selon le lieu, peut-être même le couper en morceaux pour le déplacer dans un autre lieu et enterrer les bouts. Décidément c’est trop difficile. Tu es fainéant, rappelle-toi. T’as plus qu’à te casser, fuir. Point barre. Et tu le fais.

Alors ce jour, tu prends le train en fraudant, direction Paris, et tu te dis que tu reviendras pas. Tu reviendras bien vite… Mais ce sera ta première réelle virée dans le vrai monde, celui de la rue, pas celui factice du travail et du fric. Tu feras la manche, et tu trouveras ça marrant même. Parce que tu le feras avec des gens cool, qui vivent à la cool, qui s’aiment, qui vivent libres. Tu te crois au Paradis devant Franprix ! Mais le rêve tournera bien vite au cauchemar.

Tu bouffes un trip, tu hallucines toute la nuit, tu rigoles. On rigole avec toi. Le lendemain, en descente, tu cherches à renouer avec une fille que tu as perdu environ deux mois plus tôt, tu lui donnes rendez-vous sur les marches, elle vient accompagnée d’une copine, elle veut pas te donner de nouvelle chance et s’en va bien vite. Dommage, c’était la femme de ta vie et tu l’as laissée filer. T’en retrouveras jamais une comme ça. T’es dégoûté et t’as envie de te pendre, alors tu descends dans les catacombes, ça te va bien, c’est sombre comme toi, tu es triste et ça se voit dans tes yeux, certains l’acceptent.

« Ne travaille pas » est écrit en peinture noire, en gros, sur un des murs de la rue donnant sur la petite ceinture où se cache l’entrée des catas. Tu t’arrêtes devant ça. Tu le lis, le relis encore et encore, mais tu ne comprends pas. Dois-tu prendre cette affirmation au 1er degré ? Car ce que tu a compris en évoluant ici, c’est que pour avoir des sous et t’acheter une lampe par exemple, faut bosser. Non ? On t’aurait menti ? Ça te fait réfléchir. Mais c’est pas encore abouti, et les années suivantes, tu vas bosser. A plein temps.

Pour un SMIC si t'as pas eu ton BAC, 
Et un SMIC c'est pas un salaire de mac, mec.
Le SMIC c'est l'micmac... Sur la Mecque !
Autant bosser au black ou au Mac-do... 

Jeune esclave dynamique ? Tes mimiques te démarquent...
Des problèmes économiques ? Plutôt rester dans ton hamac...
Avec ta vue panoramique sur ta bouteille de cognac
Mais c'tic, tac... C'est la rythmique du temps qui saque...

A suivre (ou pas).

Auto-Psychologie, Communication Non Violente

L'enfant-moi

C’est joli ça, l’enfant moi, ou l’enfant-moi, elle (*) dit que c’est comme ça qu’elle appelle ce qu’on nomme plus communément la personnalité ou l’ego. Mais ai-je seulement identifié correctement mon ego, l’ai-je bien dissocié de ma conscience ? Ma conscience c’est l’adulte en moi. Mon ego c’est l’enfant en moi. Celui qui est blessé et qui n’a pas pu grandir dans le même temps que l’adulte grandissait. Celui qui est irresponsable, qui est excessif. Et blessé, c’est important. Bref.

L’enfant est espiègle, il déconne, il rigole, il fait le fou, il consomme des drogues… C’est pas bon pour les enfants mais il faut se rappeler que cet enfant a précisément 42 ans… Donc voilà. L’adulte veut se caser, se ranger des bagnoles, faire du développement personnel, du yoga, de la méditation. L’adulte veut faire des enfants. L’enfant veut rester le seul et unique enfant, donc il ne veut pas que l’adulte en fasse.

L’adulte veut une certaine monotonie si tant est qu’elle soit agréable et qu’elle enrichisse au quotidien. Une certaine monotonie qui pourrait être brisée de temps en temps, via une simple décision, et qui retomberait tout de même sur ses pattes et repartirait de la même façon qu’avant, sans effort. Mais l’enfant, lui, ne veut pas de changement, ni rencontrer de nouvelles personnes, les nouvelles connaissances peuvent faire mal, elles lui en ont déjà fait. L’adulte, lui, il s’en fout, il veut prendre la vie comme elle vient au gré des rencontres, il peut sans problème rencontrer des gens, social, il adore ça, il voit l’intérêt de faire ça.

L’enfant crise en société. L’adulte tente de se substituer à lui mais il ne peut pas être vigilant tout le temps. Et chez moi, c’est l’enfant qui fait la loi, la vraie, c’est toujours lui qui a le dernier mot.

« Au pays de l’Empereur Tomato Ketchup, les enfants sont rois et ils font la loi ! »

Et cette année, l’enfant en moi a décidé de décorer un peu sa maison pour Noël. Ça fait deux ou trois ans que je vois Noël avec moins de tristesse et de colère qu’avant. Mais c’est la première fois de ma vie d’adulte que j’ai cette envie, décorer mon espace de positivité, et ainsi, rendre hommage à la Terre à ma manière très singulière. Guirlandes de diodes lumineuses nécessitant de l’énergie nucléaire (ou pas, mais ici c’est le nucléaire, sinon ça se saurait !), et comble du summum de la cerise sur le toit du gâteau, une (petite) crèche de Noël que je vais m’amuser à monter moi-même, ou pas (l’enfant en moi n’est pas très bricoleur), le truc qui fera super kitch chez moi mais quand même en accord avec quelques trucs : le bois.

Quoi, quoi ? Les crèches c’est hasbeen et c’est pour les chrétiens et je suis pas chrétien ? Rien à foutre des deux points soulevés. Ce sera ma façon à moi de me relier avec feu mon père, qui tous les ans, faisait systématiquement sa petite crèche modeste. C’était une activité manuelle, annuelle, de plaisir. Une vraie distraction. Alors les personnages, c’est quoi déjà ? C’est la famille wesh, heu… deux trois bestiaux, genre une poule et un alligator 427, sans oublier les trois amants secrets de Marie les Rois Mages (en Galilée suivaient des yeux l’é… ta gueule), tout ça en partouze géante en scène de la nativité, dans la crèche, et par pitié on ne colle pas le petit Jésus dans ses langes avant le 25 décembre, parce que s’il n’a jamais pu être prouvé que ledit Jésus soit né un 25 décembre, c’est quand même la tradition à mon daron bordel à cul !

C’est marrant parce que les gens qui n’étaient pas là à l’époque de Jésus, de Ponce Pilate, d’Auguste et de Tibère, disent parfois, souvent pour montrer leur scepticisme, ce que je viens de dire à propos du 25 sur la date, mais presque jamais ils ne remettent en cause l’existence dudit prophète. Or à ma connaissance, pas de preuve ADN, pas de descendant, rien n’est là pour prouver son existence. C’est l’affaire des croyances des uns et des autres. (Là c’était l’enfant qui parlait, il se la pète mais il a été chercher les noms des empereurs en poste à l’époque de Jésus sur Wikipedia)

L’enfant-moi a envie de croire à Jésus, à son existence, à ce que tout le monde raconte de lui. L’adulte en moi se moque un peu, du haut de ses connaissances scientifiques et de ses expériences personnelles. L’enfant est resté immature, bloqué à une période de la vie de l’adulte, qui lui, a grandi sans s’arrêter. Mais l’enfant a l’âge réel de l’adulte, c’est psychologiquement (attends… la suite est alambiquée) qu’il a l’âge de la blessure suite à laquelle il a cessé de grandir. L’adulte a grandi parce qu’il fallait le faire, parce qu’il n’a pas eu réellement le choix, sauf à se supprimer. C’est pas que l’envie lui a manqué de le faire, très régulièrement, quasiment tous les jours, mais il ne l’a pas fait, et c’est tout ce qu’il faut retenir.

L’adulte il en est là. L’enfant, il est resté loin. Mais d’aussi loin j’entends régulièrement ses pleurs, ses plaintes. Et tout le temps, on le bride, dès qu’on l’entend se plaindre, on l’écrase. Dès que par ma bouche d’adulte, d’aucuns trop sévères entendent l’enfant en moi se plaindre, ils l’écrasent sans ménagement. Tout le monde ne fait pas ça mais une majorité, si. Qu’ils sont cons ces autres, manquant de tact… Personne ne peut savoir ce qui se vit à l’intérieur d’un être, on peut tirer des conclusions en observant, mais jamais on ne pourra savoir à moins de pouvoir sonder un cerveau, et ça on en a pas encore la capacité.

L’enfant en moi veut croire au petit Jésus, mais tu sais, l’enfant-moi veut beaucoup de choses, par exemple il est déçu que le Père Noël n’existe pas, en revanche il l’est moins concernant l’ogre du Petit Poucet. Idem pour le Croquemitaine, quand bien même ce dernier ne fasse pas partie de son bestiaire folklorique, de ses fées et de ses monstres.

L’enfant aime les utopies, et il veut que tout le monde vive équitablement, que personne ne souffre plus que de raison, et que tout le monde fasse la paix avec tout le monde ce qui côtoie facile en terme de cohérence, les contes pour enfants qu’on leur lit le soir pour les endormir. Il n’y aura pas d’équité entre les hommes, il y aura toujours plus de souffrance et de moins en moins d’amour, et surtout jamais ça : la paix sur Terre. C’est évident, ça n’est pas possible à moins de l’imposer, et cette paix deviendrait une dictature mondiale. Mais je diverge. Recentrons.

L’enfant-moi a envie, donc, de fêter Noël ? Non. L’enfant-moi a envie de sentir autour de lui, l’ambiance positive cul-cul de Noël, sans devoir en vivre tous les points traditionnels. Il voudra quand même rester seul mais il ouvrira sa porte à ses amis comme n’importe quel jour. Il rechignera à faire les étreintes augmentées des traditionnelles déclarations « Joyeux Noël » et les bises associées, et restera dans son coin attendant plein d’espoir vain que celle à qui il pense vienne le lui faire, car là, il accepterait sans problème et avec le sourire.

Attends, te méprends pas, les étreintes à la con il les fait généralement (par politesse) au nouvel an s’il n’est pas tout seul, parce que tout le monde le fait et qu’il ne souhaite clairement pas mettre de crampe à qui que ce soit. Par exemple à un convive lui tendant gentiment sa joue avec toute la bienveillance du monde et un sourire avenant, souhaitant stupidement « bonne année » comme une andouille mal cuite.

L’enfant-moi tout comme l’adulte n’aime pas les situations gênantes sauf s’il en est l’origine et qu’elles sont volontaires, anarchiste de type situ. Il n’aime pas faire de la peine à un proche, un ami, à personne en définitive (par exemple à une fille lambda dont il n’a rien à foutre – celle qui l’intéresse étant assise à côté de lui – qui lui demanderait de promener son chien et à qui il dirait « non » un peu brusquement). Il ne se réjouit pas des mauvais sentiments des autres. Même si ces autres l’ont fait envers lui avant. Pas de vengeance. La vengeance est pour les faibles, le pardon est pour les forts : c’est difficile de pardonner, alors que c’est la solution de facilité de se venger.

L’enfant-moi ne veut pourtant pas pardonner certaines choses, ce qui le rend faible à propos de ces choses, ce sont ses points faibles et l’origine de sa haine. Mais ces choses sont tellement enfouies au plus profond de lui que l’adulte ne peut plus les retrouver, les identifier, mettre son doigt dessus pour se soigner, et forcément pardonner au passage. Il y a une forme de confusionnisme orchestrée par une partie de mon cerveau, et dès que je souhaite creuser dans mes souvenirs lointains, mes souvenirs d’enfance, pour accéder à des choses précises, c’est impossible. Très vite ça devient trouble, noir, il n’y a plus rien. Alors j’abandonne.

Ne les trouverais-je donc jamais ces points d’orgues originels de mes traumas ? L’hypnose pourrait aider, probablement… Enfin pour ça faudrait essayer, en tous cas avant toute critique.

(*) Isabelle Padovani dans Pourquoi je me sabote ? [Youtube]

Communication Non Violente

Réassociation

Conscience : Quel est le problème ?

Ego : Bah j’ai un peu trop ouvert ma gueule à propos du blog, j’ai plus ou moins donné l’adresse à des personnes, ce qui fait qu’étant donné que les gens connaissent des cons, qu’ils leur parlent, et qu’ensuite les cons parlent entre cons, si un con trouve mon site, ça va vite pulluler de cons.

Conscience : Ah oui ça, si y a un con, c’est qu’il y a plusieurs cons. Ils font des nids de cons.

Ego : Bref. Je vais le supprimer.

Conscience : Le con ?

Ego : Haha ! T’es con… Non, le site. Le problème est pas vraiment la présence de cons, mais celle de cons qui peuvent m’identifier. Tu crois que c’est une bonne idée de virer ces textes, de les détruire définitivement ?

Conscience : Non. Mais franchement, tu crois que ces cons centrés sur leurs nombrils en ont quelque chose à foutre de toi ? Pour les cons textes et proses seront toujours de la confiture aux cochons. Tu sais, parfois, histoire de se faire mousser, le con rigole avec d’autres cons de quelque sage enchaîné à leurs jugements de cons. Et un con reste un con, il ne s’intéresse qu’à son statut larvesque de con.

Ego : Larvesque ? Eh ! Un peu de ménagement pour les larves, elles ont rien demandé et surtout pas de se faire comparer à ces sous-merdes.

Conscience : Ce matin c’est bizarre, ça fait bizarre, on est d’accord, comme si un truc nous avait fait nous réassocier, alors qu’on était dissocié…

Ego : Cool.

Je fais ce que je veux

Cela dit

J’étais bien plus fou que ce que tu croyais, mais bien moins de combien t’en avais peur.

Mano Solo

Parfois, on pense savoir. Mais en fait on ne sait rien. Et comme Socrate, je sais aussi que je ne sais rien. Cela dit, y a certaines choses qui sortent du rien. Des choses qui n’en sont pas, qui ne sont pas quelque chose, et qui ne peuvent donc pas être rien. Si tu penses que je me prends la tête, que je réfléchis trop, c’est dommage. Tu passes à côté d’un truc immense. Un truc qui n’a pas besoin, ni de moi, ni de toi, ni des autres, pour exister, car il n’existe pas, et il existe. Dans le même temps.

Que cherche-t-on nous les humains, microbes de l’univers, insignifiants petits êtres tous pourtant liés les uns aux autres mais qui se rejettent allègrement les uns les autres ? Que cherche-ton ? Question qui veut une réponse sans fioriture, tout humain qui se respecte laissera son alter-ego parler à sa place, et donc mentir, probablement. Je ne souhaite pas entendre ces réponses, ce sont des réponses médiocres.

Que cherche-t-on ?

PS : question rhétorique

Et parfois, y a des trucs qui se passent. L’humain lambda aura tendance lorsque ces trucs ne se passent pas comme il voulait que ça se passe, à écouter sa première réaction. A chaud, on est bien moins réfléchi qu’après une bonne nuit de sommeil. Le repos peut apporter les conseils promis par le dicton, mais pas chez moi. Chez moi, au matin, au réveil, faut pas trop me les casser… Et faut pas trop que je m’écoute le matin, ni qu’on m’écoute d’ailleurs, parce que déjà je crois que je suis pas du matin, et puis avant mon café ET mon premier bédo faut pas me parler, et puis je m’énerve facilement, et puis ceci et puis cela. Donc le temps, portera conseil peut-être… Pas le matin.

Allez, de toutes façons maintenant ça va être compliqué de bouger, tant mieux car j’avais besoin d’un petit retirement quasi religieux de copiste, une mise au vert compote banane citron, une cure de solitude et de miel, et de bicarbonate. J’aurais voulu (comme dit Mano) la brûler avec ma flamme naissante, cette solitude… Mais finalement je m’y suis habitué, elle m’apparaît plus belle, plus douce… Avec elle, avec ma solitude, je flotte sans jamais tomber. Sans elle, sans ma solitude, je coule.

Communication Non Violente

Pas glop

Ego : Je suis dégoûté

Conscience : Dis-moi tout.

Ego : C’est ma faute, je me suis encore laissé me raconter des trucs, m’imaginer encore une fois que je pourrais être bien avec quelqu’un, mais je crois que j’ai totalement foutu toutes mes éventuelles chances, si tant est qu’il en existât, en l’air, c’est à cause de l’effet des drogues. Elle doit penser de moi que je suis irrécupérable.

Conscience : Hop ! hop ! hop ! Ne te substitues pas à ses pensées, tu n’es pas dans sa tête.

Ego : Mais sa tête je veux juste l’oublier, je ne veux pas y penser comme ça, mais je peux pas faire autrement, elle me fait tourner la mienne de tête.

Conscience : D’accord. C’est pas vrai pourtant, t’as pas envie de l’oublier, t’as envie de plein de choses mais pas de l’oublier.

Ego : Je sais. J’essaye juste des stratégies pour pas souffrir, ou moins souffrir.

Conscience : La stratégie qui consiste en te mentir n’est pas bonne. Et puis souffrir de quoi ?

Ego : Du futur rejet.

Conscience : Parce que selon toi elle va obligatoirement te rejeter ?

Ego : Bah ouais, t’as pas vu le bonhomme ? Et puis j’ai pas noté que je l’attirais, malgré les signes que je balançais, je ne pense pas que cette attirance soit réciproque. Et même s’il est fait en prenant des gants, le rejet, c’est le rejet.

Conscience : Un des accords Toltèque est « Ne fais pas de supposition »

Ego : Je les applique presque jamais.

Conscience : Certes, mais tu es ici précisément dans la projection de futurs éventuels, tu supposes, et tu ne sais pas assez de choses pour supposer clairement et de manière judicieuse. Et même si c’était le cas, l’accord reste le même. Tu le sais ? Vivre l’instant présent, comme disent les hippies : ici et maintenant.

Ego : Ça je l’applique.

Conscience : Tu l’appliques parce que tu as réussi à apprendre à le faire, et tu peux faire de même pour le reste, tout ce que tu veux, à la manière de la PNL, reprogrammer ton cerveau, en faire ce que tu veux, le tailler sur mesure.

Ego : Mais en faisant ça, est-ce que je ne chercherai pas à me changer ?

Conscience : Tu ne peux pas changer tes bases, ton caractère, ton tempérament, ce qui fait que tu es toi, et tu resteras toi-même si tu contrôle ton cerveau, tu peux en faire ce que tu souhaites en faire. Suffit de s’y mettre.

Ego : Et pour elle ?

Conscience : L’avenir est fait de rebondissements, de surprises, si tu as à vivre quelque chose avec elle, tu le vivras, sinon tu ne le vivras pas, c’est simple. Prends les choses comme elles viennent.

Ego : Ouais mais moi j’ai envie de…

Conscience : Ta gueule !

Ego : Oh tu fais chier, moi je retourne dormir surtout si c’est pour ça.

Conscience : Et on en parle ou pas de ton projet de te canner là ?

Ego : De quoi tu parles ?

Conscience : Te fous pas de ma gueule s’il te plaît.

Ego : Je t’emmerde.

Conscience : On avance…

Ego : Lâche-moi.

Conscience : Bah non, je suis là pour ça…

Ego : J’ai pas envie d’en parler. Je pense que toute personne dépressive pense à plus ou moins grande échelle, parfois, à se supprimer. C’est pas pour autant qu’elle le fait.

Conscience : Y a une différence entre y penser et prévoir de le faire avec la méthode et tout ça.

Ego : C’est bon, j’ai pas encore trouvé mon arbre, te fais pas de souci…

Conscience : N’importe quel arbre ferait l’affaire. T’es con.

Ego : Non, je suis cynique.

Conscience : Et donc ?

Ego : Va te faire mettre.

Auto-Psychologie

Outrage

J’ai une dent contre les flics, mais en face d’eux, j’opte systématiquement pour une stratégie qui essaye de leur faire croire que je les respecte. On ne respecte pas quelqu’un sous la menace. On le craint. C’est pas pareil. A moins de développer un genre de syndrome de Stockholm, ce que l’autorité peut prendre pour du respect n’est en fait qu’un respect totalement vide de sens, un respect merdique obtenu sous conditions. Le respect est logique, gratuit, ce n’est pas quelque chose qui s’achète que ce soit par de la thune ou par des coups.

Ta victoire est si vaine, si lointaine, lourde trop lourde de glace et de graisse… Tiens la bien…

Mano Solo – La barre est dure

La peur ne peut pas aboutir sur du respect. Pour toute personne qui croit le contraire, par exemple parce qu’elle croit imposer le respect par la peur, sur je ne sais pas qui et je m’en fous, sache que croire à un mensonge n’en fait pas pour autant une vérité, et les arrangements avec la réalité pour qu’elle te paraisse plus en adéquation avec tes convictions, ne sont encore que des mensonges que tu te racontes tout seul dans ta petite tête.

En face d’un flic lors de ces interminables échanges de rue pendant les contrôles, je collabore. C’est pour passer le moins de temps possible en sa compagnie. Si je ne le fais pas je vais être obligé de le supporter des heures, lui et ses collègues fachos, et aussi les quelques stupides qui aiment se faire chambrer à longueur de journée sur leur genre, avec des blagues de cul bien grasses, celles qui sont entré dans la police et qui pensent plus souvent que leurs collègues au suicide tant la pression est plus forte pour elles. Oh faut pas me méprendre : je ne les plains pas, pas plus que je ne souhaite leur suicide ou qu’elles aillent mieux. Je n’en ai rien à foutre d’elles, tout comme d’eux. Moins je les vois, mieux je me porte.

La police je m’en suis toujours passé, elle ne m’a jamais aidé quand j’en avais besoin, quand tout neuf et tout naïf je les ai appelés la première fois suite à un souci et qu’ils ont mis 1h à venir et qu’en 1h t’as 1000 fois le temps de crever (ça ne les aurait pas arrangé pourtant : paperasse). J’ai appris à vivre en les considérant inutiles, voire même nuisibles, et un nuisible armé, c’est dangereux !

Il y a du favoritisme dans la société, ça protège les flics. Eux, ils ont le droit de t’insulter, de te faire des remarques racistes, discriminatoires, si tu es Noir, ou juste différent, mais attention ! Toi, tu ne l’as pas ce droit. Toi si tu réponds, tu auras un outrage. Un beau procès, où tu seras invisible, une belle mascarade qui vise à ce que tu sois condamné à verser de l’argent au sale chien qui les méritait pourtant, ces insultes, mais qui obtiendra quand même réparation, simplement parce que les flics sont de mèche avec les juges.

En réalité, il n’ont pas le droit de te faire tout ça. En théorie. Seulement ils le font, et il y a aussi l’omerta qui règne chez eux. Ils se soutiennent quitte à mentir, ça semble logique, je pense que je pourrais le faire aussi. C’est de la solidarité entre flics. Même si ça doit te faire aller en prison et que tu ne l’as pas, disons, mérité, ils mentiront. Et si ils mentent tous, témoins, etc, alors le résultat du procès à charge sera d’office bénéficiaire au pauvre plaignant en uniforme. Si en plus ils se sont arrangé pour que tu ne reçoives pas ta convocation au tribunal (ça s’est vu) ou que tu as fait le sourd, alors c’est pire pour toi : tu seras jugé par défaut, ils pourront dire toutes les saloperies sur toi sans que jamais tu ne puisses te défendre, c’est tellement pratique. C’est pas que ça va changer quelque chose au résultat, c’est que t’auras même pas une mince chance de faire rétablir la vérité.

Faut pas croire… Je ne suis pas né dans un camp, j’étais pas destiné à me retrouver comme ça, plein de haine pour des personnes. C’est parce que ces personnes ont une idée de la société bien à elles, protégeant le capital et ceux qu’ils appellent les « gens bien » les petits Roys et leurs cours d’attardés.

Ça fait chier, j’ai de nouveau mal au dos, le haut, la partie supérieure droite, quand je bouge le bras ça me fait mal, et quand je tourne ou bouge la tête, idem. Je ne sais pas me tenir droit. D’ailleurs je trouve cette position assez « balais dans le cul » quand même. Non, non, cette expression me dérange pas, balais ou plumes, ce sont des accessoires, tandis qu’un gus qui a sa tête ou ses doigts, dans son popotin, l’image est selon moi plus violente. J’insiste.

Ce week-end, j’ai passé de très bons moments. Y avait plein de poneys super racoleurs, peinturlurés de maquillage pour que tu craques quand même, et j’ai simplement résisté à leur faux-charme. Et c’est étonnant de voir ça de l’extérieur.

Dans la nuit de dimanche à lundi j’ai passé une petite partie du temps à regarder une fille dormir, assis sur mon lit de fortune à ses pieds, tout en crevant d’envie d’être dans ses bras, de l’embrasser, de la bouffer, de commencer un truc. Que dire de ça ? Que ça fait mal. Du coup le lendemain en rentrant, j’ai bu comme un trou. Pour oublier. Pour l’oublier.

Tu trouves ça pathétique ? C’est parce que ça l’est, je suis abonné au pathétisme. C’est mon lot et le ridicule ne tue pas, il se contente de rendre malade et de faire rire les salauds qui aiment rire des gens malades. Que faire pour éviter ça à l’avenir ? C’est simple : éviter les rencontres. Ça évitera aussi les croisements inopinés avec des képis, m’épargnera des procès pour outrage. Ou pas…

Auto-Psychologie

La dèche

J’aime bien cette chanson de Thiéfaine « La dèche, le twist et le reste » on dirait une balade cynique, le piano est superbe, beau de sa simplicité. Je m’inspire beaucoup de Thiéfaine quand j’écris. En fait, cette chanson qu’il a écrit à ses débuts, me fait un peu penser à une période courte de ma vie, où parfois, en manque à en crever, j’attendais mon ex qui allait en RER se ravitailler pour nous deux. On n’avait pas d’argent, et elle avait pour elle sa petite bouille de minette, elle faisait craquer n’importe quel mec… Toute petite, toute fine, souriante, communicative, sociale, elle arrivait bien plus vite que moi à réunir la somme nécessaire à notre consommation quotidienne. Ensuite elle allait pécho vers Barbès et elle rentrait à la maison. Le lendemain, rebelote. Et moi, j’attendais qu’elle revienne pour me shooter, fébrile.

Une fois, j’ai mis « Le festin nu » de David Cronenberg pendant cette attente intenable, ça me faisait marrer de les voir se shooter de la poudre anti-cafards. Jouer à Guillaume Tell complètement raide, avec un vrai flingue… Purée ! L’histoire du meurtre accidentel, stupide, résultat d’un jeu qui pourrait paraître banal, de Joan, la femme de Burroughs, est une histoire vraie. J’aurais tourné fou à sa place, à la place de Burroughs. Que sais-je de ce que j’aurais vécu à sa place, je n’y suis pas. Je n’y ai pas été et je n’y serai pas. Tout ce beau monde est mort aujourd’hui, même son fils. Burroughs Jr. est mort avant lui d’ailleurs. Funestes destins.

Car faire sa route en prenant des drogues pour compagnes, quand on veut vraiment s’envoyer en l’air avec ces demoiselles, c’est rendre son chemin accidenté, glissant parfois, et grisant parce que glissant, souvent délicieux au moment de la glisse mais blessant en bas de la pente, et ennuyeux (et douloureux quand dépendance physique) le reste du temps. La route se transforme alors tantôt en désert caillouteux aride étouffant de chaleur, tantôt en parc d’attraction plein de grands 8 et de toboggans divers et variés aux couleurs flashy n’attirant pas que les moustiques, et y en a qui sont terribles à parcourir, bourrés de loopings et de paysages bizarres et féeriques, de musiques psychédéliques aux basses profondes… Mais les stands les plus géniaux se terminent par une chute le cul sur des cailloux pointus, et il est d’ailleurs d’usage d’amoindrir ces effets douloureux avec d’autres drogues. Et puis viennent l’ennui, l’angoisse, enfin des trucs pas cool, le reste du temps. Ce reste du temps, c’est la grosse majorité de ce temps.

Eh oui l’ennui, il faut comprendre : le contraste entre d’un côté ces voyages fous, ces moments où le cerveau libère masse de sa morphine naturelle, ces extases passagères, et de l’autre le reste du temps et sa platitude, son calme plat, est immense. Et souvent l’esprit se prend à repenser à ces plaisirs interdits, à les désirer, il s’évade un instant mais revient vite car vouloir partir sans ces béquilles est ultra difficile. Et l’angoisse, celle de ne pas forcément savoir quand on va revivre ça, ou tenter de le revivre, et souvent on ne le revit jamais, mais à la place on vit des imitations de plus en plus mal faites… La prohibition des drogues n’en empêche pas la circulation, mais c’est vrai qu’elle la rend plus compliquée, ce qui fait que le drogué angoisse parfois et doit attendre sans savoir quand il va pouvoir enfin se soulager.

Les drogues ont aussi un côté vraiment inspirant. Elles ont tellement de facettes différentes, selon le produit, selon la dose, selon si on est seul ou pas… Certaines, prises en groupe permettent de vivre des choses à part, super sociales, parfois à la limite de la magie, des aventures aux allures fantastiques, vertigineuses. Elles peuvent rapprocher des gens, ou au contraire révéler la toxicité de certaines personnes qu’on va arrêter par la suite, de fréquenter. Parfois entre deux personnes, la communication est bloquée depuis un moment, et rien ne pourra plus la débloquer… Des fois une drogue permet d’ouvrir les yeux, permet d’avancer.

Et tu as ces autres périodes où elles te freinent. Généralement, à ces moments tu finis empêtré, comme enlisé dans des sables mouvants, qui très lentement, extrêmement lentement, tellement lentement qu’au départ tu ne le vois pas, t’aspirent dans leur bouillie plâtreuse où tu pourras tester tes performances en apnée, et accessoirement, prier. Mais heureusement, avant ça il existe une flopée de possibilités pour se sortir de la mouise (en terme de stratégies), entre temps il est toujours l’heure de se réveiller.

Je déteste l’expression se sortir les doigts, même rétrécie comme je viens de l’utiliser mais c’était pour l’exemple, c’est dégueulasse. Je les visionne moi ces doigts, et ce fion fisté bon sang ! Un peu de ménagement pour les personnes imaginatives s’il vous plaît ! D’autant que je ne considère pas qu’une personne accro, par exemple à l’héroïne, ait un quelconque doigt coincé dans un quelconque paf. Au sens propre, comme au sens figuré. Souvent d’ailleurs, selon ma vision des choses certes très personnelle, ces personnes accro sont bien plus lucides que beaucoup d’autres personnes, qui de par leur statut plus élevé dans le système de classes de la société, considèrent qu’eux ont la tête froide, alors qu’ils sont complètement à la masse ces sales drogués de merde qui remplissent Leurs rues, qui pompent les allocs qu’ils financent avec Leurs impôts, qui font peur à Leurs gosses avec leurs seringues de merde, et qui devraient bosser bordel de merde au lieu de se droguer, et bosser dans un boulot à la hauteur de leur niveau social : pour une misère, quasi esclave, et bien sucer leurs chefs sinon pas de renouvellement de CDD ou de contrat d’intérim…

Une société parfaite où chacun a ce qu’il mérite.

Jean-Kévin de la Pissotière, assureur

Ce que je peux être cynique, sarcastique, c’est que ça rend méchant de vivre dans un système auquel s’adapter est réservé aux autres. Où s’adapter est impossible (ou vraiment dur) pour les personnes comme moi… « Il devait finir une seringue dans le bras ! » Là je me projette dans les pensées passées que des gens qui me connaissaient bien ou mal, ou même pas du tout, avaient probablement dû avoir à mon propos y a 25 ou 30 ans. Explorer des contrées extrêmes est donc réservé à la partie la plus basse des hommes et des femmes, la lie, plus bas que la lie même.

Ce matin j’avais envie de te faire partager mes pensées teintées de gris. Elles sont grises, ouais, mais si tu observes bien, comme un ciel d’Auvergne, les teintes sont infinies et dessinent des formes.

L’autre fois en rentrant de teuf, je regardais la forêt, et le ciel, ces nuances de gris aux formes multiples surplombant toutes ces nuances de vert, de jaune et d’ocre, magnifiques en cette période de fin d’automne. Ces routes de campagne augmentées par le psychédélisme de quelques tours de poney grattés avant de partir, étaient vraiment belles. Je me suis fait la réflexion qu’il était dommage que je ne puisse pas prendre des clichés instantanés de ces paysages, car j’avais envie de les dessiner, de les reproduire. Ma mémoire ne me permet hélas pas de faire ça. Un appareil photo pourrait, mais la photo c’est encore un art différent (qui m’attire également cela dit), et là je parlais de dessin et de peinture, mais une peinture basée sur une photo mal faite, je ne sais pas si ça pourrait donner quelque chose. Qui plus est par un triple débutant comme moi : en photo, en dessin, et en peinture.

J’ai commencé à dessiner, de manière sommaire. Avec un bic et sur des feuilles de type A4 standard 80 ou 90g. J’aime bien dessiner avec un bic, mais souvent ça devient tellement brouillon qu’on ne voit plus rien de ce que j’y avais mis au départ, du n’importe quoi, que je trouve décevant. Il faut juste que je m’entraîne, que je persiste, et j’aime ça donc je persiste, mais les moments où je me mets à dessiner sont rares. Il faut que l’envie vienne, je ne la forcerai pas sinon elle serait factice, et le résultat serait une page blanche ou de la merde. Disons de la merde encore plus merdique que ce que je fais déjà, et faut le faire pour faire plus nul !

La peinture, à chaque fois que j’ai tenté le coup dans ma vie, ça a été le fiasco. Je ne suis pas assez minutieux, j’ai du mal à manier le pinceau, trop fainéant pour changer de pinceau toutes les 2 minutes si nécessaire, à le rincer, à trouver la bonne teinte, c’est un travail de fourmi. Le pinceau, c’est beau comme outil, mais si tant est que je puisse retenter l’expérience, je pense que ce n’est pas pour moi (en tous cas son utilisation classique). Je n’ai jamais tenté de dessiner ni de peindre debout par contre, sur une toile posée sur un chevalet. Ça doit clairement pas être pareil que sur une table assis sur une chaise.

Bon, et puis y a pas que les pinceaux, on a des doigts aussi, des bras, on peut utiliser d’autres outils qui ne le sont pas à la base, enfin ne pas se limiter est une règle, à moins qu’on se place des contraintes volontairement pour voir ce qui va sortir avec ces contraintes. Comme le poète qui se force à écrire un acrostiche, et voit un résultat totalement différent de ce qu’il aurait fait sans cette contrainte.

Et puis j’ai des envies folles de croiser des arts ensemble et de voir ce que ça peut donner. Je ne veux vraiment pas me lancer dans ce qu’on appelle les arts plastiques, ou dans un truc déjà connu et défini dans le Larousse, j’aime bien le métissage des cultures, inventer des mots, et surtout faire du moi, et sans me retenir si je sens que ce que je fais s’inspire d’autres artistes, mais sans jamais pomper (on peut parodier, faire des hommages, faire des références, mais on ne peut pas s’approprier un truc de quelqu’un d’autre). J’aimerais que mon art soit conceptuel, mais simple quand même, né de la fusion de plusieurs arts, un art personnel, et dans mon art personnel, y aurait de la peinture mais pas spécifiquement appliquée au pinceau. En tous cas pour l’instant je m’entraîne à dessiner. Pour le reste on verra plus tard…

Bah ouais parce que… que de projets ! C’est quelque peu ambitieux. Une toile ça coûte bonbon, j’ai déjà accompagné une fille avec qui je sortais furtivement, dans un magasin parisien pour qu’elle s’achète du matériel. C’est une industrie qui se gave. Un chevalet, ça chiffre aussi. Donc c’est pas une décision qui se prend à la légère. Et peindre c’est aussi consommer de la peinture… Sais-je au moins où je mettrais les pieds ? Il faut parfois laisser mûrir des idées pour bien qu’elles prennent forme. J’aime créer. Il ne faut donc pas que je me restreigne. Les artistes sont pauvre, mais ce qui m’attire, ce n’est ni la gloire ni l’argent, mais en priorité vivre comme j’ai envie. En créant ce que je veux. En faisant ce que je veux quand je veux. Les seules limites étant matérielles…

Oh ta gueule… Tout ce que tu veux c’est te défoncer et occuper tes défonces en laissant une trace… te rendre intéressant…

On va pas s’mentir : quand quelqu’un te dit que c’est bien ce que tu fais, ou que ça lui parle, ou le summum (selon moi) qu’il y trouve un truc que tu n’avais pas mis, ces moments où tu sens que bon, t’as peut-être eu raison de créer ça, bah ça peut faire gonfler d’orgueil. L’ego, tel un paon qui n’attendait que ça pour déployer son plumage aux couleurs chatoyantes, s’élance poitrine en avant et se vautre dans les critiques positives, en se roulant allègrement dedans. Il n’entend plus les critiques négatives, ces rabats joie… La danse de la victoire, si vaine et dégoulinante soit-elle, que l’ego est en train de réaliser, implique de ne pas entendre les critiques négatives. Plus tard. Là on m’a dit que c’était bien cette toile ! Minute papillon !

Mais qui n’aime pas qu’on lui dise que c’est bien ce qu’il fait ?
— Beaucoup de monde.
— Ah bon ? Beaucoup de monde ? Oups… Désolé. Mais attends, c’est pas un peu hypocrite de dire ça ?
— Pourquoi ce serait hypocrite ?
— Quand on crée, on veut partager ce qu’on fait…
— Pas tout le monde…
— Je comprends ça pour ce qui est trop intime, évidemment, mais pour le reste…
— Oui comme un journal intime, mais ce n’est qu’un exemple…
— Quand on crée, un des buts est de montrer des choses, de dire ces choses, de parler d’une manière non verbale… Non ?
— Ça dépend des gens… Les motivations… peuvent être aussi nombreuses qu’il y a de créateurs. On peut ne pas avoir envie que les autres voient certaines des créations, quand elles sont nées dans la douleur, quand elles font mal…
— Ouais mais justement, quand on crée des choses en se servant de cette force là, on exorcise son mal, comme une catharsis, on peut le donner alors en pâture à la vindicte, et passer à autre chose…
— Pas toujours. On trouve parfois des créations post-mortem, des trucs que l’auteur n’a pas voulu donner tu vois ?
— Ah ouais c’est vrai…
— Et puis aussi, d’autres fois il peut se passer du temps avant que l’artiste juge que c’est le bon moment, et qu’il rende certaines de ses œuvres accessibles au public. Je ne parle pas des stratégies de marketing.
— Bon. Donc il n’est pas forcément judicieux de rendre son ou ses œuvres publiques…
— T’as tout compris. Chacun fait comme il sent finalement.
— Et les vaches seront bien gardées yeepeeee !
— A la tienne !
— Etienne !
— Je m’appelle pas Etienne d’abord !
— Ta gueule eh ! Tu sais même pas comment tu t’appelles…
— Je sais comment j’m’appelle d’abord !
— Ah ouais ?
— Carrément !
— Vas-y ?
— Euuuh….