Littérature

Nuit d'éther

L’ennui n’existe pas. Donne moi un élastique et un crayon et je te fais un lance-boulettes de papier mâché.

L’espace qui nous entoure est riche de distractions diverses. Partout où on peut aller, à l’exception notamment des chambres d’isolement immaculées de propreté des hôpitaux psychiatriques, partout… même dans les cellules de dégrisement et de garde à vue, même en mandat de dépôt, il y a toujours des choses à faire avec ce qui entoure, des occupations empiriques. Dans les cellules dont je viens de parler, on peut lire les graffitis gravés dans les murs et imaginer l’objet avec lequel ces gravures ont pu être faites… Pour en faire à son tour… Hmmm… Le bouton de mon jeans ?

Bon, j’avoue que dans ces derniers milieux hostiles, l’ennui arrive quand même à vitesse grand V. Personnellement, je ne supporte pas de m’ennuyer, cela s’apparente à de la torture.

Méditer pour contrer l’ennui, ça peut fonctionner, ça peut. Mais pour ça il faut pouvoir méditer en toutes circonstances, même le cul sur le bitume froid de ce type de lieu de privation des libertés. Pour méditer tout court, il est conseillé de trouver un endroit confortable, une position confortable également, nul n’est besoin de se mettre dans la position des yogis, assis en tailleur. Mais ça peut aider certains à se mettre en condition, à se concentrer. Méditer c’est tout ce qu’il y a de sérieux.

L’ennui, ça nuit. Surtout la nuit, quand les insomnies se rejoignent et se croisent sans jamais se voir, dans la stratosphère. Revenons donc dans l’atmosphère terrestre, redescendons sur la Terre gironde, et vautrons nous dans l’éther du ciel et de la mer, sur cette sphère suspendue dans l’univers, qui file d’hiver en automne, à une vitesse défiant toutes les lois de la physique.

D’ailleurs, t’es-tu déjà demandé à quelle vitesse nous allons ? Là… Tout de suite. Comment ça tu n’es pas en voiture ? Ah mais je ne parle pas de ça, dans ce cas ta vitesse s’ajouterait à celle à laquelle nous allons, car nous bougeons sans bouger… La Terre se déplace, l’univers étant en expansion… Alors je vais te reposer la question :

A quelle vitesse allons-nous ?

Y a des personnes qui l’ont déjà calculé, selon ce qu’on sait scientifiquement des astres et de leurs particularités. Alors n’étant pas mathématicien, étant même assez nul (c’est pas vrai, juste fainéant et les chiffres ne m’aiment pas) en maths, je vais me fier au calcul d’un autre :

Alors combien ? (clique pour la réponse)

Plus de 2 Millions de Km/h

Tu vois, ce genre d’information est importante. Outre le fait que ça peut faire bizarre de savoir que là tout de suite, on fonce à une vitesse bien plus grande que celle de la lumière, ça change certains détails pour certains sujets.

Par exemple : si le voyage dans le temps n’est pas doublé d’une rectification spatiale du point de chute de l’objet qui voyage, l’objet sera perdu (la pomme sur la table ne ré-atterrira pas sur la table). Autrement dit pour pouvoir retrouver un objet envoyé dans le futur ou dans le passé, il faut non seulement avoir percé le secret du voyage dans le temps c’est évident, mais aussi calculer où se trouvera, où se trouvait, la Terre dans l’espace, dans ou il y a N jours/mois/années si on ne veut pas que cet objet se retrouve perdu dans l’espace. Si l’objet respire, se retrouver en plein vide intersidéral condamne d’office à la mort, señor.

Comment ça on s’en fout ? Mais carrément pas ! J’en vois s’essayer à rédiger de la littérature fantastique ou de science fiction, alors je pense que pour être au minimum crédible, il faut chasser toutes les failles de son récit, un peu comme un développeur qui chasserait les bugs de son logiciel, un par un, et puis il ne faut pas hésiter à creuser, à se documenter, à sortir, à vivre.

Un jour j’ai voulu placer une action, une scène, à Marseille. Et je ne suis jamais allé à Marseille. Je crois que c’est ce jour, en essayant de faire quelque chose sans avoir rempli les conditions (y être allé), que j’ai pris conscience qu’on ne peut pas décrire avec brio un endroit qu’on n’a pas vu de ses yeux. Se baser sur une photo ou un film tu dis ? Oui, tu peux. Mais ce sont les yeux d’un autre. Les tiens ne se seraient probablement pas tournés vers cet arbre, ou ce trottoir, enfin j’espère que tu comprends ce que je veux dire.

Je me rends compte aujourd’hui que c’est encore un auteur qui m’est cher qui m’a inculqué ça, B. Werber. Il y a une vidéo d’une quarantaine de minutes (bien trop courte) où il anime un petit atelier d’écriture, et ça il le dit : voyagez, rencontrez des gens. On n’écrit pas un bon roman, une bonne nouvelle, en restant cloîtré chez soi. Allez, humilité devant le maître, le génie que dis-je.

Celle-là je la découvre en même temps que toi…

A la base je voulais parler de Philip José Farmer, et du coup j’en n’ai pas du tout parlé. Ce sera pour une autre fois… Promis !

Auto-Psychologie

Ambiversion

C’est drôle, je trouve, que Jung définisse le mot libido différemment. Pour lui c’est l’énergie psychique. Voir cet article [Wikipedia].

Je me pensais depuis toujours extraverti. Et je le suis. Mais je montre aussi des signes radicaux d’introversion. Je serais donc, selon toute logique, ambiverti. Ce mot n’existe pas dans le dictionnaire, j’ai simplement ajouté le suffixe verti à ambi. Ambiversion n’existe pas non plus, enfin il semble plus conceptuel. C’est un mélange des deux. J’ai bien ambivalent… Mais c’est trop large. Qu’importe, c’est pas ça qui va m’empêcher de gratter.

Il y a un petit moment, j’ai dû le dire dans un autre billet je me suis procuré un dictionnaire assez spécial, c’est celui des difficultés de la langue française. Et c’est une bible, vraiment. Quand un mot présente des particularités selon le contexte dans lequel on l’emploie, selon ce qui le suit ou le précède, selon pas mal de situations différentes, tout est précisé. Pas de définition du mot, ce n’est pas le but. Ainsi, à :

Intra-. 
Les composés de ce préfixe s'écrivent sans trait d'union, sauf si le complément commence par une voyelle : 
- intramusculaire, intrarachidien, intraveineux, etc.
- intra-oculaire, intra-utérin, etc.

Et c’est comme ça tout le long de l’alphabet. Un régal. Encore faut-il avoir l’occasion de mettre le nez dedans. Mais les occasions, ça se provoque ! J’aime bien écrire correctement, chose dont les gens ont de moins en moins à foutre… Eh bien ça, c’est pas fait pour me déplaire, car si on est original parce qu’on est dans le vrai, qu’on sait par exemple quand mettre un trait d’union ou non après le préfixe extra- alors franchement, on est pas dans la merde ! Moi j’te l’dis !!!!!

Je pensais depuis toujours être quelqu’un d’extraverti, mais ça dépend vachement des situations, car il en existe où je ne peux pas bouger tant elles me glacent les os. En règle générale j’ai tendance justement à me montrer, sans doute à me mettre en avant, et j’aime pas trop l’idée de se mettre en avant (vantardise, prétention) donc c’est ici un peu difficile de se l’avouer. Je suis là pour ça, me faire violence. Enfin un peu, tant que c’est supportable disons. Je suis quelqu’un qui parle fort en société, le premier à m’exciter pour un rien, c’est communicatif, ça met de l’ambiance. Ça meuble. Je meuble… avec ma grande gueule.

Je suis un meuble, le genre bruyant, une enceinte 1200 Watts RMS posée dans une clairière éclairée par la lune et les phares de quelques camtars. Je peux me permettre de le dire, moi, que je suis un meuble, mais il n’est pas question d’accepter qu’un tiers le fasse. Je me juge, j’en ai besoin, je m’évalue, c’est nécessaire pour que je comprenne tous les tenants et les aboutissants de ce qui se passe dans mon crâne. En outre, je ne supporte pas d’être jugé, que ce soit en bien ou en mal. Et là, je deviens l’extraverti qui est pas content et qui le fait savoir. Selon l’état ça peut partir loin, ou rester léger, ça dépend.

Je pense être davantage extraverti qu’introverti néanmoins. Lorsque mon tempérament prend la seconde forme, et commence à bouder, si on peut dire, là je deviens insupportable. On ne me comprend pas, et on ne fait même pas l’effort de tenter de le faire, alors je vomit ma bile verbale sur tout ce qui bouge. Et toute ma haine sort.

Extraverti, introverti, et même ambiverti, tout ça c’est bien beau, mais il faudrait creuser, se documenter plus qu’en surface, lire du Jung par exemple. Or, rien que les extraits que j’ai lu sont très difficiles pour une compréhension basique, moyenne, donc le reste sera probablement du même acabit. Mais y a plein de littératures diverses sur le sujet, des super médiocres de type Victor Douillard, voyant à la retraite, aux super scientifiques, avec méthode zététique appliquée.

La raison de faire ce type d’étude, c’est d’en apprendre plus sur soi-même, car c’est évident, ce sont des choses qui ont été observées et qui semblent agir de manière similaire sur des individus différents. Les explications qui ont pu être couchées sur papier par des personnes sérieuses, de telle ou telle réaction générique, peuvent être enrichissantes et aider à avancer dans nos constructions mentales.