L'invisible, Marijuana

Dormir

Je suis confronté au premier dommage collatéral du fait de m’être habitué 3 jours à manger chaque jour une petite boulette d’environ 2 grammes de bon haschich. Si je ne continue pas, mes insomnies reviennent. Et c’est logique. Seulement, ai-je envie de bouffer tous les jours mes deux grammes et peut-être devoir augmenter les doses si mon corps s’habitue (et le corps s’habitue vite au shit) ? Clairement que non. Je ne fais plus de douilles depuis ma crève, quoique j’essaye une à deux fois par jour pour voir si j’y arrive. Eh bien si mon état s’améliore, ma gorge ne supporte toujours pas les bangs à l’heure actuelle. Alors par souci d’économie aussi parce que 2g à chaque fois ça revient cher, je roule des joints. Ça tombe bien j’ai un assortiment de paquets de feuilles, j’en ai de toutes les marques, pour tous mes goûts, mais pas pour toutes les têtes. J’étais partageur, aujourd’hui je ne partage plus qu’avec qui m’a montré patte blanche (ou rouge du sang de son suicide ou des blessures qu’un ou des oppresseurs lui ont faites), et ça peut être long avant que je considère qu’untel a montré patte blanche.

Le shit, l’herbe, c’est super. Une fois qu’on a trouvé un rythme et qu’on a amélioré son quotidien pour qu’il soit au plus agréable (maison, activités) le côté amotivationnel s’en va. C’est certain que si tu es un adolescent mal dans sa peau, mal chez ses parents avec une forte envie de voir du pays, que t’en as marre de l’école parce que t’arrives à rien dans leurs trips élitistes, et que tu te mets à fumer, tu risques simplement de t’évader dans ta tête, loin de tous ces soucis. T’auras plus rien envie de faire, rester allongé te conviendra. Mais si tu habites chez toi, que tu as donc toutes les « corvées » quotidiennes à faire (comme la vaisselle, que j’ai toujours pas faite), fumer peut devenir un soutien psychologique et t’aider au jour le jour.

Oui, c’est vrai, le shit ça endort, ça démotive souvent. C’est encore un dommage collatéral, inévitable dans beaucoup de cas. Car beaucoup de cas en sont à utiliser le shit pour oublier leurs soucis. Consciemment ou pas, et ça, ça ne fonctionne pas avec le cannabis, ni avec l’héroïne, ni avec Facebook, ni avec les jeux à gratter, ni avec la bouffe, la tise, la baise, avec rien du tout. Il n’existe pas de baguette magique qu’il suffirait d’agiter voire de frapper (du poing) sur la table pour que d’un coup, comme par enchantement, tout s’arrange. Non, les problèmes il faut d’abord en prendre conscience puis les organiser suivant un ordre de priorité, lesquels sont les plus judicieux à traiter en premier. Il faut bien différencier les effets des causes et ainsi on peut grouper plein de conséquences dans un seul sac, identifier la cause, et la traiter, ce qui soignera automatiquement toutes les conséquences (pas toujours). Alors que si tu te plantes et que tu ne t’attaques qu’aux conséquences, et jamais aux causes, tu vas le faire toute ta vie, sans que ça s’arrête.

C’est marrant quand je dis « tu » comme ça, dans ma dernière phrase par exemple, je me fais l’effet de Samuel Freudiger…

Lui, je l’aime. Un activiste man, qui fait aussi du reggae (suisse) avec le groupe humoristique Bradaframanadamada

C’est pas tout jeune ça, ça date déjà de quelques années, mais c’est toujours aussi bon de pouvoir dédramatiser, beaucoup de dérision, et ça, ben ça aide bien plus au quotidien que de fumer comme un porc. Alors outre le côté très théâtral du personnage, tout ce qu’il dit est vrai. Tout. Y a rien à jeter, et il sait de quoi il parle. Il faut aussi dire que dans la religion Rasta (je ne sais pas si Samuel pratique sérieusement, hein) le cannabis est un sacrement, il améliore le contact avec l’absolu.

Alors je me posais la question de savoir si par hasard, selon la longueur des cheveux les réseaux de communication avec le divin étaient (ou pas) améliorés. C’était, je l’avoue volontiers, un peu capillotracté. Par contre la Ganja le fait… Tiens, évoquer ce billet me rappelle que je me suis procuré le Kebra Negastla gloire des rois d’Ethiopie, textes sacrés de l’Ethiopie. C’est la soi-disant bible des Rastas, quoique ce détail puisse être discuté, qui offre une version du récit biblique vu de l’actuelle Ethiopie, de la corne de l’Afrique, où est aussi situé le lieu appelé Zion par les Rastafariens, leur terre promise. J’en ai lu la première ligne de la première partie, Au commencement. Et à la première ligne intervient un premier nom étrange.

Egziabeher

Ce n’est qu’un autre nom, qui vient s’ajouter aux nombreux déjà présents dans la partie de mon crâne estampillée Théologie, pour désigner Dieu. C’était facile à savoir puisque dans le bouquin est accolé « le père tout puissant » au nom en question. Jah s’appelle aussi Egziabeher. Soit. C’est mettre un pied dans la compréhension de l’autre ça, savoir comment il désigne l’infini.

Moi j’adore le reggae, et Peter Tosh et son album Legalize it, je l’ai eu entre les mains et je l’ai écouté plein de fois, mais sans jamais m’être intéressé aux titres de ses chansons. Or, en cherchant ce nouveau nom que je découvre dans le K.N., voilà ce sur quoi je tombe :

On voit ce nom sous différentes orthographes, Igziabeher, Egziabeher, qui signifie « Seigneur d’une nation ou d’une tribu »

Le Kebra Negast donne un autre point de vue historico-biblique, d’Adam à Jésus, en passant évidemment par Salomon, mais aussi Caïn, Seth, Moïse, Noé, Abraham.

Ces différents récits bibliques (la Bible, la Torah, le Coran, et donc le Kebra Negast – liste non exhaustive), c’est un peu comme si le même film était raconté par différents protagonistes. On peut en recoupant les récits déduire de certaines vérités historiques, enfin je suppose. Je n’ai pas la prétention d’être historien mais je m’intéresse de plus en plus à des parties spécifiques de l’Histoire. Car la plupart des personnes qui hurlent tout le temps aux scandales, qui instillent des drames inventés dans la tête des gens, se servent souvent de détails de l’Histoire comme exemples (à suivre ou à ne pas suivre), mais n’ont que très peu de connaissances historiques en définitive, et leurs discours sont souvent vulgaires et surtout globalement faux. Je m’en suis rendu compte sur moi-même. Très engagé et prompt à m’exprimer sur certaines causes, je me suis aperçu non sans mal que j’utilisais des anecdotes historiques sans connaître les contextes, pour justifier des choses. Je me suis aperçu que bien souvent j’avais des arguments erronés et que personne ne me rattrapait jamais simplement parce qu’ils ont les mêmes. Il existe des conclusions fausses dues à des erreurs historiques qui pourtant se sont généralisées dans les esprits comme étant la réalité.

Et si j’étais de droite ? Attention hein… Je ne suis ni de droite ni de gauche et d’ailleurs ces deux extrêmes ont été inventés pour scinder un peuple en deux : les vilains salauds de fachos d’un côté et les gentils progressistes de l’autre. C’est très pratique, c’est diviser pour mieux régner et c’est vieux comme le monde. Et alors, tout ce qui est à droite est sujet à discussion, c’est pas bien, selon les mœurs actuelles. C’est ce-qu-il-ne-faut-pas-faire, mais que beaucoup de personnes font quand même de manière totalement décomplexée, avec la loi pour eux. Cette diabolisation à double tranchant clôt d’office les débats, et j’ai peur de ce que les gentils progressistes de gauche feront de tout le reste du peuple pas d’accord avec eux, quand les choses changeront. Extermination totale ? Ferme ta gueule, c’est exactement ce qui se passe en ce moment : la gauche refuse de parler avec la droite et associe tous ceux qui vont discuter avec, comme des traîtres. Eh connard, pour être un traître, faut d’abord avoir épousé ta cause… Or ta cause, j’en ai rien à foutre ! Mais l’idée c’est surtout de pouvoir identifier l’ennemi. Les français n’ont rien de mieux à foutre que de chercher qui éliminer (dans le sens de détruire un personnage, le foutre en taule, lui fermer sa gueule en lui cassant, voire le tuer) et qui garder. J’appelle ça du fascisme. Aussi simple que ça.

Je ne dis pas « renoi », je dis Noir. Je ne dis pas « rabza » ou « reubeu » je dis Arabe. Je pense que c’est accorder du respect à des ethnies, peuples, couleurs, de ne pas utiliser les expressions édulcorée pour les désigner. Théoriquement on ne peut pas me prendre pour un FAF du fait que je dise Noir et Blanc pour désigner les Noirs et les Blancs, ou Arabe pour désigner les habitants de l’Afrique du Nord, du Maghreb disons, et pourquoi ? Parce que j’ai un passé militant antifa (en convictions seulement, mais pas sur le terrain parce que je déteste la violence) tout simplement, et que j’accorde beaucoup d’importance au respect des autres tant que ces autres ne me veulent pas de mal.

Chez moi il y a du communautarisme, mais le truc vraiment grave : y a surtout des Turcs et des Français. Les Turcs restent entre Turcs et les Français non d’origine turque, restent entre eux. Et certains Turcs d’ici, personnellement, me regardent mal. Ça se sent qu’ils ne m’aiment pas, alors qu’ils ne me connaissent pas. Pourtant je n’ai rien contre eux, mais ce communautarisme et cette haine que je lis dans les yeux de certains, je conchie tout ça. J’ai l’impression que ça va péter (je parle de manière isolée, par chez moi) bientôt et qu’il va y avoir des blessés voire des morts. J’espère que je ne serais plus là à ce moment là car ces conflits ne m’intéressent pas, ce ne sont pas mes combats.

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