A voir plus tard

Scars

J’ai la main mutilée à cause d’une attaque sournoise d’un bout de verre agressif, provenant de la séparation biotechnologique des parties d’un bang, qui voulant se démultiplier pour résister au Grand Nettoyage, que j’aimerais quotidien mais qui ne l’est pas, s’est explosé. En d’autres termes, j’ai pété mon bang et je me suis ouvert la main en voulant le rattraper au dernier moment.

Le rattrapage de ce type fonctionne outre mesure, mais pas quand ledit objet vient se fracasser sur un évier en porcelaine à hauteur d’homme, alors que les bangs choisissent plus souvent les sols pour se répandre en mille morceaux, ce qui laisse un laps de temps relativement court, à la main, pour tenter pendant la période où l’attraction terrestre joue fortement sur l’objet et avant qu’il ne touche la tommette, de le rattraper, de le sauver pour ainsi dire.

Chercher à rattraper un objet déjà brisé en quelques morceaux, tous victimes de l’attraction terrestre, tous en train de se rapprocher d’une autre division en plusieurs morceaux, qui en retombant vont encore se diviser, est totalement improductif. Quoique cela produise des séquelles qu’on pourra traiter avec de la bétadine sur une gaze, une bande et du sparadrap. Et aussi de la douleur. Mais ce n’est pas la pire douleur du monde. Une blessure, une seule, ça fait pas tellement mal, sauf si on a touché un truc qu’il fallait pas comme une artère, et là par contre si on ne fait rien on se vide de son sang. (à mettre dans les solutions douloureuses)

Y a un terme qui revient souvent dans ma tête aujourd’hui : Trahison, une blessure de l’âme. Et décidément ça me convient pas cette expression. Je préfère utiliser celle-là : trauma d’enfance. Lorsqu’on a vécu pour la toute première fois, enfant, chacune des traditionnelles baffes dans la gueule qui t’apprennent la vie. La trahison en fait partie. Qu’est ce que la trahison ? Tout le monde le sait. Et nous les occidentaux connaissons tous la légende de Judas, et de Jésus. Judas qui pour le simple appât du gain a vendu son ami. Que dire, je suis le roi des traîtres quand je dois choisir entre me shooter et rester avec mes amis. Je choisirai toujours ma seringue. Je le dis même si je sais que ce n’est pas systématiquement vrai. Parfois, il y a un élément dans l’équation qui peut faire que soit dédaigné le shoot. Le fameux or, du fameux sacrifice. Se détacher un instant parce qu’on a vu de l’or en quelque chose, et que nous, on a du plomb. A chaque fois, cela dit, je retourne à mon plomb, et de plus en plus souvent, j’accuse ma vue de me tromper et délaisse le soi-disant or.

L’abandon est un peu de la trahison. C’en est un qui appelle à la vengeance. Qui se mange froid, même dur, voire pourri. Ou au pardon.

Ne reviens… Tu sais, des fois, ton côté vulnérable, en détresse, veut s’exprimer en hurlant une chose. Mais l’autre, le dur, le côté de ta personne qui ne verse jamais une larme mais qui risque de distribuer des coups de tête, vient remplacer les larmes et hurler l’inverse de ce que tu pensais alors. Ainsi si tu veux hurler « Viens » c’est « Pars » qui sort. Alors c’est pas évident de se comprendre entre humains contradictoires. Question d’habitude en fait, rien de plus.

Imagine qu’une ex m’ait fait un coup bas, et le scénario est capillotracté certes, mais probable. Juste avant de se séparer de moi, un dernier coup sans capote, comme d’habitude, sauf que cette fois là elle aurait été à nu de contraceptif depuis assez longtemps pour tomber enceinte. Ensuite, se barrer et mettre au monde un chiard mais sans moi. Et puis tu sais les enfants quand ils sont enfants ils acceptent les mensonges, mais arrivés à un certain âge ils veulent en savoir plus, et j’ai un peu peur de voir débouler à ma porte, un jour, quelqu’un qui me dise « salut papa » d’un air peu sûr de lui. C’est horrible de penser qu’on est passé à côté des années les meilleures de son gamin. Bah, ça arrivera pas. Même si j’ai toujours baisé sans capote.

Salopes. (Ta gueule.)

La trahison. La solidarité. La facilité de s’allier avec des fils de putes pour en groupe ostraciser quelqu’un qui n’est pas là. S’il était là, aucun n’oserait ouvrir la bouche. Ma parole. Juste la perspective que tu peux le voir arriver et se défendre, toi qui voulait l’enterrer sans procès, ça peut faire flipper hein ?

Non ? En fait tout dépend de ton degré d’intégrité. Quelqu’un de malhonnête, un peu pervers narcissique sur les bords ou en tous cas intelligent mais utilisant son intelligence à mal, tournera la situation en sa faveur et refusera d’argumenter, faisant souvent ainsi basculer la situation dans la violence. Alors qu’à l’inverse, quelqu’un de bien intentionné s’ouvrira au dialogue et fera baisser la pression s’il y en a, sans prendre pour lui insultes ou provocations mêmes celles adressées directement à son propos, pour privilégier l’apaisement, et de ce fait libérer un chemin qui était encombré de ronces, afin de faciliter les propositions de solution. Je connais si peu de personnes capables de passer outre ce type d’invective, insultes, provocations, pour l’apaisement. Y en a. J’en suis. Mais pas toujours… Fin de parenthèse. Y a quand même une limite, c’est le passage du verbal au non verbal avec contact physique. A partir de cet instant tout vrille. Je ne parle pas du câlin, même si parfois on peut observer des tournures improbables à ces séances de lutte, comme un moment commun de compréhension mutuelle, c’est beau. Quand deux personnes qui se foutaient sur la gueule se prennent dans les bras, cessent la violence, pleurent peut-être, c’est rare que ça arrive, mais j’ai déjà vu ça.

Ouais je sais c’est décousu, tu vois pas le rapport entre ceci et cela. C’est parce que c’est pas pour toi que j’écris. J’écris pour moi, comme toi tu pourrais écrire, ou pas. On choisit à qui on parle, ou pas… Sans queue ni tête, ou alors une queue d’âne et une tête de con ! On choisit de qui on parle, ou pas… Animalement parlant, jamais je ne pourrais me comparer à mieux qu’un âne. Stupidement, assumer ma connerie c’est un truc qui me tient à cœur. Assumer mes conneries aussi. Si tu en doutes, c’est dommage, je ne peux rien pour toi parce que je n’ai rien à te prouver.