Auto-Psychologie

Le mec bien

Le père d’Alyssa s’est approprié une citation de Krishnamurti, et cette tête de fion n’est même pas foutu de la dire convenablement. C’est un truc qui m’avait énervé, alors ça a mis le temps mais c’est enfin remonté !

Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société malade.

Jiddu Krishnamurti

Moi ça me rassure de considérer que ce philosophe originaire de l’Inde, hisse la souffrance que nous ressentons tous, ou en tous cas pour beaucoup d’entre nous, sur un piédestal. Ça me rassure de constater que cet homme dont les mots sont une référence, voie les gens bien adaptés à la société comme des détraqués mentaux, et ceux qui ne sont pas adaptés à la société (les fous, les émotifs, etc. le reste quoi), comme des personnes plus saines d’esprit.

La société est malade, c’est pas nouveau et une fois qu’on a dit ça on n’a encore rien dit. Une société malade produira des êtres malades, c’est de la logique. Et ceux qui ne sont pas malades ici, ce sont les zarbis, comment ont-ils pu faire ? C’est pas naturel. Moi je m’en fous de comment ils font, mais j’ai constaté en revanche un truc, ce sont souvent eux les responsables, directement ou indirectement, de la souffrance, la maladie, des autres. En gros, les personnes les plus adaptées à cette société mourante, en sont souvent les oppresseurs.

Qui c’est Alyssa ? La meuf de The end of the fucking world… Et ce mauvais père, on le voit dans la 1ère saison massacrer la citation et se l’approprier. Qu’il aille au diable, le simple fait qu’il fasse ça montre bien que c’est une sous-merde malhonnête.

Bon, tout ça pour dire que je suis malade à crever, mais que (merci Jiddu) je suppose que c’est normal, je me suis adapté de la manière la plus logique à la société dans laquelle j’évolue. Et je n’ai pas besoin d’un médecin pour me faire dire ce que je dois dire pour « aller mieux » car si « aller mieux » c’est être droit dans une société tordue, je préfère encore rester tordu. Au moins ça rentre… Tu vois.

Des fois on me demande si je pense être quelqu’un de bien. A chaque fois ça me fait assez tripper ce type de question est débile. Un « mec bien » selon moi ça n’existe pas. C’est un mythe. C’est passer outre tout ce qui fait qu’on est un mélange de ce qu’on considère comme mal et ce qu’on considère comme bien. Et dans la recette, y a aussi du mal. Alors est-ce que je suis toujours un mec bien ? Je veux la mort de plusieurs personnes, et si on m’en donnait l’occasion je n’hésiterai pas à la provoquer moi-même, je risque d’aimer ça. Je suis un mec bien quand même ? C’est à l’interprétation et à la discrétion de chacun, de considérer ça, ou pas.

Tiens ça me rappelle une chanson ça, d’un gars qui fut un skin facho à une époque et qui a changé et est devenu Rasta. Ces mouvements sont totalement mitoyens, les premiers Skin Heads (mouvement à l’origine apolitique) venaient de Jamaïque. Bref, je cause de Pierpoljak. Ils l’ont taillé en pièces. Comme ils ont taillé en pièces Marsault. Comme ils ont taillé en pièces Dieudonné. Pourtant Pierpoljak avait fait son mea culpa, il avait aussi participé à des reportages sur le sujet, il regrettait cette époque de sa vie. On peut tous et toutes se planter dans les idées, sombrer dans la violence, arborer certains déguisements qui ne nous vont pas, déguisements nuisibles, tant qu’on n’en a pas compris la nuisance ça reste. Et donc, il avait fait une chanson qui s’appelle Le mec bien. Moi j’aime bien Pierpoljak. Et cette chanson est tout ce qu’il y a de bien.

Bon, moi évoquer Dieudonné, ça me rappelle que ça fait des lustres que j’ai pas été voir ce qu’il fait. A l’inverse de Marsault, je lui avais tourné le dos, mais sans vraiment avoir réfléchi, j’avais été pris dans le bordel ambiant et j’avais suivi bêtement la masse dans son pugilat. Et puis à un moment je me suis émancipé de certaines choses qui parasitaient (comme le réseau social bleu – depuis j’y suis retourné et je l’ai quitté à nouveau) la construction empirique de ma pensée critique, et là j’ai vu clair. Quand on prend du recul, qu’on fait taire le brouhaha ambiant, que dis-je l’hystérie ambiante, on arrive mieux à réfléchir, à penser. Je dois revoir beaucoup de choses qui m’ont été plus ou moins imposées comme étant « ce qui se fait » ou « ce qui ne se fait pas » différence entre le bien et le mal, mais ce sont des valeurs évaluées par d’autres, pas par moi. Une fois que tu es seul juge, tout devient limpide, tu as la ta propre évaluation du bien et du mal, et ce n’est souvent pas la même.

Le film L’antisémite de Dieudonné, je l’avais vraiment trouvé à chier, pas drôle, pas distrayant, chiant. Là, son site propose Métastases, alors je sais pas ce que ça peut donner, j’ai regardé la bande annonce, et ça peut effectivement être bien, il semble y avoir un vrai scénario intéressant. Eh bien, allez ! C’est tipar pour Métastases. En plus y a des sites de streaming qui le proposent gratos. Yippeeeee !

2h plus tard…

Ce mec, Dieudonné, est très fort pour jouer des rôles de gros cons finis. Un peu comme dans certains de ses sketches, ce qu’il imite, ce qu’il parodie, c’est surtout les gros cons finis. Et là, dans ce film, c’est l’archétype du gros con fini. Mais c’est distrayant. Il joue son propre rôle provocateur à souhait, il est aussi l’auteur du film, et la conclusion est intéressante. Comparer deux méthodes de soin du cancer (des poumons), l’occidentale traditionnelle, qui implique de se faire injecter en intraveineuse un produit extrêmement corrosif qui tue les cellules saines et les cellules malades, c’est la chimiothérapie. Et l’autre, un guérisseur du Cameroun, le pays à Dieudo.

Ne pas spoiler… Ne pas spoiler… Mais qui va aller regarder ce film tant tout le monde le hait ce mec (Tout le monde ? Non ! Une tribu résiste encore… Ta gueule…) ?
Bah. Je m’en fous. Les mecs et les filles comme moi le feront, l’ont fait, et s’en foutent de ce qu’en pense Pierre, Paul ou Emmanuel.

PS : Métastases c’était vraiment de la merde… Réalisé dans les années 60 on aurait pu dire que c’était un bon film. A la rigueur… Wahaha. Nan j’déconne, il était vraiment pourri… Mais distrayant. Pfff… Ta gueule. Dieudo, mets plus de thunes dans tes films, gros radin !!!!

Quotidien alternatif

Pinochio’s awakening

Putain ! Quelle gueule de bois… Quand c’est comme ça je cherche à fuir. Je sais que j’ai déconné, que j’ai sans doute fait des choses pas nettes, mais il n’est pas question de réparer quoi que ce soit, il est question de continuer à avancer malgré tout en revanche.

Attention, quand je dis « pas réparer » c’est parce que j’ai conscience que c’est probablement assez minime, je ne suis pas violent, sauf verbalement. Je me connais, je suis dans ce genre de cas, un soûlard qui casse les couilles, un soir, et qu’on a oublié le lendemain – si ça se répète pas tous les jours.

Personne n’est blindé devant l’alcool. Personne n’est fait pour boire dans des grosses quantités, jusqu’au blackout. Modérément, ce n’est pas le cas, mais tel que je l’utilise l’alcool est un poison, pourtant j’aime ça. L’alcool me fait déconner mais j’aime m’empoisonner. Que je devienne infect est un dommage collatéral. C’est un peu comme une soupape de sécurité, si on l’enclenche tout le mauvais s’en va. Et après on peut reprendre sa vie sur de bonnes bases. Mais c’est toujours aussi difficile d’assumer.

Quand je bois, ma dépression prend vite toute la place, surtout si j’écoute des chansons tristes (Saez, Mano Solo, etc) parce que pleurer ça fait se sentir vivant, ça fait sentir quelque chose de fort. Mon cœur a besoin de sentir des choses fortes. Et je n’ai clairement pas du tout l’alcool rigolard, ou extasié.

En fait cette dépression est là tout le temps, sauf qu’en général elle reste en coulisses. Et donc lorsque je bois, elle ne s’installe pas, elle se vautre… Et c’est à chaque fois pareil, il suffit que je commence à boire, qu’il y en ait suffisamment pour que je sois bourré, pour que je parte en cacahuète. Si je suis seul c’est circonstance aggravante. Mais franchement, vaut mieux que je sois seul, et même chez moi. Car je ne souhaite pas imposer cet état à d’autres. Ils n’y peuvent rien, et si ils essayent pendant la crise ils se prendront une salve d’insultes. Aucun intérêt.

Bref. Assumer, c’est dur, mais rien d’impossible, et puis j’ai fait de mal à personne, j’ai juste bu, écouté de la musique, monté le son à fond, me suis d’ailleurs aperçu que mon ampli est pas assez puissant pour ce que je lui demande – ça sature assez vite. Et puis j’ai dormi comme une grosse masse jusqu’à 20h (lundi), et j’ai recommencé à boire directement au réveil (pas assez pour être bourré). J’ai eu faim (merci le bédo) alors j’ai été chercher un kébab. Ensuite j’ai vaqué en alternance entre plusieurs occupations : dormir, mater des séries, et finalement j’ai réussi à trouver le sommeil, dodo jusqu’au matin.

A propos de séries, la 4e saison de Rick & Morty est en approche ! L’épisode 1 promet ! Cela dit, je préfère voir ça en français, ça évite de devoir réfléchir pendant, de devoir lire les sous-titres. Je ne comprends pas encore totalement l’anglais à l’oreille. Mais y a du progrès ! C’est parce que je regarde beaucoup de trucs sous-titrés, certaines expressions sont imprimées, bref c’est vrai que ça aide en anglais, mais, en même temps ça semble logique.

Bon bah je me souviens de tout… Même du copain qui est passé pendant la bataille, avec qui j’ai dû ne pas être très respectueux. OK, alors lui, faudra que je le capte et que je m’excuse. Par contre je lui ai déjà dit d’appeler avant de passer, je peux très bien ne pas être là (il vient d’un village à 10km mais pas spécifiquement pour me voir), et je peux aussi être dans ce genre d’état, dans ce cas je réponds pas au téléphone. C’est simple. Et si je réponds, on capte que je suis pété, et on passe pas point barre ! De toutes façons je ne veux pas de monde chez moi tout court. C’est pas un squat ici. On peut passer me voir c’est pas un problème, mais faut pas se plaindre si quelque chose se passe alors qu’on n’a pas suivi mes instructions pour réduire les risques.