Auto-Psychologie

Maman, je t’aime

J’étais battu quand j’étais enfant. Mais sérieusement, des os cassés, des blessures recousues. C’était pas de la rigolade sans quoi j’emploierais pas ce type de verbe : battre. Je fus régulièrement battu quand j’étais enfant. Ce qui a mené à une perturbation, j’étais perturbé, je n’arrivais plus jamais à me concentrer en classe, et je délirais. Le troll. D’ailleurs dans la bouche des vipères étonnement, c’est vite devenu de ma faute.

J’ai reçu des coups de plein de différents objets, j’ai pris une bûche sur la tête, un coup de prise d’aspirateur avec la prise en ferraille, les classiques coups de bâton et de ceinture, de martinet, avec le manche, j’ai été coupé par des dizaines d’objets du quotidien via des coups, blessures non volontaires donc. Je me suis rebellé à 14 ans. J’ai détesté ma mère pendant plus de 20 ans parce que c’était elle, j’ai rejeté l’idée de la famille, rejetant mon frère au passage, aussi. Je ne leur ai pas parlé pendant de longues années, me détruisant en parallèle, voyageant un peu, faisant la manche. J’avais plus rien. Et puis j’ai décidé de prendre le problème à bras le corps. Il fallait lui pardonner. Je devais pardonner à ma mère de m’avoir détruit à peine mis au monde. Pourquoi tous ces coups ? Ces insultes traumatisantes ?

Pourquoi toutes ces cicatrices ? J’en ai 9 sur le crâne. Je vous emmerde je suis beau. Je ne perds pas mes cheveux, je ne prends pas un gramme de graisse, jamais, je guéris super vite, j’ai une chance de cocu, je suis clairement protégé par une force extérieure. Et j’aime ma mère, c’est tout ce qui me reste depuis que mon père est mort.

Putain j’ai 42 ans, j’ai l’impression d’en avoir 16. Et j’ai une profonde, maintenant tout de suite, envie de crever

Maman je t’aime. Je te le dis jamais. J’ai tort. T’as assez souffert, j’aimerais être celui qui veille à ce qu’il ne t’arrive plus jamais rien, plus jamais, et personne ne te ferais plus jamais de mal. Je ne t’en veux plus. Je prendrais ta cause à bras le corps, je n’ai pas été un fils digne de ce nom et je veux me rappeler. Te donner de l’amour, mais t’es loin et j’ose même pas t’appeler. Je sais pas comment je peux faire pour amoindrir ta peine jusqu’à ton dernier souffle. Ma souffrance est accessoire, elle est le passé, et je sais pour t’avoir parlé d’où ta violence vient. Je souhaite que tu vives tranquillement. En paix.

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