A voir plus tard, Auto-Psychologie, Quotidien monotone

Pour commencer

Avant j’étais pas du matin. Y a pas de frise chronologique pour me dire quand c’est avant, on va se contenter de dire que c’est un passé récent-moyen. Mais y a eu une période où j’étais du matin. Faut que j’aille chercher loin dans ma mémoire, mais y a eu des moments où j’étais heureux de me lever et de commencer la journée. Des périodes où arrivé à une certaine heure je ne me disais pas comme un hommage à Jacques : « Encore une journée d’foutue ».

Je suis toujours pas du matin. Même en fumant des gros bédos/bangs. Mais j’arrive mieux à contrôler ça. J’arrive mieux à sourire le matin. A rire de moi, à étendre mes lèvres comme cette jeune punk dans Nikita, lorsque la Jeanne Moreau lui apprend à se servir de ses charmes. La punk se regarde dans le miroir et commence une danse du sourire, des grimaces, elle ne sait plus sourire. Mais a-t-elle déjà su sourire ?

Combien de fois et par combien de personnes différentes as-tu entendu ceci : « Pas avant mon café. » ? Moi plein. C’est l’avantage d’avoir squatté avec des personnes de caractère, parfois rustres, femmes et hommes rustres oui, mais ô combien aimable à tant d’autres moments. Quand tu sais que tu ne dois pas parler à quelqu’un avant son café, bah en bon casse couilles tu testes, tu cherches, tu chatouilles un peu, tu vannes. Jusqu’au jour du drame…

Personne n’est jamais obligé de rendre une ambiance invivable, cela dit je ne pense pas qu’elle fasse exprès lorsqu’elle le fait, cette personne. Oh y en a bien qui le font exprès, mais je suis pas dans l’extrême, pas encore, donc je vais rester près du sujet des gens bien borderline à qui tu peux faire péter des câbles si tu les connais pas et que tu va sur des terrains qu’ils supportent pas.

Mais d’abord… Roulons nous un joint !

Il est 12 heures 35, jeudi. Je viens de tomber du lit, les yeux encore rougis de ma dernière douille (j’ai jamais précisé parce que pour moi c’est évident, mais une douille c’est un bang, parce qu’on appelle comme ça le petit foyer qu’on remplit avec le mélange), j’ai hésité à me recoucher mais y en a un qui me réclame de sortir. Attends loulou (*), je prends une douche après avoir bu mon café et fumé mon pétard, en attendant bah tu peux pas sortir librement puisque la voisine qui mets un point d’honneur à utiliser ses jupes et ses talons même en hiver, est là le midi. Elle fait pas chier à part ça la bourgeoise qui profite des prix de l’immobilier les plus bas du marché. « Faut pas venir ici, y a rien ! » bah y en a ça leur parle. Du rien, ils en veulent. Pas comme ces citadins tous speedés.

« Si j’te raconte tout ça ce soir, c’est qu’j’ai chopé un vieux coup d’cafard, mais j’pense que t’as aut’ chose à faire qu’à écouter les loups solitaires… » Higelin

Moi aussi, j’ai une douche et des décisions à prendre, un café et mon sac à vider, un chien et mon cul à sortir. Plein de trucs à faire, écouter les loups solitaires faudra remettre ça à plus tard, j’en ai rien à foutre de m’écouter jacter d’ailleurs, mes semblables, encore moins. Enfin à c’t’heure.

A ce niveau là, le joint c’est de l’hygiène. Le truc qui va me faire rester à un niveau d’humeur assez haut pour circuler chez moi. La nuit il me fait dormir, le jour il m’aide à vaquer. Soit.

Légende

(*) Le nom a été changé