Auto-Psychologie

Cultiver l’art crado

Bon faut que j’avoue un truc. Depuis peu je cultive les peaux. J’ai le même t-shirt depuis 5 jours non-stop, je ne l’ai pas quitté depuis 5 jours. Ce qui implique que je ne me sois pas lavé depuis au moins 5 jours… En fait ça fait plus de 5 jours.

J’ai une dread qui se forme automatiquement au-dessus de ma nuque, derrière ma tête. Crois pas que c’est beau c’est super moche. Parce que ce n’est pas une dread qui a été faite avec amour. Elle se fait toute seule à chaque fois que je me laisse pousser les cheveux et que je n’en prends pas soin. Et elle part dans tous les sens, ce qui fait qu’on ne peut pas la cacher et que dans mon dos on ne voit qu’elle.

Tout ceci fait que j’ai l’air d’un vrai clochard.

Mais comment en suis-je arrivé là ? Tomber si bas est singulier, j’en conviens. Je pense que c’est la suite logique des choses. Beaucoup de facteurs dont certains sont bien loin dans le temps ont donné ce résultat. Pas la peine de les énumérer. Et je ne serais de toutes façons pas exhaustif. Expliquer, toujours expliquer… c’est fatiguant à force d’expliquer. Que ce soit de s’expliquer à soi, ou d’expliquer aux autres. Et puis là il n’y a aucun intérêt.

Ça ne veut pas dire que je déprime plus que d’habitude, au contraire. Mon environnement a, certes soudainement, changé. Et ce détail est énorme, à lui seul il pourrait suffire à expliquer que justement je ne déprime pas plus que d’habitude. On peut dire que ça se maintient à niveau plat. J’ai toujours des envies de crever, ça va sans dire… Mais si ça arrive un petit peu plus tard que prévu, tant pis, je n’en ferai pas une maladie. Même si encore hier soir je me vois en train de prier à l’attention de tous les dieux réunis en un seul, de me laisser mourir maintenant parce que je pensais que dans cette vie j’avais assez souffert et qu’il fallait maintenant me laisser passer à la vie suivante. C’était mes arguments. Pour illustrer j’étais dans un lit, je n’arrivais pas à dormir et j’avais mal partout, spécifiquement aux endroits de mon corps qui étaient en contact avec le lit, mon corps faisant pression.

Je suis handicapé en ce moment, plus que d’habitude, j’ai cette sensation que les gens lorsqu’ils voient un handicapé, la première chose qu’ils ont envie de faire est de se moquer. Évidemment, il y a des choses que les gens ont intégrées en société. Par exemple, on ne se moque pas d’un handicapé en fauteuil roulant. Les autres gens trouveront ça dégueulasse. Par contre un mec qui a un handicap non visible au 1er coup d’œil, les gens se joindront bien volontiers au merle moqueur (la petite raclure de chiotte qui rigole).

J’en parlais à une amie hier, et elle me disait que c’est dans l’éducation. Je ne sais pas si c’est vrai mais en tout cas moi, quand je vois quelqu’un qui galère, même s’il a l’air drôle, ben je me fous pas de sa gueule. Ce qui ne fait pas de moi quelqu’un de mieux que les autres.