Auto-Psychologie, Quotidien monotone

Tous les buter

Voilà le type de réflexion que j’ai au matin d’une cuite, qui a terminée une session de 10h sous cocaïne, suivie d’une 30aine d’heures sous speed, sans dormir entre les deux. Une cuite se termine généralement dans un pieu à cuver, ce qui peut aider en descente, puisque les descentes sont ces moments où le produit n’agit plus qu’en fond et où on reprend pied, qu’on reprend contact avec la réalité. A la fin, pendant la cuite, j’ai été pris virtuellement d’un besoin de domination sur une personne qui ne m’avait rien fait (appelons la n#1). Pour expliquer ce qui m’a pris, je pense qu’elle avait peur de moi, et puis sensiblement j’étais assez défoncé, et si on m’avait vu dans cet état j’aurais fini sur un lit à l’HP, attaché. Ce qui n’explique rien…

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Une simple explication est que j’ai effectivement senti de la peur chez cette fille qui pourtant me connait, en tous cas qui suivait mes frasques à un moment qui a duré un petit peu. J’ai été vexé de sa peur comme si (attention, mise en situation) j’étais dans la rue, et que je demandais un renseignement à quelqu’un qui ne me répondrait pas et qui chercherait à esquiver ou fuir avec de l’appréhension dans le regard. Dans ce genre de cas, je n’échappe pas à l’envie d’en faire plus, pour lui donner une vraie raison d’avoir peur, par exemple m’approcher alors qu’il recule, pénétrer dans son espace vital en donnant à mon visage un aspect négatif (froncer les sourcils, relever le nez), et des fois même aller jusqu’à lever le bras, ou feinter de le lever.

Mais jamais de la vie, jamais, je n’abaisserai ce bras pour violenter. Quoi que dans ce type de situation de domination terreur / peur, il me soit possiblement déjà arrivé de le faire, notamment par vengeance. Exemple : pour me venger d’années de foutage de gueule à mon propos de la part de camarades peu avenants, il m’a suffit d’une seule situation dans laquelle deux de ces camarades ont eu tellement peur qu’ils se sont recroquevillé sur place, une baffe et c’est tout.

Il est possible que sur le moment je ne cherche qu’à montrer à mon interlocuteur qu’il est responsable aussi de l’ambiance émotionnelle de notre échange, car si parler est une chose, la communication a plusieurs moyens non verbaux pour s’établir, tous ces moyens étant plus ou moins sensoriels. Plus, lors des rapports réels. Moins, dans un tchat – et dans ce cas les sens entrent en compte mais pas en contact.

Pour recentrer sur l’épisode où j’ai cherché à provoquer de la terreur chez mon interlocutrice, j’ai eu un sentiment de toute puissance en prenant le contrôle. Parallèlement j’ai eu un sentiment de culpabilité mais c’est resté très en retrait, c’était sous la forme de regrets automatiquement ressentis en face des actes, qui me faisaient réfléchir quelques secondes à chaque fois dans un moment d’absence. La défonce aidant à peaufiner des scénarios sans queue ni tête ou au contraire étrangement pleins de sens, je me suis vu comme un intrus dans sa maison, et sa maison je la voyais dans un style supra-moderne, pleine de murs semi-transparents, murs que je pouvais rendre invisibles et traverser (alors qu’elle, non) puisque j’étais un intrus virtuel, j’étais un hologramme de mon visage énervé qui émanait une lumière rouge, et je voyais cette pauvre fille comme ces actrices dans des films de terreur, qui cherchent à échapper au tueur. Je me sentais fort mais tout petit. Et puis j’ai crisé.

J’ai su avant de démarrer les parties successives de speed, d’alcool et de cocaïne, qu’une meuf (disons n#2) pour qui j’ai craqué un peu y a longtemps (2017 et ces ressentis ne se sont pas développés mais sont là comme des envies non assouvies – actes manqués – et je garde de la tendresse mais j’ai surtout envie de la sauter) se shootait de l’héro. Nous n’en avons pas discuté, c’en est peut-être pas, mais je m’imagine bien que c’est ça.

Alors bon. Au matin, après les pensées et sentiments perso, genre j’ai mal là, j’ai envie de dormir mais j’y arrive pas, faudrait que je me lève mais j’ai pas envie, j’ai mal aussi là, je vais pisser et m’aperçois de l’immonde bordel qui règne chez moi… etc… etc… une fois levé, j’ai des relents de haine. Et je m’entends prononcer tout haut : « je vais tous les tuer« .

Allez, un autre yerba, ça peut pas me faire de mal ça, ni à autrui. Je suis pas fier de tout ça. Pas une seule seconde. Par contre je peux m’en foutre mais alors à un point. Je n’ai pas dépassé ma limite de ce qui est inacceptable. Donc je n’ai pas d’excuse à présenter à qui que ce soit. Je reste qui je suis, point barre.