Littérature

Gafam ou pas Gafam ?

Bon, alors déjà je ne suis pas à l’aise avec cet acronyme. Parce que Microsoft a été évincé par quelques pressés qui crurent qu’ils pouvaient gagner 1 fraction de seconde en ne prononçant plus le M de la fin. Ils ne gagnèrent rien, et certes pas du temps, mais la question reste posée là : GAFAM ou pas GAFAM ?

J’en vois déjà arriver avec leurs réflexions à deux balles, me dire que c’est hasbeen, c’est so 2018… Et c’est so 2019 de dire so 2018 car l’avenir est devant, c’est 2020…

Mais alors vous, vos gueules, sérieux hein ? Vos Putains De Gueules Fermez-Les. Parlez bien français avant d’aller utiliser des mots d’anglais, déjà, ensuite on verra ce qui est so ton cul ou so ta mère.

J’ai une copine qui s’appelle So. Elle est cool. Elle est super belle, ma parole c’est un pur canon. Elle se mettait un peu en avant avec des vraies et belles photos (pros ?) quand j’étais sur Facebook, j’aimais pas ça parce que moi j’aime rien, mais à chaque photo putain ! Pfiou ! On en mangerait ! Et So je l’ai rencontré y a deux étés, quand j’ai été rencontrer un pote, un vrai, un droit, un tatoué, un saignant, sur la côte. On a pas particulièrement sympathisé, en fait on s’est peu parlé. Faut dire qu’elle était avec un mec qui me foutait les jetons, qui est devenu un ami d’ailleurs aujourd’hui, alors je la laissais tranquille par procuration, ne souhaitant pas voir le côté obscur de la force de mon actuel pote. Un costaud. Donc c’est seulement ensuite qu’on est devenus un tout petit peu plus potes, via les solutions virtuelles. Comme quoi le schéma n’est pas toujours le même, l’inverse : rencontrer les gens d’abord via Facebook protégé par l’apparente sécurité de son écran, dans son foyer, puis aller les rencontrer ensuite si besoin…

Mais ça ne règle pas le souci : GAFAM ou pas GAFAM ? Ou la question pourrait devenir : suis-je un vendu, un bâtard, une sous-merde si j’envoie des gens sur le A de GA dans GAFAM ? Non, pas Apple, l’autre A… A comme affiliation… Car Amazon propose effectivement un programme d’affiliation qui permet de gagner un tout petit pourcentage des ventes qui auront été effectuées grâce aux liens du site de l’affilié.

Alors moi, au départ dans un souci de précision et de communication de la culture aussi, j’ai opté pour mettre une liste des livres que j’évoque dans chaque billet catégorisé Littérature, à la toute fin. Et puis ensuite j’ai repensé aux quelques que j’ai vu faire ça, mettre des liens affiliés vers des bouquins sur Amazon, sous des vidéos, ou des billets, dans lesquels ils parlaient des livres en question. Du coup sans trop réfléchir je me suis inscrit à ce programme, et j’ai ajouté des liens aux listes. Chacun des éléments de ces listes comporte un raccourci menant vers la page correspondante d’Amazon permettant d’acheter ce livre, et m’offrant au passage une (très légère) part du gâteau.

Si je le fais avec des livres, alors je ne suis pas un enfoiré, c’est ça ? Et faute avouée est à moitié pardonnée… Mais je me sens un peu jaune là, un traître à une des causes qui me tient beaucoup à cœur. Celle qui ne souhaite pas d’entreprise au monopole envahissant, autant sur internet que dans la vie. De nos jours il est compliqué, lorsqu’on utilise beaucoup internet, de se passer de ces grosses usines à gaz. Il existe un super site internet qui permet de comparer les offres des principaux sites qui vendent des livres, faut l’essayer il devrait être un classique des amateurs de littérature. C’est Chasse-aux-livres.fr. Alors je t’invite, avant d’aller acheter bêtement un livre à 20 balles, à aller vérifier que d’autres sites ne le proposent pas moins cher. Tu trouveras ce que tu cherches, en neuf, ou d’occasion, mais tu pourras comparer les prix d’Amazon avec ceux de ces sites : FNAC.com, Decitre.fr, Rakuten.com, Eyrolles.com, Ebay.fr, Abebook.fr, Momox-shop.fr, Recyclivre.com, Ammareal.fr, Label-Emmaüs.co, Le-Livre.fr, Livrenpoche.com et Cdiscount.com – Et je mets tous les liens comme ça on pourra pas m’accuser de favoritisme !!

Bon, après réflexion, il est possible que je fasse ça aussi avec les billets dans lesquels je parle de musique, de films, de séries, mais différemment. Les programmes d’affiliation, je vais pas courir après, mais ça peut être sympa de pouvoir se choper un disque qu’un blogueur a évoqué, en mode impulsif. Que le mec qui t’a suggéré se mette 50 centimes dans la poche au passage, ou pas, est-ce si important que ça ? Je ne pense pas. Personnellement je ne suis pas vraiment avare, ni profiteur, trop généreux, et j’ai une idée de l’argent que peu ont. J’ai vécu de nombreuses années sans pognon, j’ai fait la manche pour survivre et m’acheter ma bière et ma came, j’en ai strictement rien à foutre des considérations diverses. Alors franchement, j’ai pas de leçon à recevoir (j’en n’ai pas non plus à donner) et je n’aurai aucun scrupule si Amazon me file un peu de thune quand toi, tu lui auras acheté un bouquin. Je lui laisse déjà assez de pognon comme ça, et en récupérer un peu au passage, c’est une idée qui m’est tout à fait agréable.

Pour la musique… Un beau jour de ma vie, dans un accès de folie (jamais regretté) j’ai donné tous mes CD à des copains. Je ne souhaitais plus avoir à m’emmerder avec ces envahissants boîtiers fragiles, ces soi-disant disques au son intarissable sauf à le rayer, ces trous à pognon… Mais il y a peu, j’ai acheté un disque vinyle. Comme j’avais pas de platine vinyle, j’en ai pris une au passage. Et une fois que j’ai eu ce truc dans les mains (le disque) je me suis souvenu que c’était par ça que j’avais découvert la musique moderne. Déjà, quand j’étais gosse mes parents m’ont offert un mange-disque… Et ouais, ce nom sorti d’outre-tombe. Attends, parce que là franchement ça vaut le coup que je mette une photo !

Je n’ai aucun droit sur cette photo. L’auteur (je lui dois bien ça, le citer vu que je prends le gauche dans le fait de me servir de son image copyrightée – il est bon de savoir ce qu’on fait au lieu de faire l’autruche) est Andrea Donetti

Donc, c’est uniquement pour les 45 tours hein… 45 ou 33 c’est le nombre de tours que fait faire la platine au disque, par minute. Les 45 tours sont généralement plus petits, avec un trou plus grand au centre, ce qui oblige les possesseurs de platines classiques à utiliser un adaptateur pour les écouter. On a aussi le maxi-45 tours qui est un peu plus long (en temps d’écoute), qui a une tête de 33 tours, mais qui s’écoute en réglant la platine sur 45. Mes parents m’ont acheté ça donc, et quelques 45 tours justement… pour enfant. J’en étais un… Mais qu’est-ce que j’ai été content lorsque j’ai eu le droit de choisir… Je ne connaissais pas du tout mais j’ai pris (à la gueule de la pochette) un skeud d’un des frères de Michael Jackson, Germaine Jackson, accompagné de Pia Zadora, When the rain begins to fall. Qu’est-ce que j’ai pu l’écouter ce disque… Ce qui plaisait moyennement à ma mère, c’était les premiers balbutiements de ce qui devenu plus tard une émancipation par la musique : mes adieux à mes années d’enfance, et elle aimait pas trop. Bref, le mange-disque accompagné de Chantal Goya, Anne Sylvestre, Carlos, que du lourd wéwéwé !!

Et ensuite, j’ai connu les joies des compilations composées sur des cassettes audio, mais uniquement en piochant dans les 33 tours de mes parents (Vangelis, Brel, Brassens, Thiéfaine, Supertramp, Téléphone, Queen, etc.), je n’avais pas de musique bien à moi autre que ces foutus 45 tours 100’000 fois réécoutés. J’usais mes compiles à outrance sur un petit baladeur qui m’a suivi nombre d’années, jusqu’à ce qu’il rende l’âme (RIP mon walkman). J’avais aussi enregistré des albums complets, comme celui de Higelin en concert au Casino de Paris. Je les dévorais cent fois avec frénésie.

Et puis j’ai un peu grandi, j’ai dépassé la dizaine et j’ai eu une platine disque d’occasion trouvée sur une brocante. C’était donc ma pré-adolescence. Là j’écoutais des 33 tours. J’avais sélectionné quelques rares disques dans ceux de mes parents, The Jimi Hendrix Experience, Are you experienced ?, Brassens avec un de ses disques numérotés. Et puis je m’étais procuré via divers moyens, d’autres disques. Notamment The Sex Pistols, Never Mind The Bollocks, qui marqua mon entrée dans le Punk ; et Moonwalker de Michael Jackson. Et celui-là putain ! Qu’est-ce que j’ai pu l’user sur mon vieux tourne-disque ! J’aime pas beaucoup cet artiste personnellement, c’est dû au hasard si j’ai écouté son disque. En revanche, c’était un artiste très talentueux, ça je peux pas dire le contraire. J’aime bien l’album Bad à la rigueur. Cette platine disque je l’ai finie, le diamant a décédé tant je l’utilisais, je l’ai remplacé, frustré de ne plus pouvoir écouter mes disques, par un fil de fer rigide. Alors j’ai niqué mes disques, c’est vrai, mais j’ai pu les écouter et ce qui compte c’est l’instant présent…

Ensuite, tandis qu’un copain un peu plus fortuné eut un modèle de mini-chaîne sans platine vinyle mais avec à la place, une platine CD (qui valait 1000 francs – 999), pour moi est arrivée l’époque chaîne, mais chaîne pas vraiment Hi-Fi, parce que Hi-Fi ça voulait dire pour moi : éléments séparés (ça veut dire haute fidélité, sous entendu ça dure), et que sur la mienne les éléments étaient solidaires les uns des autres : il y avait le classique tuner, la classique double K7 pour tout enregistrer, et quoi ? Y avait-t-il une platine disque ? Je ne sais plus mais c’est possible. Ce modèle valait bien moins cher que la mini-chaîne de mon pote, mais avait plus de patate. Et ma mère dans son immense sagesse, pour un de mes anniversaires, décida de me faire passer avant elle dans la modernité. Elle m’offrit une platine CD indépendante, de salon, de marque Sony, le truc vraiment de qualité et qui plus est valait très cher à l’époque (et on n’avait pas beaucoup de pognon), et avec, mon tout premier disque compact, qui fut : The very best of Supertramp. Et j’ai moi-même choisi quelques temps plus tard le 2e CD de ma vie. Ce fut Hubert-Félix Thiéfaine – THIEFAINE 84.88.

De là a commencé une belle collection, ô combien consumériste. En parallèle de ma recherche du son parfait (enceintes, Hi-Fi), quand je tombais amoureux d’un artiste ou d’un groupe, comme ce fut le cas pour Ben Harper, Dead Can Dance, Mano Solo, ou Pink Floyd, je courrais m’acheter son intégrale en studio et plus si affinités. Je me suis fait des rafles à la fnac, où je ressortais avec parfois plus de 10 disques. Sachant qu’un disque coûtait entre 10 et 20 euros (en francs ou passé 2000, en euros) les factures chiffraient pas mal.

Cependant un jour j’ai saturé, et comme je l’ai dit quelques paragraphes plus haut, j’ai tout donné. Je les ai obligés à tout prendre en leur disant « sinon je les jette » alors ils les ont pris. J’ai jamais regretté ce geste, en faisant ça si ça se trouve j’ai fait découvrir des petites perles qu’ils auraient jamais découvertes à mes potes d’époque. A partir de là, avoir un CD en main ne me faisait plus le même effet. Ça n’avait plus de valeur pour moi.

La vérité c’est qu’on parlait pas mal de HADOPI à l’époque et de boycotter les industries du disque et du cinéma pour leur hypocrisie continuelle à venir chialer à la presse qu’ils perdent du pognon à cause des vilains pirates, à une époque pourtant où ces deux industries ne s’étaient jamais aussi bien gavées portées. Elles ne perdaient pas de pognon, non, mais elles n’en gagnaient pas davantage et c’était bien ça qui les contrariait. Et comme ces crevures en voulaient plus, toujours plus, menant des trains de vie de nababs ne donnant jamais un euro à un SDF, ils utilisaient leurs copains de la presse pour offrir un spectacle des plus dégradants, des mythes se sont écroulés à cause de leurs déclarations pro-copyright et anti-téléchargement, elles ont perdu du public, un public un peu pointilleux, qui se renseigne par lui-même, donc pas dupe du tout. Moi ça me rendait un peu fou, j’avoue. Du coup j’ai fait cette opération Free Shop-Musique. J’avais commencé à collectionner les MP3s, je gravais non pas les CDs originaux pour pouvoir les écouter sur une platine CD, mais carrément les intégrales de tous les albums de tel artiste ou tel groupe.

Bon, mais tout ça pour dire, que j’ai tout recommencé à zéro avec la musique. Je suis mélomane dans l’âme. J’ai repris le truc mais au tout début, et que avec des vinyles ce coup-ci. Je n’achèterai plus de disques compacts, mais des vinyles, ça, je dis OUI ! J’en adore le son, comme les livres c’est une passion… Et les pochettes se révèlent (celles d’avant l’avènement du CD) dans toutes leurs splendeurs, bien plus grandes. Eh oui, avant que les disques ne deviennent tout petits, les artistes pouvaient s’exprimer sur leurs pochettes, alors qu’avec les CDs c’est devenu plus restreint.

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