Paroles

A titre de jeu (ou de je)

C’est pas souvent que je suis si peu inspiré. Quand je m’installe confortablement et que je me lance dans un monologue tel que celui-là, généralement elle vient toute seule, l’inspiration. Elle approche. Elle dérive… Va vers d’autres horizons, sans m’emmener alors j’attends qu’elle revienne, patiemment. Et elle revient toujours, mais parfois elle part longtemps la bougresse. C’est arrivé qu’elle parte des années. Et que pendant ces années, de cruelles aventures se soient déroulées sans qu’il n’en reste une seule trace écrite, ni dans ma mémoire, ou que des bribes. Et c’est très dommage.

J’ai une pote, mais on se voit pas souvent, qui est ou était mon pylône chronologique, ma mémoire, enfin celle des moments qu’on a passé ensemble. Ces aventures pas relatées, n’ont pas été solitaires, du tout.

L’inspiration à la dérive déboule de rives d’aspiration,
Débute des raves débiles, débitent des rêves irration-
nels à balle dans ma bulle, chui maboule, j’dérobe le rab,
« Aribariba » Speedy le Mogwaï s’écroule, c’t’horrib’

Sous les terres arables ma gouaille s’arrime au quai,
Oy ! Ça rime, OK ? Là j’rame un peu mais j’arrive, roquet
En rage à frime, bloqué, ma haine d’arôme echo,
Echo, echo.. Écho ? Ma muse l’arène est close…

Et ma reine, ma rose éclose, c’est la rabla, j’débla-
tère d’elle, sommaire, mais sa mère cause de la ram’ner
En merko, à la mer, car des blattes errent sur les murs,
Les murs d’araignées, l’Homme a régné, donc l’art est nié…

Ici l’or a chié des bulles, et des balles filent ignares,
Ton salaire à chaud : dix balles… t’es filiforme ? Mais il n’y a…
Plus rien, la mise à mort est née, l’aiguille obtempère cynique,
Qu’il nique sa mère Cynoque, merci mon cul, à l’aube la Terre

C’est la plus belle heure… Elle est belle à mourir,
A se tuer pour sa beauté, se damner pour son amour,
A sauter par sa propre bêtise, se donner par amour,
Se jeter à la mer… nu, à l’eau, et sans dîner…

Un genre de trouble à l’air innocent, où rire révèle
Qu’on a sauté dans le vide, émus et cons, et qu’on sème,
Hués ou félicités par d’autres cons, bruits de fond…
Consonnes caverneuses, sons partis faire du ski de fond…

En vers et contre tout, l’envers, tu, eux, torrentueux
Tortueux destin, c’est pas une vie, j’ai pas envie,
Je dors sous les stalles, j’fais les cent pas en ville,
J’ai tordu toutes mes pointes, j’fends les sapins en vol…

En vol de nuit, à l’étalage, j’fais étalage de mes ennuis,
J’m’envoie des nuées de litres de bière, ça nuit sal’ment
A mon karma dénué de luttes, de l’auge populaire banni
Comme un fou désarmé, un sacrilège pas pire qu’Armani…

Et mes anges me disent mesquin, mais suis-je seul’ment en vie ?
Mes messages médisent mesquine, de songes salement exsangue,
Aux couleurs de mes doses de sken, massage d’une ex sangu-
-inolante… len’ment sur le lino, dans une danse non vio-

lente…

Petite explication de texte en aval

Avertissement : La plupart de ces explications n’étaient clairement pas formées dedans mon crâne lors de la rédaction des vers, là j’analyse en aval ce qui veut dire après. Et je réfléchis peu (presque pas, pour ainsi dire pas du tout, c’est tout de l’instinct) pendant la rédaction.

L’inspiration à la dérive déboule de rives d’aspiration,

Bon là j’imagine un tourbillon (comme ceux dans la mer) tu vois, ça aspire. Et pour trouver l’inspiration, la vraie, il faut parfois prendre des risques et venir flirter avec le danger de se faire aspirer par elle.

Débute des raves débiles, débitent des rêves irration-(els)

L’inspiration part parfois de raves-party de merde.
OK, alors je suis un peu difficile en matière de free-parties, faut que ça soit dans la nature, à l’extérieur, à l’air libre (en hiver c’est différent évidemment le but est pas de geler sur place), ce qui peut expliquer l’association du mot « débile » au mot « raves ». Les légales sont souvent merdiques. Faut avouer.

à balle dans ma bulle, chui maboule, j’dérobe le rab,

Faut vraiment expliquer ça ? A balle c’est défoncé à mort, et le reste… Le rab, c’est sans doute ce qui dépasse, ce qui reste en matières de drogues.

« Aribariba » Speedy le Mogwaï s’écroule, c’t’horrib’

Petites références à deux sources vidéo : Speedy Gonzalez et Les Gremlins.

Sous les terres arables ma gouaille s’arrime au quai,

Sous les terres = enterré. Terre arable = terre cultivable. Donc en toute logique, enterré = mort, et si on est enterré sous une terre arable on servira d’engrais… Donc une fois mort et utile à la terre, ma propension à cracher mon venin sera bloquée.

Oy ! Ça rime, OK ? Là j’rame un peu mais j’arrive, roquet

En rage a frime, bloqué, ma haine d’arôme echo,

Roquet en rage à frime. Bon… Analyse. Un roquet c’est un petit chien qui aboie plus qu’il ne mord et qui te mordra si tu lui tourne le dos (un petit chacal en somme). La rage à frime, c’est une rage qui est là pour la galerie, peu dangereuse. Bloquée ? Bah le roquet en tous cas est bloqué, et sa haine a un arôme d’écho. Du réchauffé quoi.

Echo, echo.. Écho ? Ma muse l’arène est close…

Qui n’a jamais joué à ça ? Bon, Écho c’est une nymphe, sur le coup j’ai confondu avec les muses. Comme Clio, et d’autres, les muses sont des filles de Zeus, y en a 9. Écho n’en fait pas partie, alors mea culpa. Par contre elle est instruite par les muses, enfin c’est pas grave, de toute façon on s’en fout puisque je l’envoie chier : l’arène est close.

Et ma reine, ma rose éclose, c’est la rabla, j’débla-

Je précise, ma reine et mon inspiratrice c’est la came. C’est comme ça.

(J’débla)tère d’elle, sommaire, mais sa mère cause de la ram’ner

Je parle d’elle en restant assez flou, mais même elle, même la came, j’y ai droit que selon certaines conditions et là sa mère, son chaperon, a décidé que 11h c’était 11h et pas 3h du matin alors elle veut me l’enlever la chienne !

En merko, à la mer, car des blattes errent sur les murs,

Elle habite sûrement à la mer, donc le prétexte c’est que des blattes (comme moi) errent sur les murs, rien de plus simple. Et la mère roule en merko, donc c’est une bourgeoise. On pourrait pousser un peu l’analyse en évoquant la métaphore des go-fast ou des go-slow. Voitures rapides pour les go-fast. Puisque je parle de la maman de la came, hein ? Si tu me suis… Mais bon, si je parlais d’un go-fast ce ne serait que pur hasard bien entendu.

Les murs d’araignées, l’Homme a régné, donc l’art est nié…

Murs d’araignées = vieux murs, ou encore murs obscurs gardés par des araignées mutantes géantes vénéneuses, moi je vois ça comme un grand mur fait d’un mélange de pierres et de toiles, et bien évidemment de ces mesdames planquées. L’homme a régné [ici] donc [ici] l’art est nié. Le règne, c’est la domination, un tyran peut décider quel type d’art se développe ou pas, c’est d’ailleurs ce qui se passe de nos jours quand on regarde disons l’art populaire, on remplace juste le tyran par l’élite et on y est. Dans la musique française populaire, la richesse des textes est absente, alors y en a mais ça marche moins : Lucio Bukowsky par exemple. L’apparence ou la réputation est ultra-prioritaire sur la voix pour un chanteur, la voix on peut la retoucher en studio, et même en Live. C’est plus dur et risqué en Live, j’imagine, mais avec la technique aujourd’hui on fait tout, même manipuler des papiers de naissance hahahaha.

Ici l’or a chié des bulles, et des balles filent ignares,

Alors, continuons cette analyse. L’or, c’est la base de la monnaie, chier des bulles c’est barder, donc je dis que ici, chez moi, chez nous, en occident, la thune a fait en sorte que ça barde partout dans le monde. On pourrait aussi utiliser le biais (facile) des bulles économiques [wilipedia] et on dirait qu’ici l’or a créé de ces bulles de la finance.
Et des balles filent ignares, les balles sont ignares, elles filent. Une balle (bullet) de flingue, évidemment.

Ton salaire à chaud : dix balles… t’es filiforme ? Mais il n’y a… [plus rien]

En rapport sans doute avec les bulles, toi ton salaire, à chaud c’est dix euros (de l’heure ? petit privilégié va !), et si t’es filiforme, c’est à dire maigre, c’est qu’il n’y a plus rien, les connards dans leurs bulles ont tout pris…

la mise à mort est née, l’aiguille obtempère cynique,

Et la mort naquit ! Trouble je de maux, l’aiguille qui te shoote obtempère sagement, mais la réalité c’est que cette pute se réclame de Diogène de Sinope !

Qu’il nique sa mère Cynoque, merci mon cul, à l’aube la Terre

Cynoque c’est un personnage des Goonies. Alors il est pas beau, hasbeen, qu’il nique sa mère wesh c’bâââtard woulla (en réalité c’est une autre raison, mais je la dirai pas, cette partie restera (ou pas) mystérieuse). Merci mon cul, on dit ça ironiquement en général, à l’aube la Terre appelle au 16 suivant, la phrase n’est pas finie.

C’est la plus belle heure… Elle est belle à mourir,

A l’aube, la Terre, c’est la plus belle heure, c’est l’aube la plus belle heure, la Terre à l’aube, elle est belle à mourir. Gaïa, ma mère, ma mère spirituelle, est d’une beauté… terrible.

A se tuer pour sa beauté, se damner pour son amour,

Je pourrais me tuer pour cette beauté, l’aube, la Terre. Je pourrais me damner pour ressentir cet amour que je sens parfois, quand je me connecte à elle.

A sauter par sa propre bêtise, se donner par amour,

Sauter par sa propre bêtise, [AUTOCENSURE] Ça fait un moment.

Se jeter à la mer… nu, à l’eau, et sans dîner…

Se jeter à l’eau, à la mer, enfin faire le pas. Enfin choisir la mort. Nu, symboliquement. [AUTOCENSURE]Sans dîner, c’est la punition ? Devine ! Si tu es mort, on peut te punir ? Bah oui mais tu le verras pas, c’est stupide de punir quelqu’un après sa mort (tout comme le récompenser, bah oui tout ça c’est pour les autres puisque l’intéressé ne pourra pas le voir). La punition est de l’ordre, même si on te condamne et que c’est tout le monde qui te condamne après ta mort, de priver un enfant de dessert.

Un genre de trouble à l’air innocent, où rire révèle

Se jeter à l’eau est un problème qui n’en a pas l’air, et la suite s’explique dans le vers suivant.

Qu’on a sauté dans le vide, émus et cons, et qu’on sème,

Dans ce problème qui n’en a pas l’air, le rire (nerveux) révèle qu’on a sauté dans le vide, bon émus et cons, pas besoin d’expliquer, mais la suite est intéressante dans ce sens, à la base j’avais mis « et qu’on s’aime ». Et puis j’ai voulu ceci : lorsqu’on entend ce texte, on pense « s’aime », mais si on lit les paroles le sens est tout autre. On sème… quoi ? On s’en fout, on sème.

Hués ou félicités par d’autres cons, bruits de fond…

Et lorsqu’on sème ce qu’on sème, soit on est hués, soit on est félicités, par d’autres cons, ici un con c’est un humain, sans distinction, on a tous des parts de cons. Mais ces critiques positives ou négatives sont des bruits de fond.

Consonnes caverneuses, sons partis faire du ski de fond…

Ces critiques (voir vers précédent) sonnent comme des consonnes caverneuses, lointaines, des sons, des bruits, gone fishing si je puis dire… Le ski de fond, c’est une activité quelconque, ça rime, l’idée c’est que ces sons sont tellement lointains qu’ils résonnent au loin, sans plus.

J’ai fait 6 x 16, y en a 9 ; débrouillez vous pour la suite (je rigole j’essayerai de finir ça).

Auto-Psychologie

Hypersomnie

J’ai pas l’intention d’arrêter. Aucune. Je suis totalement résigné à ma condition, à ce que je vis sans avoir le choix de le vivre, le chaos. Parce que c’est une forme de chaos. Pour ne pas y penser il y a le sommeil. En ce moment j’en abuse, je ne suis plus insomniaque, je deviens hypersomniaque. J’ai changé deux trois détails chez moi pour améliorer mon sommeil, améliorer mon confort ce qui améliore par extension les possibilités de détente que j’ai dans ce lieu. Il manque quelques tentures (que je dois d’abord passer à la machine) et ce sera un total-safe-sleeping.

Un autre détail m’aide à dormir, quand j’ai eu la crève, j’ai dû changer mes habitudes de fumeur, en ce moment je ne fume que des joints (mais joint sur joint), avant je ne fumais que des bangs, beaucoup de bangs. Je pense que mon corps s’est déshabitué d’une manière ou d’une autre et que du coup les pétards me font davantage d’effet.

Y a plein de moyens de dormir, je pourrais aussi prendre des calmants, des neuroleptiques, des anxiolytiques, etc. Mais j’en veux surtout pas. Ouais je sais, ils seraient des béquilles. Je n’ai jamais considéré vouloir une autre béquille que la came. Dans les faits c’est pas vraiment vrai, y a l’autre béquille, soi-disant plus saine là, j’ai pas envie de la citer tellement elle me paraît pathétique maintenant, ce n’est plus mon but et cette considération sur le fait qu’elle est « saine » est totalement discutable. Là-dedans, il y a de la dépendance affective, et je doute qu’une association intime, aussi motivante soit-elle pour affronter le quotidien, si elle comporte de la dépendance affective, ait un avenir.

Non, je ne l’ai pas nommée cette béquille, n’importe qui de suffisamment cohérent peut comprendre de quoi je parle. La substitution suprême qui peut te guérir de toutes tes addictions, en les remplaçant… Quelle misère. Il faut toujours que le vide soit rempli par quelque chose, on ne peut pas laisser vide le vide. Et moi je me sens vidé et visé dangereusement par je ne sais quoi. Qu’est-ce qui va venir se lover là-dedans, dans ce vide, sur ce terrain accidenté ? Si je pouvais contrôler ça, je dirai : dormir 24/24. D’ailleurs je termine mon pétard et je retourne au lit, ce n’était qu’une interlude.
Je me lèverai grand max à 10h, j’ai des trucs à faire.

Nan, parce que c’est pas fini, ce remodelage de ma vie est perpétuel, mais le réagencement d’une pièce en vue de la rendre plus agréable à vivre a, lui, une fin. Ce (je hais ce mot) relooking (à prononcer version folle) a effectivement un début et une fin. Et c’est pas fini. Cela dit, j’aurais aimé mettre des photos ou vidéos, mais ce blog se doit de rester anonyme, au moins en apparences, j’insiste sur le fait de l’apparence, quelques connaissances en piratage, ou si on est flic et qu’on a une commission rogatoire de mes couilles, on remonte à mon identité facile, c’est à la discrétion de wordpress aussi. Si j’étais quelqu’un d’important, ou un criminel, il y aurait un risque, mais ce n’est pas le cas, je suis (ouf) personne ce qui fait que je peux apprécier cet anonymat dans sa totalité. Il est pour tout le monde, et pour personne. Pour moi.

Je ne veux pas aller plus loin, en fait ce soi-disant anonymat me permet de dire tout ce que je veux, sans jamais me demander si untel va me juger comme ceci. Y a beaucoup de sujets que je n’aborderais pas si le blog n’était pas ce type de blog. On peut trouver ça un peu hypocrite, et on aura probablement raison, personne n’est parfait. Et je m’en foutrais royalement si c’était le cas. Ça m’empêchera pas de mal respirer la nuit. Ça m’empêchera pas de crever à petits feux. Ces jugements vont m’aider ? Bah nan. Donc aucun intérêt, même de les évaluer.

Pourtant parfois je pratique l’autocensure. Quand je me réveille et que je trouve des publications que j’ai faites, trop pathétiques. Donc, je ne peux pas tout dire. Car il est tout de même important que cet espace reste safe pour moi, il faut que j’ai envie d’y écrire, et si y a trop de choses pathétiques, larmoyantes, dégoulinantes d’émotions et de sensiblerie… euh je suis pas en train de décrire précisément ce blog là ? Bon, on va se contenter de pathétiques et je finis ma phrase. Je reprends :

Si ici je mets trop de choses pathétiques, je n’aurais plus envie d’y retourner et d’y écrire.