Auto-Psychologie, Expérience

Paranoïaque

Si seulement c’était facile comme le dire : « prendre un nouveau départ »… J’ai si peu d’envie, si peu de courage, en fait il me manque tout. Pas motivé. Le maniaco-dépressif en phase descendante. J’aime les bruit que j’entends. J’ai l’impression d’être quelque part en sous-marin et qu’il suffise d’un outil comme ces micros à distance pour entendre une partie de ce qui se passe dans cette direction. Tout à l’heure j’ai comparé ça à entendre une radio en fond. C’est un peu ça.

Cette maison est vieille, on a parfois des surprises dans les vieilles maisons. Et ça ne m’étonnerait pas même si c’est tiré par les chevaux, qu’on entende exprès des pièces dans une pièce qui avant d’être un appartement aurait été la salle de service depuis un endroit précis. Ça aurait servi aux domestiques pour quand Madâme exige des choses de son lit.

Qu’est-ce que la paranoïa ?

S’imaginer des choses, ça on le sait tous, mais est-ce que c’est cette peur qui, vulgarisée, se résume à « on dit du mal de moi » ? Ou bien ça, plus plein d’autres comportements ? Je me demande. Quels cas de figure dans la paranoïa. J’ai peur de devenir taré. Pire, d’être en train de le devenir. Par contre j’ai vraiment la sensation de garder au moins un pied sur terre. Mais j’ai personne pour veiller sur moi dans les moments où y en a besoin. Moments comme maintenant. Je ne réclame rien, je transforme toutes les situations.

OK, alors quand j’étais gosse j’avais souvent peur. Peur qu’il se passe quelque chose de grave, que d’un coup des gens déboulent et brisent le fragile équilibre de ma famille. Ma mère essayait au départ de construire un foyer dans la douceur, mais elle s’est très vite rendu compte qu’elle n’était pas faite pour ça, pas patiente. C’était plutôt du genre on se fout sur la gueule d’abord et après on discute. Elle se plaisait à nous le raconter, tout sourire. Ça m’a toujours impressionné.

Des bribes, je n’ai que des bribes de cette enfance, et quasiment aucune de celle de mes parents, pourtant ça m’aurait plu. Qu’importe. Je continue :

J’avais peur donc, lorsque j’étais seul. Souvent. Y a même eu des périodes où le claquement d’une portière de voiture, dehors alors que j’étais tranquille dans ma piaule, me rendait nerveux. Parfois j’essaye de croire que je ne suis pas parano, mais ça fonctionne jusqu’à ce que je lâche prise. En fait la parano c’est plus enfoncé que ça, que la simple croyance qu’untel dit ceci ou cela, c’est parfois carrément tous les éléments, le destin, l’univers et Macron, tout est contre toi.

Bon mais c’est bien beau tout ça, moi j’ai pas encore répondu à ma question première et d’ailleurs je ne l’ai même pas encore formulée. C’est parce que c’est difficile à dire. J’ai pas envie de partir dans une longue phrase alambiquée pour dire un truc simple : peut-on être parano de manière positive ? Si tu crois que quelqu’un te fait des éloges par exemple… es-tu paranoïaque ?

Quand j’étais gosse, une fois je regardais une émission de merde pour enfants attardés et les comédiens ont commencé à faire des suppositions stupides, des trucs impossibles. Ensuite ils partaient du principe que c’était vrai et continuaient, et ainsi de suite en se faisant un vrai film, pour le coup. J’avais trouvé ça vachement con, de faire ça, et j’étais loin de me douter que je le faisais déjà, mais tellement subtilement qu’il m’a fallu plus de 30 ans pour enfin m’en rendre compte.

La personne paranoïaque se fait des films, tire des plans sur la comète, et à un niveau élevé de parano, elle est souvent persuadée que les flics l’ont mise sur écoute. Pour n’importe qui ce ne serait qu’une simple possibilité, une supposition mais elle lui paraît tellement évidente qu’elle ne peut qu’être vraie. Bref… Le paranoïaque se ment, et ment aux autres aussi, inconsciemment. Le parano est un usurpateur. Il m’a fallu plus de 30 ans avant de m’intéresser de plus près à ça, pour découvrir un truc bateau sur moi, un truc qui m’aurait bien aidé dans la vie si je l’avais su avant. Pour s’attaquer à un trait nocif de sa personnalité, il faut d’abord repérer la chose. La sentir. La connaître. T’as pas développement personnel plus personnel, c’est la base, mais je dois avouer quelque chose : pour les gens comme moi, ça ne fonctionne pas. Ou alors c’est bien plus lent et plein de pièges ostentatoires.

Oui, enfin non, travailler sur moi réduit juste le nombre de problèmes personnels à l’essentiel, ça réduit les risques et ça limite les dégâts. Ça permet d’éviter qu’un problème se reproduise, enfin ça dépend des fois.

Bon je dois dire un truc, mais ça va sembler dingue… Je me souviens qu’un été, le jour d’une fête nationale où pétards éclataient et bouteilles cassaient, j’avais pris de la coaïne, et je me suis fait une session carabinée pour la terminer (la coke, finir mon assiette) et alors en montée j’entendais de la musique alors que je n’en écoutais pas, comme en fond sonore très lointain. J’ai mis ça sur le compte de la parano. Mais cette année, ça recommence, mais ce coup j’arrive à identifier parfois d’où ça vient. La cocaïne à hautes doses modifie les sons, ils peuvent devenir voix. Un bruit de pas devient voix. Le vent dans les arbres. Tout.

Je refuse de croire à des conneries que mon cerveau invente, ce qui fait que ce désagrément je l’ai rangé dans la case parano, mais j’ai réfléchi et à un moment, je me suis dit que c’était peut-être des ondes radios. Je sais c’est super con, mais bon… Soit. Alors comment je pourrais les capter ? Là je tournais la tête et selon l’angle visé j’entendais différents trucs. Les ondes c’est carrément abusé comme supposition. Mais je reste assez sûr que le cerveau recèle de petites merveilles ignorées, et que pour les activer temporairement, il y a peut-être des boutons. Et ces boutons pourraient être des drogues.

Je suis quelqu’un de bien intentionné (t’as que ma parole pour vérifier) alors j’irais pas utiliser un pouvoir quelconque pour faire le mal autour de moi. Mais il est possible que nous ayons tous et toutes tout ce qu’il faut pour développer des capacités telles qu’une acuité auditive tellement puissante qu’elle traverserait les murs. C’est assez marrant et perturbant, selon le degré vers lequel je tourne ma tête, il y a des voix, le plus souvent elles sont calmes, ce sont surtout des voix de femmes, elles ont l’air apaisées. Comme je mets souvent de la musique pour couvrir (ce qui fonctionne moyennement), je ne comprends pas les discours, précisément, mais je pourrais… Mais je n’en ai aucune envie. Je ne sais pas ce que sont ces voix, ça ressemble à des couples, en train de discuter calmement dans des canapés ou au lit. Paranoïa ? Elles ne me veulent rien de mal. Je pense même que si ce sont des vraies voix, elles n’ont pas conscience que je les entends.

Je reviens sur ma question de paranoïa positive ou neutre. Que si c’est neutre ou positif on entrait dans un autre cadre de trouble psychologique moins gênant. Et là je pense avoir probablement tort : l’intention dans la construction mentale paranoïaque n’entre peut-être pas en compte… Si l’intention entre en jeu, alors la plupart des gens qui prennent des hallucinogènes pratiquent la parano, mais positivement (mais paranoïaque quand même, on se sent moins seul…). On appelle ça triper, mais un autre mot serait paranoïer. Cependant il est dit que la personne paranoïaque a un sentiment fort de persécution. Et dans ce type de cas y en a pas.

Alors prenons la chose à l’envers. Il pourra avoir des délires lui faisant croire que tout le monde l’aime à outrance, si le cerveau humain est capable d’aller faire croire à la conscience qu’elle est persécutée, elle peut j’imagine, faire en sorte, par ex. pour un chanteur, de lui faire croire qu’il est adulé de partout (alors que ce n’est pas le cas). Je suppose que ce serait plus rare mais possible. Y a-t-il eu des artistes vraiment détestés ? Je ne parle pas ici d’indifférence. On peut penser à Bertrand Cantat, de Noir Désir, le chanteur ténébreux qui a tué Marie Trintignant et qui a fait face ensuite à un déferlement de haine de la part de fans de Marie tout d’abord, et puis de diverses personnes dont des militants féministes à cause de la violence du geste, etc. Il a eu aussi beaucoup de soutiens, il était détesté à cette époque, mais pas de tous. 15 millions de haineux contre trois fans à toute épreuve dont la maman du type, ça passe. Tous, c’est tout le monde le connaissant d’avant et ayant eu vent de l’affaire.

Cette question n’a pas vraiment de réponse. On trouvera toujours quelqu’un pour venir mettre son grain de sel gris dans la salière pleine de grains blancs, et tant mieux, nous vivons donc dans un monde ouvert et diversifié ! On trouve même des platistes (la terre est plate on nous ment). Des récentistes (1000 ans du moyen-âge n’existent tout simplement pas, ça a été monté de toutes pièces et ajouté pour la postérité française, et aussi pour faire passer les rois pour des salauds, on nous ment). Quoi d’autre ? Bon les complotistes, qui n’ont pas toujours tort de penser qu’« on nous ment ! » et qu’« ils nous volent notre travail » ! (South Park). Enfin dès que y a un truc farfelu à revendiquer tu trouves toujours des zozos pour le revendiquer. Et d’autres lulus pour les suivre (Sylvain Durif inside).

Bon mais moi j’avance mine de rien. Je suis paranoïaque et ces derniers temps c’est allé au-delà de ce que je peux supporter, avec moi-même, pour moi, pour mon bonheur disons.

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SSPT

C’est marrant : quand je dis, ou écris ces initiales, j’ai une vision que je pense stéréotypée, du truc. Tu sais ? Le mec fragile, affaibli, victime forcément. Alors que maintenant, c’est différent. Une personne en SSPT peut décider, par impulsion ou plus mûrement, de dédier le reste de sa vie à la vengeance. Pire, elle peut même le faire sans le décider. Dans ce dernier cas, l’invasion cérébrale de l’idée de vengeance est bien plus pernicieuse, vicieuse, violente, et surtout irréversible. On l’entretiendra en multipliant les bourreaux au fil d’aventures alcoolisées, car se créer des ennemis ça passe le temps et ça permet de ne pas oublier les anciens, les vrais, les pires. Ce serait tellement dommage que la mémoire post-traumatique efface les visages des gens, mais la mémoire post-traumatique n’efface jamais un visage. Ils restent tous là, quelque part, suppliant d’avoir enfin leur petit tour de relooking en scarif-mode, à l’opinel (restons Français).

Ça fait tellement longtemps que je ne suis pas violent, depuis toujours. Je ne leur reproche rien je constate juste : mes parents ont fait de moi un faible aux yeux de la société et de ses mœurs où le fort écrase le faible, société occidentale. Ce, en m’interdisant jouets violents, ceci, cela, bref, en tentant l’approche positive de l’éducation avec tout de même une ou deux couilles dans le potage : des explosions de cris et de coups à la moindre fourchette tombée par terre, et le fait que nous vivions en banlieue parisienne.

Des fois je préviens des gens, généralement c’est quand je suis à bouts, je les préviens. Je les préviens que certes, c’est vrai, frapper quelqu’un me dégoûte. Oh… pas au plus haut point et j’ai pratiquement une cicatrice karmique pour quasiment chaque branlée que j’ai mise à d’autres. Alors c’est un doigt cassé, souvenir d’une droite mal mise, c’est un autre doigt pété, souvenir d’un pied de table mal dévié. O.K. mais ça m’empêchera pas de le refaire. Trop de monde prend trop de monde pour un clown, alors quand tous ces clowns vont s’énerver en même temps ça va faire une armée de clowns, tristes ou pas tristes, et ce jour là camarade, je ne donne pas cher de la peau de qui se trouvera sur leur chemin. Tout ça est une image bien sûr. Un genre de mode d’emploi pour fabriquer un psychopathe. Chaque clown pour lequel on passe est une cicatrice non soignée pas et qui a saigné et suppuré, a tourné parfois en oedème, ou pire, en abcès. A eux tous ils forment un super clown, pas très marrant, plutôt chiant, un genre de…

Berserklown

Et je te jure que tu aurais eu un copain à toi dans ce mode là lors d’une soirée, tu rigolerais pas comme un âne. Ca se prend au sérieux le mode Berserklown ! Non mais ! Allez moque-toi, t’as le droit, et pis t’façon tu l’aurais pas tu le ferais quand même alors vas-y. Je me moque aussi de moi. Je suis un humain qui sous acide aurait bloqué en mode Berserklown. Aussi ridicule qu’inoffensif, mais aussi vif et malade qu’écorché.

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Carpe diem

La première fois que j’ai pris conscience de l’importance de ça, c’était via la voix du professeur du film Le cercle des poètes disparus. C’était la locution latine Carpe diem. Profite du jour présent, de l’instant. Mais l’instant n’existe pas, dès qu’on en parle on vit l’instant suivant et on parle du passé. L’instant n’existe pas. C’est un fantasme. Une idée abstraite qu’on pense concrète. Quand on est dans l’instant, ça veut dire qu’on vit le laps de temps de quelques secondes, continu, qui se situe après le passé et avant le futur. Bref.

Ces quelques secondes s’étendent dès lors qu’on attend quelque chose qui va se passer dans le futur. Là on est plus dans l’instant présent, on est dans l’attente du futur, et contrairement aux autres moments lorsqu’on est dans un futur potentiel on projette, on fait des suppositions, on espère ou on sait. Mais on ne vit pas l’instant.

Pourquoi vivre l’instant ?

Il y a des fois l’instant n’est pas agréable, mais il faut passer par là, d’autres fois il est très plaisant, et la plupart du temps, il est. Il est, tout court, et c’est dénué de degré d’agréabilité, ou à 0. Stoïque. Faire des projets à deux c’est vivre l’avenir éventuel. Profite d’elle, de lui, vis tes moments à fond. Une situation, un événement, est dénué de tout l’émotionnel, et nous ajoutons ces notes. Quand on trouve par exemple, que l’allumage de la flamme des JO est un moment plein d’émotions d’appréhension, fierté, etc (émotions positives), une autre personne peut le vivre très différemment en même temps, ressentir de la colère contre ça s’il a des raisons. Donc l’allumage de la flamme olympique n’est pas un moment plaisant, c’est un moment qui est vécu différemment selon les gens.

J’ai été confronté aux limites positives de Carpe diem quand je me suis rendu compte que les mauvais moments, fallait aussi les vivre et si possible les vivre pleinement.

Qu’est-ce qu’un mauvais moment ?

Quand tu n’es pas bien. Stoïque sera classé dans bien aussi. Si tu manques de quelque chose d’essentiel, eau, sommeil, nourriture, tu ne seras pas bien. Si tu ne peux pas bouger, que tu es blessé, vraiment triste (vraiment triste = sans pouvoir zapper et vivre normalement), etc. Si tu dois passer une chatière dans des galeries sous terre, et que tu te sens oppressé, tu n’es pas bien. Si tu as faim mais que tu sais comment régler ce problème vite, là ça ne rentre pas en compte. Il faut vraiment que la situation t’oppresse pour te considérer pas bien. Quand tu as un petit coup de spleen, généralement c’est gratuit et tu vas t’accrocher à la première pensée te victimisant (personne ne m’aime, je suis seul, i.e.) mais si tu pèse le pour et le contre tu t’apercevras que dans 90% des cas tu n’as aucune raison de ne pas être bien. Donc tout va bien. Ce n’est pas encore la méthode Coué (je vais bien tout va bien même si c’est pas le cas), mais c’est pas loin, c’est une méthode disons, de relativisation.

Relativiser pour se rendre compte que tout va bien, finalement, fonctionne pour moi. Parfois, j’ai un petit coup de cafard, et je me demande pourquoi, déjà. Si je ne sais pas répondre, ou si la réponse est trop vague (parce que ça va pas en ce moment i.e.) je me force à préciser, qu’est ce qui fait en sorte que je sois amené à me tourner vers la tristesse ? La musique – souvent. La musique triste a pour chaque individu une mémoire. Mon cerveau va associer tel titre en studio, tel morceau chanté par tel chanteur, avec les souvenirs les plus forts que j’ai vécu quand j’écoutais ça. Le réécouter peut me faire revivre les souvenirs. Et souvent je cherche : personne ne m’a rien fait, je n’ai pas vécu de drame, y a pas eu de mort récemment, je pleure parce que j’aime ça. Sauf que là y a pas de source récente. Donc tout va bien… Et je retourne à mes occupations.

Donc vivre l’instant peut être difficile, mais attention, les choses que l’on ressent sont toutes à double tranchant, et sans le négatif je ne pourrais pas apprécier le positif. Cette idée je l’ai retournée dans tous les sens, je l’ai répétée, je l’ai fait mienne. C’est la dualité. L’exemple le plus parlant pour illustrer c’est la lumière et l’obscurité, sans le noir, pas de lumière, et vice versa.

Difficile ouais, quand j’étais attaché et que je voulais me gratter, j’ai repensé vite fait à ça, à Carpe diem, et je voulais m’évader de cet instant présent à ce moment là car il était des plus durs. Rien n’arrangerait la réalité, l’instant, sauf à ce qu’on me détache. Et on n’allait pas le faire. Donc Carpe diem n’est pas LA solution à tous les soucis, c’est juste un petit truc qui peut aider à apprécier des moments simples, calmes, qui durent.

A voir plus tard, Auto-Psychologie, Quotidien monotone

Pour commencer

Avant j’étais pas du matin. Y a pas de frise chronologique pour me dire quand c’est avant, on va se contenter de dire que c’est un passé récent-moyen. Mais y a eu une période où j’étais du matin. Faut que j’aille chercher loin dans ma mémoire, mais y a eu des moments où j’étais heureux de me lever et de commencer la journée. Des périodes où arrivé à une certaine heure je ne me disais pas comme un hommage à Jacques : « Encore une journée d’foutue ».

Je suis toujours pas du matin. Même en fumant des gros bédos/bangs. Mais j’arrive mieux à contrôler ça. J’arrive mieux à sourire le matin. A rire de moi, à étendre mes lèvres comme cette jeune punk dans Nikita, lorsque la Jeanne Moreau lui apprend à se servir de ses charmes. La punk se regarde dans le miroir et commence une danse du sourire, des grimaces, elle ne sait plus sourire. Mais a-t-elle déjà su sourire ?

Combien de fois et par combien de personnes différentes as-tu entendu ceci : « Pas avant mon café. » ? Moi plein. C’est l’avantage d’avoir squatté avec des personnes de caractère, parfois rustres, femmes et hommes rustres oui, mais ô combien aimable à tant d’autres moments. Quand tu sais que tu ne dois pas parler à quelqu’un avant son café, bah en bon casse couilles tu testes, tu cherches, tu chatouilles un peu, tu vannes. Jusqu’au jour du drame…

Personne n’est jamais obligé de rendre une ambiance invivable, cela dit je ne pense pas qu’elle fasse exprès lorsqu’elle le fait, cette personne. Oh y en a bien qui le font exprès, mais je suis pas dans l’extrême, pas encore, donc je vais rester près du sujet des gens bien borderline à qui tu peux faire péter des câbles si tu les connais pas et que tu va sur des terrains qu’ils supportent pas.

Mais d’abord… Roulons nous un joint !

Il est 12 heures 35, jeudi. Je viens de tomber du lit, les yeux encore rougis de ma dernière douille (j’ai jamais précisé parce que pour moi c’est évident, mais une douille c’est un bang, parce qu’on appelle comme ça le petit foyer qu’on remplit avec le mélange), j’ai hésité à me recoucher mais y en a un qui me réclame de sortir. Attends loulou (*), je prends une douche après avoir bu mon café et fumé mon pétard, en attendant bah tu peux pas sortir librement puisque la voisine qui mets un point d’honneur à utiliser ses jupes et ses talons même en hiver, est là le midi. Elle fait pas chier à part ça la bourgeoise qui profite des prix de l’immobilier les plus bas du marché. « Faut pas venir ici, y a rien ! » bah y en a ça leur parle. Du rien, ils en veulent. Pas comme ces citadins tous speedés.

« Si j’te raconte tout ça ce soir, c’est qu’j’ai chopé un vieux coup d’cafard, mais j’pense que t’as aut’ chose à faire qu’à écouter les loups solitaires… » Higelin

Moi aussi, j’ai une douche et des décisions à prendre, un café et mon sac à vider, un chien et mon cul à sortir. Plein de trucs à faire, écouter les loups solitaires faudra remettre ça à plus tard, j’en ai rien à foutre de m’écouter jacter d’ailleurs, mes semblables, encore moins. Enfin à c’t’heure.

A ce niveau là, le joint c’est de l’hygiène. Le truc qui va me faire rester à un niveau d’humeur assez haut pour circuler chez moi. La nuit il me fait dormir, le jour il m’aide à vaquer. Soit.

Légende

(*) Le nom a été changé

Auto-Psychologie, Communication Non Violente

L'ordre

24 heures… 24 heures environ que j’ai nettoyé ma table de fond en comble, et elle est déjà dégueulasse. Je ne sais pas comment font les gens qui gardent propre leur station de travail. Ils rangent au fur et à mesure je suppose, et jamais ils ne procrastinent. Je suppose encore car ce type d’habitudes n’est pas mien.

Mon type d’habitudes c’est le bazar. Un véritable capharnaüm. Pourtant j’aime l’ordre et j’aime bien plus ma pièce à vivre rangée qu’en désordre.

A un moment de ma vie, j’ai du gérer seul ma paperasse. On connaît ça en surface quand on vit chez. Qu’en surface. Quand je vivais chez mon père je n’avais pas à m’inquiéter de payer la facture d’électricité, de gaz, de téléphone et d’internet. Quand j’ai vécu chez quelqu’un, ces soucis n’étaient pas les miens. Et ils le sont devenus non pas quand j’ai emménagé dans mon premier appartement, puisque j’étais avec une amatrice de la paperasse, selon ses propres mots. Je ne l’ai pas observée mais quand j’ai dû tout reprendre en main, j’ai tout de suite été acheter des chemises de couleur. J’ai ensuite classé les papiers dans différentes chemises et ordonné ça sur une étagère (maintenant ça a son bac dédié) par couleur. Un joli dégradé. Je n’en suis plus à m’amuser à faire des dégradés de couleurs avec ma paperasse, c’était juste un truc au début pour rendre la paperasse jolie… Disons agréable pour les yeux. Ce qui dédramatise.

C’est donc que je suis capable de m’organiser, j’ai les gènes qu’il faut pour m’organiser efficacement, et cerise sur le gâteau, pour le faire esthétiquement !

Le désordre joue énormément sur l’humeur, la mienne. Il la fait changer, la rend négative. Je regarde autour de moi et je ne vois que ce bordel. Des fois je range… Ça peut arriver. Au lieu de ranger de temps en temps, il faut que je traite la source, la cause.Je dois changer ça. Drastiquement.

Le désordre est un résultat. Déjà j’ai identifié une chose qui déconne chez moi : beaucoup d’objets n’ont pas de places attitrée. Il leur en faut une. Et donc un comportement dont j’ai l’habitude, c’est de prendre un truc, et de le reposer ailleurs, ensuite quand j’en ai besoin, le chercher partout. Et je regarde toujours la 1ère place, ça je m’en souviens. Et donc les objets chez moi voyagent d’un endroit à un autre. Exemple : mes clés, je rentre et j’ai soif, je vais boire et pose le trousseau sur l’évier. J’oublie de le reprendre et de le ranger (les clés ont une place, privilège pour un objet très important). Ensuite je cherche mes clés. Des fois je les retrouve à des endroit incongrus. Comme dans des boîtes (ce qui veut dire que j’ai pris un truc dans la boite tandis que j’avais mes clés dans la main, je les ai posé deux secondes, et oubliées). Alors pour retrouver les choses, je dois parfois me projeter dans mon passé récent, qu’ai-je fait quand j’avais mes clés à la main. L’ennui c’est que c’est comme ça avec tout…

Il est évident que je dois changer ça, ça me pourrit la vie. On va s’y atteler.

— On est d’accord.
Et pour les drogues ?
— Ta gueule.
Tu peux pas fuir comme ça tout le temps
— C’est le titre du site, c’est le principe, la méthode. Je suis dans le thème du site.
Le thème principal, toi t’as voulu que ce soient les drogues, en fait c’est ton analyse.
— Haha ! Je connais une toubib qui aurait été heureuse d’avoir ça en parallèle de me scanner le cerveau avec ses méthodes freudiennes, c’est toujours la faute des parents, le complexe d’œdipe.
Œdipe…
— Ouais Œdipe. Ce personnage mythique restera pour le commun des mortels le mec qui a tué son père et baisé et épousé sa mère. A cause de Freud. Quoi que je ne sois pas sûr que la psychologie intéresse le commun des mortels.
Beaucoup de monde s’y intéresse, pas uniquement les gens qui bossent en milieu médical.
— Ils n’ont pas la prétention de comprendre la psychologie tout de même ? C’est plusieurs années d’études compliquées. Quand on comprend le complexe d’œdipe on a fait un pas, sur des milliers.
Nan mais t’as fini ?
— Quoi ??
Beaucoup de monde s’intéresse à la psycho parce que c’est intéressant. Chacun est content d’en apprendre plus sur ses fonctionnements mentaux, on pense que…
— Mentaux seulement ?
Non, mais par exemple un acte sexuel est motivé par divers associations d’idées qui donnent progressivement une excitation, une demande à son partenaire, et l’acte.
— Demande ?
Un signe, une parole, des mots, ou encore des regards insistants, mielleux, une demande peut être non verbale, mais on peut aussi être direct et précis, cela dit ça retire un peu de magie à la chose.
— Putain mais tu racontes que d’la merde.
C’est vrai ce que je dis. C’est faux ce que tu dis.
— Ta mère la pute !
Tu souris quand tu dis ça… C’est vraiment n’importe quoi. Et laisse maman tranquille.
— Tu souris, et ris soudain, t’as roussi
T’as réussi à siroter et puis d’un souffle
A rehausser l’érotisme, avec des moufles
Continue c’est très intéressant. Tes textes sont un genre de thérap…
— Mais tu vas la fermer ? J’étais en pleine création créative inspiration expiration…
Fais comme si je ne disais rien.
— Mais tu le dis.
— …
— Avec des moufles ? N’imp. Faut que je change ça.
Yep !
— T’es encore là toi ? Mode annihilation de conscience enclenché.
Tu te sers du gros Larousse illustré pour placer des trucs ?
— Y a la place il est large, ça fait quoi ?
Ça fait que tu ne respectes pas les objets que tu aimes. Tu l’aimes de dico ?
— Euuuh, ouais, je crois…
Eh bien tu viens de le réduire à une place pour un objet.
— Éphémère la place.
Toutes les places des objets sont éphémères chez toi !
— Chez nous !
Justement ! J’aimerais que tu y penses parfois, je suis là aussi !
— Tu existe même pas !
Alors qui parle ?

Ego : Nous.

Conscience : Dur dur…

Un livre qui fut ma bible un temps me parlait de l’ordre et du désordre. Enfin l’auteur de ce livre. Et il ne parlait pas à moi bien sûr, mais à toute personne susceptible de lire ce livre (cette précision est inutile). Bref. Ça insiste (tu viens de passer du passé au présent) sur le fait qu’il existe deux types d’ordre. L’ordre de grandeur (1, 2, 3, 4, 5, 6, …) et l’ordre de priorité (avant/après, urgent/pas urgent, …). C’est une chose qui m’avait parue super pertinente à l’époque mais que je n’utilise pas consciemment : il s’agit de différencier les deux et savoir si l’ordre concerné est de grandeur ou de priorité.

Bon, prenons un exemple parce que je vois que ça te laisse perplexe. Quand on range des livres, si on les range dans l’ordre alphabétique, on est sur un ordre de grandeur. Si on les classe par l’intérêt qu’ont les livres pour un individu donné (le possesseur de ces livres i.e.), c’est l’ordre de priorité. L’ordre de grandeur se réfère à des listes officielles, telles que les chiffres, ou l’alphabet. L’ordre de priorité, lui, obéit à une loi plus informelle, c’est toi qui choisis les critères, ce sera probablement différent pour chacun.

Autre exemple : un professeur qui organise sa classe pourra choisir entre placer ses élèves selon un ordre de grandeur (taille des élèves, noms, notes), Ou un ordre de priorité : selon leurs difficultés, les plus doués derrière les moins doués. S’il choisissait l’autre, il n’aurait pas de réel choix, puisque ces grandeurs sont axiomatisées (haha t’es trop un naze quand t’essaye de faire ton intello : tu sais pas de quoi tu causes tu viens d’apprendre l’existence de ce mot – MAIS TU VA LA FERMER OUI ???).

En gros… choisir l’ordre de priorité permet une plus large organisation, ça permet de pouvoir changer un facteur parfois. La priorité est arbitraire, elle est probablement différente pour chacun.

Chacun se maque un jour sans faire son maquisard

Waow ! Voici une tentative de mon esprit de dériver vers un support plus artistique, poétique, allitérations à gogo. L’ennui c’est qu’en entrant dans ce jeu, le sujet précédent est abandonné, alors qu’il est indispensable que je change deux trois trucs pour pouvoir m’organiser puisque j’en ai été capable avec la paperasse, ce qui ne veut pas dire que je trie en temps et en heure, retrouver un papier est plus facile certes, s’ils étaient dans des piles en mode feuilles volantes il faudrait multiplier ce temps par 10 pour retrouver un truc, car c’est bien pour ça qu’on range, pour avoir plus de facilité et ne pas perdre de temps quand on cherche quelque chose. Re-ranger un papier est plus facile que de le faire la 1ère fois. Si certains sont évidents à classer, comme ceux de la CAF > chemise jaune marqué CAF ; les amendes et tout ce qui concerne le Trésor Public > poubelle.

Je te conseille de faire ta déclaration d’impôt systématiquement (hahaha mais t’as combien de train de retard ? Ca existe plus… – Ne pas s’énerver, Ne pas s’énerver, Ne Pas s’eNerVERERTFYVG°654 – tu te calmes Hulk ?). jE Disais ; systématiquement que tu aies travaillé ou pas, donc que tu sois imposable ou pas. On peut te les demander un jour, et tu serais alors obligé d’aller au TP et de la faire sur place, en retard. Qu’est-ce que j’en ai à foutre de donner ma feuille d’impôt, tu dis ? Attends… Si tu es au RSA, à l’AAH, ou que tu touches une pension calculée par un organisme comme la CAF, ce calcul est fait selon les revenus passés. Sans feuille d’impôt, c’est pas de droits

OK, je reprends. L’ordre. L’ordre de priorité est plus intéressant selon moi, l’autre est scolaire, il obéit à des règles conventionnées. Tu ne peux pas placer 2 avant 1 sous prétexte que ça te plaît. Enfin si, mais y aura que toi.

Je suis un spécialiste du refus des règles conventionnelles. Mais il y a d’autres alternatives que le refus. Changeons de stratégie, et étudions une de ces alternatives. Au lieu de dire « 2 + 2 = 5 » on peut choisir de garder la solution (4) mais de changer un peu l’équation.

« 1 + 3 = 4 »

« -1 + 5 = 4 »

« -159 + 159 + 1 x 4 = 4 »

« 8 / 4 + 18 / 9 =4 »

Je ne mets pas de parenthèse, je suppose que tu connais les ordres des opérations, Je te les rappelle vite fait : multiplications et divisions sont prioritaires sur les additions et les soustractions. Ce qui veut dire que si on a 2 + 3 x 5 ça donnera 17 et non 25 (faut faire 3 x 5 d’abord). Mais si on a ceci : (2 + 3) x 5, là ça donnera 25. Les parenthèses sont prioritaires sur tout. Fin de la parenthèse d’ailleurs.

Alors, l’ordre des opérations, priorité ou grandeur ?
On utilise l’ordre de priorité pour un résultat de grandeur…

Tu sais, je fais pas ça pour rien. J’ai identifié un gros frein, alors d’abord je décortique pour bien comprendre. Ensuite je cherche un repère quelque part pour commencer à travailler dessus. Et le travail en question ne s’arrête pas à ce qui est écrit, derrière il y a la pratique… A un moment j’ai pris conscience que lorsque je parlais d’un souci sur le site, j’avais tendance à l’arranger ensuite sans me dire « tiens je vais m’atteler à ça » mais comme si mon cerveau avait été programmé et qu’il arrangeait les choses automatiquement sans se poser de question. Pourquoi ne pas le faire, mais consciemment ? Pourquoi ne pas me servir de ce blog comme support documentaire (entre autres choses) pour mes évolutions, tardives mais nécessaires pour cesser le sur place ? Il me manque l’organisation pour ça. Il est indispensable d’être organisé pour bien bosser (quoique des choses naissent du chaos), Un souvenir m’est revenu sur l’organisation. Du coup, je commence par l’ordre.

En fait si je changeais de méthode je ne suis pas sûr que ça fonctionnerait, il faut que ce soit automatique, inconscient, je m’engueule pour un comportement répétitif que j’ai et qui m’agace, ensuite je ne le fais plus. C’est presque instantané, comme si m’être engueulé en public sur un blog avait réglé le souci. Comme si j’avais tellement honte de ça que plus jamais personne ne me verrait faire ça. Comme si c’était la dernière fois qu’on m’engueulais pour ça. Parfois on fait des trucs stupides qu’on sait vraiment nocif mais on les fait quand même. Fumer par exemple. J’imagine qu’une personne qui se sent responsable de la mort de quelqu’un d’autre parce qu’elle avait l’habitude de fumer en sa présence, et que l’autre a chopé le cancer des poumons et en est mort, peut décider d’arrêter de fumer. C’est la culpabilité qui fait qu’on souhaite réparer les choses qu’on a brisées. C’est la culpabilité qui fait que la France reconnait parfois avoir été en partie responsable d’un génocide.

La culpabilité de qui, tu dis ? Mais des dirigeants, des dirigés, de tout le monde !

Comment ça ? Toi tu ne culpabilise pas pour les génocides que ton pays a fait ? Pourquoi donc ? Comment fais-tu pour ne pas culpabiliser ? Ce n’est pas toi qui a déconné, OK… C’est vrai, mais ce sont nos parents, nos grands-parents, etc. On est coupable d’être nés en France, aux USA, en Chine, quand ces états déconnent. Après on est juste coupable de ça, au départ en tous cas. Une fois qu’on a pris parti, là on peut se changer en complice… Ce qui change la donne. Un complice qui culpabilise est un mauvais complice. Alors que, tiens ! Pour un braquage, un complice qui a ordonné dans sa tête l’importance du fait d’être honnête derrière l’importance de devenir riche est un bon complice.

Apprendre l’ordre va m’aider. A améliorer mes capacités d’organisation. Parce que le fait d’être super bordélique me joue des tours de plus en plus souvent et plus le bordel est important, plus je perds des trucs et plus c’est long et difficile de les retrouver. Donc ça fait des petits coups de stress.

A compléter – pour approfondir, lire ou relire le chapitre de Un grain de sagesse sur l’ordre.

Auto-Psychologie

Maïkeul

Ma vie, matériellement comme immatériellement, est en bordel. Alors il semble normal que lorsque j’y vois clair aidé par une substance qui ne me fait pas péter les plombs, je tente de ranger autour de moi, de finir les trucs que j’ai commencé y a des mois. J’ai listé les drogues que j’aime quelque part ici (§12) et la conclusion c’est que les effets secondaires pour chacune, sont bien trop hard pour que j’en prenne, que je ne supporte pas le produit ou encore que je fais des blackouts avec crise de nerf incluse, généralement quand y a beaucoup de monde. Donc je suis relativement limité parce que je n’ai aucune intention de continuer à péter les plombs, cette perspective me fout la trouille, je n’aime pas manquer de contrôle sur moi.

Gridlock’d
à gauche, Tupac est un toxico,
à droite, Tim est un toxico

Comme tu peux le voir, le drogué s’adapte, et évolue vers la pratique la plus confortable possible. Tout ce qu’il veut c’est se défoncer, alors il saura alterner les produits à chaque prise pour ne pas tomber addict d’un d’entre eux, tant que faire se peut. A peu près tous les consommateurs d’héroïne ont fini par avoir trop confiance en eux, et se sont laissés couler en bafouant leurs propres règles qu’ils s’étaient édictées. Moi j’avais ma règle des 2 jours. 48 heures max sous opiacés à grosses doses, mais pas 72. A deux jours de prise d’affilée, on a déjà les prémisses du manque, à 3j on en chie vraiment mais c’est encore rattrapable, c’est qu’une ou deux nuits difficiles à supporter.

Ce que j’avais remarqué en observant mon corps réagir à mesure des jours, et ceci explique comment j’ai établi cette règle des 2 jours, c’est le premier truc chiant du manque – excepté tout le côté mental, la peur du manque, et qu’on ne sait pas ce qui va se passer, qu’on avance en terrain inconnu. La nuit où tu n’as plus d’opiacé, la 3e donc, tu as beaucoup de mal à dormir, voire tu n’y arrives carrément pas, et ce qui empêche le sommeil c’est une nervosité anormale, une absence de fatigue pile poil au moment du coucher, et d’autres trucs selon les gens.

La règle des deux jours c’était une soupape de sécurité qui m’a permis pendant environ 1 an ou deux, à consommer sans me retrouver addict. C’était reculer l’échéance, bien sûr, car très rapidement j’ai dû y aller non plus par choix, mais par obligation. Mais cette règle n’est pas la seule. Elles se font à mesure des aventures qu’on vit. Pour ne pas revivre telle ou telle chose assez dure.

A chaque drogue ses règles. Chaque drogue est différente et de nos jours, il existe bien davantage de littérature informative dessus, qu’avant. Beaucoup en anglais, mais nos associatifs français ne manquent pas d’énergie pour apporter au reste du monde les connaissances d’un pays. Mais en pratiquant on s’aperçoit vite qu’en terme de danger y a tout de même des trucs plus hauts que les autres. L’héroïne est connue pour provoquer un manque atroce, la cocaïne pour obséder l’usager et le torturer mentalement s’il en veut et qu’il n’en a pas. Ca diffère aussi pas mal selon les modes d’administration : fumer la cocaïne et la shooter en intraveineuse, ça obsède à mort tant les flashs (montées) sont intenses. Y a aussi des pratiques idiotes. Comme de prendre des trucs qui abrutissent en public, c’est se rendre vulnérable et condamner les copains à gérer la surdose à ta place. Et c’est pas ce que tu veux, à moins d’en vouloir à quelqu’un et de lui montrer en faisant une OD, sauf que si on ne dit pas les choses, on ne peut pas exiger que l’autre comprenne quand même. Des fois il comprend, et quelqu’un qui te comprend quand tu es complexe comme ça, c’est précieux.

Pour l’héroïne, y a même eu une période où j’avais arrêté depuis quelques mois, j’avais stoppé aussi la méthadone. Petite parenthèse, j’ai eu bien plus de méthadone que de subutex dans ma vie. Évidemment, pas en même temps puisque l’un (sub) est censé annuler les effets de l’une (metha, et aussi de tout opiacé contenant des psychotropes) et prendre le relai au bout de 24-48 heures, l’effet calmant-du-manque s’étant installé totalement. Une fois j’ai mélangé les deux. Enfin plus qu’une fois. Mais il n’y a eu qu’une seule fois qui a été très intense. Je te raconterai, ça vaut le coup, c’était à Montpellier. Le sub, à cette époque, c’était pas un traitement (je le prenais récréativement) puisque j’achetais tout dans la rue à l’arrache. Fin de la parenthèse. J’avais donc stoppé opiacés et méthadone, j’étais refait. C’était en 2014…

2014, département de la Marne. Coin : paumé. Travail : non. Transports : non. Galère : oui. Racisme : à fond. Consanguinité : 72%. Pôle Emploi trouvait que j’avais besoin d’un stage, et j’étais à peu près obligé d’accepter : disons que j’avais fait une demande pour passer gratis le permis, donc si tu refuses les trucs de merde qu’ils te proposent, stages et soi-disant formations qui n’en sont pas, y a de grandes chances qu’ils te refusent le permis de conduire (c’est pathétique). De toutes façons y a 90% de chances, que tu sois docile ou pas, pour que tu n’accèdes pas à leur soi disant permis payé par Pôle Emploi, réservé en fait aux suceurs et aux fils et filles des employés. Ils me l’ont refusé pour la petite histoire, si tu avais pas compris. Mais j’avais donc été à cette formation, ce stage qui devait se finir par un putain de vrai stage en entreprise, mon cauchemar… Mais c’est dans ces locaux que dans l’ennui le plus total j’ai rencontré un autre gars amateur d’opiacés (je ne connaissais personne dans cette ville, avec mon ex on s’était mis en mode vase clos, et quand elle est parti le vase s’est rétréci jusqu’à m’oppresser), un qui se faisait chier aussi. On en a vite parlé, et dès lors qu’on en parla, c’est devenu une obsession jusqu’au moment où on en eut. Note un truc : ce bled de la Marne, y avait pas un moyen de transport en commun, mais à deux rues de chez moi, y avait de l’héro. La guerre aux drogues fonctionne ?

A chacun son étoile

Donc j’en reprends, et ne sentant pas le manque revenir (normal j’étais sevré) je me disais que j’avais trouvé enfin une méthode pour en prendre juste ce qu’il faut chaque jour pour ne pas tomber dedans (le drogué aime bien se mentir, il en a pris l’habitude puisqu’on lui ment tout le temps). Quand même en prendre mais de façon modérée, mais dans ce bled y avait que ça, et du shit. Le manque est arrivé assez vite. Quand on a été addict une fois, on retombe super facilement. La 1ère fois j’ai mis plus d’un an avant d’être vraiment accro et de penser à suivre un traitement de substitution (quand on se rend compte qu’on est accro, généralement on pense à la substitution). La 2e fois, ça a pris une semaine à tout casser. Je suis dans la 3e fois et je ne suis pas accro. Parce que je fais une chose que je n’avais jamais fait : j’alterne. Sauf que il y en a certaines que je ne prendrais plus, ou en dernier recours (si y a QUE ça, ou si on m’en propose assidûment), ou encore dans 10 ans, quand ça ira mieux. Mais je doute que concernant ces trucs ça aille mieux un jour, ça risque d’empirer avec l’âge, ce qui semble logique : la vie elle-même est toxique et provoque des maladies avec l’âge, si on ajoute les drogues, j’imagine qu’on est plus vite malade quand on chope un truc, cancer, sida, hépatite (…et plus si affinités). Un copain morphinomane avait développé un cancer de l’estomac je crois, il est mort super vite (quelques semaines) alors que c’était un costaud. Pour la petite histoire, même dans ses derniers moments, l’hôpital lui a refusé la morphine et l’a laissé souffrir. La raison ? A l’hôpital on ne donne pas de morphine aux toxicos, ou aux anciens toxicos. En tous cas dans cet hôpital (Saint Louis, Paris). Des fois qu’il simulerait son cancer… Car le toxico soi-disant cancéreux est fourbe c’est bien connu.

Infirmiers-ères, médecins : vous êtes sales, vous avez les mains sales. Et je vous hais, c’est bien simple. Infirmier, infirmière, tu représentes ce fils de pute qui a tenté de m’étrangler alors que j’étais encore plein des grammes de kétamine que je m’étais envoyé en mode binge drinking, et qu’attaché à l’hosto sur un lit, je hurlais en suppliant que quelqu’un me donne de l’eau, me détache. En revanche, tu ne représentes pas cette personne, qui est venue me donner de l’eau, qui a désobéi, elle. C’est pas une pute elle. Elle, je l’aime tu vois ? Tu vois la différence connard ?

Le speed, je ne veux plus en prendre mais c’est souvent tout ce qu’on peut prendre parce qu’il n’y a que ça. Et tout ce que j’ai listé au bout du lien du 1er paragraphe de ce post, je ne veux plus prendre. Sauf à me faire une salle sécurisée où je ne pourrais pas me blesser, où personne pourrait entrer, où je ne pourrais pas sortir pendant le temps de la grosse montée du truc, et surtout sans internet, enfin pas les sites où je m’exprime comme mon blog, et surtout, mais surtout, tout réseau social. Je suis totalement à côté de la plaque, si j’ai listé ces produits, c’est surtout rapport à ma santé et à des effets non désirables…

Y a aussi que je ne peux pas dire les choses sur ces réseaux, enfin je peux mais ça reste assez mal vu. Et je suis quelqu’un qui parle beaucoup. Quelqu’un qui écrit beaucoup. Et puis concernant les prods et la société, les gens ne connaissent pas assez les produits, beaucoup de mythes existent et perdurent, entretenus par la presse, et surtout par les associations de lutte contre des moulins à vent. Réaliser des films de prévention je peux comprendre mais des films de propagande anti tout, y a des limites. Et ces associations étant considérées comme d’utilité publique, les gens leur envoient du pognon. Du coup quand ils font une campagne, ils peuvent mettre les moyens pour en mettre plein la vue aux personnes un peu crédules, celles qui avalent tout tout cru en une bouchée, celles qui généralisent des cas exceptionnels parce qu’un film a suggéré de le faire, etc.

Y en a qui s’enferment pour décrocher (voir Trainspotting), moi je m’enferme pour consommer. L’ennui c’est qu’en me cloîtrant pendant les montées des trucs que je supporte mal, je ne couperais pas seulement l’herbe sous le pied des mauvais délires, mais aussi des bons délires. Car je supporte parfois d’autres trucs. Le LSD, c’est rare mais ça peut arriver. Idem pour la MD et les tazs. Idem pour la kétamine, tous mes délires n’ont pas été catastrophiques sinon je n’y serais pas revenu fébrilement, ce produit ne m’aurait pas obsédé à ce point si y avait eu que des points négatifs. C’est à cause de ces points négatifs que j’ai commencé à me dire que de prendre tout ça n’était peut-être pas une bonne idée. Quand on me dit ça, ça arrive encore, je retourne le cerveau de mon interlocuteur. A la fin, mon interlocuteur, soit il est pour la légalisation (en fait même pas, pas besoin de légaliser, il suffit de supprimer les lois qui interdisent la vente, l’acquisition, le transport, la cession, la possession, l’échange, et la consommation de tous les produits confondus) soit il veut se suicider pour que ça s’arrête. Ici je parle de débattre avec une personne de bonne volonté, qui ne sort pas des arguments débiles en soutenant malgré la preuve par A+B que c’est faux, que c’est comme ça et pas autrement. On peut pas discuter avec des platistes, par exemple.

J’aimais pas la méthode zététiste, avant, c’était pour le principe de contredire les gens. C’était en vogue, beaucoup s’intéressaient à ça, et moi aussi mais quand j’en parlais, c’était pour jouer les trolls platistes. Maintenant j’aime la zététique, sans trop l’utiliser (quoique, c’est un réflexe qu’on peut prendre l’habitude d’avoir, de douter de tout). Ça m’a appris quelques petits détails sur le langage, détails que j’aurais pu sans aucun doute aller trouver dans de la littérature philosophique (Descartes – discours de la méthode ; Schopenhauer – l’art d’avoir toujours raison ; etc.), littérature qui aurait dû m’atteindre au lycée, or je ne suis pas allé au lycée. A la place, j’ai livré des pizzas a des andouilles qui ne me donnaient pas assez de pourliche, ça me payait mes clopes et ça : je suis allé en boîte pour mineurs à la Main Jaune – M° Porte de Champerret entre 1993-1994 juste avant la fermeture définitive.

C’était ouvert les mercredis et les samedis après-midi pour les mineurs, no alcool, no drogue, juste du roller, du rollerblade à la rigueur, des musiques très à la mode, des tubes et des trucs que le DJ aimait bien (comme Popcorn i.e. et ça je connaissais pas). Je me souviens qu’il passait je danse le Mia d’Iam et aussi Nouveau Western qui sample la chanson de Serge Gainsbourg, Bonnie and Clide, par MC Solaar, et qui date de 94 donc on est dedans… Chaque fois y avait plusieurs slows où il était d’usage de rouler une pelle express, pendant le slow, généralement à la fin et fallait pas être trop pressé, et fallait au moins baratiner la fille un peu avant, lui poser les questions classiques, questionnaire léger qui finissait souvent par : T’as un mec ? J’essayais d’être plus original mais quand je changeais un truc ça marchait pas. Là-dessus elle répondait Non. Et là, d’abord tu lui lançais le regard irrésistible, tu la sondais vite fait, les yeux ça trompe pas, et si elle te paraissait en avoir aussi envie (l’attendre) et qu’elle te plaisait suffisamment, tu lui en roulais une, plus ou moins longue (vive l’apnée), sinon… bredouille (ou broucouille selon les inconnus). Par contre quand ça marchait, si affinités ça se finissait dans un fauteuil de la boîte le plus reculé possible, planqué dans la pénombre, et pour ça y avait la grotte... Hahaha ! Purée. Que de souvenirs de fous. Adolescents les souvenirs. Je termine : …à se rouler des galoches et baver sur l’autre, en glissant quelques mains par-ci par-là au risque de se prendre une tarte dans la gueule, ou simplement un avertissement. Et alors, si y avait plus plus d’affinités, là tu revoyais la nana hors de la boîte.

Je n’ai jamais aimé les discothèques, quoique j’ai bien kiffé les murs de la Locomotive les deux fois où j’y suis allé. Mais la Main Jaune, j’attendais toute la semaine pour y retourner et créer des liens. J’ai créé quelques liens, hélas aucun qui est resté. En fait cette période m’a même fait perdre un copain d’enfance qui était de passage ce jour, j’ai voulu l’emmener là-bas. C’était un copain, d’une époque où ce sont juste les copains qui importent, qu’il n’y a encore aucune différence entre un ami, un pote, et un copain. Une époque où on se prenait moins la tête ? Pas sûr… Et puis c’est sans doute très singulier comme façon de voir les choses : aujourd’hui encore je ne fais pas de différence, et je ne fréquente que des personnes que je suppose des amis, aussi quand je rencontre l’ami d’un ami, ou le pote d’un pote pour le dire autrement, j’offre mon amitié assez facilement. Comme disait un (ancien) copain, sous réserve de la reprendre au premier signe de trahison.

Ma mère a toujours fumé, et fréquenté des fumeurs et des fumeuses. Le cannabis j’entends. Et elle avait une copine chez qui elle m’emmenait parfois quand elle ne pouvait pas faire autrement que de m’avoir dans les pattes, et avec qui elle fumait plus que probablement. On allait parfois là-bas, et passé la porte on me collait dans la chambre de Maïkeul (le prénom a été changé un peu). On avait 5-7 ans tous les deux, j’ai des repères pour le savoir, je ne me souviens pas de l’âge que j’avais quand je fréquentais Maïkeul, mais j’ai passé 2 ans en internat, entre mes 8 et mes 10 ans, et c’était pas après mes 10 ans et mon passage brutal au collège.

On avait donc entre 5 et 7 ans, Maïkeul et moi (c’est peut-être inexact mais je continue). J’aimais bien Maïkeul, j’aimais bien sa mère aussi, j’ai très peu vu son père, un géant le visage perdu dans sa barbe et ses cheveux. Il a dû venir une seule fois chez nous. Je crois que je l’avais assimilé à Carlos, le fils de Françoise Dolto, physiquement c’était pas vraiment ça, mais son papa devait partir vivre (ou était parti… sans sa famille en tous cas au départ) à Tahiti, et je le revois avec un bandeau dans les cheveux, je sais pas si c’est un mélange avec l’assimilation à Carlos, ou si je l’ai vraiment vu avec ce bandeau tressé de couleur, très Polynésie. Je dis ça parce que le chanteur aussi trippait pas mal îles exotiques.

Quand j’ai eu la chance d’être avec Maïkeul, on ne parlait pas de son père, je crois que c’était un sujet douloureux pour lui, et pour éluder et sortir de la mélancolie qui l’envahissait quand il pensait à son père, il utilisait son imagination. Je savais que ses parents étaient divorcés (ou allaient divorcer, ou étaient séparés mais c’était une famille brisée), mais je n’en savais pas plus. J’ai dû demander, moi le curieux à propos de ce qui m’intéresse. Ma mère n’était pas bavarde avec ses enfants, sauf pour crier, et des fois aussi faire des câlins.

L’imagination de Maïkeul était riche et il l’exprimait volontiers, il me racontait des histoires, il les inventait je pense, quand il venait dormir à la maison je lui en demandais pour influencer nos rêves, alors il me parlait de loups, et c’est tout ce dont je me souviens de ses histoires, étrangement… Des loups…

Je crois n’avoir pour ma part jamais dormi chez lui, pourtant j’aurais aimé, j’adorais Maïkeul et j’adorais sa maison, elle bordait un grand parc. C’était à un peu moins de 2 kilomètres de chez moi : difficile d’y aller seul à 7 ans, je ne connaissais pas la ville. J’avais essayé une fois en vélo et je m’étais perdu dans son quartier et les quartiers voisins. Je revois cette maison de Pierrafeu du haut de mes souvenirs. Ce sont des souvenirs visionnés par un adulte projeté dans son corps d’enfant. Tout est bien plus grand quand on est petit, on voit les choses à son niveau, plus petit. Maintenant que j’y pense la baraque était certainement décorée par sa maman, Mathurine (idem, prénom changé), je crois que le papa s’effaçait peu à peu de la belle maison, il restait encore quelques affaires à lui, rien à voir avec le reste des meubles et des décos, ça m’avait frappé, Maïkeul avait dû me montrer tout ça ou alors ma curiosité m’avait fait aller là où j’avais pas le droit d’aller.

C’est vraiment drôle que des souvenirs remontent comme ça, je revis les questionnements auxquels je peux apporter des possibilités de réponse aujourd’hui. C’est pas mal la mémoire.

Je jalousais un peu Maïkeul. Sa chambre était immense, d’ailleurs sa maison était vraiment roots et belle, un escalier en bois un peu rustique pour monter à l’étage, ça sentait bon la maison de hippie. Et mon copain avait une collection de légos, il en avait plein. Et il construisait des vaisseaux, des autres trucs, ça m’impressionnait. Je jalousais un peu Maïkeul parce que selon moi, il avait des jouets mieux que les miens. La beuhère est toujours plus verte et meilleure ailleurs. J’en avais beaucoup aussi, des jouets, mais j’avais cette impression que tout ce qui était à la mode m’était interdit. Mes parents ne voulaient pas tomber dans ce vice. Je ne dis pas qu’ils avaient tort, j’aurais juste aimé avoir plus de légos.

Je n’ai jamais eu de faux-pistolet, faux-couteau, en jouet. Aucun de ces trucs en plastique qui reproduit ou imite des objets de violence. J’aurais aussi aimé en avoir. Je pense que ce type d’éducation est tout à fait intéressante, mais lorsque un des deux parents est lui-même violent de temps à autre, le peu que ça apporte est annihilé puissance 10. Et ça ne nous a pas empêché d’avoir caché par la suite de vrais flingues chez nous. Les parents n’étaient évidemment pas au courant, sauf pendant les perquisitions. Tout remonte en surface.

J’ai perdu l’amitié de Maïkeul devant la Main Jaune à Paris. Quand nous étions des gosses, il a dû partir rejoindre son père à Tahiti, et moi partir en internat, tout ça, et il était juste de passage à Paris quand nous avons eu 16 ans. Quand nous étions gosses, nous n’allions pas dans la même école, de base. On était copains par hasard : parce que nos mamans étaient copines. Elles auraient sans doute été contentes de se mater Hair sur demande et gratuitement, comme j’ai pu faire récemment, chaque époque a ses avantages et ses inconvénients.

J’ai perdu un copain, un ami, qu’importe le nom utilisé, c’était un lien que j’avais eu avec le monde extérieur, et auquel je tenais. Ce samedi-là à Paris, Porte de Champerret, j’ai choisi délibérément la douceur d’un ou plusieurs futurs baisers qu’on allait mutuellement s’autoriser avec une ou plusieurs filles à la suite pendant les slows. Danser en même temps un slow avec plusieurs filles, c’est difficile, mais on peut changer de partenaire pendant le slow… il s’agit que la nouvelle fille invitée à danser ne t’aie pas vu te prendre un râteau trente secondes plus tôt et speede mec parce que ton slow préféré – à l’époque, Still Loving You des Scorpions – est bientôt à son apogée et va se finir dans 3 minutes, et qu’est-ce que ça peut être beau d’embrasser une nana sur cette musique, baisers que j’allais voler l’espace d’un instant dans un ballet débile mais formateur. J’avais besoin de ça. C’était la première fois de ma vie où les choses étaient faciles, et où tout était possible. Je venais d’abandonner l’école.

J’avais 16 ans merde ! J’étais jeune et beau comme tout garçon de 16 ans et j’avais la dalle, j’étais déjà avide de me défoncer, on prenait de l’air sec dans le métro, on se faisait ces petits comas express où d’un coup tout tournait noir et on perdait connaissance dans les bras d’un copain, d’une copine, dans lesquels on revenait à nous au bout de quelques secondes sans savoir où on était, en nous étonnant de voir ces autres rire en nous regardant puis prendre leurs tours… On a encore le temps d’en faire un peu il reste trois stations. Les gens autour, on ne les voyait pas, on s’en battait royalement les couilles. Y avait les copains, les filles, et moi. Rien d’autre. Ah si : les drogues qui commençaient à m’intéresser, moi le mec curieux avide de découvertes.

J’ai perdu un ami d’enfance à 16 ans. Les pierres les plus proches sont celles qu’on jette les plus loin.

Auto-Psychologie, Marijuana

Froeurs

C’est con, j’allais peut-être enfin décoller de ce fauteuil pour m’allonger, et j’ai eu cette réflexion, presque à haute voix, en regardant dans le vide : est-ce que j’ai mérité d’aller me coucher ? Je pensais plus précisément, me coucher et dormir (et là, l’expression ne peut pas être plus significative) du sommeil du juste, paisiblement.

Y a des moments, je pense que je fais des terreurs nocturnes. Je pars dans un semi-rêve éveillé, qui se complique et avant de passer dans le cœur du rêve, je sors du cycle en panique, je reprends pleine conscience. Instantanément les détails du scénario s’évaporent. C’est un peu comme se réveiller sans savoir où on est. Ou plutôt d’où on vient. Et paniqué.

Ai-je ce droit ? J’ai eu des interactions avec des gens hier et aujourd’hui, peu concluantes pour certaines, meilleures pour d’autres, quoique assez superficiels concernant les meilleurs de ces échanges. Y a des choses qui sont assez difficiles à assimiler pour moi. Des trucs qui questionnent.

C’est la culpabilité ça ! Se demander si on peut en toute sécurité faire une chose qui est un besoin primaire… Oh ta gueule, va dormir, t’es fatigué et du coup tu racontes que des conneries…

Hahaha ! Si, si, ça m’amuse beaucoup beaucoup ! Une dernière douille, et dodo.

Un jour toi et moi, on ira voir derrière le fil de l’horizon, si je te casse pas avant…

On dit souvent que le soir en se couchant on repense à la journée, à d’autres moments des autres journées, et que ça peut empêcher de dormir. Il suffirait de tout régler avant de se coucher, non ? On sait plus ou moins ce à quoi on va penser, tout plein de trucs qu’on revit, mais de l’extérieur ce coup-ci. Et là, à ce moment précis, on ne peut pas (nous les cons honnêtes) tricher et on sait d’office en fonction de l’émotion ressentie et de son intensité, si on est content ou pas, de nous-même. La culpabilité d’un côté, la fierté de l’autre. Au centre, rien. Le stoïcisme. Certains souvenirs gênent, d’autres remplissent de bonheur. C’est aussi ça le bonheur, revivre à volonté l’intensité d’une chose vécue, juste en y repensant, en se repassant le film. Et aussi le malheur, il faut alors que cette chose soit triste.

Tiens allez encore une tartine : la nuit je me relève plusieurs fois, pour pisser, ou parce que je ne supporte plus la position allongée, et à chaque fois je me colle une douille. Ce qui fait que techniquement je fume 24 heures sur 24.

Je pense qu’il serait intéressant d’expérimenter un nouveau facteur qui, s’il est concluant, sera ajouté à ceux que j’ai déjà validé dans les (tadaaaa) :

Améliorations destinées à mieux dormir

Les premières étaient…

  • ☑ Rendre plus adéquat l’endroit de détente pour dormir, au niveau du décor et de l’éclairage, pas d’écran, le moins de diodes rouges/bleues/multicolores possible – non je n’éteindrai pas mon PC la nuit.

  • ☑ Opter pour une literie de meilleure qualité que mon vieux matelas de canapé convertible posé sur un sommier récupéré. Un bon matelas au moins, ça chiffre un sommier, en tous cas ça c’est le plus coûteux des facteurs mais c’est essentiel : un bon lit pour bien dormir.

  • ☐ Les bruits… Dormant disons dans la même pièce que la cuisine (c’est petit chez moi), c’est difficile, me confirme le frigo (oui, on discute souvent le frigo et moi, surtout la nuit quand ses vibrations deviennent acouphènes et qu’il me faut des bouchons à oreilles pour arrêter le massacre, là je deviens assez acerbe à son égard) qui vient d’éteindre son moteur, assez bruyant.

Faudra revoir ça, niveau bruits. Mais nous arrivons à ce dont je voulais parler…

Ou presque… Ne pas pisser la nuit, ça franchement, je sais pas si j’en suis capable. Faudrait que je boive à heures précises, je ne sais pas. Par contre, y a un truc que je peux faire : ne plus fumer, me recoucher sans passer par la douille ou le pétard, c’est possible. Ça le sera au prix d’efforts inconcevables pour quelqu’un qui n’est pas un fumeur de joints/douilles qui connaît le problème de l’intérieur… La pomme est pourrie, faut changer la pomme. Non c’est un code entre fumeurs. Non je déconne, je suis un spécialiste de la blague de merde soit dit en passant.

Blague de merde = blague qui fait pas rire, mais qui satisfait quand même le blagueur… (mais pas l’assemblée)

Allons compter les licornes. Ou pas (mais à un moment faudra y aller quand même). Il me reste un fond de gloubiboulga thon mayonnaise haricots rouge, mais décidément c’est si dément, ça passe pas à c’t’heure. J’ai plus de bonbons, j’ai trouvé des bonbons de ouf à Aldi même la mère à Ilda youkaïdi youkaïda elle kiffe ! Ils sont trop bons, mais pas pour les dents… Enfin les dents… Franchement. Nan. Mauvais sujet !! Faut fumeeeer ! Rastafaraï.

La Terre entière, frère, fume en paix le fruit de la Terre entière, frère, fume en paix…

Fume ou ce que tu veux, frère… Ce que tu veux. Eh ! Te vexe pas ma sœur. Mes frères et mes sœurs n’ont pas de genre, ni de sexe. D’ailleurs je devrais dire froeurs. Nous sommes tous froeurs par nos âmes. Tu peux fumer aussi ! Et/ou faire ce que tu veux ! Dans mon monde, on est tous froeurs. Et ces liens sont inestimables. Une grande famille, pis quand on reconnait un de ses froeurs, c’est la fête ! Ça ne peut se faire que plongé profond dans les yeux de l’autre, ce sont des moments privilégiés.

Auto-Psychologie, Communication Non Violente, Littérature, Quotidien alternatif, Quotidien monotone

L'héro des temps modernes

Ce matin je me suis levé avec Les copains d’abord dans la tête, pourtant je l’ai même pas écoutée hier, mais c’est cool. J’aime bien cette chanson. Quoi qu’elle génère systématiquement des naissances d’émotions fortes, et parfois les paroles se noient dans un larmoiement de merde, bien pourri, genre voix chevrotante tu sais, le truc vraiment moche : le vieillard qui chiale.

Oh ça va j’ai juste dit « naissance » parce que ces trucs là qui remontent, pas question de les laisser faire, ils ne remontent finalement pas bien haut et le temps d’une petite fraction de seconde, pas de quoi en faire tout un plat.

C’était pas des anges non plus, l’Évangile ils l’avaient pas lu mais ils s’aimaient toutes voiles dehors.

Les copains d’abord

Pas des amis de luxe, j’encule les amis de luxe. J’en ai eu, alors je sais ce que c’est. Moi j’aime les gens qui ne demandent jamais rien à personne – pour qui me connait vraiment, par ex. dans mon tabac on se sert, modérément, mais on me demande pas tout le temps, ça me CASSE LES COUILLES de toujours voir les mêmes rituels de taxation, à un moment faut se détendre et savoir qui on a en face, et s’il abuse trop (ou trop tôt) de la pompe à générosité il dégage sans ménagement de mon entourage quitte à ce que ce soit moi qui parte – ceux qui n’attendent rien d’autre de toi que tu sois toi-même, et prennent du temps pour le découvrir, qui se foutent de ton passé mais qui connaissent ta date de naissance (honte à moi je ne retiens aucune date de naissance) alors à eux je donne tout. Y a des tests à passer avant mais une fois que je suis accroché à quelqu’un, si c’est pas à vie, ce sera une déchirure terrible quand mon amitié cessera pour une raison ou autre. On ne veut pas perdre quelque chose à quoi on tient vraiment.

Chaque déchirure reste. Suppure et s’infecte. C’est peut-être ça une « gueule cassée »… J’en ai entendu plusieurs, des nanas, me dire « j’aime bien les gueules cassées » et je me suis toujours demandé à quoi elles faisaient allusion. C’est peut-être ça ? Des gens pleins de blessures qui se sont infectées ? On saura pas. En tous cas pour elles, je devais en être une. Charmant. Et moi qui me croyais encore beau et plein de charme ! Merde alors !

J’ai faim bordel ! Faut que j’aille sortir les poubelles, acheter du pain, bref faut que la journée, disons extérieure, commence. J’ai pas trop envie de voir des gueules, cassées ou pas cassées, ni masculines avec yeux froncés, ni féminines avec sourire en prime (ni l’inverse), là tout de suite. Mais faut bien. Bon, et puis j’ai enfin lancé une putain de machine vu que ça fait deux semaines que j’ai plus de sous-vêtements et que je joue à l’adolescent crasseux.

L’organisation ça n’a jamais été mon fort, enfin bon y en a un qui aimerait bien que je passe outre toutes ces considérations et pis que je bouge un peu mon cul. Attends, je finis mon café, la fenêtre est grande ouverte du coup il peut circuler, goûter l’air un petit peu avant de le savourer finalement. Quand je pense qu’il y a des chats qui ne sortent jamais d’un appartement bien trop en hauteur pour eux, ils ne voient jamais la lumière du jour moyennant une organisation bien chiadée de la part de l’humain distributeur de bouffe, l’accompagnant accessoirement : litière mon cul, ça pue à mort, je rentre pas chez toi. Moi j’ai honte quand je sens que ça pue chez moi. Et même si je n’y fais entrer que des personnes archi-triées sur le volet (genre 2-3 et la famille), et que du coup ces personnes me connaissent, quand elles passent je n’ai aucune envie qu’elles soient envahies par l’odeur, telle par exemple que celle que j’ai senti cette nuit sans comprendre d’où elle venait, pas le courage de me relever. C’était parce que la veille j’avais collé des sacs poubelles à sortir plus tard, à cuire au-dessus du radiateur, cruelle épopée…

Y a quelques temps, une personne que j’aime beaucoup mais pour qui je dois être devenu un peu toxique – depuis le coup de fil sous ké…- m’a fait découvrir Odezenne. C’est spécial, juste assez dérangeant pour que je m’identifie à quelque chose là-dedans. Quoi ? Je sais pas. Le(s) chanteur(s) ? Je ne pense pas. Pas les personnes. Juste ce son. Ces paroles à la fois simples et dures. Les mots sont durs des fois. Bande de salauds de mots !

J’ramène ma fraise là où c’est triste…

J’achète plus de CDs mais que des vinyles, en fait je n’aime simplement pas le format du disque compact. On a observé une hausse des prix des disques quand on est passé au CD. C’était un prétexte pour vendre plus cher des choses qui en valent moins, ces produits de consommation. Moi je vois ça plus comme de la collection, je collectionne des trucs que j’aime uniquement. Donc super sélective la collection, je ne suis donc pas à proprement parler un collectionneur. C’est vraiment une toute petite partie de ce qui se fait que j’aime. Et d’ailleurs, comment en vient-on à aimer des musiques plus que d’autres ? En se créant des souvenirs dessus. Seulement en faisant ça on peut en venir à détester un morceau, à ne plus pouvoir jamais l’écouter alors qu’on l’aimait. Tout souvenir ne contient pas seulement de bonnes choses.

J’ai arrêté la kétamine, ouais, ça commence à faire quelques semaines. J’ai fait deux trois surdoses traumatisantes. Peuh ! Traumatisantes mon cul… J’ai été enchanté par les voyages mystiques que j’ai fait au départ, j’ai voulu les revivre jusqu’à les vider de leur sens, cherchant quelque chose de parti depuis longtemps, jusqu’à ce qu’ils deviennent récréatifs sans plus une once de spirituel ou d’automédication. Mais de toutes façons, j’ai arrêté. Par contre j’emmerde toujours ouvertement et à mort, la morale, les cons qui prennent la mouche pour une abeille, et moi-même je la prends trop vite pour une conne qui me fait tourner en bourrique. Bref je reste le même – Y A PAS.

Donc la kétamine, c’est pas pour moi. Comme j’aime pas le LSD (excepté seul, quoique non plus), que l’héro me provoque des démangeaisons incroyables au point de me gratter au sang, que le speed m’empêche de dormir plusieurs jours après la dernière prise, que l’alcool me rend très con et insupportable et malade et ultra-désagréable le lendemain, que la MDMA (et donc les tatas) m’empêche de bander et de pisser (le speed aussi un peu) qu’est-ce qui me reste ? Le shit ? Haha ! Ouais. Alors quoi ? Nan mais franchement on peut partir loin avec le shit en le mangeant par exemple, mais v’là les quantités qu’il faut se taper ! ça devient énorme en terme de finances… Et puis le cannabis c’est déjà une béquille quotidienne. Je pouvais m’en passer, je pourrais m’en passer, mais ça me ferait chier quand même.

C’est le morceau de sucre qui aide la médecine à couler…

Bon faut que j’y aille, j’ai des rognons à éplucher. Et des piafs à remplumer. TCHAO

 

5 minutes passent, tandis que quelques Inuits trépassent, quand…

 

Con science : Bah… T’es pas parti ?

Et go : Nan !

CS : Qu’est-ce qui se passe ?

EG : Ça te regarde pas alors ferme ta gueule, retourne pioncer comme d’habitude, salope.

CS : Ça fait déjà plusieurs fois que je te dis que je suis un Un, et pas une Une. Salaud, si tu veux, mais pas salope !

EG : Va te faire mettre salope.

CS : Toi tu sais jouer au con hein ?

EG : Mieux que toi, on dirait…

CS : Et sinon tu sais faire d’autres choses ?

EG : Et sinon tu sais faire autre chose ?

CS : Oh putain ! Là on est pas sortis de l’auberge !

EG : Nananana… Sortis de l’auberge…

CS : …

EG : …

CS : Essai, 1, 2, 3, 4

EG : Assez, 1, 2, 3, 4

CS : Je suis un gros bouffon…

EG : Ta gueule ! Attends je reviens…

CS : ...mais qu’est ce qu’il fout ce con…?

EG : …halète… se rassoit…

CS : Qu’est-ce qui s’est passé ?

Je viens de croiser le voisin, à cause du chien qui veut sociabiliser, mais la copine du voisin se méfie un peu du coup c’est des entrevues assez cocasses, genre de rencontre du 13e type. Ça m’a bouffé de l’énergie, en fait ça m’a pompé toute mon énergie disponible. En plus j’avais pas mon sourire sur moi parce que j’ai mangé un truc tout à l’heure du coup et j’ai oublié de le remettre, j’ai dû sauter dehors pour récupérer le clebs, du coup blabla, et vas-y pas qu’il faut que je fasse des grimaces comme un Flamand pour bien prononcer certaines lettres comme les F…

Je supporte plus les gens, je ne les déteste pas, je n’ai rien contre eux (mes voisins), je sais que si ça se trouve ils jugent pas, et quand bien même, j’en n’aurais rien à foutre, un peu d’autodérision et d’humilité ! Que Diable ! C’est juste que j’ai pas envie qu’on me voie au plus mal de ma forme, comme ça. C’est pas beau. Alors je ressens encore plus ce besoin de m’isoler que je combats (pas toujours) en ouvrant les volets par exemple, alors que j’ai un vis-à-vis direct sur l’appart d’en face.

Ils sont pas du tout désagréables ces gens en plus. Ils sont tous super bien coiffés, sentent bon, bossent tous, ce sont des éléments actifs de la société ! C’est eux qui financent le RSA et l’AAH, et d’autres trucs, je devrais être reconnaissant… Mais ça de base, je ne peux pas… Désolé. Ils représentent tout ce que je déteste dans les rouages de cette société. J’insiste bien, individuellement, je n’ai rien du tout contre aucune de ces personnes. Je n’ai aucune raison d’avoir quoi que ce soit à l’égard de ces gens, charmants outre mesure.

C’est vrai qu’ils ressemblent à des amateurs de discothèques ou de cinémas, ou je ne sais quoi, concerts plein les yeux son et lumière, comme divertissements. Toujours tout beaux, tout bien habillés. Mais ça c’est encore un jugement, et possiblement à l’emporte-pièce. Ou pas…

Ou pas, car s’il faut c’est des consultants embauchés deux ans pour la gestion d’une entreprise en faillite, pour savoir qui sont les 80% d’ouvriers dont il faut se débarrasser et faire un plan de restructuration avec remplacement de postes par des machine… On ne sait pas… Au début je me suis dit qu’ils avaient des gueules de keufs même, et puis franchement cette supposition s’est très vite évanouie dans la nature. Je suis libre chez moi et je peux me shooter le volet ouvert (pas la fenêtre quand même, les flics peuvent AUSSI passer) sans prendre le risque de voir quelqu’un m’espionner. De ce côté ils me foutent une paix royale, je dois avouer.

Eh… Tu sais ce que c’est un emporte-pièces [Wiki] ? Un genre de gros massicot pour découper des formes dans des matières solides. Alors ça coupe, SCHLAK ! Dans le vif.

Un jugement à l’emporte-pièces est donc un jugement tranché dans le vif. Un peu hâtif.

Bon. Il me faut des piles rechargeables. L’ennui c’est que je ne sais pas si les chargeurs sont standards, et ces piles normalement ne quittent pas l’appareil. Généralement on n’est pas emmerdé avec ce souci puisque l’appareil en question se plante direct dans un réceptacle qui recharge les batteries. Va falloir que je réfléchisse et franchement pour ce genre de trucs, ça me gave un peu d’aller au charbon, c’est compliqué bordel. Faut que j’étende la lessive, ça au moins je peux faire, c’est pas de l’eau de vaisselle amère à boire. Pas la mer à bibiner.

Je sais, ce passage était chiant au possible, voilà pourquoi j’y ai mis un peu de poésie espiègle au bout. Histoire de noyer encore un poisson, ou un crustacé, enfin un truc qui peut pas se noyer. Excepté dans l’eau bouillante. Note pour plus tard, penser à faire bouillir l’eau du bain et le bébé avec, faut bien purifier les choses ! Tchao petit bébé, tu peux maintenant fondre et couler au fond de la baignoire maudite. Ensuite un coup de jet pour nettoyer les bord des petits bouts de cervelle qui mettent toujours plus de temps à se dissoudre… Aaah les joies de l’acide ! Au fait, elle est faite en quoi ta baignoire ? Oups… Attends j’reviens.

LA BAIGNOIR MA TUER

Tels sont les mots que pourra affirmer l’enveloppe de ta vie suivante. Suivante, mais pas dans le temps. Faut arrêter de fantasmer qu’une fois mort, on renait dans la peau d’une personne née à ce moment chronologique précis, ou à quelques minutes de décalage. Tels seront les mots écrits à la va-vite par le bébé juste avant que ses derniers instants ne s’écoulassent lentement dans l’agonie la plus totale, et les cris les plus horribles. Ils bullent tandis que les cordes vocales se désagrègent, et finissent dans des gargouillis qui feraient même frisonner Léon-Himself. Léon, nettoyeur. Protecteur de la plante et de l’orpheline. Orpheline qui tuera aussi, et sans problème.

Je suis en train de devenir asocial. A ce niveau c’est même antisocial. Quelle différence y a-t-il entre asocial et antisocial ? Quelle différence y a-t-il entre apathique et antipathique ? Le préfixe a- exprime une soustraction non ? La soustraction de quelque chose, le manque de cette chose, un rejet de cette chose ? Non, ça c’est anti- et anti- montre une volonté réelle de soustraire une chose à son comportement. Son comportement quand on parle d’un comportement. Lorsqu’on est anti- quelque chose on peut l’être avec passion, conviction. Antiraciste.

Antisocial tu perds ton sang froid !

Devine !

Un petit coup d’oeil chez ceux qui savent plus tard en 2-2. Le préfixe a- vient du grec et signifie pas, ou sans. Une soustraction donc, ou l’absence d’une chose. Apatride. Et ils prennent l’exemple du mot asocial. Le mec qui participe pas à la vie sociale. C’est moi tout craché ça !

Quant à l’apathie, toujours selon les mêmes qui savent (je parle d’un site en W, là je m’emmerde pas et j’ai pas mes bouquins sous la main) c’est l’indifférence aux émotions. Je me contenterai de ça. L’apathique est un peu un sociopathe. Indifférent à la sensibilité d’autrui. C’est dangereux ça. Ça peut donner des êtres égoïstes au plus haut point, et cruels. On se rapproche du portrait du pervers narcissique là. Ouais.

Capillotracté, encore un mot génial, et qui existe pour nos académiciens. Ajouté dans le dico y a pas si longtemps d’ailleurs. Je le trouve beau ce mot. C’est un mot agréable à prononcer : ca-pi-llo-tra-cté, faut même réfléchir une seconde avant de pouvoir traduire, jusqu’à ce qu’on ne te la fasse plus et qu’au moindres premières syllabes tu saches que c’est un super jeu de mots, qui fait prendre toute sa signification à une expression. Tiré par les cheveux. C’est génial… Vraiment.

C’est d’une beauté terrible, tu sais le genre qui te griffe la gueule quand tu la vois, quand elle se révèle à toi dans toute sa splendeur, elle te transperce comme un éclair béatifiant. Et tu te retrouves la gueule par terre, des larmes dans les yeux, la bouche ouverte, à plus savoir quoi dire. Contemplatif. Ébloui.

Et Blue y va au marché… tu me manques un peu Blue, t’façon j’ai ton numéro de téléphone, des fois je t’appelles ça t’étonne toujours… C’est toujours à des moments totalement débridés et sous le coup de l’impulsion… Je te fais plonger dans ma réalité quelques instants, dans la rue, en voyage, à l’aventure… Y en a des gens que je peux appeler comme ça, parfois ça ne décroche pas, c’est le destin. A la fin, quand on raccroche, tu pourrais te dire : « eh bah lui… il arrêtera jamais… » mais c’est pas ce que tu penses et c’est aussi pour ça que je t’appelles, parce que tu sais un peu ce que je vis.

J’ai des envies de tiser mais faut vraiment que je calme un peu le jeu avec ça. J’ai marché sur un tesson de bouteille y a deux nuits, parce que j’avais pété une bouteille sur le radiateur en la jetant en direction de la fenêtre, et même pas sans faire exprès. Sacré bougre ! Ca fait mal le tesson, mais ça je le savais déjà, j’ai chuté sur un de ces trucs une fois, dans les ktas, ça m’a ouvert la main bien comme il faut. C’est là que j’ai eu la confirmation que le Dinintel faisait aussi antidouleur en plus de l’effet stimulant.

Ça va surtout que c’était que moi qui me suis ouvert le pied, et pas mon chien. Je suis un sale con. Je ne veux faire de mal à personne, je veux juste qu’on me prenne pas pour un con putain de merde. Et dans mon entourage y en a qui le font ou qui l’ont fait et qui se pavanent, et ça me rend fou. Fou méchant.

Quand on mélange les sauces, ça fait des nouvelles sauces. C’est comme avec la beuh, quand on croise les souches ça fait des nouvelles souches. Bon avec les sauces y a des proportions, tandis qu’avec la beuh c’est dans un joyeux batifolage bourré de chaos mais aussi d’harmonie dans le chaos, que les nouvelles générations de graines se créent. Ça va moins vite qu’avec les sauces aussi. Mais par contre comme avec les sauces, parfois le résultat est chelou, on ne s’attendait pas à ce goût étrange et nouveau… Mais souvent aussi, passé la surprise de la découverte, on se prend à apprécier ce goût, bouchées & taffes, après bouchées, ou, et, ou ou et, et ou ou et et, taffes.

Comment ça « ou, et, ou ou et, et ou ou et et  » ?
Attends… J’explique :

Ca veut dire :

— soit ou,
— soit et,
— soit ou, ou bien et,
— et soit ou + et

Mais putain !! C’est de la logique ! Y a rien de plus con, suffit de lire dans l’ordre indiqué. Non ? Non… Oui c’est vrai, non. C’est même tiré parcapillotracté… Et pardon…

Si j’ai le choix entre Marche ou Crève, je choisis la marche. Je me suis toujours battu, j’ai toujours été suspect d’office alors que franchement mes intentions sont des plus louables, et du coup j’ai dû choisir la lutte plutôt que l’abandon, quoique pas toujours. Par exemple, pas dans ces épisodes de violence que m’ont imposés certains, et dans lesquels je n’ai même pas cherché à me défendre, ayant la conviction de ne rien risquer. Sauf quelques plaies, bosses, et côtes cassées, du détail. Le jour où ma vie sera vraiment menacée, un sursaut de survie me prendra, c’est logique, et je pourrais alors tuer, comme le moine de l’histoire. Ou pas…

Y en a qui, si un jour ils s’en prennent à moi, pffff… Je les laisserais faire. Tous en fait, je crois. Enfin non pas tous, mais pour les autres : avalez-la et étouffez-vous avec votre violence, le jour où je le deviendrai moi, faudra m’enfermer. Parce que je vis tout à fond. Alors si je dois vivre ça, je le vivrais aussi à fond. Avec une telle implication qu’à un moment, sauf si on m’a arrêté avant que je puisse apprendre les petites ficelles du métier, il faudra m’appeler un tueur en série. Et on est nombreux j’imagine à savoir ça sur soi. Ou à penser le savoir.

Combien sommes nous à être tellement dégoûté et attristé par la violence qu’on n’a jamais envie même quand c’est le moment, de l’utiliser ? Pas beaucoup à mon avis. Est-ce une valeur ? Ou de la lâcheté ? N’est-ce pas un arrangement avec la réalité de considérer une tare comme étant une force ?

Tu vois ce détail dont je viens de parler, en vivant dans cette société de merde là, élitiste, viriliste, pourrie jusqu’à l’os, faut pas trop que je l’ébruite, sans quoi avec la vie que je mène, que je souhaite continuer à mener, je risque d’avoir quelques soucis. Tu connais l’histoire du mec qui sait pas se battre et qui, comme pour s’affaiblir un peu plus à chaque fois, va provoquer des molosses qui vont lui péter la gueule à la sauvage ? C’est la mienne. J’en ai perdu des ratiches dans des bastons… Des bastonnades ouais… Faciles pour le bastonneur, et le bastonné indifférent à la grolle qui le savate vit ça comme une fatalité.

Vous, tous les connards sûrs de vous, qui ne savez pas doser vos réactions et juger que c’est pas la peine d’aller plus loin, qui avez quelque chose à vous prouver en faisant couler du sang, je vous encule et je continuerai à prouver que vous êtes des petites salopes en vous provoquant. Allez vous faire mettre ailleurs. Un jour on se croisera peut-être, je te ferai un clin d’oeil pour que tu saches que c’est pour rire quand je te dis que je vais t’arracher le visage avec les dents…

Et toi, tu le risques peu mon coup de savate dans ta putain de fourmilière un peu pourrie à la base par ton amour qui t’aveugle et qui me nuit (ta grosse), mais le temps tue tout mon garçon, pas d’inquiétude.
Et Lao Tseu l’a dit, il faut trouver la voie, moi je l’ai trouvée, à ton tour, mais je dois d’abord te couper la tête (ah merde, non ça c’est Hergé) :

J’ai bien sûr tous les droits pour utiliser cette image de Tintin…
Naaaan j’déconne !

Si quelqu’un t’a offensé, ne cherche pas à te venger.
Assieds-toi au bord de la rivière et bientôt tu verras passer son cadavre.

Lao Tseu

Copain ? Bah copain ? Pourquoi t’es plus là copain ? Bon bah on est pas mieux accompagné que tout seul, avec sa conscience attachée au pied. L’ego gonflé comme une montgolfière, pfff abruti va. Tout est à sa place ? O.K.

Continuons d’attendre sans rien faire près de la rivière. Elle m’a donné son autorisation de le faire. Je la respecte. Son esprit est au-dessus de moi, il le sera toujours. Je la suis, immobile. Je suis là. …avec un peu de fièvre due à la crève… comme des explosions qui provoquent des sensations étranges aussi dingues que sous différents produits. S’il en fut (ta gueule).

Légende

(o) Casse-toi… en hollandais.

Auto-Psychologie, Communication Non Violente, Je fais ce que je veux

Fluctuat nec mergitur

Tout de suite ça me fait penser à Brassens, c’était pas d’la littérature. Je le vois sur son bateau avec quelques copains, une bouteille ou deux sur la table parce qu’ils savaient boire, eux (ou pas). Putain j’en ai des frissons, même sans l’écouter, rien que de me remémorer quelques paroles comme ça, ça fait son effet. Ça fait remonter des souvenirs et des larmes aussi.

Je ne connais pas la vie de Brassens, je sais qu’il a vécu à Paris un moment, juste au dessus du GRS (grand réseau sud) des carrières souterraines de la ville lumière que j’ai toujours préférée dans le noir, en-dessous. Tripper sur les possibles siècles d’histoire inscrite dans les murs des galeries, me renseigner ensuite pour voir si une théorie peut être vraie, et m’attarder des heures sur ces sites de passionnés qui racontent ce qu’ils savent à propos de ce qui les passionne, et qui me passionne un peu, aussi, du coup. La vie d’un autre, par contre, quelque respect que j’ai pour cet autre, ne m’intéressera que par bribes et assez peu finalement, à moins d’être amoureux mais c’est un cas à part. Celle (la vie) de Brassens, c’est pareil !

Fluctuat nec mergitur est la devise de Paris, tiens donc ! Ça m’en bouche un coin… Paris, pardonne-moi, je t’ai peu exclue d’une manière trop brutale de ma vision très personnelle de la France dans un autre billet, je sais plus lequel. Un gros délire. Peut-être Chat perché. Des trucs écrits dans un état qui explique peut-être le caractère étrange et décousu d’un texte qui part en cacahuète. Mais que je retouche pour en garder au moins quelque chose de montrable, chantable, slamable si j’puis dire, ou inflammable. Eh oui, j’ai toujours cette fâcheuse habitude, retoucher plein de fois mes articles publiés. Ainsi entre le moment où il est livré aux boites mails etc, et le moment où j’y mets le point final, il se passe parfois plusieurs jours. Et même parfois il n’exprime plus du tout le même truc qu’au départ car entre temps mon avis, mes connaissances sur le sujet, ont évolués. Bref… Je fais c’que j’veux j’suis chez moi !

Je crois que y a trop de catégories dans mon blog truc là, faudrait que je ratiboise, que je coupe ce qui dépasse. Oh, pour ça, un bon vieux bol suffira.

Conscience : Et tu fais plus de CNV ?

Ego : Bah si là j’en fais non ?

Conscience : Holà, t’as l’air sur la défensive…

Ego : Pas ce soir, j’ai un examen super important demain, il faut que je me repose.

Conscience : Ta gueule, tu sais même pas c’est quel jour demain…

Ego : Wesheu qu’est-ce qu’y a pourquoi tu me les casses à cette heure tardive ?

Conscience : Je suis toujours là, quelque part, suffit de me faire remonter, de me tenir aussi.

Ego : Tiens tu te rappelle à cette teuf, cette meuf qui a réussi à te faire remonter pendant la pire crise de notre life ?

Conscience : Crevant Laveine…

Ego : Crevons-la-veine ouais. Elle était bien cette fille, elle m’a considéré et j’avais envie de faire de mal à personne alors il a fallu qu’elle…..

Conscience : Qu’elle m’appelle. Mais pourquoi elle ? Pourquoi les autres ils y arrivaient pas ?

Ego : Je sais pas. Je crois que c’est parce qu’elle m’a rappelé physiquement une amie que j’ai furtivement connue à Notre-Dame-Des-Landes. J’ai eu peur de lui faire du mal, alors j’ai fui. Mais je suis revenu, évidemment au milieu de nulle part.

Conscience : Ah tu tiens à le raconter hein, ça ?

Ego : Nan, pas vraiment, même si certains détails d’après mon passage chez les flics (voire ledit passage) valent vraiment le détour. Cette aventure de malade, quand j’y repense après coup… Je l’ai super mal vécu mais je peux dire que je l’ai fait. Après quand j’ai plus eu de ké, ça m’a fait un peu chier c’est pour ça, quand y avait encore de la ké, ça pouvait aller. Bon il me restait masse de speed, du shit pour passer le temps aussi. Enfin la nuit tombait quand même et je flippais un peu de m’endormir engourdi par le froid dans un fossé, dans les moments que je ne peux pas contrôler j’ai tendance à dramatiser.

Conscience : Ah bah j’suis content que tu l’admettes !

Ego : O.K. Bah on va rester là dessus.

Ca veut dire « battu par les flots, ne sombre pas » et je trouve ça pas mal, j’ai même l’impression que ça décrit bien les hommes, leurs vies de dingues, en tous cas celles de mecs comme moi. Pas de quoi être fier, avoir vécu, ne pas avoir vécu, ceci ou cela, c’est formateur certes. Mais y a pas de quoi être fier d’être allé en taule, d’y avoir survécu en tant qu’inadapté par contre, peut-être. Y avoir survécu en tant que caïd, rien à branler. Je suis un peu radical, prison > suicide. Point barre.

Fluctuat nec mergitur jusqu’au bout ? Bah même pas. Mais bon cela dit je ne vois pas pourquoi j’irais en taule… C’est complètement aberrant d’envisager d’aller en prison quand on est… euh… consommateur de produits toxiques dans une société prohibitionniste des produits toxiques, oh bah en tous cas ceux qui ne sont pas possédés (avec AMM) par une entreprise estampillée « de santé » mais qui en vérité s’en bat les couilles de ta santé et a juste pignon sur rue (le pharmacien ? première à droite)… Non ? Je vis pas à Bali donc ça ira.

Touche du bois. Et t’en as pas marre de faire du chantage affectif ? S’il m’arrive ça je me suicide… C’est pathétique mec…

A Bali ? Tu dis ? Mais Bali c’est ballot,
D’ailleurs dans son berceau, Bali-Balo bandait-il pas déjà comme un taureau ?
Du balais kéké, j’m’en bats les…noix d’coco (prétentieux)
J’suis pas net kiki, chez moi y a plusieurs personne aux manettes…

Auto-Psychologie

Illusion alcoolique

Juste pour dire, là j’ai l’impression de m’être envoyé 3 bières, j’en suis à presque 3 litres. Le dire.

Le verbaliser afin de bien enregistrer l’information. Ces derniers temps, ma conscience des choses a pris de l’ampleur. C’est sans aucun doute dû en partie, à défaut de dire grâce, aux petits dialogues [Catégorie CNV] qui visent à bien faire la distinction entre ce qui est teinté d’émotions, du niveau de l’ego, et ce qui est raisonnable. L’émotion versus la raison.

Ces derniers temps, je grille littéralement, tandis qu’elles surviennent, des stratégies, habitudes super néfastes, normalement elles sont vachement prises au sérieux, sauf qu’en ce moment, parfois, j’arrive à les voir avant qu’elles n’aient un réel effet. Et je peux ainsi les contrer, via différentes autres stratégies : la moquerie, l’autodérision (mais t’es grave mec, faut te faire soigner, t’as vu comment ton cerveau a essayé de prendre la tangente vers la déprime sévère là ?). La déprime c’est quasi systématique sous tise, chez moi, arrivé à un stade.

Et pourtant, c’est étonnant de s’observer avec une partie de soi non engagée dans la situation, de s’observer et de se voir vouloir quand même vivre ce moment de déprime totalement induit par un produit, une ambiance musicale tristounette, des pensées victimisantes, suicidaires, vouloir quand même voir tout en noir. Et finir par y céder, et le faire : mettre Saez ou Mano Solo, ou des trucs nostalgiques, et commencer à se répandre en larmes.

On dit que ça fait du bien de pleurer, je dis que ça vide, mais s’il est une chose également vraie, c’est que les larmes de tise sont des larmes de crocodile. Elles ne lavent pas. On se sent mieux après avoir pleuré, pas quand on a pleuré bourré. Je devrais dire « je » plus que « on » ; bien que « on » se prête très bien au jeu d’assumer qu’il fait tout ça, et « je » s’y prête déjà beaucoup moins, je l’avoue.

Les larmes lavent. Oui. Quand elles sont vraies. Et c’est quand qu’elles sont vraies ? Bon, faut pas me faire dire ce que je n’ai pas dit : elle peuvent l’être, vraies, sous tise, les larmes. Avoir bu n’exclue pas la possibilité qu’on vienne de vivre quelque chose de difficile. Donc elles peuvent aussi laver si on est bourré. Ce sont des cas spéciaux, on va dire.

Les larmes lavent les yeux de manière concrète, et elles lavent l’âme aussi. Oh… Allez, je dis l’âme c’est pour être un chouilla romantique, je pourrais dire le corps, l’esprit, la tête, mais pas le coeur… Hélas, le coeur, lui, il les vit les larmes. Il envoie à l’ego des signaux violents, et l’ego tique… s’habille en noir et se maquille pour cacher ses yeux.

Bon, heu… Les gothiques, fallait que je la fasse, vraiment désolé. Je le ferai plus c’est juré sur la vie de mon bang. Lequel ? Joker !