Auto-Psychologie, Communication Non Violente

L'ordre

24 heures… 24 heures environ que j’ai nettoyé ma table de fond en comble, et elle est déjà dégueulasse. Je ne sais pas comment font les gens qui gardent propre leur station de travail. Ils rangent au fur et à mesure je suppose, et jamais ils ne procrastinent. Je suppose encore car ce type d’habitudes n’est pas mien.

Mon type d’habitudes c’est le bazar. Un véritable capharnaüm. Pourtant j’aime l’ordre et j’aime bien plus ma pièce à vivre rangée qu’en désordre.

A un moment de ma vie, j’ai du gérer seul ma paperasse. On connaît ça en surface quand on vit chez. Qu’en surface. Quand je vivais chez mon père je n’avais pas à m’inquiéter de payer la facture d’électricité, de gaz, de téléphone et d’internet. Quand j’ai vécu chez quelqu’un, ces soucis n’étaient pas les miens. Et ils le sont devenus non pas quand j’ai emménagé dans mon premier appartement, puisque j’étais avec une amatrice de la paperasse, selon ses propres mots. Je ne l’ai pas observée mais quand j’ai dû tout reprendre en main, j’ai tout de suite été acheter des chemises de couleur. J’ai ensuite classé les papiers dans différentes chemises et ordonné ça sur une étagère (maintenant ça a son bac dédié) par couleur. Un joli dégradé. Je n’en suis plus à m’amuser à faire des dégradés de couleurs avec ma paperasse, c’était juste un truc au début pour rendre la paperasse jolie… Disons agréable pour les yeux. Ce qui dédramatise.

C’est donc que je suis capable de m’organiser, j’ai les gènes qu’il faut pour m’organiser efficacement, et cerise sur le gâteau, pour le faire esthétiquement !

Le désordre joue énormément sur l’humeur, la mienne. Il la fait changer, la rend négative. Je regarde autour de moi et je ne vois que ce bordel. Des fois je range… Ça peut arriver. Au lieu de ranger de temps en temps, il faut que je traite la source, la cause.Je dois changer ça. Drastiquement.

Le désordre est un résultat. Déjà j’ai identifié une chose qui déconne chez moi : beaucoup d’objets n’ont pas de places attitrée. Il leur en faut une. Et donc un comportement dont j’ai l’habitude, c’est de prendre un truc, et de le reposer ailleurs, ensuite quand j’en ai besoin, le chercher partout. Et je regarde toujours la 1ère place, ça je m’en souviens. Et donc les objets chez moi voyagent d’un endroit à un autre. Exemple : mes clés, je rentre et j’ai soif, je vais boire et pose le trousseau sur l’évier. J’oublie de le reprendre et de le ranger (les clés ont une place, privilège pour un objet très important). Ensuite je cherche mes clés. Des fois je les retrouve à des endroit incongrus. Comme dans des boîtes (ce qui veut dire que j’ai pris un truc dans la boite tandis que j’avais mes clés dans la main, je les ai posé deux secondes, et oubliées). Alors pour retrouver les choses, je dois parfois me projeter dans mon passé récent, qu’ai-je fait quand j’avais mes clés à la main. L’ennui c’est que c’est comme ça avec tout…

Il est évident que je dois changer ça, ça me pourrit la vie. On va s’y atteler.

— On est d’accord.
Et pour les drogues ?
— Ta gueule.
Tu peux pas fuir comme ça tout le temps
— C’est le titre du site, c’est le principe, la méthode. Je suis dans le thème du site.
Le thème principal, toi t’as voulu que ce soient les drogues, en fait c’est ton analyse.
— Haha ! Je connais une toubib qui aurait été heureuse d’avoir ça en parallèle de me scanner le cerveau avec ses méthodes freudiennes, c’est toujours la faute des parents, le complexe d’œdipe.
Œdipe…
— Ouais Œdipe. Ce personnage mythique restera pour le commun des mortels le mec qui a tué son père et baisé et épousé sa mère. A cause de Freud. Quoi que je ne sois pas sûr que la psychologie intéresse le commun des mortels.
Beaucoup de monde s’y intéresse, pas uniquement les gens qui bossent en milieu médical.
— Ils n’ont pas la prétention de comprendre la psychologie tout de même ? C’est plusieurs années d’études compliquées. Quand on comprend le complexe d’œdipe on a fait un pas, sur des milliers.
Nan mais t’as fini ?
— Quoi ??
Beaucoup de monde s’intéresse à la psycho parce que c’est intéressant. Chacun est content d’en apprendre plus sur ses fonctionnements mentaux, on pense que…
— Mentaux seulement ?
Non, mais par exemple un acte sexuel est motivé par divers associations d’idées qui donnent progressivement une excitation, une demande à son partenaire, et l’acte.
— Demande ?
Un signe, une parole, des mots, ou encore des regards insistants, mielleux, une demande peut être non verbale, mais on peut aussi être direct et précis, cela dit ça retire un peu de magie à la chose.
— Putain mais tu racontes que d’la merde.
C’est vrai ce que je dis. C’est faux ce que tu dis.
— Ta mère la pute !
Tu souris quand tu dis ça… C’est vraiment n’importe quoi. Et laisse maman tranquille.
— Tu souris, et ris soudain, t’as roussi
T’as réussi à siroter et puis d’un souffle
A rehausser l’érotisme, avec des moufles
Continue c’est très intéressant. Tes textes sont un genre de thérap…
— Mais tu vas la fermer ? J’étais en pleine création créative inspiration expiration…
Fais comme si je ne disais rien.
— Mais tu le dis.
— …
— Avec des moufles ? N’imp. Faut que je change ça.
Yep !
— T’es encore là toi ? Mode annihilation de conscience enclenché.
Tu te sers du gros Larousse illustré pour placer des trucs ?
— Y a la place il est large, ça fait quoi ?
Ça fait que tu ne respectes pas les objets que tu aimes. Tu l’aimes de dico ?
— Euuuh, ouais, je crois…
Eh bien tu viens de le réduire à une place pour un objet.
— Éphémère la place.
Toutes les places des objets sont éphémères chez toi !
— Chez nous !
Justement ! J’aimerais que tu y penses parfois, je suis là aussi !
— Tu existe même pas !
Alors qui parle ?

Ego : Nous.

Conscience : Dur dur…

Un livre qui fut ma bible un temps me parlait de l’ordre et du désordre. Enfin l’auteur de ce livre. Et il ne parlait pas à moi bien sûr, mais à toute personne susceptible de lire ce livre (cette précision est inutile). Bref. Ça insiste (tu viens de passer du passé au présent) sur le fait qu’il existe deux types d’ordre. L’ordre de grandeur (1, 2, 3, 4, 5, 6, …) et l’ordre de priorité (avant/après, urgent/pas urgent, …). C’est une chose qui m’avait parue super pertinente à l’époque mais que je n’utilise pas consciemment : il s’agit de différencier les deux et savoir si l’ordre concerné est de grandeur ou de priorité.

Bon, prenons un exemple parce que je vois que ça te laisse perplexe. Quand on range des livres, si on les range dans l’ordre alphabétique, on est sur un ordre de grandeur. Si on les classe par l’intérêt qu’ont les livres pour un individu donné (le possesseur de ces livres i.e.), c’est l’ordre de priorité. L’ordre de grandeur se réfère à des listes officielles, telles que les chiffres, ou l’alphabet. L’ordre de priorité, lui, obéit à une loi plus informelle, c’est toi qui choisis les critères, ce sera probablement différent pour chacun.

Autre exemple : un professeur qui organise sa classe pourra choisir entre placer ses élèves selon un ordre de grandeur (taille des élèves, noms, notes), Ou un ordre de priorité : selon leurs difficultés, les plus doués derrière les moins doués. S’il choisissait l’autre, il n’aurait pas de réel choix, puisque ces grandeurs sont axiomatisées (haha t’es trop un naze quand t’essaye de faire ton intello : tu sais pas de quoi tu causes tu viens d’apprendre l’existence de ce mot – MAIS TU VA LA FERMER OUI ???).

En gros… choisir l’ordre de priorité permet une plus large organisation, ça permet de pouvoir changer un facteur parfois. La priorité est arbitraire, elle est probablement différente pour chacun.

Chacun se maque un jour sans faire son maquisard

Waow ! Voici une tentative de mon esprit de dériver vers un support plus artistique, poétique, allitérations à gogo. L’ennui c’est qu’en entrant dans ce jeu, le sujet précédent est abandonné, alors qu’il est indispensable que je change deux trois trucs pour pouvoir m’organiser puisque j’en ai été capable avec la paperasse, ce qui ne veut pas dire que je trie en temps et en heure, retrouver un papier est plus facile certes, s’ils étaient dans des piles en mode feuilles volantes il faudrait multiplier ce temps par 10 pour retrouver un truc, car c’est bien pour ça qu’on range, pour avoir plus de facilité et ne pas perdre de temps quand on cherche quelque chose. Re-ranger un papier est plus facile que de le faire la 1ère fois. Si certains sont évidents à classer, comme ceux de la CAF > chemise jaune marqué CAF ; les amendes et tout ce qui concerne le Trésor Public > poubelle.

Je te conseille de faire ta déclaration d’impôt systématiquement (hahaha mais t’as combien de train de retard ? Ca existe plus… – Ne pas s’énerver, Ne pas s’énerver, Ne Pas s’eNerVERERTFYVG°654 – tu te calmes Hulk ?). jE Disais ; systématiquement que tu aies travaillé ou pas, donc que tu sois imposable ou pas. On peut te les demander un jour, et tu serais alors obligé d’aller au TP et de la faire sur place, en retard. Qu’est-ce que j’en ai à foutre de donner ma feuille d’impôt, tu dis ? Attends… Si tu es au RSA, à l’AAH, ou que tu touches une pension calculée par un organisme comme la CAF, ce calcul est fait selon les revenus passés. Sans feuille d’impôt, c’est pas de droits

OK, je reprends. L’ordre. L’ordre de priorité est plus intéressant selon moi, l’autre est scolaire, il obéit à des règles conventionnées. Tu ne peux pas placer 2 avant 1 sous prétexte que ça te plaît. Enfin si, mais y aura que toi.

Je suis un spécialiste du refus des règles conventionnelles. Mais il y a d’autres alternatives que le refus. Changeons de stratégie, et étudions une de ces alternatives. Au lieu de dire « 2 + 2 = 5 » on peut choisir de garder la solution (4) mais de changer un peu l’équation.

« 1 + 3 = 4 »

« -1 + 5 = 4 »

« -159 + 159 + 1 x 4 = 4 »

« 8 / 4 + 18 / 9 =4 »

Je ne mets pas de parenthèse, je suppose que tu connais les ordres des opérations, Je te les rappelle vite fait : multiplications et divisions sont prioritaires sur les additions et les soustractions. Ce qui veut dire que si on a 2 + 3 x 5 ça donnera 17 et non 25 (faut faire 3 x 5 d’abord). Mais si on a ceci : (2 + 3) x 5, là ça donnera 25. Les parenthèses sont prioritaires sur tout. Fin de la parenthèse d’ailleurs.

Alors, l’ordre des opérations, priorité ou grandeur ?
On utilise l’ordre de priorité pour un résultat de grandeur…

Tu sais, je fais pas ça pour rien. J’ai identifié un gros frein, alors d’abord je décortique pour bien comprendre. Ensuite je cherche un repère quelque part pour commencer à travailler dessus. Et le travail en question ne s’arrête pas à ce qui est écrit, derrière il y a la pratique… A un moment j’ai pris conscience que lorsque je parlais d’un souci sur le site, j’avais tendance à l’arranger ensuite sans me dire « tiens je vais m’atteler à ça » mais comme si mon cerveau avait été programmé et qu’il arrangeait les choses automatiquement sans se poser de question. Pourquoi ne pas le faire, mais consciemment ? Pourquoi ne pas me servir de ce blog comme support documentaire (entre autres choses) pour mes évolutions, tardives mais nécessaires pour cesser le sur place ? Il me manque l’organisation pour ça. Il est indispensable d’être organisé pour bien bosser (quoique des choses naissent du chaos), Un souvenir m’est revenu sur l’organisation. Du coup, je commence par l’ordre.

En fait si je changeais de méthode je ne suis pas sûr que ça fonctionnerait, il faut que ce soit automatique, inconscient, je m’engueule pour un comportement répétitif que j’ai et qui m’agace, ensuite je ne le fais plus. C’est presque instantané, comme si m’être engueulé en public sur un blog avait réglé le souci. Comme si j’avais tellement honte de ça que plus jamais personne ne me verrait faire ça. Comme si c’était la dernière fois qu’on m’engueulais pour ça. Parfois on fait des trucs stupides qu’on sait vraiment nocif mais on les fait quand même. Fumer par exemple. J’imagine qu’une personne qui se sent responsable de la mort de quelqu’un d’autre parce qu’elle avait l’habitude de fumer en sa présence, et que l’autre a chopé le cancer des poumons et en est mort, peut décider d’arrêter de fumer. C’est la culpabilité qui fait qu’on souhaite réparer les choses qu’on a brisées. C’est la culpabilité qui fait que la France reconnait parfois avoir été en partie responsable d’un génocide.

La culpabilité de qui, tu dis ? Mais des dirigeants, des dirigés, de tout le monde !

Comment ça ? Toi tu ne culpabilise pas pour les génocides que ton pays a fait ? Pourquoi donc ? Comment fais-tu pour ne pas culpabiliser ? Ce n’est pas toi qui a déconné, OK… C’est vrai, mais ce sont nos parents, nos grands-parents, etc. On est coupable d’être nés en France, aux USA, en Chine, quand ces états déconnent. Après on est juste coupable de ça, au départ en tous cas. Une fois qu’on a pris parti, là on peut se changer en complice… Ce qui change la donne. Un complice qui culpabilise est un mauvais complice. Alors que, tiens ! Pour un braquage, un complice qui a ordonné dans sa tête l’importance du fait d’être honnête derrière l’importance de devenir riche est un bon complice.

Apprendre l’ordre va m’aider. A améliorer mes capacités d’organisation. Parce que le fait d’être super bordélique me joue des tours de plus en plus souvent et plus le bordel est important, plus je perds des trucs et plus c’est long et difficile de les retrouver. Donc ça fait des petits coups de stress.

A compléter – pour approfondir, lire ou relire le chapitre de Un grain de sagesse sur l’ordre.