Communication Non Violente, Littérature

Dans la chambre de Vanda

Bon, je culpabilise, je suis pas cool. J’ai pas voulu donner 3 balles à un réalisateur pour mater son film, j’allais le faire parce que 3 euros c’est peu en comparaison avec tout le reste. C’est cette forme de vol qui m’a séché et fait rechercher le film ailleurs en streaming (j’ai failli avoir une formation de vente alors je sais reconnaître une stratégie détournée, et je n’aime pas ça qu’on me prenne pour un con) : 2.99€ parce que ton cerveau, tu comprends, il enregistre 2 au naturel, faut que tu le reprogramme pour penser 3. Bref.

Allez, je vais injecter 3 balles dans le schmilibilick, si ça change un truc… Tant mieux, c’aura été de l’argent bien placé, au pire ça lui remboursera 3 balles de dettes, au mieux ils viendront s’ajouter à sa fortune personnelle, compléter la fresque murale en pièces de 2 du fond de la villa de St-Trop’. M’est avis que la 1ère proposition est bien plus probable, car qu’avons nous là ?

Dans la chambre de Vanda – de Pedro Costa

Alors évidemment si je m’intéresse à ce type de littérature ce n’est pas dû au hasard. Ma vie (hélas quelle chienlit ! HAHA nan j’déconne) tourne autour d’un sujet : les drogues. Et tu l’auras deviné, Vanda est une droguée. Une vraie, dont la vie, à l’instar de ton serviteur mais quand même à un niveau au-dessus, tourne aussi autour des drogues. 2h45 sous-titrées en français. Se passe au Portugal et moi ce qui se passe au Portugal ça m’intéresse même si c’est pas actuel-actuel. Pourquoi moi le rustre inculte drogué, m’intéresserais-je au Portugal, vu que j’ai même pas de racine portugaise ? Ben parce que ce pays a une législation différente des autres concernant les drogues… Évidemment, incorrigible drogué ! Se renseigne sur les pharmacies environnantes avant de choisir son hôtel – dixit un personnage au début de Baise-moi. Et plein d’autres trucs encore en vogue dont pas mal sont listés dans Junky… Ne pas oublier de lire Junky, moi je l’ai lu, maintenant c’est ton tour.

Ta gueule.

O.K. Sans lutter. Mais si j’peux m’permettre : pourquoi ta gueule ?

Parce que Junky c’est à peu près le dernier livre que t’as été foutu de lire en entier, que ça doit faire bien 2 ou 3 ans, que depuis tu chopes des livres sans les lire… Que souvent même tu cites – j’en ai encore vu dans un vieux texte cette nuit : Faust, Dante – des trucs sans réellement les connaître, c’est pathétique mec ! Il est grand temps que tu voyages à nouveau et surtout sans technologie.

Même un GPS ?

Si, un GPS tu peux, c’est même conseillé vu que t’es une véritable brèle en orientation.

Ah cool !

Prends le temps de lire. Lis Les chants de Maldoror, La divine comédie, lis ces livres que tu t’es promis de lire.

Lesquels ?

La liste serait trop longue. Sur la route, par exemple.

Allez ! Le dernier en date ?

Le dernier je crois que c’est un conseil d’une personne sympathique avec qui j’ai eu la chance d’échanger un peu (Je te dis pas qui c’est, c’est mon petit jardin secret ! ) : Les Gnostiques de Jacques Lacarrière. A moins que ce ne soit le Kebra Negast

Elle est belle Vanda. Elle est en colère et ça la rend aigrie, elle engueule les gens tout le temps, j’en ai connu quelques unes des filles comme ça qui se sentent vieillir, qui connaissent leur pouvoir de séduction mais qui le voient se sauver plus vite qu’il serait parti d’ordinaire à mesure que les années passent et que les consommations de drogue abîment le corps et le font vieillir plus vite. Aigrie. Oui. Mais d’une beauté putain ! Bref.

Tu sais (bon, là soyons clair je ne parle pas de cette Vanda particulière je ne la connais pas et je pourrais être totalement à côté de la plaque, je parle d’une Vanda générique qui pourrait englober beaucoup de consommateurs), si Vanda pouvait s’adonner à son plaisir dans de meilleures circonstances, sans être considérée comme une malade (parce qu’au Portugal les drogués sont des malades et ne sont plus poursuivis en justice) ceci cela, à mon avis elle serait moins aigrie, notre caractère évolue avec les circonstances dans lesquelles on vit. Nous sommes ce que nous vivons.

Je SAIS que je consommerais beaucoup moins si je pouvais le faire en toute liberté, et si je consomme certaines choses plus que d’autres à mon âge, y a des raisons. Tiens regarde : aujourd’hui, demain, et je ne sais combien de jours, fumer et boire quelques bières ça va me convenir. Mais arrivera toujours ce fatal ennui, et avec lui des décisions, et des sessions. Je ferais bien du saut en parachute, et de la chute libre, mais pas avec un moniteur au cul, je tiens à avoir ma liberté de mouvement. Et il se trouve que ma capacité d’apprentissage et d’adaptation ne souffre pas une tierce personne. Autodidacte un jour, autodidacte toujours.

Bah c’est pareil pour les drogues : exit le chaperon (sauf s’il est rouge, 18 ans d’âge minimum, blonde à forte poitrine mais en option parce que j’aime bien les brunes aux petits seins moi !) et ses connaissances, la théorie ça me suffit et pour la pratique j’expérimente seul ou accompagné, mais pas d’un prof. On fera une exception pour le shaman, mais on évitera comme la peste les voyages initiatiques pour touristes, organisés par des agences de voyage, gourous, vendeurs de grigris, etc. Et on préfèrera les séances méritées karmiquement parlant. On n’achète pas une session shamanique.