Quotidien monotone

Le marchand de beuh

Bon. Faut que je t’en raconte une.

Voulant me faire un petit dossier sur la barre de raccourcis (j’appelle encore ça des raccourcis, je suis un vieux de la vieille…) pour y mettre des sites qui pètent dans l’actualité informatique, énième tentative d’organisation qui tombera à l’eau comme chacune, je tombais, non pas à l’eau, mais sur des avertissements concernant les cookies. Tu sais ? Ceux qu’on voit partout, sur tous les sites qui se veulent un tant soit peu sérieux.

J’en étais à me demander dans quelle mesure la loi oblige bêtement en France à avertir les gens, quitte à me mettre dans le rang et le faire aussi. Un bon rebelle va toujours contre le courant, et si le courant c’est de ne pas le faire, car il semble que ce soit le cas, alors c’est aller contre le courant de le faire… Je sais. Ma gueule.

Mais bon, là-dessus je tombe sur l’excellent site Korben.info, proposant un truc tout autre : virer tous ces avertissements, grâce à un plugin. Cool… Me dis-je en me précipitant sur le lien, qui m’a ramené sur cette source d’infos tournant autour du net et des technologies. Celui-là, il va rejoindre les autres Canard PC, etc., qu’il sera pratique à l’avenir de ne plus avoir à accepter leurs blablas, car les cookies tout à fait entre nous, je sais ce que c’est, on ne peut pas y échapper, et je m’en fous un peu que le pseudo que j’ai choisi comme nom d’utilisateur d’un site particulier soit enregistré dans un cookie sur mon pc pour rendre service à ce site particulier, afin qu’il puisse me reconnaître ce qui est quand même pratique quand on a un profil sur ce site, admettons. Ce qui serait plus grave, serait si mon mot de passe était enregistré, et encore plus grave, enregistré en clair… I don’t care about cookies [extension navigateur].

Les dents ça repousse ?

Bon, on s’en fout, les avertissements c’est juste un gros délire de la CNIL. Il faut que les sites français obtiennent le consentement des gens à ce que ces sites utilisent des cookies sur leurs ordinateurs. On considère que cliquer sur (j’ai + de 18 ans) est une preuve suffisante de l’âge de celui qui clique et qui veut accéder à du contenu spécial pour adultes qui sait, lui, ce qu’il fait, où il va, d’ailleurs il y va toujours de manière bien plus digne (tg bouffon – Oh eh je te prierais de rester poli sale mioche !) donc j’imagine que c’est idem pour l’acceptation. Que je sois d’accord ou pas, je n’ai pas le choix, si je veux voir la page sans la barre, je dois cliquer que je suis OK. Soit. Mais je peux continuer de naviguer sans cliquer sur OK, je devrais me taper cette barre. Mais un truc me turlupine : on m’envoie pas de cookie tant que je clique pas sur OK au moins ? Je demande ça bêtement, tu sais, moi je suis bête faut m’éduquer… Ah d’accord, attends tu dis bien que les cookies sont quand même sur l’ordi qu’on clique ou qu’on ne clique pas ! Bah merde… On m’aurait menti ?

Cela dit avoir peur des cookies c’est être flippé, mais la France est un pays de flippés.

La France, pays de flippés, de pétés de la tête… Rien ne change cette nouvelle année, nouvelle décade. Ah si : un truc… Je vais mettre des capotes maintenant. Non, je n’ai rien chopé récemment, j’ai déjà suffisamment pécho de compagnons de merde comme ça dans ma vie ! Ça va dans mon calbard quoi que j’ai toujours les couilles qui me grattent, mais ça c’est quand on parle de Fernande. Donc capotes pour les coïts de passage ().

Mis à part ça, et aussi le discours de Macron, la fameuse macronique annuelle fut d’une force les amis ! Euh, non. Je déconne. Cela dit, je manque cruellement de critique politique depuis quelques temps. Et j’en suis des fois à me dire carrément que c’est (RdR oblige) le président le moins pire, semble-t-il, qu’on ait eu depuis un bail, je suis tombé bien bas. Mais pour sauver l’honneur, ça ne veut pas dire qu’il est bon, mais lui et son équipe donnent au moins l’impression qu’ils bossent. J’avoue que sauf quelques rares députés et maires, je n’avais encore jamais vu des politiciens élus vraiment travailler. Serait-ce de la mise en scène pour les photos et les caméras ? Ce n’est pas le genre de la maison (ah si ? ah bon).

Et tu vois, franchement, ça donne (pas) envie de bosser aussi. Moi ça fait 15 ans que je n’ai pas eu un travail digne de ce nom, mais par choix. Et attention, tenir un balais c’est un travail digne de ce nom pour ton serviteur, ramasser les poubelles aussi, par contre rester dans un bureau à se les branler sur le net toute la journée en faisant semblant de diriger une entreprise d’employés sous payés, ce n’est pas un travail digne de ce nom. C’est de l’exploitation esclavagiste, les maigres payes remplaçant les rations et l’eau, ne sont toujours que des miettes des plats des cadres, comme jetées aux nécessiteux par des grands seigneurs.

Waow… Quelle passion ! Quelle fougue ! Et tu n’as encore rien vu… Car si j’aime à me faire passer pour un sale bonhomme plein d’aigreur, je suis aussi tout le reste de ma personnalité et dedans, y a l’engagement politique !

Ta gueule. S’te plaît. Tu pourrais être à la place du kéké qui en branle pas une dans son bureau, tu le ferais sans scrupule.

Bah pourquoi ma gueule ? J’ai toujours revendiqué fièrement, et souvent sans réelle réflexion de fond. Souvent par impulsion, emballement à la va-vite et j’ai épousé différents courants de pensée, tous assez radicaux, note. D’un extrême à l’autre j’ai sauté, et aujourd’hui j’ai décidé de ne plus jamais sauter, mais de plutôt m’envoler. Ou sauter dans le vide, en d’autres termes. Car j’ai cru remarquer que si l’on reste sur la perspective du saut d’une idée à une autre, on ne voit pas les choses assez clairement. Le saut dans le vide est ici un passage de la 2D à la 3D. C’est le jour où après t’être fait opéré des yeux tu retires enfin les bandages… C’est une redécouverte des choses, sous un nouveau jour au lieu d’un nouvel angle. C’est le fameux pas de côté de l’an 01.

Sur ce site, on fait des activités ludiques, surtout en fin d’année quand le froid engourdit les doigts qui me restent, et qu’un bon clavardage en mode monologue est de mise pour faire circuler le sang, se réchauffer. Comme avec un feu de cheminée. Un bon feu de cheminé qui illumine légèrement la pièce de sa lumière discrète, qu’il faut s’en rapprocher pour pouvoir lire, ou voir les visages qui l’entourent et l’écoutent crépiter de sa voix rauque enrouée.

Un bon feu de cheminée, un bon feu de camp aussi, dans la forêt, à l’orée d’une clairière. Autour, quelques personnes assises, dont des musiciens qui tiennent leurs instruments : une guitare, un djembé, et une basse acoustique, jouent une mélopée enivrante sous les voix d’un couple de chanteurs, une fille et un gars. C’est beau. Ca fait médiéval un peu, genre Malicorne. On a envie de les accompagner avec ce qui nous tombe sous la main, une bouteille de bière vide et un bout de bois font un bon instrument éphémère à percussion…

Le feu devient un feu de Dieu quand d’autres personnes s’amènent, amènent du bois mort et leurs présences, et le foyer devient immense, des braises montent à plus de dix mètres, on doit s’éloigner, et le cercle s’agrandit, s’étend, et des nouvelles personnes gens s’assoient, qui en silence, qui en discutant, qui jouant déjà d’un nouvel instrument : saxophone par ci, darbouka par là… Certains auraient même vu un piano à queue, mais ceux-là étaient perchés bien plus haut que cette chouette hulotte qui nous fait savoir en nous survolant et en piquant parfois sur nous, toutes griffes acérées dehors, qu’on la dérange. Nous sommes chez elle. Mais elle devra s’y faire, en tous cas pour ce soir. Les joints tournent, les shilums fument et leurs fumées rejoignent en dansant, celle du feu qui tourbillonne au rythme des chocs sur les peaux de bêtes tannées et tendues.

Jah veille.

Dans la famille Cokalane je voudrais la mère.
Le dernier truc que j’ai trouvé vraiment intéressant en terme de nouveauté d’internet innovante, c’est les sites en io. J’ai d’abord commencé par agar.io mais t’admettras que ce jeu s’il est vachement addictif est trop simple. Mais ça ouvre une porte sur le net, celle des sites-jeux. Le concept existait déjà mais là on a mis les pieds dans un nouveau monde. Il y a peut-être eu des choses plus dingues depuis, mais je suis un piètre touriste sur le net. J’ai des goûts très spéciaux… Et tout mon temps.

Tiens en parlant de goûts, j’ai une chanson qui me revient en tête là tout de suite, c’est un air à la con du premier Astérix adapté en film d’animation, l’aventure pilote, chanté par un vieux gaulois à moustache, totalement en orbite dans sa tête (stupido) : « Je suis un marchand de boeufs oui vraiment très malheureux, si j’vends mes boeufs au marché, qui va pouvoir nanana… » – je suis sûr de tout sauf que nanana. Bref. Elle est pas géniale ma vie ? Tiens et pis comme ça tu l’auras dans la tête tout le reste de la journée gnark gnark…

Légende

() : Aventures d’un soir