Paroles

A titre de jeu (ou de je)

C’est pas souvent que je suis si peu inspiré. Quand je m’installe confortablement et que je me lance dans un monologue tel que celui-là, généralement elle vient toute seule, l’inspiration. Elle approche. Elle dérive… Va vers d’autres horizons, sans m’emmener alors j’attends qu’elle revienne, patiemment. Et elle revient toujours, mais parfois elle part longtemps la bougresse. C’est arrivé qu’elle parte des années. Et que pendant ces années, de cruelles aventures se soient déroulées sans qu’il n’en reste une seule trace écrite, ni dans ma mémoire, ou que des bribes. Et c’est très dommage.

J’ai une pote, mais on se voit pas souvent, qui est ou était mon pylône chronologique, ma mémoire, enfin celle des moments qu’on a passé ensemble. Ces aventures pas relatées, n’ont pas été solitaires, du tout.

L’inspiration à la dérive déboule de rives d’aspiration,
Débute des raves débiles, débitent des rêves irration-
nels à balle dans ma bulle, chui maboule, j’dérobe le rab,
« Aribariba » Speedy le Mogwaï s’écroule, c’t’horrib’

Sous les terres arables ma gouaille s’arrime au quai,
Oy ! Ça rime, OK ? Là j’rame un peu mais j’arrive, roquet
En rage à frime, bloqué, ma haine d’arôme echo,
Echo, echo.. Écho ? Ma muse l’arène est close…

Et ma reine, ma rose éclose, c’est la rabla, j’débla-
tère d’elle, sommaire, mais sa mère cause de la ram’ner
En merko, à la mer, car des blattes errent sur les murs,
Les murs d’araignées, l’Homme a régné, donc l’art est nié…

Ici l’or a chié des bulles, et des balles filent ignares,
Ton salaire à chaud : dix balles… t’es filiforme ? Mais il n’y a…
Plus rien, la mise à mort est née, l’aiguille obtempère cynique,
Qu’il nique sa mère Cynoque, merci mon cul, à l’aube la Terre

C’est la plus belle heure… Elle est belle à mourir,
A se tuer pour sa beauté, se damner pour son amour,
A sauter par sa propre bêtise, se donner par amour,
Se jeter à la mer… nu, à l’eau, et sans dîner…

Un genre de trouble à l’air innocent, où rire révèle
Qu’on a sauté dans le vide, émus et cons, et qu’on sème,
Hués ou félicités par d’autres cons, bruits de fond…
Consonnes caverneuses, sons partis faire du ski de fond…

En vers et contre tout, l’envers, tu, eux, torrentueux
Tortueux destin, c’est pas une vie, j’ai pas envie,
Je dors sous les stalles, j’fais les cent pas en ville,
J’ai tordu toutes mes pointes, j’fends les sapins en vol…

En vol de nuit, à l’étalage, j’fais étalage de mes ennuis,
J’m’envoie des nuées de litres de bière, ça nuit sal’ment
A mon karma dénué de luttes, de l’auge populaire banni
Comme un fou désarmé, un sacrilège pas pire qu’Armani…

Et mes anges me disent mesquin, mais suis-je seul’ment en vie ?
Mes messages médisent mesquine, de songes salement exsangue,
Aux couleurs de mes doses de sken, massage d’une ex sangu-
-inolante… len’ment sur le lino, dans une danse non vio-

lente…

Petite explication de texte en aval

Avertissement : La plupart de ces explications n’étaient clairement pas formées dedans mon crâne lors de la rédaction des vers, là j’analyse en aval ce qui veut dire après. Et je réfléchis peu (presque pas, pour ainsi dire pas du tout, c’est tout de l’instinct) pendant la rédaction.

L’inspiration à la dérive déboule de rives d’aspiration,

Bon là j’imagine un tourbillon (comme ceux dans la mer) tu vois, ça aspire. Et pour trouver l’inspiration, la vraie, il faut parfois prendre des risques et venir flirter avec le danger de se faire aspirer par elle.

Débute des raves débiles, débitent des rêves irration-(els)

L’inspiration part parfois de raves-party de merde.
OK, alors je suis un peu difficile en matière de free-parties, faut que ça soit dans la nature, à l’extérieur, à l’air libre (en hiver c’est différent évidemment le but est pas de geler sur place), ce qui peut expliquer l’association du mot « débile » au mot « raves ». Les légales sont souvent merdiques. Faut avouer.

à balle dans ma bulle, chui maboule, j’dérobe le rab,

Faut vraiment expliquer ça ? A balle c’est défoncé à mort, et le reste… Le rab, c’est sans doute ce qui dépasse, ce qui reste en matières de drogues.

« Aribariba » Speedy le Mogwaï s’écroule, c’t’horrib’

Petites références à deux sources vidéo : Speedy Gonzalez et Les Gremlins.

Sous les terres arables ma gouaille s’arrime au quai,

Sous les terres = enterré. Terre arable = terre cultivable. Donc en toute logique, enterré = mort, et si on est enterré sous une terre arable on servira d’engrais… Donc une fois mort et utile à la terre, ma propension à cracher mon venin sera bloquée.

Oy ! Ça rime, OK ? Là j’rame un peu mais j’arrive, roquet

En rage a frime, bloqué, ma haine d’arôme echo,

Roquet en rage à frime. Bon… Analyse. Un roquet c’est un petit chien qui aboie plus qu’il ne mord et qui te mordra si tu lui tourne le dos (un petit chacal en somme). La rage à frime, c’est une rage qui est là pour la galerie, peu dangereuse. Bloquée ? Bah le roquet en tous cas est bloqué, et sa haine a un arôme d’écho. Du réchauffé quoi.

Echo, echo.. Écho ? Ma muse l’arène est close…

Qui n’a jamais joué à ça ? Bon, Écho c’est une nymphe, sur le coup j’ai confondu avec les muses. Comme Clio, et d’autres, les muses sont des filles de Zeus, y en a 9. Écho n’en fait pas partie, alors mea culpa. Par contre elle est instruite par les muses, enfin c’est pas grave, de toute façon on s’en fout puisque je l’envoie chier : l’arène est close.

Et ma reine, ma rose éclose, c’est la rabla, j’débla-

Je précise, ma reine et mon inspiratrice c’est la came. C’est comme ça.

(J’débla)tère d’elle, sommaire, mais sa mère cause de la ram’ner

Je parle d’elle en restant assez flou, mais même elle, même la came, j’y ai droit que selon certaines conditions et là sa mère, son chaperon, a décidé que 11h c’était 11h et pas 3h du matin alors elle veut me l’enlever la chienne !

En merko, à la mer, car des blattes errent sur les murs,

Elle habite sûrement à la mer, donc le prétexte c’est que des blattes (comme moi) errent sur les murs, rien de plus simple. Et la mère roule en merko, donc c’est une bourgeoise. On pourrait pousser un peu l’analyse en évoquant la métaphore des go-fast ou des go-slow. Voitures rapides pour les go-fast. Puisque je parle de la maman de la came, hein ? Si tu me suis… Mais bon, si je parlais d’un go-fast ce ne serait que pur hasard bien entendu.

Les murs d’araignées, l’Homme a régné, donc l’art est nié…

Murs d’araignées = vieux murs, ou encore murs obscurs gardés par des araignées mutantes géantes vénéneuses, moi je vois ça comme un grand mur fait d’un mélange de pierres et de toiles, et bien évidemment de ces mesdames planquées. L’homme a régné [ici] donc [ici] l’art est nié. Le règne, c’est la domination, un tyran peut décider quel type d’art se développe ou pas, c’est d’ailleurs ce qui se passe de nos jours quand on regarde disons l’art populaire, on remplace juste le tyran par l’élite et on y est. Dans la musique française populaire, la richesse des textes est absente, alors y en a mais ça marche moins : Lucio Bukowsky par exemple. L’apparence ou la réputation est ultra-prioritaire sur la voix pour un chanteur, la voix on peut la retoucher en studio, et même en Live. C’est plus dur et risqué en Live, j’imagine, mais avec la technique aujourd’hui on fait tout, même manipuler des papiers de naissance hahahaha.

J’ai fait 3 x 16 ; débrouillez vous pour la suite (je rigole j’essayerai de finir ça).

* Cynoque dit : manger 16

Auto-Psychologie

Hypersomnie

J’ai pas l’intention d’arrêter. Aucune. Je suis totalement résigné à ma condition, à ce que je vis sans avoir le choix de le vivre, le chaos. Parce que c’est une forme de chaos. Pour ne pas y penser il y a le sommeil. En ce moment j’en abuse, je ne suis plus insomniaque, je deviens hypersomniaque. J’ai changé deux trois détails chez moi pour améliorer mon sommeil, améliorer mon confort ce qui améliore par extension les possibilités de détente que j’ai dans ce lieu. Il manque quelques tentures (que je dois d’abord passer à la machine) et ce sera un total-safe-sleeping.

Un autre détail m’aide à dormir, quand j’ai eu la crève, j’ai dû changer mes habitudes de fumeur, en ce moment je ne fume que des joints (mais joint sur joint), avant je ne fumais que des bangs, beaucoup de bangs. Je pense que mon corps s’est déshabitué d’une manière ou d’une autre et que du coup les pétards me font davantage d’effet.

Y a plein de moyens de dormir, je pourrais aussi prendre des calmants, des neuroleptiques, des anxiolytiques, etc. Mais j’en veux surtout pas. Ouais je sais, ils seraient des béquilles. Je n’ai jamais considéré vouloir une autre béquille que la came. Dans les faits c’est pas vraiment vrai, y a l’autre béquille, soi-disant plus saine là, j’ai pas envie de la citer tellement elle me paraît pathétique maintenant, ce n’est plus mon but et cette considération sur le fait qu’elle est « saine » est totalement discutable. Là-dedans, il y a de la dépendance affective, et je doute qu’une association intime, aussi motivante soit-elle pour affronter le quotidien, si elle comporte de la dépendance affective, ait un avenir.

Non, je ne l’ai pas nommée cette béquille, n’importe qui de suffisamment cohérent peut comprendre de quoi je parle. La substitution suprême qui peut te guérir de toutes tes addictions, en les remplaçant… Quelle misère. Il faut toujours que le vide soit rempli par quelque chose, on ne peut pas laisser vide le vide. Et moi je me sens vidé et visé dangereusement par je ne sais quoi. Qu’est-ce qui va venir se lover là-dedans, dans ce vide, sur ce terrain accidenté ? Si je pouvais contrôler ça, je dirai : dormir 24/24. D’ailleurs je termine mon pétard et je retourne au lit, ce n’était qu’une interlude.
Je me lèverai grand max à 10h, j’ai des trucs à faire.

Nan, parce que c’est pas fini, ce remodelage de ma vie est perpétuel, mais le réagencement d’une pièce en vue de la rendre plus agréable à vivre a, lui, une fin. Ce (je hais ce mot) relooking (à prononcer version folle) a effectivement un début et une fin. Et c’est pas fini. Cela dit, j’aurais aimé mettre des photos ou vidéos, mais ce blog se doit de rester anonyme, au moins en apparences, j’insiste sur le fait de l’apparence, quelques connaissances en piratage, ou si on est flic et qu’on a une commission rogatoire de mes couilles, on remonte à mon identité facile, c’est à la discrétion de wordpress aussi. Si j’étais quelqu’un d’important, ou un criminel, il y aurait un risque, mais ce n’est pas le cas, je suis (ouf) personne ce qui fait que je peux apprécier cet anonymat dans sa totalité. Il est pour tout le monde, et pour personne. Pour moi.

Je ne veux pas aller plus loin, en fait ce soi-disant anonymat me permet de dire tout ce que je veux, sans jamais me demander si untel va me juger comme ceci. Y a beaucoup de sujets que je n’aborderais pas si le blog n’était pas ce type de blog. On peut trouver ça un peu hypocrite, et on aura probablement raison, personne n’est parfait. Et je m’en foutrais royalement si c’était le cas. Ça m’empêchera pas de mal respirer la nuit. Ça m’empêchera pas de crever à petits feux. Ces jugements vont m’aider ? Bah nan. Donc aucun intérêt, même de les évaluer.

Pourtant parfois je pratique l’autocensure. Quand je me réveille et que je trouve des publications que j’ai faites, trop pathétiques. Donc, je ne peux pas tout dire. Car il est tout de même important que cet espace reste safe pour moi, il faut que j’ai envie d’y écrire, et si y a trop de choses pathétiques, larmoyantes, dégoulinantes d’émotions et de sensiblerie… euh je suis pas en train de décrire précisément ce blog là ? Bon, on va se contenter de pathétiques et je finis ma phrase. Je reprends :

Si ici je mets trop de choses pathétiques, je n’aurais plus envie d’y retourner et d’y écrire.

Auto-Psychologie

Le mec bien

Le père d’Alyssa s’est approprié une citation de Krishnamurti, et cette tête de fion n’est même pas foutu de la dire convenablement. C’est un truc qui m’avait énervé, alors ça a mis le temps mais c’est enfin remonté !

Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société malade.

Jiddu Krishnamurti

Moi ça me rassure de considérer que ce philosophe originaire de l’Inde, hisse la souffrance que nous ressentons tous, ou en tous cas pour beaucoup d’entre nous, sur un piédestal. Ça me rassure de constater que cet homme dont les mots sont une référence, voie les gens bien adaptés à la société comme des détraqués mentaux, et ceux qui ne sont pas adaptés à la société (les fous, les émotifs, etc. le reste quoi), comme des personnes plus saines d’esprit.

La société est malade, c’est pas nouveau et une fois qu’on a dit ça on n’a encore rien dit. Une société malade produira des êtres malades, c’est de la logique. Et ceux qui ne sont pas malades ici, ce sont les zarbis, comment ont-ils pu faire ? C’est pas naturel. Moi je m’en fous de comment ils font, mais j’ai constaté en revanche un truc, ce sont souvent eux les responsables, directement ou indirectement, de la souffrance, la maladie, des autres. En gros, les personnes les plus adaptées à cette société mourante, en sont souvent les oppresseurs.

Qui c’est Alyssa ? La meuf de The end of the fucking world… Et ce mauvais père, on le voit dans la 1ère saison massacrer la citation et se l’approprier. Qu’il aille au diable, le simple fait qu’il fasse ça montre bien que c’est une sous-merde malhonnête.

Bon, tout ça pour dire que je suis malade à crever, mais que (merci Jiddu) je suppose que c’est normal, je me suis adapté de la manière la plus logique à la société dans laquelle j’évolue. Et je n’ai pas besoin d’un médecin pour me faire dire ce que je dois dire pour « aller mieux » car si « aller mieux » c’est être droit dans une société tordue, je préfère encore rester tordu. Au moins ça rentre… Tu vois.

Des fois on me demande si je pense être quelqu’un de bien. A chaque fois ça me fait assez tripper ce type de question est débile. Un « mec bien » selon moi ça n’existe pas. C’est un mythe. C’est passer outre tout ce qui fait qu’on est un mélange de ce qu’on considère comme mal et ce qu’on considère comme bien. Et dans la recette, y a aussi du mal. Alors est-ce que je suis toujours un mec bien ? Je veux la mort de plusieurs personnes, et si on m’en donnait l’occasion je n’hésiterai pas à la provoquer moi-même, je risque d’aimer ça. Je suis un mec bien quand même ? C’est à l’interprétation et à la discrétion de chacun, de considérer ça, ou pas.

Tiens ça me rappelle une chanson ça, d’un gars qui fut un skin facho à une époque et qui a changé et est devenu Rasta. Ces mouvements sont totalement mitoyens, les premiers Skin Heads (mouvement à l’origine apolitique) venaient de Jamaïque. Bref, je cause de Pierpoljak. Ils l’ont taillé en pièces. Comme ils ont taillé en pièces Marsault. Comme ils ont taillé en pièces Dieudonné. Pourtant Pierpoljak avait fait son mea culpa, il avait aussi participé à des reportages sur le sujet, il regrettait cette époque de sa vie. On peut tous et toutes se planter dans les idées, sombrer dans la violence, arborer certains déguisements qui ne nous vont pas, déguisements nuisibles, tant qu’on n’en a pas compris la nuisance ça reste. Et donc, il avait fait une chanson qui s’appelle Le mec bien. Moi j’aime bien Pierpoljak. Et cette chanson est tout ce qu’il y a de bien.

Bon, moi évoquer Dieudonné, ça me rappelle que ça fait des lustres que j’ai pas été voir ce qu’il fait. A l’inverse de Marsault, je lui avais tourné le dos, mais sans vraiment avoir réfléchi, j’avais été pris dans le bordel ambiant et j’avais suivi bêtement la masse dans son pugilat. Et puis à un moment je me suis émancipé de certaines choses qui parasitaient (comme le réseau social bleu – depuis j’y suis retourné et je l’ai quitté à nouveau) la construction empirique de ma pensée critique, et là j’ai vu clair. Quand on prend du recul, qu’on fait taire le brouhaha ambiant, que dis-je l’hystérie ambiante, on arrive mieux à réfléchir, à penser. Je dois revoir beaucoup de choses qui m’ont été plus ou moins imposées comme étant « ce qui se fait » ou « ce qui ne se fait pas » différence entre le bien et le mal, mais ce sont des valeurs évaluées par d’autres, pas par moi. Une fois que tu es seul juge, tout devient limpide, tu as la ta propre évaluation du bien et du mal, et ce n’est souvent pas la même.

Le film L’antisémite de Dieudonné, je l’avais vraiment trouvé à chier, pas drôle, pas distrayant, chiant. Là, son site propose Métastases, alors je sais pas ce que ça peut donner, j’ai regardé la bande annonce, et ça peut effectivement être bien, il semble y avoir un vrai scénario intéressant. Eh bien, allez ! C’est tipar pour Métastases. En plus y a des sites de streaming qui le proposent gratos. Yippeeeee !

2h plus tard…

Ce mec, Dieudonné, est très fort pour jouer des rôles de gros cons finis. Un peu comme dans certains de ses sketches, ce qu’il imite, ce qu’il parodie, c’est surtout les gros cons finis. Et là, dans ce film, c’est l’archétype du gros con fini. Mais c’est distrayant. Il joue son propre rôle provocateur à souhait, il est aussi l’auteur du film, et la conclusion est intéressante. Comparer deux méthodes de soin du cancer (des poumons), l’occidentale traditionnelle, qui implique de se faire injecter en intraveineuse un produit extrêmement corrosif qui tue les cellules saines et les cellules malades, c’est la chimiothérapie. Et l’autre, un guérisseur du Cameroun, le pays à Dieudo.

Ne pas spoiler… Ne pas spoiler… Mais qui va aller regarder ce film tant tout le monde le hait ce mec (Tout le monde ? Non ! Une tribu résiste encore… Ta gueule…) ?
Bah. Je m’en fous. Les mecs et les filles comme moi le feront, l’ont fait, et s’en foutent de ce qu’en pense Pierre, Paul ou Emmanuel.

PS : Métastases c’était vraiment de la merde… Réalisé dans les années 60 on aurait pu dire que c’était un bon film. A la rigueur… Wahaha. Nan j’déconne, il était vraiment pourri… Mais distrayant. Pfff… Ta gueule. Dieudo, mets plus de thunes dans tes films, gros radin !!!!

Quotidien alternatif

Pinochio’s awakening

Putain ! Quelle gueule de bois… Quand c’est comme ça je cherche à fuir. Je sais que j’ai déconné, que j’ai sans doute fait des choses pas nettes, mais il n’est pas question de réparer quoi que ce soit, il est question de continuer à avancer malgré tout en revanche.

Attention, quand je dis « pas réparer » c’est parce que j’ai conscience que c’est probablement assez minime, je ne suis pas violent, sauf verbalement. Je me connais, je suis dans ce genre de cas, un soûlard qui casse les couilles, un soir, et qu’on a oublié le lendemain – si ça se répète pas tous les jours.

Personne n’est blindé devant l’alcool. Personne n’est fait pour boire dans des grosses quantités, jusqu’au blackout. Modérément, ce n’est pas le cas, mais tel que je l’utilise l’alcool est un poison, pourtant j’aime ça. L’alcool me fait déconner mais j’aime m’empoisonner. Que je devienne infect est un dommage collatéral. C’est un peu comme une soupape de sécurité, si on l’enclenche tout le mauvais s’en va. Et après on peut reprendre sa vie sur de bonnes bases. Mais c’est toujours aussi difficile d’assumer.

Quand je bois, ma dépression prend vite toute la place, surtout si j’écoute des chansons tristes (Saez, Mano Solo, etc) parce que pleurer ça fait se sentir vivant, ça fait sentir quelque chose de fort. Mon cœur a besoin de sentir des choses fortes. Et je n’ai clairement pas du tout l’alcool rigolard, ou extasié.

En fait cette dépression est là tout le temps, sauf qu’en général elle reste en coulisses. Et donc lorsque je bois, elle ne s’installe pas, elle se vautre… Et c’est à chaque fois pareil, il suffit que je commence à boire, qu’il y en ait suffisamment pour que je sois bourré, pour que je parte en cacahuète. Si je suis seul c’est circonstance aggravante. Mais franchement, vaut mieux que je sois seul, et même chez moi. Car je ne souhaite pas imposer cet état à d’autres. Ils n’y peuvent rien, et si ils essayent pendant la crise ils se prendront une salve d’insultes. Aucun intérêt.

Bref. Assumer, c’est dur, mais rien d’impossible, et puis j’ai fait de mal à personne, j’ai juste bu, écouté de la musique, monté le son à fond, me suis d’ailleurs aperçu que mon ampli est pas assez puissant pour ce que je lui demande – ça sature assez vite. Et puis j’ai dormi comme une grosse masse jusqu’à 20h (lundi), et j’ai recommencé à boire directement au réveil (pas assez pour être bourré). J’ai eu faim (merci le bédo) alors j’ai été chercher un kébab. Ensuite j’ai vaqué en alternance entre plusieurs occupations : dormir, mater des séries, et finalement j’ai réussi à trouver le sommeil, dodo jusqu’au matin.

A propos de séries, la 4e saison de Rick & Morty est en approche ! L’épisode 1 promet ! Cela dit, je préfère voir ça en français, ça évite de devoir réfléchir pendant, de devoir lire les sous-titres. Je ne comprends pas encore totalement l’anglais à l’oreille. Mais y a du progrès ! C’est parce que je regarde beaucoup de trucs sous-titrés, certaines expressions sont imprimées, bref c’est vrai que ça aide en anglais, mais, en même temps ça semble logique.

Bon bah je me souviens de tout… Même du copain qui est passé pendant la bataille, avec qui j’ai dû ne pas être très respectueux. OK, alors lui, faudra que je le capte et que je m’excuse. Par contre je lui ai déjà dit d’appeler avant de passer, je peux très bien ne pas être là (il vient d’un village à 10km mais pas spécifiquement pour me voir), et je peux aussi être dans ce genre d’état, dans ce cas je réponds pas au téléphone. C’est simple. Et si je réponds, on capte que je suis pété, et on passe pas point barre ! De toutes façons je ne veux pas de monde chez moi tout court. C’est pas un squat ici. On peut passer me voir c’est pas un problème, mais faut pas se plaindre si quelque chose se passe alors qu’on n’a pas suivi mes instructions pour réduire les risques.

Je fais ce que je veux

Besoin de ne pas être

Y a pas de question entre « être » et « ne pas être » aucune. Ne pas être est la solution, y a pas à en discuter. Ne plus être. Quand je dis ça, je suis plein d’une sensation de quelque chose que j’arrive pas à nommer là, quand t’es rassuré. De savoir et d’accepter ça, ça me rassure, ça a tendance à me dire que c’est fini bientôt. Je fomente. On va me fournir ce dont j’ai besoin pour le faire. Pour la douleur.

Je n’ai que du mépris pour mes semblables. Ils me dégoûtent. Ils sont mon moteur pour crever car leurs sales (ré)actions m’en motivent, tant ils me débectent, je les hais.

J’ai besoin de ne pas être. Je, me dégoûte de par l’acceptation des idées les plus sombres qui m’habitent. J’ai ce besoin. Je vais le faire. Est ce que je mens là ? J’en sais rien.

Je peux rester assis devant un feu dans la pièce la moins exposée de toutes au danger et sentir soudain la mort me cerner. Elle se trouve dans le feu, dans tous les objets pointus qui m’entourent, dans le poids du toit et dans la masse des murs, elle se trouve dans l’eau, dans la neige, dans la chaleur et dans mon sang. Que devient alors le sentiment humain de sécurité si ce n’est une consolation pour le fait que la mort est ce qu’il y a de plus proche de la vie – et quelle misérable consolation, qui ne fait que nous rappeler ce qu’elle veut nous faire oublier !

notre Besoin de Consolation est Impossible à Rassasier – Stig DagermaN par les Têtes Raides

Je parle pas arabe, mais quand je rote j’ai pris l’habitude de dire « Abd el Shetane » et j’emmerde systématiquement qui juge ça quand je le fais, mon regard lui dit, à lui, à elle, à son sale morveux de merde : « Comprenez : je vous hais parce que vous faites partie de ce qui me fait souffrir. »

Gloire au diable ? Que je le dise ou pas est-ce que ça change quoi que ce soit ? Non. Donc fais pas chier.

Mais bordel de pute de vérole ! Qui va s’occuper du chien ???

J’ai pas pris un chien pour m’empêcher de faire ce que je veux. Et puis il est tellement beau que n’importe qui le prendrait. Allez fuck off. On va le faire.

Conscience : Zzzzzz zzzz zzzzZzzzzzZ

Vas y quand l’autre pute dort, les souris dansent sur du son engagé, rien à foutre des paroles, demain c’est loin, surtout à l’agonie.

Dernier tour de poney, ça n’a rien d’anodin. Salut.

Ah bah oui, j’ai rien là… ce n’est que partie remise (hips)

Je fais ce que je veux

Condamné à mort

Voilà un de mes morceaux préférés… Trop long ? Ta gueule. Moi ça me fait pleurer, comme Mano Solo me le faisait avant, parfois aujourd’hui encore mais c’est plus pareil. Moi aussi j’aime pleurer. Comme beaucoup de monde. Bah ouais, les sensations intenses quand on pleure, c’est terrible… Allez, ça fait pas mal.

Jean Genet par les Têtes Raides

Le vent qui roule un cœur sur le pavé des cours
Un ange qui sanglote accroché dans un arbre
La colonne d’azur qu’entortille le marbre
Font ouvrir dans ma nuit des portes de secours

Un pauvre oiseau qui meurt et le goût de la cendre
Le souvenir d’un œil endormi sur le mur
Et ce poing douloureux qui menace l’azur
Font au creux de ma main ton visage descendre

Ce visage plus dur et plus léger qu’un masque
Est plus lourd à ma main qu’aux doigts du receleur
Le joyau qu’il empoche, il est noyé de pleurs
Il est sombre et féroce, un bouquet vert le casque

Ton visage est sévère : il est d’un pâtre grec
Il reste frémissant au creux de mes mains closes
Ta bouche est d’une morte où tes yeux sont des roses
Et ton nez d’un archange est peut-être le bec

Le gel étincelant d’une pudeur méchante
Qui poudrait tes cheveux de clairs astres d’acier
Qui couronnait ton front d’épines du rosier
Quel haut-mal l’a fondu si ton visage chante ?

Dis-moi quel malheur fou fait éclater ton œil
D’un désespoir si haut que la douleur farouche
Affolée, en personne, orne ta ronde bouche
Malgré tes pleurs glacés, d’un sourire de deuil ?

Ne chante pas ce soir les «Costauds de la Lune»
Gamin d’or sois plutôt princesse d’une tour
Rêvant mélancolique à notre pauvre amour ;
Ou sois le mousse blond qui veille à la grand’hune

Il descend vers le soir pour chanter sur le pont
Parmi les matelots à genoux et nu-tête
«L’Ave Maris stella». Chaque marin tient prête
Sa verge qui bondit dans sa main de fripon

Et c’est pour t’emmancher, beau mousse d’aventure
Qu’ils bandent sous leur froc les matelots musclés
Mon amour, mon amour, voleras-tu les clés
Qui m’ouvriront le ciel où tremble la mâture

D’où tu sèmes, royal, les blancs enchantements
Ces neiges sur mon page, en ma prison muette :
L’épouvante, les morts dans les fleurs de violette
La mort avec ses coqs ! Ses fantômes d’amants !

Sur ses pieds de velours passe un garde qui rôde
Repose en mes yeux creux le souvenir de toi
Il se peut qu’on s’évade en passant par le toit
On dit que la Guyane est une terre chaude

Ô la douceur du bagne impossible et lointain!
Ô le ciel de la Belle, ô la mer et les palmes
Les matins transparents, les soirs fous, les nuits calmes
Ô les cheveux tondus et les Peaux-de-Satin

Rêvons ensemble, Amour, à quelque dur amant
Grand comme l’Univers mais le corps taché d’ombres
Il nous bouclera nu dans ces auberges sombres
Entre ses cuisses d’or, sur son ventre fumant

Un mac éblouissant taillé dans un archange
Bandant sur les bouquets d’oeillets et de jasmins
Que porteront tremblants tes lumineuses mains
Sur son auguste flanc que ton baiser dérange

Tristesse dans ma bouche ! Amertume gonflant
Gonflant mon pauvre cœur ! Mes amours parfumées
Adieu vont s’en aller ! Adieu couilles aimées !
Ô sur ma voix coupée adieu chibre insolent !

Gamin, ne chantez pas, posez votre air d’apache !
Soyez la jeune fille au pur cou radieux
Ou si tu n’as de peur l’enfant mélodieux
Mort en moi bien avant que me tranche la hache

Enfant d’honneur si beau couronné de lilas !
Penche-toi sur mon lit, laisse ma queue qui monte
Frapper ta joue dorée. Écoute, il te raconte
Ton amant l’assassin, sa geste en mille éclats

Il chante qu’il avait ton corps et ton visage
Ton cœur que n’ouvriront jamais les éperons
D’un cavalier massif. Avoir tes genoux ronds !
Ton cou frais, ta main douce, ô môme d’avoir ton âge !

Voler, voler ton ciel éclaboussé de sang
Et faire un seul chef d’œuvre avec les morts cueillis
Ça et là dans les prés, les haies, morts éblouies
De préparer sa mort, son ciel adolescent…

Les matins solennels, le rhum, la cigarette…
Les ombres du tabac, du bagne et des marins
Visitent ma cellule où me roule et m’étreint
Le spectre d’un tueur à la lourde braguette

La chanson qui traverse un monde ténébreux
C’est le cri d’un marin porté par ta musique
C’est le chant d’un pendu raidi comme une trique
C’est l’appel enchanté d’un voleur amoureux

Un dormeur de seize ans appelle des bouées
Que nul marin ne lance au dormeur affolé
Un enfant reste droit, contre le mur collé
Un autre dort bouclé dans ses jambes nouées

J’ai tué pour les yeux bleus d’un bel indifférent
Qui jamais ne comprit mon amour contenue
Dans sa gondole noire une amante inconnue
Belle comme un navire et morte en m’adorant

Toi quand tu seras prêt, en arme pour le crime
Masqué de cruauté, casqué de cheveux blonds
Sur la cadence folle et brève des violons
Égorge une rentière en amour pour ta frime

Apparaîtra sur terre un chevalier de fer
Impassible et cruel, visible malgré l’heure
Dans le geste imprécis d’une vieille qui pleure
Ne tremble pas surtout devant son regard clair

Cette apparition vient du ciel redoutable
Des crimes de l’amour. Enfant des profondeurs
Il naîtra de son corps d’étonnantes splendeurs
Du foutre parfumé de sa queue adorable

Rocher de granit noir sur le tapis de laine
Une main sur sa hanche, écoute-le marcher
Marche vers le soleil de son corps sans péché
Et t’allonge tranquille au bord de sa fontaine

Chaque fête du sang délègue un beau garçon
Pour soutenir l’enfant dans sa première épreuve
Apaise ta frayeur et ton angoisse neuve
Suce mon membre dur comme on suce un glaçon

Mordille tendrement le paf qui bat ta joue
Baise ma queue enflée, enfonce dans ton cou
Le paquet de ma bite avalé d’un seul coup
Étrangle-toi d’amour, dégorge, et fais ta moue !

Adore à deux genoux, comme un poteau sacré
Mon torse tatoué, adore jusqu’aux larmes
Mon sexe qui se rompt, te frappe mieux qu’une arme
Adore mon bâton qui va te pénétrer

Il bondit sur tes yeux ; il enfile ton âme
Penche un peu la tête et le vois se dresser
L’apercevant si noble et si propre au baiser
Tu t’inclines très bas en lui disant: «Madame!»

Madame écoutez-moi ! Madame on meurt ici !
Le manoir est hanté ! La prison vole et tremble !
Au secours, nous bougeons ! Emportez-nous ensemble
Dans votre chambre au ciel, Dame de la merci !

Appelez le soleil, qu’il vienne et me console
Étranglez tous ces coqs ! Endormez le bourreau !
Le jour sourit mauvais derrière mon carreau
La prison pour mourir est une fade école

Sur mon cou sans armure et sans haine, mon cou
Que ma main plus légère et grave qu’une veuve
Effleure sous mon col, sans que ton cœur s’émeuve
Laisse tes dents poser leur sourire de loup

Ô viens mon beau soleil, ô viens ma nuit d’Espagne
Arrive dans mes yeux qui seront morts demain
Arrive, ouvre ma porte, apporte-moi ta main
Mène-moi loin d’ici battre notre campagne

Le ciel peut s’éveiller, les étoiles fleurir
Ni les fleurs soupirer, et des prés l’herbe noire
Accueillir la rosée où le matin va boire
Le clocher peut sonner : moi seul je vais mourir

Ô viens mon ciel de rose, ô ma corbeille blonde !
Visite dans sa nuit ton condamné à mort
Arrache-toi la chair, tue, escalade, mords
Mais viens ! Pose ta joue contre ma tête ronde

Nous n’avions pas fini de nous parler d’amour
Nous n’avions pas fini de fumer nos gitanes
On peut se demander pourquoi les Cours condamnent
Un assassin si beau qu’il fait pâlir le jour

Amour viens sur ma bouche ! Amour ouvre tes portes !
Traverse les couloirs, descends, marche léger
Vole dans l’escalier plus souple qu’un berger
Plus soutenu par l’air qu’un vol de feuilles mortes

Ô traverse les murs ; s’il le faut marche au bord
Des toits, des océans ; couvre-toi de lumière
Use de la menace, use de la prière
Mais viens, ô ma frégate, une heure avant ma mort

Les Assassins du mur s’enveloppent d’aurore
Dans ma cellule ouverte au chant des hauts sapins
Qui la berce, accrochée à des cordages fins
Noués par des marins que le clair matin dore

Qui grava dans le plâtre une Rose des Vents ?
Qui songe à ma maison, du fond de sa Hongrie ?
Quel enfant s’est roulé sur ma paille pourrie
À l’instant du réveil d’amis se souvenant ?

Divague ma Folie, enfante pour ma joie
Un consolant enfer peuplé de beaux soldats
Nus jusqu’à la ceinture, et des frocs résédas
Tire ces lourdes fleurs dont l’odeur me foudroie

Arrache on ne sait d’où les gestes les plus fous
Dérobe des enfants, invente des tortures
Mutile la Beauté, travaille les figures
Et donne la Guyane aux gars pour rendez-vous

Ô mon vieux Maroni, ô Cayenne la douce !
Je vois les corps penchés de quinze à vingt fagots
Autour du mino blond qui fume les mégots
Crachés par les gardiens dans les fleurs et la mousse

Un clop mouillé suffit à nous désoler tous
Dressé seul au-dessus des rigides fougères
Le plus jeune est posé sur ses hanches légères
Immobile, attendant d’être sacré l’époux

Et les vieux assassins se pressant pour le rite
Accroupis dans le soir tirent d’un bâton sec
Un peu de feu que vole, actif, le petit mec
Plus émouvant et pur qu’une émouvante bite

Le bandit le plus dur, dans ses muscles polis
Se courbe de respect devant ce gamin frêle
Monte la lune au ciel. S’apaise une querelle
Bougent du drapeau noir les mystérieux plis

T’enveloppent si fin, tes gestes de dentelle !
Une épaule appuyée au palmier rougissant
Tu fumes. La fumée en ta gorge descend
Tandis que les bagnards, en danse solennelle

Graves, silencieux, à tour de rôle, enfant
Vont prendre sur ta bouche une goutte embaumée
Une goutte, pas deux, de la ronde fumée
Que leur coule ta langue. Ô frangin triomphant

Divinité terrible, invisible et méchante
Tu restes impassible, aigu, de clair métal
Attentif à toi seul, distributeur fatal
Enlevé sur le fil de ton hamac qui chante

Ton âme délicate est par-delà les monts
Accompagnant encore la fuite ensorcelée
D’un évadé du bagne, au fond d’une vallée
Mort, sans penser à toi, d’une balle aux poumons

Élève-toi dans l’air de la lune, ô ma gosse
Viens couler dans ma bouche un peu de sperme lourd
Qui roule de ta gorge à mes dents, mon Amour
Pour féconder enfin nos adorables noces

Colle ton corps ravi contre le mien qui meurt
D’enculer la plus tendre et douce des fripouilles
En soupesant charmé tes rondes, blondes couilles
Mon vit de marbre noir t’enfile jusqu’au cœur

Ô vise-le dressé dans son couchant qui brûle
Et va me consumer ! J’en ai pour peu de temps
Si vous l’osez, venez, sortez de vos étangs
Vos marais, votre boue où vous faites des bulles

Âmes de mes tués ! Tuez-moi ! Brûlez-moi !
Michel-Ange exténué, j’ai taillé dans la vie
Mais la beauté, Seigneur, toujours je l’ai servie
Mon ventre, mes genoux, mes mains roses d’émoi

Les coqs du poulailler, l’alouette gauloise
Les boîtes du laitier, une cloche dans l’air
Un pas sur le gravier, mon carreau blanc et clair
C’est le luisant joyeux sur la prison d’ardoise

Messieurs, je n’ai pas peur ! Si ma tête roulait
Dans le son du panier avec ta tête blanche
La mienne par bonheur sur ta gracile hanche
Ou pour plus de beauté, sur ton cou mon poulet…

Attention ! Roi tragique à la bouche entr’ouverte
J’accède à tes jardins de sable désolés
Où tu bandes, figé, seul, et deux doigts levés
D’un voile de lin bleu ta tête recouverte

Par un délire idiot je vois ton double pur !
Amour ! Chanson ! Ma Reine ! Est-ce un spectre mâle
Entrevu lors du jeu dans ta prunelle pâle
Qui m’examine ainsi sur le plâtre du mur ?

Ne sois pas rigoureux, laisse chanter matine
À ton cœur bohémien ; m’accorde un seul baiser…
Mon Dieu, je vais claquer sans te pouvoir presser
Dans ma vie une fois sur mon cœur et ma pine

Pardonnez-moi mon Dieu parce que j’ai péché !
Les larmes de ma voix, ma fièvre, ma souffrance
Le mal de m’envoler du beau Pays de France
N’est-ce assez, mon Seigneur, pour aller me coucher, trébuchant d’espérance

Dans vos bras embaumés, dans vos châteaux de neige !
Seigneur des lieux obscurs, je sais encore prier
C’est moi mon père, un jour, qui me suis écrié :
Gloire au plus haut du ciel au dieu qui me protège, Hermès au tendre pied !

Je demande à la mort la paix, les longs sommeils
Le chant des séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes
Les angelots de laine en chaudes houppelandes
Et j’espère des nuits sans lunes ni soleils sur d’immobiles landes

Ce n’est pas ce matin que l’on me guillotine
Je peux dormir tranquille. À l’étage au-dessus
Mon mignon paresseux, ma perle, mon Jésus
S’éveille. Il va cogner de sa dure bottine à mon crâne tondu

Il paraît qu’à côté vit un épileptique
La prison dort debout au noir d’un chant des morts
Si des marins sur l’eau voient s’avancer les ports
Mes dormeurs vont s’enfuir vers une autre Amérique

J’ai dédié ce poème à la mémoire de mon ami Maurice Pilorge
Dont le corps et le visage radieux hantent mes nuits sans sommeil
En esprit je revis avec lui les quarante derniers jours qu’il passa
Les chaînes aux pieds et parfois aux poignets
Dans la cellule des condamnés à mort de la prison de Saint-Brieuc
Les journaux manquent d’à-propos
Ils conçurent d’imbéciles articles pour illustrer sa mort qui coïncidait avec l’entrée en fonction du bourreau Desfourneaux
Commentant l’attitude de Maurice devant la mort
Le journal l’Œuvre dit : «Que cet enfant eût été digne d’un autre destin»
Bref on le ravala
Pour moi, qui l’ai connu et qui l’ai aimé, je veux ici
Le plus doucement possible, tendrement
Affirmer qu’il fut digne, par la double et unique splendeur de son âme et de son corps
D’avoir le bénéfice d’une belle mort
Chaque matin, quand j’allais, grâce à la complicité
D’un gardien ensorcelé par sa beauté
Sa jeunesse et son agonie d’Apollon
De ma cellule à la sienne
Pour lui porter quelques cigarettes
Levé tôt il fredonnait et me saluait ainsi, en souriant :
«Salut, Jeannot-du-Matin!»
Originaire du Puy-de-Dôme
Il avait un peu l’accent d’Auvergne
Les jurés, offensés par tant de grâce
Stupides mais pourtant prestigieux dans leur rôle de Parques
Le condamnèrent à vingt ans de travaux forcés pour cambriolage de villas sur la côte
Et le lendemain, parce qu’il avait tué son amant Escudero pour lui voler moins de mille francs
Cette même cour d’assises condamnait mon ami Maurice Pilorge à avoir la tête tranchée
Il fut exécuté le 17 mars 1939 à Saint-Brieuc

L'invisible

Annales akashiques

Y a tellement de livres qu’il faut que je lise. Je m’étais fait une liste mais y avait plus de place dessus. J’avais de mémoire placé dessus un livre que je ne me suis pas encore procuré en raison de son prix que je trouve prohibitif, mais il m’intriguait au plus haut point. C’était sur les vies antérieures, enfin l’Akasha, ou âkâsha, si ça te dis quelque chose. C’est du sanskrit. On pourrait vulgariser ça par un terme occidental, ce serait faux dans l’ensemble, mais je vais la faire quand même cette diagonale : la matière noire augmentée d’un pouvoir de mémoire universelle.

Tout ça n’a rien de scientifique, c’est spirituel. Dans l’Akasha, dans l’espace où cette matière invisible est omniprésente, se trouvent (toujours selon certaines sources orientales, hindouisme, bouddhisme…), nos dossiers akashiques, encore appelées annales akashiques dans lesquels sont inscrit tous les détails de chacune de nos vies antérieures – si tant est que la vie fonctionne ainsi. C’est ce qui nous relie tous les uns aux autres, c’est ce qui fait que l’univers est unité. Quand je te fais du mal, je me fais du mal. Car tu es moi, et je suis toi. Nous ne sommes que deux parties distinctes d’un même élément, l’univers. Voilà.

Que de promesses ! La lecture des annales akashiques permettrait de réaliser un rêve que beaucoup d’entre nous ont : si tant est que nous ayons des vies antérieures, avoir des détails sur celles-ci. Je ne saurais suggérer assez de prudence quant à ce que proposent certainement des experts, consultations payantes. Ce type de milieu est plein de personnes vénales qui prennent les gens pour des abrutis en leur racontant des conneries qu’ils gobent tout cru. C’est pourquoi avant tout contact extérieur sur ce sujet, je te suggère sincèrement de te documenter. Tu sauras de quoi tu parles. En tant qu’autodidacte, j’espère que lorsque je vais me pencher sur le sujet, et je vais me pencher sur le sujet un jour, je n’aurais besoin de personne pour découvrir les choses qu’il y a à découvrir, si y en a…

Autre mise en garde : les fantasmes. Y a eu des grands hommes, des grandes femmes, y a eu des salauds finis, des martyrs, des artistes, etc. Certes, y en a eu. Si on compare au reste du monde c’était un tout petit pourcentage, alors si rien n’est impossible quand on part du principe que la réincarnation existe, il y a un microscopique pourcentage de chance que je fus Jules Verne, Hitler, Martin Luther King ou encore Adam (de Adam&Eve Corp®). Attention aux fantasmes, ouais. La simplicité a aussi son charme, avoir été des gens simples a ses avantages.

Donc il y a une sous-branche de la littérature dédiée à ce sujet, ce concept. Ne voulant pas renvoyer vers des documents de merde, je ne vais pas mettre de lien, je n’ai encore lu aucun bouquin sur ce sujet, c’est prévu, donc une fois que j’aurais trouvé une source digne de ce nom, je n’hésiterai pas à refaire un billet. Ce présent billet est là pour présenter un peu le truc. C’est passionnant. Enfin, pour moi, c’est passionnant.

Auto-Psychologie

L’amour

Je me sens pas du tout amoureux, pour la première fois de ma vie, je suis conscient de courtiser à un rythme très lent, une femme, une de mon âge pour une fois (!), et ce sans m’enflammer.

J’ai découvert vers 38 ans que j’aimais les femmes de mon âge, après avoir essuyé des années d’échecs avec des filles plus jeunes, j’ai goûté au calice suprême (ta gueule) et la passion est bien là, elle est même plus forte qu’avec une minette de 20 ans. Et là, elle, je la trouve bien, à mon goût, que ce soit physiquement ou psychologiquement, aux premiers abords en tous cas. Elle est tactile et quand elle me touche, ça me transporte. J’essaye de faire en sorte que ça ne se voie pas…

Elle m’attire, c’est clair, c’est gros comme une maison et si elle ne l’a pas vu c’est qu’elle a vraiment un problème, qu’elle est aveugle comme je peux l’être également dans ce type de situation, inversée. Mais pour la toute première fois de ma vie, je ne m’emballe pas, je n’ai pas non plus envie de tuer ça dans l’œuf comme j’ai pu le faire maintes fois en allant directement voir la personne et en lui balançant un discours qui ne peut que provoquer du rejet.

J’ai un doute là, lui ai-je déjà dit qu’elle était à mon goût ? Lui ai-je fait comprendre, ou ai-je au moins essayé ? Je ne crois pas.

Mais ça va bien plus loin que ça, la réalité est que je ne souhaite pas me mettre en couple, parce que j’ai conscience que toutes mes habitudes de célibataire ne conviendront pas à une vie à plus d’un con, et que y en a beaucoup que je ne souhaite pas perdre des habitudes. Par le passé, je m’adaptais, je faisais taire mes envies, je m’effaçais si nécessaire, et ce pour garder quelqu’un auprès de moi sans que ce quelqu’un ne soit gêné par ma présence. Ça c’est terminé. Plus jamais je ne changerai pour quelqu’un. Et pour cette raison, je ne pense pas être à même de recommencer à construire avec quelqu’un.

Ouais, mais je reste un homme, et un homme en présence d’un certain type de femmes, n’est plus lui-même. Elle est ce que j’ai toujours plus ou moins recherché, en apparences. Parce que quand je vais creuser, je sais que je vais trouver des trucs pas cool, et qu’il faudra que je fasse avec dans la mesure du raisonnable. On a tous nos côtés obscurs.

Dilemme, quand tu nous tiens. Mais déjà je fais des plans sur la comète, j’en suis à envisager de ne pas créer de couple avec elle, donc je pense au couple. Clairement, je ne me vois pas avec elle. Je me vois avec personne d’ailleurs. Je me vois seul, tranquille parce que je suis seul. Je souffre moins quand je suis seul.

Cela dit passer ma main dans les cheveux de quelqu’un, lui caresser le visage doucement, lui chuchoter des trucs, baiser son corps sans oublier un centimètre carré, embrasser ce corps et le serrer jusqu’à feindre l’étouffement, demander qu’elle fasse de même, la pénétrer soudainement et observer son visage à ce moment précis vivre une extase que je contrôle…

Et merde.