Auto-Psychologie, Expériences

Méthamphétamine, cocaïne, 2-CB

Dernière petite montée, la der des ders c’est juré, enfin avant ma prochaine session. Là j’ai mis ce qui me restait, plus toutes les fins de pompes, une quinzaine de pompes gros format et moyen format (5cc & 2.5cc – mais en vrai c’est 6cc la contenance – et la 2.5cc s’appelle plus succinctement 2cc mais peut contenir environ 2.5 et la graduation va donc plus loin à 2.5). En fait c’est pas des CC (centimètres cubes bon sang, faut réviser ses classiques) mais des ml. On s’en branle. Allez tiens je suis d’humeur généreuse.

Je pense sans aucune preuve ni certitude que les gros pontes de la gueudro sont en train de discrètement et subrepticement arroser la France de méthamphétamine, les semi-grossiste ont pour règle « don’t get high with your own supply » et du coup ils ne connaissent pas la qualité de leurs produits, sauf par les retours que leur font leurs plus gros clients consommateurs, leur(s) goûteur(s) quand ils en ont – comme le toxico dans Trainspotting quand ils font le deal vers la fin du film, et pourtant il existe des moyens de savoir un peu ce qu’il y a dedans, comme les réactifs (Mandelin, Marquis, Froehde, Liebermann, Hoffmann, etc…) qu’on peut se procurer discrètement directement sur le clear web pour une somme pas modique du tout (de mémoire c’était environ 15-20 balles par flacon mais un bâtards s’embarrassent pas ) si ça se trouve Amazon les vend. Bref. J’avais dit court.

Quelques tests réactifs (reagent)

Pourquoi j’ai cette réflexion sur l’invasion méthamphétaminique ? Ben déjà parce que pour trouver de la Meth, chez nous, c’est plus compliqué qu’en Angleterre (quoi que je dis ça sans savoir), ou qu’aux USA (et là, tout le monde le sait, c’est LA drogue prisée là-bas sinon ça tient pas debout là Breaking Bad). Elle accroche beaucoup, faut faire gaffe.

Les sels de bain, aussi font partie de ces phénomènes assez locaux, dire qu’ils furent autorisés jusqu’à ce que les gros pontes de la politique de la guerre aux drogues — totalement destructive humainement parlant ; ce n’est pas le produit qui fait le danger quand on reste dans les classiques, cocaïne, héroïne, c’est le dosage – enfin y a quand même des trucs à éviter comme le spice, imitation de cannabis avec des cannabinoïdes chimique, le speed, etc. — n’intervienne pour casser les couilles en le rendant

Alors comment tu fais si tu veux t’offrir l’introduction d’une drogue pas en vogue sur un territoire aussi grand qu’un pays et ainsi être le premier à gérer tout le terrain ? Faut se grouiller d’ailleurs et frapper fort parce que la concurrence arrive vite j’imagine dans ce cas de figure jusqu’à ce que ça soit produit localement. On fait comment ? On se sert de la drogue la plus consommée sur place. Si je voulais rendre tout un pays accro à un nouveau produit, je pourrais pas le faire sans m’associer avec d’autres déjà, donc les producteurs de meth qui visent la France vont aller voir les cartels producteurs de cocaïne (je crois que c’est la 2e drogue consommée, derrière le cannabis – pour moi la 1ère puisque le cannabis soigne) et commencer à couper légèrement des palettes entières de pains de coke, avec de la meth donc. Mais pas que. En teuf une seule fois j’ai vu une fille (jolie, assez jeune, l’air super emmerdé de pas trouver ce qu’elle cherchait) me demander si j’avais du 2-CB. Des mimiques de grosse tox – je sais je les ai aussi souvent. Peut-être ne voulait-elle que tester, bon en tous cas du 2-CB on peut facilement en trouver en teuf. Plus cher qu’un taz, différent et probablement bien plus dangereux puisque avec ce truc le dosage est infime. Je dis pas, les cachets peuvent être gros. Re-bref j’avais dit court.

J’ai eu par un moyen peu orthodoxe l’occasion de goûter de la meth. C’est pas déplaisant. Si ça l’était y aurait pas des épidémies de conso. Encore une, étant incapable de vérifier, c’est à prendre avec des pinces de crabe : si ça n’était pas plaisant on ne verrait pas des centaines de milliers de consommateurs, donc dépeints par des menteurs interprètes à leur sauce au point de déformer radicalement les choses pour que l’auditoire adhère à leur vision à eux, biaisée. Leur réalité d’ailleurs à leur sauce dégueulasse.

Cette série : Breaking Bad, qui n’en a pas au moins vu un épisode ? Connue comme le loup gris, le papa de Malcolm en dealer, bref. Super. Ça nous dépeint un état des USA rongé par cette came. Fumée, shootée, sniffée pour les plus hardcore (les cristaux niquent le zène), toujours apparemment parce que le scénariste, enfin l’auteur de l’histoire de base ou/et celui qui l’a adaptée a peut-être fantasmé, je penche plutôt pour une sorte de surf sur une actualité morbide et typique de l’Amérique. Bon je me suis pas posé la question du comment ils en sont venus à passer du crack à la meth. C’est pas chez moi. Mais là si !

Résolution : Je testerai à l’avenir tous les prods sauf le cannabis évidemment, pour qui les 5 sens suffisent. Les voie d’administration sont souvent multiples et les consommateurs choisissent arbitrairement la leur. La voir nasale (sniffer) est certainement une des pires pour tout le système respiratoire, et pour les yeux aussi, les dents etc. L’IV (shoot) et l’IM (piqûres dans la chair du cul). D’autre fois per os (avalé par la bouche), c’est la méthode la moins répandue, le rituel faisant partie du jeu et manger quelque chose est commun, le sniffer offre un acte inhabituel à l’usager au départ de son aventure au pays des gueudros. Le LSD (buvard), l’ecstasy (cachets pressés de couleur et formes fun pour attirer l’oeil et la curiosité), tous les cachetons en tous genre des dealers légaux (pharmacies, hôpitaux), se prennent ainsi, per os (enfoncé dans le trou du cul – je rigole c’était pour voir si tu suis).

Je vais avoir l’occasion de vérifier ma théorie. Cette méthode viserait à introduire par la force des choses un produit stupéfiant illégal vraiment addictif dans un pays. Méthode que seuls les salauds sans aucun scrupule utilisent, rodée de ouf, et qui marche très bien.

  1. Si besoin, s’associer avec des cartels de la cocaïne, eux vont petit à petit couper au début de manière infime, puis progressivement de plus en plus couper, la cc avec de la Meth.
  2. Les consommateurs réguliers de cc seraient habitués à leur insu à la Meth et progressivement deviendraient toujours à leur insu, de plus en plus accrochés.
    • Les usagers injecteurs dans ces milieux sont plutôt rares, alors que ceux qui sniffent, ainsi que ceux qui basent, sont légion.
    • Côté sniff c’est sans « cuisine » préalable que le produit est consommé par le nez, sniffé comme on dit chez nous.
    • Côté base on noie le produit dans de l’eau en premier lieu, chez nous on dit « cuisiner » ou « faire sa p’tite cuisine » ce qui permet de s’apercevoir de différentes avaries.
    • Ce qu’on sait : la cocaïne se dissout instantanément dans la plupart des liquides et reste translucide comme l’eau. Donc déjà si le produit met du temps à se dissoudre, on sait qu’il est coupé.
    • De plus beaucoup de produits utilisés comme coupe ne se dissolvent pas du tout, ou laissent une eau blanchie, des grains, un dépôt, ou pire : il peut carrément empêcher la dissolution, et c’est que c’est vraiment un produit de coupe dégueulasse, probablement dangereux à consommer via certaines voies d’administration.
    • Suivant la couleur de l’eau et ce qui reste dedans après un filtrage en règle pour l’injection, un passage au bicarbonate de soude ou à l’ammoniaque pour la base, on peut déjà se faire une idée de la pureté du produit et suivant l’expérience qu’on a faire des hypothèses (les certitudes…) afin de tenter d’identifier le produit de coupe voir le dépôt des produits de coupe : la cc se dissout direct en quelques secondes dans l’eau, mais pas le reste.
    • Un coup d’ammoniaque ou de bica plus tard il y a un risque fort de cohésion entre un le produit de coupe (pour aller dans mon sens, par exemple : de la meth) et le liant (bica/ammo).
      Ce qui veut dire que selon le psychotrope ajouté en plus des produits de coupe habituels (lactose, autre produit anesthésiant local pour tromper son monde, etc) il se peut très bien que ce dernier se lie également et de la même façon avec l’ammo. Les baseurs se basent sur un vieux mythe.
  3. Je ne connais pas la suite. Mais à un moment la prise de conscience doit bien arriver d’une manière ou d’une autre, ce afin de switcher sur la meth.
L’AFR tente de démontrer que ce que l’on obtiens après le fameux « nettoyage » de la cocaïne n’est pas de la cocaïne pure et qu’on ne peut donc pas se fier à ça pour déterminer le pourcentage de coupe.

Commentaires sur la vidéo

Pour ce faire ils vont diviser 1 gramme en trois parties égales.
La 1ère va être lavée à l’ammoniaque.
La 2e au bicarbonate de soude.
La 3e ne sera pas touchée et fera office de point de départ pour comparer les 2 échantillons soi disant lavés.
Ce après des analyses poussées.

Gros hic : n’est pas réalisé dans des conditions acceptables. Le minimum pour servir de preuve scientifique (l’AFR ne prétend pas que ce document est une preuve irréfutable), est d’au moins croiser une centaine de résultats d’expériences réalisées dans des conditions identiques au niveau environnement, et différentes au niveau du produit.

Conditions environnementales à prendre en compte (non exhaustif) : même température, proportions strictement identiques, laboratoire stérilisé.

Le produit : sachant que la coke d’un jour à l’autre est souvent différente, il faut en tenir compte et en analyser plusieurs. Mais sans changer l’environnement .

Si tu veux en savoir plus sur les méthodes scientifiques pouvant faire office de preuves, tu peux consulter des documents mis à dispo sur des sites de « zététique » [ext. wiki]
Attention, la cocaïne n’est pas fumable sans en gâcher : si on fume la coke sur une cigarette par exemple comme beaucoup ont coutume de faire, la combustion nique le produit, la cocaïne n’aimant pas du tout la chaleur.

Tester les drogues, je le faisais rarement (excepté celles provenant du DN), dommage car c’est une activité certes illégale puisque détenir, manipuler, transporter etc. des drogue l’est, mais elle est aussi constructive et vient aider à pousser vers des changement d’autres lois stupides favorisant la désertion des bancs de l’AN, politique de l’autruche – expression à la con puisque les autruches ne se planquent pas en terre, idée reçue, mais y écoutent les bruits ambiants et y entendent mieux isolées, peut-être se régulent niv. T° et ne craignent pas trop les prédateurs .

Auto-Psychologie

Cultiver l’art crado

Bon faut que j’avoue un truc. Depuis peu je cultive les peaux. J’ai le même t-shirt depuis 5 jours non-stop, je ne l’ai pas quitté depuis 5 jours. Ce qui implique que je ne me sois pas lavé depuis au moins 5 jours… En fait ça fait plus de 5 jours.

J’ai une dread qui se forme automatiquement au-dessus de ma nuque, derrière ma tête. Crois pas que c’est beau c’est super moche. Parce que ce n’est pas une dread qui a été faite avec amour. Elle se fait toute seule à chaque fois que je me laisse pousser les cheveux et que je n’en prends pas soin. Et elle part dans tous les sens, ce qui fait qu’on ne peut pas la cacher et que dans mon dos on ne voit qu’elle.

Tout ceci fait que j’ai l’air d’un vrai clochard.

Mais comment en suis-je arrivé là ? Tomber si bas est singulier, j’en conviens. Je pense que c’est la suite logique des choses. Beaucoup de facteurs dont certains sont bien loin dans le temps ont donné ce résultat. Pas la peine de les énumérer. Et je ne serais de toutes façons pas exhaustif. Expliquer, toujours expliquer… c’est fatiguant à force d’expliquer. Que ce soit de s’expliquer à soi, ou d’expliquer aux autres. Et puis là il n’y a aucun intérêt.

Ça ne veut pas dire que je déprime plus que d’habitude, au contraire. Mon environnement a, certes soudainement, changé. Et ce détail est énorme, à lui seul il pourrait suffire à expliquer que justement je ne déprime pas plus que d’habitude. On peut dire que ça se maintient à niveau plat. J’ai toujours des envies de crever, ça va sans dire… Mais si ça arrive un petit peu plus tard que prévu, tant pis, je n’en ferai pas une maladie. Même si encore hier soir je me vois en train de prier à l’attention de tous les dieux réunis en un seul, de me laisser mourir maintenant parce que je pensais que dans cette vie j’avais assez souffert et qu’il fallait maintenant me laisser passer à la vie suivante. C’était mes arguments. Pour illustrer j’étais dans un lit, je n’arrivais pas à dormir et j’avais mal partout, spécifiquement aux endroits de mon corps qui étaient en contact avec le lit, mon corps faisant pression.

Je suis handicapé en ce moment, plus que d’habitude, j’ai cette sensation que les gens lorsqu’ils voient un handicapé, la première chose qu’ils ont envie de faire est de se moquer. Évidemment, il y a des choses que les gens ont intégrées en société. Par exemple, on ne se moque pas d’un handicapé en fauteuil roulant. Les autres gens trouveront ça dégueulasse. Par contre un mec qui a un handicap non visible au 1er coup d’œil, les gens se joindront bien volontiers au merle moqueur (la petite raclure de chiotte qui rigole).

J’en parlais à une amie hier, et elle me disait que c’est dans l’éducation. Je ne sais pas si c’est vrai mais en tout cas moi, quand je vois quelqu’un qui galère, même s’il a l’air drôle, ben je me fous pas de sa gueule. Ce qui ne fait pas de moi quelqu’un de mieux que les autres.

Auto-Psychologie

Sale temps pour un gauchiasse à Fisdeputac

Les petites villes provinciales du Limousin sont souvent des villes de sales fachos, homophobes patentés, que ce soit côté français, ou côté étranger, tous adeptes du communautarisme. 

Et au milieu coule quelques gauchistes. Celui-là va se recoucher tas d’enculés.  

En fait pas tout de suite. Permets moi d’abord de te dépeindre une ville type d’ici, (appelons-la Fisdeputac) pour que soit tu l’évites, soit ça attise ta curiosité et que tu ailles dans un de ces zoo humain de merde leur balancer des cacahuètes.

Humidité : 80% été comme hiver. Ah bah on comprend mieux pourquoi ils sont tous cons là-bas… Reste les couilles qui trempent dans l’eau 24/24 7/7 toi et ensuite on en reparle. Faut être super déterminé à rester quelque part quand ce quelque part est désagréable comme ici. On imagine bien les bébés pas changés leurs propriétaires croyant que leur pisse c’est l’humidité… Bah oui parce qu’ils ont tous le nez bouchés quasi tout le temps : soit ils sniffent toutes sortes de drogues tout en crachant sur les injecteurs qui respirent, eux, relativement bien. Soit ils sont malades (seulement les immigrés de cette ville spéciale, les autres ont mutés version crapauds).

Les punks s’embourgeoisent ici. C’est presque automatique. La sympathie des gendarmes te donne envie de leur faire confiance. De leur parler. Mais ça reste des putes, faut pas rêver. 

Des sales races les appellent pour un ongle cassé. Ils se déplacent. Par contre le jour où des gens tentent de casser ta porte, ils ne viennent pas évidemment. Si tu n’es pas d’ici en tous cas. Donc faut s’adapter. S’armer. Régler les choses soi-même et en définitive c’est toujours mieux de faire ça. Ca s’appelle l’action directe. J’ai toujours eu de la sympathie pour ce groupe activiste assassin de nuisibles (notamment un juge ou je ne sais plus on s’en fout, un flic ou un politicien) AD. Parce que voilà, ça c’est une action concrète… Tuer des nuisibles qui participent activement à ce que le monde se maintienne tel qu’il est : gouverné par le fric, c’est quelque chose d’utile.

Par exemple, les maires. Des voleurs les 3/4 du temps comme beaucoup de monde ici. On voit bien que les rues sont entretenues parfois 1x par 5 ans… L’argent passe dans ? On sait pas. Ici seules les hautes classes ont droit à leur poubelle individuelle. Et les propriétaires entrent chez leurs locataires quand ils ne sont pas là. De quoi rendre fou.

Auto-Psychologie

Le méchant moi

Y a des vagues et des marées dans ma vie comme dans ma tête. Des vagues basses et des marées hautes, et vice versa.

Ma plus grande peur est … inavouable

Je m’invente des frères et sœurs. J’en ai pourtant du sang.

Mes anges et Dieu guident certains de mes pas,

J’ai toujours été solitaire. Non. C’est faux.

Je passe mon temps à reproduire, imiter. Aucune originalité dans mes comportements et créations. Tout ce que je fais a un goût de réchauffé. L’intégralité de mon œuvre est une pâle copie. Je n’étais pas inspiré et j’aurais sans doute aimé partir de moi pour inventer mon premier poème mais je ne voyais rien d’inspirant autour de moi. Alors j’ai refait un poème, et ça a donné mon 1er texte, paraphrasé sur celui qui se trouvait dans le manuel de CE1 ou de 6e. Je pense avoir posé ce jour les bases de mon œuvre : rien de nouveau. Il faut que je replonge. Redéfinir les bases. Mes bases.

Il est un monde d’imagination derrière une porte déjà ouverte, c’est le même monde mais je suis libre dans celui-là. C’est celui que j’explore depuis longtemps mais je ne sais pas si j’ai ne serait-ce que franchi ladite porte. Je suis resté sur le seuil et j’ai monté toutes sortes de magouilles pour l’exploration qui n’aura été semble-t-il qu’observation, de loin.

Ma vie est une aventure, elle est partie dans tous les sens. Chaque période a eu ses rebondissements, ses joies, ses peines, OK. Une aventure avec peu de victoires. Aucun intérêt de s’attarder sur le passé, ma vie a déjà commencé plusieurs fois. C’est comme si j’étais dans un jeu stupide, et que j’avais plusieurs vies. A chaque fois je me réinvente à partir de modèles de vie que j’idéalise.

J’ai fait de l’originalité un des mes piliers. J’essaye tout le temps d’être original. Au détriment de moi. Moi c’est qui déjà ? Je me suis perdu en route et je ne sais plus qui je suis. J’ai pris tellement de masques différents que je ne sais plus où est mon vrai visage. Confusion.

Il n’y a pas d’original, j’aimerais bien que ce soit le cas, pourtant c’est faux, y en a un, et quand il s’est rendu compte du complot il s’est indigné et a commencé ce travail. Ça aussi j’aimerais bien que ce soit le cas. L’original c’est qui ?

J’ai passé apparemment ma vie à jouer entre différents déguisements. A jouer à ce jeu on se perd. Les masques se solidarisent progressivement du visage. Le résultat est laid. Là je visionne une autre situation dans laquelle les déguisements pourraient être échangés en toute conscience. Cela aurait demandé plus d’intelligence que j’en aie. Et ça aurait fait de moi un genre de pervers. Mais ne le suis-je pas ?

Bonne question. J’espère que non. Je ne crois pas. Cruel ? Non. Pas ce genre d’immoralité, mais immoral oui. Mais si être immoral fait de soi un pervers alors nous sommes tellement nombreux… Les morales sont plus ou moins importantes voire nulles selon les mœurs et les mœurs correspondent à des lieux et époques précis.

C’est mon comportement qui déconne. Je dois cesser ça. Le méchant est un déguisement qui ne me va pas, dangereux, j’ai déjà suicidé certains de mes personnages, là je ne vois pas lesquels, étant donné que je n’avais pas conscience de ça je n’ai pas assez de recul pour tout voir. Je n’ai pas de liste.

Auto-Psychologie, Mini fictions

Quel est le problème docteur ?

Billet classé dans les fictions à cause de la fin, donc pour la fiction c’est juste avant la légende. C’est dû au hasard si elle est là, je n’ai jamais vécu ce que je raconte, bien que pas loin. Je suis parti en fiction sans réfléchir et l’ai continuée avec plaisir et toujours sans réfléchir.

Certaines priorités ont été revues dans mon organisation personnelle du bien et du mal. Cela dit, quelques uns de mes propos, mal interprétés ou pris trop au pied de la lettre, pourraient laisser penser que j’ai dépassé la limite de ce qui est globalement acceptable. En fait il faut voir ça autrement. Parce qu’il y a des changements que j’ai voulu qui pourront prendre racine en moi, et d’autres non, ces autres sont ceux les moins faits pour moi et ils ne seront même pas tentés, et forcément zappés et tant pis (ou tant mieux). Et non je ne deviens pas, et ne deviendrai pas raciste anti-asiat’ (certainement pas!) ni juste faf parce que je lis les bandes dessinées de Marsault et que le cher Marsault (au bout du lien une erreur, une waff n’est pas tume-cou), je me souviens, se défendait d’être raciste, sur facebook, y a 2 ou 3 (ou plus) ans, le contenu de ses albums ne laisse aucun doute : faf ou tellement provo sur le sujet qu’il a dû se perdre, et à mon avis il l’est, il l’a toujours été et c’est relativement assumé, sauf pour son image publique qui veut gratter des lecteurs pas à droite. Un lecteur amusé par certaines de ses planches est à coup sûr raciste. J’aime bien son coup de crayon et heureusement que y en a pas sur chaque page, des trucs rappelant la liaison entre Marsault et les fachos. Je suis un peu déçu mais pas étonné finalement de découvrir ça. Je le pensais plus cool idéologiquement.

Alors moi personnellement en ce moment, non content de l’isolement, que j’ai souhaité pourtant, que je vis et non subis, je cherche à me délester de convictions, certes. C’est vrai. Mais en faisant ça je tente de me faire évoluer intellectuellement dans un sens qui serait plutôt régression qu’évolution. Et bah tu sais quoi ? Ça ne fonctionne pas comme ça chez moi. Je vais t’identifier clairement mon intention aussi pathétique qu’elle soit : vengeance par autodestruction (régression). Vengeance de quoi ? Intéressant. Vengeance de quoi ?? De qui ?

D’immenses montagnes ont poussées, mais basées sur rien ou si peu, un sentiment de persécution entre autre, et c’est là que ma partie construction mentale paranoïaque montre quelques unes de ses ramifications. Une montagne prend ses racines dans la parano, mais reste un mélange de plein de choses, dont des faits pas encore expliqués, ni interprétés. Par exemple un ressentiment reste en fond, un par histoire d’amour qui a duré, mais brisée trop tôt à mon goût – il fait un temps à ne pas être un-e ex à moi ! Je plaisantais ici : je n’ai pas de haine pour mes ex, j’en ai eu pour certaines à des moments précis post-rupture, mais d’une ça n’a donné aucun acte, je passe rarement à l’acte, et de deux ça s’estompe très vite, avec le temps (très vite, ça dépend, ça peut rester des années avant de foutre le camp) ce type de réaction, par contre c’est extrême. Le ressentiment est dirigé contre moi puisque je suis un acteur de l’histoire triste, contre la terre entière car la théorie du chaos, la théorie du chaos… et contre la nana, mais cette dernière colère ne s’exprime qu’au tout début, quand la rupture est fraiche. Elle résulte en des tentatives de récupérer la nana perdue, mais c’est tellement désespéré et motivé par cette dépendance que chaque fois c’est en vain. Magouilles tournées en raisons évidentes et tellement logiques que tu ne peux que revenir vois-tu ? Et bien sûr, ça n’a jamais fonctionné. Bon, en tous cas la résignation à une idée, que c’est fini et que l’autre est possiblement en train de démarrer une nouvelle love story aussi magique voire plus qu’avec toi, si on peut y penser sans pincement au coeur, alors là c’est bon. Mais il se peut que tout n’ait pas été nettoyé à fond, et s’il reste un peu de colère ou d’incompréhension, sentiment d’abandon, etc, des émotions encore actives, alors ça peut remonter, se maintenir, encore un moment. Quel intérêt ? Elle… Et elle c’est tout, enfin bref, on est pas prêt à faire une croix sur quelqu’un qu’on a placé au centre de sa vie. Isabelle Padovani a fait une super vidéo là-dessus. Je te et me la mets, Isabelle c’est super positif, une vidéo d’elle, même plusieurs en off, ça peut faire du bien, elle pratique l’humour et ça me fait souvent sourire, utile en ces temps. Elle est pleine d’une énergie si impressionnante, si positive même quand elle parle de choses négatives. Quand on discoure des fois on doit faire mention de trucs pas cool, la joie est livrée avec son opposé, qui est euuh, la tristesse ? Pas sûr. La souffrance d’un côté la jouissance de l’autre, c’est idem. Pour jouir convenablement – ta gueule t’arrêtes pas d’en causer comme si c’était le graal, tu fais chier

Donc sentiment de persécution, histoires d’amour avortées, et quoi d’autre ? Ma situation précaire dont je rejette facilement la faute sur le système, alors que c’est quelque chose que je choisis à partir du moment où je dis que je ne souhaite pas, plus, travailler (pour ne parler que de ça). C’est une vengeance sur la vie et ses aléas, puérile car perpétrée par la victime, sur la victime.

Le sentiment de persécution, j’ai l’impression de le contrôler. Je l’ai par exemple lorsque je revendique faire partie d’une minorité – une dont les individus préfèrent généralement garder publiquement secret le fait qu’ils en font partie (puis choisir ensuite à qui ou pas divulguer l’information) : la minorité des injecteurs de drogues pour raisons récréatives. Les raisons récréatives de prendre des opiacés deviennent vite un besoin, le manque agissant physiquement sur l’individu le pousse à palier à ce problème. L’état de défonce baisse d’intensité, et devient l’état normal (l’état de manque est pénible).

Ce sentiment de persécution tire sa source dans l’enfance, mais concernant la toxicomanie, il part de peu de choses : une période où il était flagrant que je consommais, j’avais alors des passages répétés quotidiens dans les quartiers de Paris où on pouvait acheter dans la rue, et je me faisais souvent emmener au comiko (P), lieux où on ne m’a pas toujours montré du mépris d’ailleurs. Rarement même, et c’était le fait de quelques éléments policiers nocifs. Mais les fois où je me suis senti vraiment mal en présence de l’autorité m’ont marquées.

Ma culture punk aidant, mes origines banlieusardes, j’ai nourri assez tôt un ressentiment contre la police. Y sont associés toutes les personnes honnêtes par souci de respect des lois, mêmes les plus stupides, qui dépendent des flics, et aussi tous les corps de métier qui sont associés à eux. Donc les gens que j’appelle parfois, sans pouvoir d’ailleurs bien en définir les limites, les bourgeois. Et pour les métiers, ceux du juridique, avocats, juges, procureurs, etc car ils ne les défendent pas de manière aussi impartiale que les autres. Les métiers de la politique, ministre, préfet, sans besoin de raison particulière, mais le premier policier de France est quasiment à la tête du pays. Ceux de la finance qui sont intimement liés aux derniers, comment ne pas nourrir de haine contre tout ça ? Et je n’ai parlé que de la surface, les premiers qui me viennent à l’esprit. Mais je m’éloigne, je ne veux pas plaider pour la contestation du système mais identifier la masse contre laquelle je me venge en me détruisant, ce qui est vraiment improductif et bête.

J’ai dû me faire traiter à peine 3-4 fois de sale tox, et ça a généré une forme de sentiment d’appartenance, à un club fermé et qui a vraiment une sale réputation, un club de bad boys et de bad girls, dont semble-t-il personne n’a envie de faire partie. Pourtant, parfois si. Et on se complaît vite dans ce qu’on fait quand ce qu’on fait est borderline. Près du bord, de la brèche, mais avant de le faire et de passer ce cap de funambule, on a probablement soi-même été fasciné par au moins une de ces personnes injectrices.

Il y a aussi des gens qui ont des idées fixes tout en sachant pertinemment la nocivité de ces idées. J’ai vu ça. Idée fixe depuis l’enfance : se shooter. « Bel avenir… » est la réaction type sarcastique qu’on en retient dans l’inconscient collectif. Car se shooter ne peut pas être un loisir comme fumer une clope, l’injecteur a tendance à faire tourner sa vie autour du produit, et du rituel du shoot. Et c’est vrai, mais c’est le résultat de la prohibition qui complique les choses pour se procurer les produits, ce qui augmente aussi le stress chez les consommateurs qui doivent parfois multiplier les astuces pour accéder à leur loisir. Les prix élevés jouent aussi, les accros les plus pauvres passent leur temps à réunir à peine de quoi se défoncer et se contentent souvent de camisoles chimiques proposées par la médecine.

Quoi que j’en dise, on devient vite obsédé par le produit qu’on aime plus que les autres. Et c’est un fait, c’est l’addiction. Sans prohibition, est-ce que ça changerait quelque chose ? Je ne saurais pas répondre. Faudrait demander à une personne Suisse qui reçoit un traitement d’héroïne médicalisée tous les jours. Et la Suisse reste quand même un lieu où sont prohibées héroïne etc. Ça ne répondrait à la question que pour les injecteurs d’opiacés. L’addiction fonctionne différemment selon ce a quoi elle est liée, la légalité joue un rôle dans la gestion de cette addiction au quotidien, mais beaucoup d’autres facteurs entrent en jeu.

La gestion de l’addiction au quotidien… Comme c’est bien dit… elle peut être envahissante au point de prendre toute la place, ou être vécue bien plus facilement, comme un soin quotidien, avec toute une palette de nuances entre les deux. Lorsqu’on est sous méthadone et qu’on prend sérieusement son traitement (sans les fameux extras), il devient alors accessoire et on peut utiliser son temps pour plein d’autres choses. La prise de méthadone (sirop ou gélules) n’impliquant pas l’usage de seringue est sans aucun doute moins obsédante. Le rituel est plus accepté on va dire, aussi. Moins abusé. La prise d’un médicament par voie orale, per os, n’isole pas.

Ouais j’aime bien me la péter et utiliser des termes scientifiques, médicaux. Et je fais mon expert là, mais ce n’est qu’une diversion. Il y a tout un monde duquel je me suis exclu, d’autant plus oppressant que ce monde est un acteur clé dans une construction mentale tantôt paranoïaque et insensée tantôt sensée. Et ils ne manquent pas, les prétextes pour continuer de s’en exclure. C’est une exclusion volontaire, due au départ à un sentiment, lui justifié, d’exclusion quand j’étais gosse à l’école, et à l’adolescence au collège. Ensuite je fus autorisé à franchir toutes les portes de toute choses. A l’époque de mon enfance/ado, je n’avais pas accès niveau pratique et compréhension, au monde de jeux, puis de popularité, bonne ou mauvaise réputation, le monde des enfants avec tout ce qu’il implique, ce monde que construisaient mes camarades. Alors au lieu de sagement attendre le moment où on daignerait m’autoriser à comme tout le monde partager des choses avec les autres, j’ai décidé très tôt que ça ne m’intéressait pas et que ça ne m’intéresserai jamais. Je n’entrerai pas dedans. Le rejet ça reste et ça donne de la haine.

J’en veux à plein de gens, d’avoir participé au truc, ou de n’avoir rien fait par exemple pour les adultes censés empêcher la violence entre enfants. Je ne comprenais pas, et ça me révoltait, que des adultes censés avoir un rôle d’éducateurs, d’arbitres aussi (les adultes à l’école peuvent trancher là où les enfants n’ont pas ce pouvoir), laissaient faire les petites saloperies que les enfants dans leur grande innocence se font entre eux. Je me retrouvais souvent la risée de l’école et sans doute que d’autres enfants y passaient aussi, mais j’étais tellement obnubilé par ma condition, attristé et dans l’incompréhension totale, que je ne le voyais pas, je ne voyais que moi. Il faut comprendre, j’étais très impulsif, j’insultais facilement protégé par le grillage, d’autres jeunes plus vieux que moi, collégiens, et à la sortie ils m’attendaient, logique. Violence. A la maison, c’était difficile, il y avait de la violence parfois. Ma mère ne s’en sortait pas et avait opté pour des réaction évolutives, de plus en plus violentes en fonction de mon âge. Elle n’est pas à blâmer, surtout pas ! Elle subissait aussi.

Ma vengeance sur moi-même n’ennuie que des personnes qui n’ont rien à voir avec mon histoire passée, mon enfance, des proches d’aujourd’hui. Agir ainsi est puéril en plus d’être destructif, je le sais bien, je tente de perdre cette habitude mais c’est difficile. Rien d’impossible. Mais l’habitude est devenue mécanique, et je ne peux déceler les prémisses de ce type de réaction qu’une fois devant le fait accompli. Je dois apprendre à le voir avant. A en déjouer les pièges.

Bref je vais conclure (c’est ça, on va dire que le billet s’arrête là, tout ce qui suit est superflu mais bon je vais le laisser s’exprimer j’ai l’impression qu’il en a super envie…) car j’entame la 3e page là sur mon logiciel de traitement de texte. Et j’ai envie de passer à autre chose. Dessin, rimes… Aujourd’hui en parlant de rimes j’ai écouté les morceaux disponibles sur YT du dernier projet de Casey la rappeuse. Ausgang, groupe de fusion, et c’est de la fusion avec le parler de Casey. Comme elle l’avait laissé entendre dans une conférence, elle a réalisé collectivement le 2e projet de fusion rock/rap. La fusion rock/rap était un style en vogue dans les années 90, les milieux du rap de du hard rock s’opposant souvent surtout au niveau des auditeurs, le rap descendait des cités et était écouté surtout par des jeunes des cités, et le rock touchait davantage des gens provenant des classes moyennes. J’ai réalisé ça récemment. Et donc il y a eu une volonté de la part d’artistes de réconcilier les deux courants culturels, on vit apparaître des mélanges des deux. Les chanteurs commençaient à rapper des couplets entiers. Des groupes avaient plusieurs chanteurs qui avaient chacun leur spécialité (chant/rap). Silmarils s’est illustré là-dedans, prenant le train en marche, celui conduit par Ice T et Ernie C à la gratte, via ses albums de fusion (Body Count) en 1994. Les Beastie Boys avaient aussi posé des bases. Noone is innocent en France aussi avaient marqué les esprits avec leur chanson antiraciste « la peau ». Il faut dire que ces deux milieux, rap/rock étaient souvent pleins de haine pour l’autre. Dans le milieu du hard rock, ce qui n’était pas majoritaire, du racisme à noter. Hormis les groupes skin heads de type RIC (Rock identitaire français) et RAC (rock anticommuniste) – musique oï politisée et parfois apolitique non raciste – il n’y avait quasiment pas de racisme dans la musique française populaire. Les styles RIC et RAC étaient marginaux.

Il faut bien comprendre le contexte de l’époque : d’une société où le racisme Blanc contre tout immigré était très présent, on évoluait vers une société mixte où le racisme est mal vu. Celle d’aujourd’hui avec toutes ses spécificités et ses incohérences (comme le fait que l’islamophobie n’est pas traitée au même titre que l’antisémitisme, bien plus sévèrement condamné). Celle de l’époque était carrément injuste et il ne faisait pas bon être typé, ça a donné la Marche pour l’égalité et contre le racisme qui a pris racine en 1983 initiative d’un seul homme, par exemple. Je dis par exemple parce que j’ignore le reste, j’ai découvert ça par le film La Marche [ext. IMDB] qui raconte l’histoire 30 ans après (2013), et tant mieux car ça permet aux gens comme moi d’avoir vent de cette manifestation. Le rôle du marcheur : Tewfik Jallab, et fait qui m’a plu aussi, on a Jamel Debbouze dans le rôle d’un mec un peu casse couilles si je me souviens bien, mais un qui marche, Hassan.

Je me souviens encore du badge qui a précédé l’apparition et la mode des pins, estampillé « touche pas à mon pote ». Le pote en question était généralement soit né en France de parents immigrés Africains, soit né au bled et ayant grandi en France. Cette campagne de SOS Racisme a touché tout le monde, dans les cours de récréation je voyais plein de ces badges. Je pense que cette campagne a été responsable en partie d’un élan de tolérance envers les étrangers, tout allait dans ce sens : on devait bien traiter les immigrés. Car le constat était flippant : la France était raciste. C’était certainement difficile pour les jeunes Noirs et les jeunes Arabes, et je dis certainement car j’étais trop jeune pour avoir fait autre chose que considérer le badge comme une mode, mais pas de ça chez nous ! On ne cédait pas aux modes dans mon foyer, même les modes très socialistes. Moi, la tolérance envers tout le monde était dans mon éducation. Ce détail a changé plus tard, et a encore changé pour retourner vers une tolérance totale envers les étrangers et leurs enfants, et une intolérance totale pour les racistes. On avait un copain né au Cameroun si ma mémoire est bonne, qu’on surnommait Popote. Nous devions avoir dans les 6-8 ans, Popote avait un accent Africain, un peu de mal à parler, mais suffisamment débrouillard pour apprendre la langue sans cours supplémentaires. C’était notre super copain avec mon frère. Je ne sais pas si c’était volontaire de la part de ma mère mais les copains qu’on avait à cet âge étaient tous d’origine Africaine. Ma mère avait une dent contre les Arabes, mais aimait suffisamment (n’avait rien contre leur présence disons – sans doute studieuse et au courant des 400 ans d’esclavages, je ne sais pas) les Noirs pour s’être mis en couple une fois avec un Noir (histoire de famille). Mes grands-parents étaient racistes, des Bourgeois qui vivaient aisément, et il me semble avoir entendu de la bouche de ma génitrice qu’elle avait fait ça surtout pour emmerder son père ou sa mère (ou les deux). Mais par la suite, on a eu un beau-père raciste. Il détestait les Noirs mais appréciait les Arabes, l’inverse de ma mère. Débats sans fin et de sourds, à table, remarques racistes de ma mère pour les arabes, elle n’aimait pas la langue, l’accent, le type très large du maghrébin de base.

Après y a eu un retour des Yoyos, des jouets divers, et les images à coller dans les albums, mais on avait encore, pour beaucoup, des billes. Mais les modes c’était les modes… Quand une mode sévissait, tu le voyais, toute la cour de récréation était aux couleurs de ladite mode. Sauf moi !

Bon, précision, à l’époque ça travaillait aussi chez nous contre le racisme et ma mère se faisait violence en laissant un de nos copains Macocain venir jouer à la maison. Mon frère et moi avions des copains de toutes origines. Deux supers copains avaient tendance à venir souvent, un Marocain et un Noir d’Afrique genre Mali ou Cameroun, je sais plus. Mes parents même si ça menaçait de rompre, étaient encore ensemble. Or, mon père était un pur socialiste. La France était accessoirement depuis environ 20 ans pour l’immigration sur un territoire à tendance chauvin. Donc arrivées de personnes souhaitant travailler en France, mais fait important : à qui on a dit de venir ! A qui on a promis la lune comme un politicien sait le faire, sans prévoir ce qui allait se passer comme les politiciens savent si bien faire également (oublier de prévoir les conséquences). Les politiciens en place ont fait ça. Et puis ils ont revu leur urbanisme, faut bien les mettre quelque part tous ces gens… Une maison ça coûte bonbon. Alors ils ont construit autour des grandes villes, d’immenses cités prometteuses de bonheur et d’harmonie entre les immigrés et les français (souvent racistes donc). Les entreprises ont besoin de main d’œuvre bon marché, nous sommes alors à l’époque post-guerre mondiale #2, baby-boom etc. Relance de l’industrie, besoin de plus de bras et pour des tâches ingrates. L’industrie prend un chemin plus cadré, axé surtout sur les grosses têtes et l’écart entre les salaires des ouvrier et des cadres s’étend. Le Français ne souhaite plus s’emmerder à travailler pour un salaire de merde, qui plus est à faire quelque chose de répétitif, chiant, peu gratifiant, alors selon le métier des places peuvent être prisées ou vacantes. Seulement avec un peuple français raciste en majorité, car beaucoup l’étaient carrément mécaniquement, vu que ce n’était pas encore considéré comme nuisible, le racisme coulait, hélas, de source, il était normal que chacun aie ses têtes tels mon beau-père qui reprochait aux Noirs d’être fainéants et ma mère qui elle, fonctionnait plus au feeling, l’odeur des gens, le type de faciès, l’accent, la façon de s’exprimer, elle détestait tout ça. Dommage.

Une chose : souvent lorsque une personne arabophone parle, les hommes disons provenant des classes populaires, j’entends de l’agressivité. Comme un militaire qui donnerait des ordres. Je ne connais pas l’Arabe ou trop peu. J’ai l’impression qu’il se doit, pour le parler, de s’imposer à l’autre en articulant chaque syllabe, les mains et le reste du corps bouge, langage corporel, verbal et non verbal. Aussi, des sons de cette langue, le H (ﻉ, ça s’appelle aïne on le voit souvent écrit 3 sur le net), se prononce en raclant la gorge – pour les français qui ont fréquenté des Arabes musulmans, ce mot revient souvent : le 3alouf (le cochon), il commence par ce son. Ça peut paraître agressif pour un profane. Mais j’ai entendu aussi (dans un film) une femme parler l’Arabe (maintenant que j’y pense car la maman du copain Arabe dont j’ai parlé plus haut avait un certain bagou mais étant à la tête d’un cheptel de 5-6-7 enfants elle parlait vite et elle hurlait). Et avec une voix douce, qui cherche le moins possible à racler les 3, c’est d’une beauté…

Donc je pense que mon ressenti qui a mené à l’idée que la langue Arabe est une langue dure qui se parle de manière agressive, se base sur les quelques discussions passionnées que j’ai vu se dérouler parfois, sur un quai de gare, chez un copain, dans des films La Haine-like, donc en Arabe pur et dur. Si ma pensée erronée à propos de ça se base sur un ressenti, ça sera difficile de rectifier et de changer d’idée. L’Arabe est une superbe langue comme toute langue quand on s’attarde à écouter parler les gens. La position d’un profane qui écoute et tente selon le ton de la discussion, les gestes, la gentillesse ou l’animosité des interlocuteurs, de comprendre déjà le thème, puis les positions des parleurs, ça m’intéresse. A la Réunion ils appellent ça Zoreils. Ce sont les gens qui ne parlent pas Créole et qui tendent l’oreille pour tenter de comprendre tout de même, en s’aidant des mots communs à leur langue que le natif réunionnais prononce. Mais c’est pas gentil. C’est pour se moquer.

Mais il a fallu du temps et beaucoup de faits divers, faits marquants pas si divers, des actes choquant, pour que le Français chauvin évolue vers le Français ouvert à la différence. Et il y a eu à coup sûr de la violence perpétrée sur les immigrés, outre les insultes quotidiennes qu’ont dû longtemps supporter les premiers immigrés, mais aussi leurs familles, au boulot, à l’école, au magasin, etc. Il y a eu beaucoup de choses pas nettes, je n’en connais que peu (tant mieux c’est dur de savoir ce type de choses). Par exemple, l’affaire des « enfants de la Creuse », sombre histoire de déportation massive d’enfants des îles à qui on promettait la lune. Ils devaient aller repeupler les départements comme la Creuse.

Les enfants de la Creuse

Quelle affaire ! Les enfants étaient choisis en fonction de leur statut familial, priorité aux orphelins, abandonnés, etc. Ils ne manqueront à personne après leur envoi sur le continent. Les Caraïbes ont été une terre de ressources aussi bien matérielles qu’humaines.

Ces gamins finissaient adoptés pour les plus chanceux, exploités sur place pour les moins beaux. Voire serviteurs chez des Blancs, j’ai pu voir un reportage d’époque, des filles suivaient des cours pour être bonnes à tout faire, femmes de ménage, quel avenir prometteur ! C’est un genre de mise à dispo très pratique d’un stock de gamins, pour les parents en recherche d’exotisme ou de main d’œuvre de maison, d’esclaves mineurs, en France, les mineurs travailleurs étaient dans une situation qui ne leur permettait pas de discuter puisqu’ils étaient hors-la-loi, et que les payer normalement avec fiche de paye etc, serait pour un patron avouer qu’il a fait bosser un enfant.

Si je n’étais pas venu vivre en Creuse je n’aurais jamais eu vent de cette sombre affaire. J’ai entendu parler de ça parce que j’ai voulu connaître un peu l’histoire du département. Au moins la survoler… Par hasard donc. Le côté On est pas fier de ça donc on va le taire quitte à le supprimer des programmes scolaires quand il y est de la France, refusant souvent d’assumer des saloperies perpétrées sur des étrangers, ou simplement sur des Noirs Français, montre bien le degré de mépris avec lequel tous sont considérés. J’assimile les étrangers très facilement avec des Français, mais les Noirs en partie proviennent d’îles françaises… Si le Français est Blanc historiquement, les choses évoluent et le Sud-Africain est Noir historiquement, pourtant ce sont des Blancs qui tirent les ficelles là-bas.

J’ai tellement de colère, et littéralement de haine aussi, à propos, contre, beaucoup de faits, et aussi pour des acteurs de ces faits. Un fait est un événement qui s’est déroulé, c’est une chose établie. Un fait marquant, c’est différent selon la personne marquée, c’est un truc qu’on n’oublie pas. Un fait dérangeant, c’est ton voisin qui retire ses groles. Ou pour un mec lambda rentrant du travail qui va casser les couilles (quand il en a, lui) au tox qui s’est à peine caché pour se faire son fix, l’urgence l’ayant poussé à outrepasser des règles (dont la 1ère devrait être : un minimum d’intimité, pas devant les gens) qu’il s’impose. L’urgence ? « Un shoot ou je me chie dessus ». Mais bon, là ça part d’une bonne intention, cassage de couilles mais sans haine, d’ailleurs si ça se trouve il est cool le mec…

Attends ce mec a eu le courage après t’avoir vu te cacher vainement en te perçant le bras, de se lever, de venir vers toi, de te parler, tout ça alors qu’il n’aime pas le shoot, de s’intéresser à ta vie même, un instant certes, mais il a fait tout ça, pour te dire de ne pas faire ce que tu ne fais jamais en règle générale et que là, exceptionnellement (tu t’arrangeras pour ne plus jamais être malade dans le train du retour) tu l’as fait, fébrile… L’effet léger de l’héro injectée t’aide à être social, le thème de départ (t’engueuler) est saoulant mais la conversation qui s’en suit est géniale. En fait, ce mec là, il a galéré dans sa vie, beaucoup. Son aversion pour les shootés vient d’un mort dans sa famille. Un proche, trop proche. « C’est souvent comme ça », tu lui dis. Tu ajoutes « Y a des gens qui sont totalement fermés sur le sujet parce qu’ils ont vu quelqu’un qu’ils aimaient progressivement régresser physiquement et mentalement, et finalement mourir seul, ils s’en veulent parce qu’ils n’ont pas pu faire grand chose vu que le désaccord sur le sujet principal fausse toutes les conversations. » Et il t’écoute, semblant étonné. Tu penses qu’il est étonné de toi, un tox, capable de telles réflexions, et de s’exprimer de manière très compréhensible. Tu lui dis aussi que tu apprécies vraiment son geste, celui d’être venu en se faisant violence, et tu t’excuses 30 fois au cours de la conversation passionnante, en mentionnant une du bout des lèvres que tu étais malade et que tu n’avais pas d’autre endroit dans ce laps de temps, que c’est une chose qui t’a coûté de faire ça, mais que finalement le destin a provoqué cette conversation, cette rencontre inattendue. Un mec un peu plus vieux que toi, mais au destin moins pernicieux. Il a perdu sa femme avec qui il était depuis 3 ans, mariés sur un coup de tête, relation passionnée, s’est suicidée sans explication ce qui l’a secoué au point de faire une crise de nerfs qui l’a envoyé à l’hôpital psychiatrique pendant 2 ans et demi complets, sans jamais une seule fois en sortir. Là il repart de zéro, nouvel appart, nouveau boulot, « J’ai pas un look de tueur ? » te demande-t-il pour conclure, il saisit sa veste et tourne sur lui-même. Il est en costume et jamais tu n’aurais pu deviner que ce type sort d’HP. Chacun son histoire… La tienne est bien trop longue pour la résumer en si peu de temps, tu ne lui as sorti que des bribes quand ce qu’il disait te faisait penser à un détail. Le RER arrive à ta gare, lui sort à la suivante. Tu le salues, tu hésites à prendre son numéro, mais décides que le hasard fera certainement bien les choses ; tu sais que tu le reverras. En descendant du train, avec un grand sourire, tu te dis que ce mec, vu sa vie, son passé, aurait pu avoir passé une période de sa vie à se shooter, comme toi. Mais il ne l’a pas fait. Chacun se dirige vers ce pour quoi il est fait et parfois un homme particulier est fait, un temps, pour se détruire. Parfois ça mène à la mort. D’autres fois à des aventures inouïes.

Chhht…

Légende de merde

(P) Commissariat. Argot de cité.

Auto-Psychologie

Coupable

Voilà où j’en suis. Et c’est pas beau à voir. Je fais des choses qui vont loin à l’encontre de ce que je sais être juste. C’est sans doute comme ça que doit se sentir quelqu’un qui change. Et mon karma ? La somme de toutes les choses bonnes et mauvaises, le mot karma fait un peu new wave machin truc, mais c’est un mot qui a du sens. La culpabilité est un sentiment humain. L’Homme se sent coupable. Pourquoi se sent-il coupable ? Quand se sent-il coupable ? Quand il fait du mal à ce qu’il aime, non ? Du mal, du tort, quel que soit le mot. Quelque chose qui brise, vandalise, abîme, nuit à, fait de la peine à, crie sur, brutalise, frappe, blesse, tue, ce qu’il aime.

Auto-Psychologie, Quotidien monotone

Tous les buter

Voilà le type de réflexion que j’ai au matin d’une cuite, qui a terminée une session de 10h sous cocaïne, suivie d’une 30aine d’heures sous speed, sans dormir entre les deux. Une cuite se termine généralement dans un pieu à cuver, ce qui peut aider en descente, puisque les descentes sont ces moments où le produit n’agit plus qu’en fond et où on reprend pied, qu’on reprend contact avec la réalité. A la fin, pendant la cuite, j’ai été pris virtuellement d’un besoin de domination sur une personne qui ne m’avait rien fait (appelons la n#1). Pour expliquer ce qui m’a pris, je pense qu’elle avait peur de moi, et puis sensiblement j’étais assez défoncé, et si on m’avait vu dans cet état j’aurais fini sur un lit à l’HP, attaché. Ce qui n’explique rien…

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Une simple explication est que j’ai effectivement senti de la peur chez cette fille qui pourtant me connait, en tous cas qui suivait mes frasques à un moment qui a duré un petit peu. J’ai été vexé de sa peur comme si (attention, mise en situation) j’étais dans la rue, et que je demandais un renseignement à quelqu’un qui ne me répondrait pas et qui chercherait à esquiver ou fuir avec de l’appréhension dans le regard. Dans ce genre de cas, je n’échappe pas à l’envie d’en faire plus, pour lui donner une vraie raison d’avoir peur, par exemple m’approcher alors qu’il recule, pénétrer dans son espace vital en donnant à mon visage un aspect négatif (froncer les sourcils, relever le nez), et des fois même aller jusqu’à lever le bras, ou feinter de le lever.

Mais jamais de la vie, jamais, je n’abaisserai ce bras pour violenter. Quoi que dans ce type de situation de domination terreur / peur, il me soit possiblement déjà arrivé de le faire, notamment par vengeance. Exemple : pour me venger d’années de foutage de gueule à mon propos de la part de camarades peu avenants, il m’a suffit d’une seule situation dans laquelle deux de ces camarades ont eu tellement peur qu’ils se sont recroquevillé sur place, une baffe et c’est tout.

Il est possible que sur le moment je ne cherche qu’à montrer à mon interlocuteur qu’il est responsable aussi de l’ambiance émotionnelle de notre échange, car si parler est une chose, la communication a plusieurs moyens non verbaux pour s’établir, tous ces moyens étant plus ou moins sensoriels. Plus, lors des rapports réels. Moins, dans un tchat – et dans ce cas les sens entrent en compte mais pas en contact.

Pour recentrer sur l’épisode où j’ai cherché à provoquer de la terreur chez mon interlocutrice, j’ai eu un sentiment de toute puissance en prenant le contrôle. Parallèlement j’ai eu un sentiment de culpabilité mais c’est resté très en retrait, c’était sous la forme de regrets automatiquement ressentis en face des actes, qui me faisaient réfléchir quelques secondes à chaque fois dans un moment d’absence. La défonce aidant à peaufiner des scénarios sans queue ni tête ou au contraire étrangement pleins de sens, je me suis vu comme un intrus dans sa maison, et sa maison je la voyais dans un style supra-moderne, pleine de murs semi-transparents, murs que je pouvais rendre invisibles et traverser (alors qu’elle, non) puisque j’étais un intrus virtuel, j’étais un hologramme de mon visage énervé qui émanait une lumière rouge, et je voyais cette pauvre fille comme ces actrices dans des films de terreur, qui cherchent à échapper au tueur. Je me sentais fort mais tout petit. Et puis j’ai crisé.

J’ai su avant de démarrer les parties successives de speed, d’alcool et de cocaïne, qu’une meuf (disons n#2) pour qui j’ai craqué un peu y a longtemps (2017 et ces ressentis ne se sont pas développés mais sont là comme des envies non assouvies – actes manqués – et je garde de la tendresse mais j’ai surtout envie de la sauter) se shootait de l’héro. Nous n’en avons pas discuté, c’en est peut-être pas, mais je m’imagine bien que c’est ça.

Alors bon. Au matin, après les pensées et sentiments perso, genre j’ai mal là, j’ai envie de dormir mais j’y arrive pas, faudrait que je me lève mais j’ai pas envie, j’ai mal aussi là, je vais pisser et m’aperçois de l’immonde bordel qui règne chez moi… etc… etc… une fois levé, j’ai des relents de haine. Et je m’entends prononcer tout haut : « je vais tous les tuer« .

Allez, un autre yerba, ça peut pas me faire de mal ça, ni à autrui. Je suis pas fier de tout ça. Pas une seule seconde. Par contre je peux m’en foutre mais alors à un point. Je n’ai pas dépassé ma limite de ce qui est inacceptable. Donc je n’ai pas d’excuse à présenter à qui que ce soit. Je reste qui je suis, point barre.

Auto-Psychologie, Expériences

Paranoïaque

Si seulement c’était facile comme le dire : « prendre un nouveau départ »… J’ai si peu d’envie, si peu de courage, en fait il me manque tout. Pas motivé. Le maniaco-dépressif en phase descendante. J’aime les bruit que j’entends. J’ai l’impression d’être quelque part en sous-marin et qu’il suffise d’un outil comme ces micros à distance pour entendre une partie de ce qui se passe dans cette direction. Tout à l’heure j’ai comparé ça à entendre une radio en fond. C’est un peu ça.

Cette maison est vieille, on a parfois des surprises dans les vieilles maisons. Et ça ne m’étonnerait pas même si c’est tiré par les chevaux, qu’on entende exprès des pièces dans une pièce qui avant d’être un appartement aurait été la salle de service depuis un endroit précis. Ça aurait servi aux domestiques pour quand Madâme exige des choses de son lit.

Qu’est-ce que la paranoïa ?

S’imaginer des choses, ça on le sait tous, mais est-ce que c’est cette peur qui, vulgarisée, se résume à « on dit du mal de moi » ? Ou bien ça, plus plein d’autres comportements ? Je me demande. Quels cas de figure dans la paranoïa. J’ai peur de devenir taré. Pire, d’être en train de le devenir. Par contre j’ai vraiment la sensation de garder au moins un pied sur terre. Mais j’ai personne pour veiller sur moi dans les moments où y en a besoin. Moments comme maintenant. Je ne réclame rien, je transforme toutes les situations.

OK, alors quand j’étais gosse j’avais souvent peur. Peur qu’il se passe quelque chose de grave, que d’un coup des gens déboulent et brisent le fragile équilibre de ma famille. Ma mère essayait au départ de construire un foyer dans la douceur, mais elle s’est très vite rendu compte qu’elle n’était pas faite pour ça, pas patiente. C’était plutôt du genre on se fout sur la gueule d’abord et après on discute. Elle se plaisait à nous le raconter, tout sourire. Ça m’a toujours impressionné.

Des bribes, je n’ai que des bribes de cette enfance, et quasiment aucune de celle de mes parents, pourtant ça m’aurait plu. Qu’importe. Je continue :

J’avais peur donc, lorsque j’étais seul. Souvent. Y a même eu des périodes où le claquement d’une portière de voiture, dehors alors que j’étais tranquille dans ma piaule, me rendait nerveux. Parfois j’essaye de croire que je ne suis pas parano, mais ça fonctionne jusqu’à ce que je lâche prise. En fait la parano c’est plus enfoncé que ça, que la simple croyance qu’untel dit ceci ou cela, c’est parfois carrément tous les éléments, le destin, l’univers et Macron, tout est contre toi.

Bon mais c’est bien beau tout ça, moi j’ai pas encore répondu à ma question première et d’ailleurs je ne l’ai même pas encore formulée. C’est parce que c’est difficile à dire. J’ai pas envie de partir dans une longue phrase alambiquée pour dire un truc simple : peut-on être parano de manière positive ? Si tu crois que quelqu’un te fait des éloges par exemple… es-tu paranoïaque ?

Quand j’étais gosse, une fois je regardais une émission de merde pour enfants attardés et les comédiens ont commencé à faire des suppositions stupides, des trucs impossibles. Ensuite ils partaient du principe que c’était vrai et continuaient, et ainsi de suite en se faisant un vrai film, pour le coup. J’avais trouvé ça vachement con, de faire ça, et j’étais loin de me douter que je le faisais déjà, mais tellement subtilement qu’il m’a fallu plus de 30 ans pour enfin m’en rendre compte.

La personne paranoïaque se fait des films, tire des plans sur la comète, et à un niveau élevé de parano, elle est souvent persuadée que les flics l’ont mise sur écoute. Pour n’importe qui ce ne serait qu’une simple possibilité, une supposition mais elle lui paraît tellement évidente qu’elle ne peut qu’être vraie. Bref… Le paranoïaque se ment, et ment aux autres aussi, inconsciemment. Le parano est un usurpateur. Il m’a fallu plus de 30 ans avant de m’intéresser de plus près à ça, pour découvrir un truc bateau sur moi, un truc qui m’aurait bien aidé dans la vie si je l’avais su avant. Pour s’attaquer à un trait nocif de sa personnalité, il faut d’abord repérer la chose. La sentir. La connaître. T’as pas développement personnel plus personnel, c’est la base, mais je dois avouer quelque chose : pour les gens comme moi, ça ne fonctionne pas. Ou alors c’est bien plus lent et plein de pièges ostentatoires.

Oui, enfin non, travailler sur moi réduit juste le nombre de problèmes personnels à l’essentiel, ça réduit les risques et ça limite les dégâts. Ça permet d’éviter qu’un problème se reproduise, enfin ça dépend des fois.

Bon je dois dire un truc, mais ça va sembler dingue… Je me souviens qu’un été, le jour d’une fête nationale où pétards éclataient et bouteilles cassaient, j’avais pris de la coaïne, et je me suis fait une session carabinée pour la terminer (la coke, finir mon assiette) et alors en montée j’entendais de la musique alors que je n’en écoutais pas, comme en fond sonore très lointain. J’ai mis ça sur le compte de la parano. Mais cette année, ça recommence, mais ce coup j’arrive à identifier parfois d’où ça vient. La cocaïne à hautes doses modifie les sons, ils peuvent devenir voix. Un bruit de pas devient voix. Le vent dans les arbres. Tout.

Je refuse de croire à des conneries que mon cerveau invente, ce qui fait que ce désagrément je l’ai rangé dans la case parano, mais j’ai réfléchi et à un moment, je me suis dit que c’était peut-être des ondes radios. Je sais c’est super con, mais bon… Soit. Alors comment je pourrais les capter ? Là je tournais la tête et selon l’angle visé j’entendais différents trucs. Les ondes c’est carrément abusé comme supposition. Mais je reste assez sûr que le cerveau recèle de petites merveilles ignorées, et que pour les activer temporairement, il y a peut-être des boutons. Et ces boutons pourraient être des drogues.

Je suis quelqu’un de bien intentionné (t’as que ma parole pour vérifier) alors j’irais pas utiliser un pouvoir quelconque pour faire le mal autour de moi. Mais il est possible que nous ayons tous et toutes tout ce qu’il faut pour développer des capacités telles qu’une acuité auditive tellement puissante qu’elle traverserait les murs. C’est assez marrant et perturbant, selon le degré vers lequel je tourne ma tête, il y a des voix, le plus souvent elles sont calmes, ce sont surtout des voix de femmes, elles ont l’air apaisées. Comme je mets souvent de la musique pour couvrir (ce qui fonctionne moyennement), je ne comprends pas les discours, précisément, mais je pourrais… Mais je n’en ai aucune envie. Je ne sais pas ce que sont ces voix, ça ressemble à des couples, en train de discuter calmement dans des canapés ou au lit. Paranoïa ? Elles ne me veulent rien de mal. Je pense même que si ce sont des vraies voix, elles n’ont pas conscience que je les entends.

Je reviens sur ma question de paranoïa positive ou neutre. Que si c’est neutre ou positif on entrait dans un autre cadre de trouble psychologique moins gênant. Et là je pense avoir probablement tort : l’intention dans la construction mentale paranoïaque n’entre peut-être pas en compte… Si l’intention entre en jeu, alors la plupart des gens qui prennent des hallucinogènes pratiquent la parano, mais positivement (mais paranoïaque quand même, on se sent moins seul…). On appelle ça triper, mais un autre mot serait paranoïer. Cependant il est dit que la personne paranoïaque a un sentiment fort de persécution. Et dans ce type de cas y en a pas.

Alors prenons la chose à l’envers. Il pourra avoir des délires lui faisant croire que tout le monde l’aime à outrance, si le cerveau humain est capable d’aller faire croire à la conscience qu’elle est persécutée, elle peut j’imagine, faire en sorte, par ex. pour un chanteur, de lui faire croire qu’il est adulé de partout (alors que ce n’est pas le cas). Je suppose que ce serait plus rare mais possible. Y a-t-il eu des artistes vraiment détestés ? Je ne parle pas ici d’indifférence. On peut penser à Bertrand Cantat, de Noir Désir, le chanteur ténébreux qui a tué Marie Trintignant et qui a fait face ensuite à un déferlement de haine de la part de fans de Marie tout d’abord, et puis de diverses personnes dont des militants féministes à cause de la violence du geste, etc. Il a eu aussi beaucoup de soutiens, il était détesté à cette époque, mais pas de tous. 15 millions de haineux contre trois fans à toute épreuve dont la maman du type, ça passe. Tous, c’est tout le monde le connaissant d’avant et ayant eu vent de l’affaire.

Cette question n’a pas vraiment de réponse. On trouvera toujours quelqu’un pour venir mettre son grain de sel gris dans la salière pleine de grains blancs, et tant mieux, nous vivons donc dans un monde ouvert et diversifié ! On trouve même des platistes (la terre est plate on nous ment). Des récentistes (1000 ans du moyen-âge n’existent tout simplement pas, ça a été monté de toutes pièces et ajouté pour la postérité française, et aussi pour faire passer les rois pour des salauds, on nous ment). Quoi d’autre ? Bon les complotistes, qui n’ont pas toujours tort de penser qu’« on nous ment ! » et qu’« ils nous volent notre travail » ! (South Park). Enfin dès que y a un truc farfelu à revendiquer tu trouves toujours des zozos pour le revendiquer. Et d’autres lulus pour les suivre (Sylvain Durif inside).

Bon mais moi j’avance mine de rien. Je suis paranoïaque et ces derniers temps c’est allé au-delà de ce que je peux supporter, avec moi-même, pour moi, pour mon bonheur disons.

A voir plus tard, Auto-Psychologie

SSPT

C’est marrant : quand je dis, ou écris ces initiales, j’ai une vision que je pense stéréotypée, du truc. Tu sais ? Le mec fragile, affaibli, victime forcément. Alors que maintenant, c’est différent. Une personne en SSPT peut décider, par impulsion ou plus mûrement, de dédier le reste de sa vie à la vengeance. Pire, elle peut même le faire sans le décider. Dans ce dernier cas, l’invasion cérébrale de l’idée de vengeance est bien plus pernicieuse, vicieuse, violente, et surtout irréversible. On l’entretiendra en multipliant les bourreaux au fil d’aventures alcoolisées, car se créer des ennemis ça passe le temps et ça permet de ne pas oublier les anciens, les vrais, les pires. Ce serait tellement dommage que la mémoire post-traumatique efface les visages des gens, mais la mémoire post-traumatique n’efface jamais un visage. Ils restent tous là, quelque part, suppliant d’avoir enfin leur petit tour de relooking en scarif-mode, à l’opinel (restons Français).

Ça fait tellement longtemps que je ne suis pas violent, depuis toujours. Je ne leur reproche rien je constate juste : mes parents ont fait de moi un faible aux yeux de la société et de ses mœurs où le fort écrase le faible, société occidentale. Ce, en m’interdisant jouets violents, ceci, cela, bref, en tentant l’approche positive de l’éducation avec tout de même une ou deux couilles dans le potage : des explosions de cris et de coups à la moindre fourchette tombée par terre, et le fait que nous vivions en banlieue parisienne.

Des fois je préviens des gens, généralement c’est quand je suis à bouts, je les préviens. Je les préviens que certes, c’est vrai, frapper quelqu’un me dégoûte. Oh… pas au plus haut point et j’ai pratiquement une cicatrice karmique pour quasiment chaque branlée que j’ai mise à d’autres. Alors c’est un doigt cassé, souvenir d’une droite mal mise, c’est un autre doigt pété, souvenir d’un pied de table mal dévié. O.K. mais ça m’empêchera pas de le refaire. Trop de monde prend trop de monde pour un clown, alors quand tous ces clowns vont s’énerver en même temps ça va faire une armée de clowns, tristes ou pas tristes, et ce jour là camarade, je ne donne pas cher de la peau de qui se trouvera sur leur chemin. Tout ça est une image bien sûr. Un genre de mode d’emploi pour fabriquer un psychopathe. Chaque clown pour lequel on passe est une cicatrice non soignée pas et qui a saigné et suppuré, a tourné parfois en oedème, ou pire, en abcès. A eux tous ils forment un super clown, pas très marrant, plutôt chiant, un genre de…

Berserklown

Et je te jure que tu aurais eu un copain à toi dans ce mode là lors d’une soirée, tu rigolerais pas comme un âne. Ca se prend au sérieux le mode Berserklown ! Non mais ! Allez moque-toi, t’as le droit, et pis t’façon tu l’aurais pas tu le ferais quand même alors vas-y. Je me moque aussi de moi. Je suis un humain qui sous acide aurait bloqué en mode Berserklown. Aussi ridicule qu’inoffensif, mais aussi vif et malade qu’écorché.

A voir plus tard, Auto-Psychologie

Carpe diem

La première fois que j’ai pris conscience de l’importance de ça, c’était via la voix du professeur du film Le cercle des poètes disparus. C’était la locution latine Carpe diem. Profite du jour présent, de l’instant. Mais l’instant n’existe pas, dès qu’on en parle on vit l’instant suivant et on parle du passé. L’instant n’existe pas. C’est un fantasme. Une idée abstraite qu’on pense concrète. Quand on est dans l’instant, ça veut dire qu’on vit le laps de temps de quelques secondes, continu, qui se situe après le passé et avant le futur. Bref.

Ces quelques secondes s’étendent dès lors qu’on attend quelque chose qui va se passer dans le futur. Là on est plus dans l’instant présent, on est dans l’attente du futur, et contrairement aux autres moments lorsqu’on est dans un futur potentiel on projette, on fait des suppositions, on espère ou on sait. Mais on ne vit pas l’instant.

Pourquoi vivre l’instant ?

Il y a des fois l’instant n’est pas agréable, mais il faut passer par là, d’autres fois il est très plaisant, et la plupart du temps, il est. Il est, tout court, et c’est dénué de degré d’agréabilité, ou à 0. Stoïque. Faire des projets à deux c’est vivre l’avenir éventuel. Profite d’elle, de lui, vis tes moments à fond. Une situation, un événement, est dénué de tout l’émotionnel, et nous ajoutons ces notes. Quand on trouve par exemple, que l’allumage de la flamme des JO est un moment plein d’émotions d’appréhension, fierté, etc (émotions positives), une autre personne peut le vivre très différemment en même temps, ressentir de la colère contre ça s’il a des raisons. Donc l’allumage de la flamme olympique n’est pas un moment plaisant, c’est un moment qui est vécu différemment selon les gens.

J’ai été confronté aux limites positives de Carpe diem quand je me suis rendu compte que les mauvais moments, fallait aussi les vivre et si possible les vivre pleinement.

Qu’est-ce qu’un mauvais moment ?

Quand tu n’es pas bien. Stoïque sera classé dans bien aussi. Si tu manques de quelque chose d’essentiel, eau, sommeil, nourriture, tu ne seras pas bien. Si tu ne peux pas bouger, que tu es blessé, vraiment triste (vraiment triste = sans pouvoir zapper et vivre normalement), etc. Si tu dois passer une chatière dans des galeries sous terre, et que tu te sens oppressé, tu n’es pas bien. Si tu as faim mais que tu sais comment régler ce problème vite, là ça ne rentre pas en compte. Il faut vraiment que la situation t’oppresse pour te considérer pas bien. Quand tu as un petit coup de spleen, généralement c’est gratuit et tu vas t’accrocher à la première pensée te victimisant (personne ne m’aime, je suis seul, i.e.) mais si tu pèse le pour et le contre tu t’apercevras que dans 90% des cas tu n’as aucune raison de ne pas être bien. Donc tout va bien. Ce n’est pas encore la méthode Coué (je vais bien tout va bien même si c’est pas le cas), mais c’est pas loin, c’est une méthode disons, de relativisation.

Relativiser pour se rendre compte que tout va bien, finalement, fonctionne pour moi. Parfois, j’ai un petit coup de cafard, et je me demande pourquoi, déjà. Si je ne sais pas répondre, ou si la réponse est trop vague (parce que ça va pas en ce moment i.e.) je me force à préciser, qu’est ce qui fait en sorte que je sois amené à me tourner vers la tristesse ? La musique – souvent. La musique triste a pour chaque individu une mémoire. Mon cerveau va associer tel titre en studio, tel morceau chanté par tel chanteur, avec les souvenirs les plus forts que j’ai vécu quand j’écoutais ça. Le réécouter peut me faire revivre les souvenirs. Et souvent je cherche : personne ne m’a rien fait, je n’ai pas vécu de drame, y a pas eu de mort récemment, je pleure parce que j’aime ça. Sauf que là y a pas de source récente. Donc tout va bien… Et je retourne à mes occupations.

Donc vivre l’instant peut être difficile, mais attention, les choses que l’on ressent sont toutes à double tranchant, et sans le négatif je ne pourrais pas apprécier le positif. Cette idée je l’ai retournée dans tous les sens, je l’ai répétée, je l’ai fait mienne. C’est la dualité. L’exemple le plus parlant pour illustrer c’est la lumière et l’obscurité, sans le noir, pas de lumière, et vice versa.

Difficile ouais, quand j’étais attaché et que je voulais me gratter, j’ai repensé vite fait à ça, à Carpe diem, et je voulais m’évader de cet instant présent à ce moment là car il était des plus durs. Rien n’arrangerait la réalité, l’instant, sauf à ce qu’on me détache. Et on n’allait pas le faire. Donc Carpe diem n’est pas LA solution à tous les soucis, c’est juste un petit truc qui peut aider à apprécier des moments simples, calmes, qui durent.