Communication Non Violente

Les blessures de l’âme

Ego : Putain ça m’énerve.

Conscience : Vas-y, vide toi. Je sais ce qu’il y a mais je vais te laisser le plaisir de t’exprimer.

Ego : Je pleure pour un oui ou pour un non, comme quelqu’un qui aurait des ennuis d’hormones je sais pas. C’est pas la douleur, c’est mental. J’ai aussi des envies de meurtres réprimées, de meurtres avec un ‘s’ oui. Sur la défensive, j’y suis en permanence. Je viens de parler de meurtres suite à l’idée qu’on pourrait se foutre de ma gueule parce que je chiale seul chez moi comme ça, sans raison réelle, et les meurtres étaient prévus sur les rigolards. J’ai vraiment un problème avec la moquerie, j’assimile ça à de l’humiliation. J’en veux systématiquement à qui se moque de moi sauf si j’ai commencé à taper moi-même dans l’autodérision.

Conscience : Beaucoup de choses.

Ego : J’ai pas envie d’approfondir les choses, pas en ce moment. J’ai envie d’écrire mais c’est pas pour les bonnes raisons. Les bonnes raisons c’est d’écrire pour moi, juste pour moi, jamais pour personne d’autre que pour moi.

Conscience : Alors pourquoi tu le mets en public ?

Ego : Bah je me dis que si quelqu’un a les mêmes soucis il se sentira moins seul. Et il pourra essayer les solutions qui ont marché pour moi.

Conscience : Syndrome du sauveur… Faut toujours que ce que tu aies fait puisse servir à autrui ?

Intelligence : Purée, cette phrase où 4 verbes se suivent ! Phrases courte, mais 5 verbes en tout : falloir, avoir (auxiliaire), faire (participe passé), pouvoir (subjonctif), et servir (infinitif)…
Waow ! C’est qu’elle s’touche la conscience ! Ça lui a réussi de pécho un Bescherelle faut croire ! Ah mais combien de verbe je viens d’employer ? Cinq !! Avoir, réussir, pécho – si si je pécho, tu péchos, il pécho, nous péchöons, etc – falloir et croire. Je suis hyper balèze, je fais même pas exprès !
VAS Y LE CORPS TU PEUX FAIRE LA DANSE DE LA VICTOIRE !

Corps : Fais la toi-même connasse !

Ego : Si ça peut servir à quelqu’un d’autre, c’est tant mieux. Qu’est-ce qu’ils viennent foutre dans notre discussion ces deux là ? Il manque plus que Cœur et Âme et on est au complet…

Conscience : Hahaha ! Eh ouais. Laisse les s’embrouiller on s’en fout.
Où on en était ? Ah oui le syndrome de Djizeuss… C’est tout à ton honneur que tu veuilles que tes analyses écrites servent à d’autres. Mais tu parles de meurtres aussi, et c’est pas anodin quand même. D’où te vient toute cette violence d’après toi ?

Ego : Une… blessure de l’âme ?

Conscience : Ah OK, solution de facilité, je comprends, je comprends… T’as entendu parler de ça récemment, je me souviens j’étais là. Ça disait un truc du genre il y a 7 blessures de l’âme. Alors après une recherche sommaire, beaucoup de monde évoque ces fameuses 7 blessures, quoi qu’il y ait d’autres versions, 5 blessures… Et sans doute d’autres. Creuser n’engage à rien après tout ! Les blessures de l’âme, qu’est-ce ? Ce sera ta prochaine question, je le pressens.

Ego : Chiche !

Âme  : Bah ça promet pour la suite…

Ego : Retourne dans ta cage toi !

Cœur : Qui c’est qui parle de poids chiches ?

Ego : Complèt’ment à la masse cuilà ! Rentrez à l’intérieur là zou ! Hop hop hop par où vous êtes sorti.

Cœur : J’peux aps j’suis sorti par l’oreille…

Ego : J’veux pas l’savoir Cœur, si t’es sorti par l’oreille tu rerentres par l’oreille, et tu te démerdes pour trouver le chemin du retour. Dépêchez vous sinon j’vous fouette !

Conscience : En rang par deux j’veux voir qu’une tête !

Environ 4h plus tard, quelques tentatives ratées pour dormir, des démangeaisons maladives, et une cafetière de café faite. 1er café.

Bon. Manifestement, y a plus de sources qui parlent de 5 blessures de l’âme. Une première définition qu’un enfant de 5 ans pourrait comprendre, c’est que ce sont les traumatismes de l’enfance. Donc pourquoi on appellerait ça blessures de l’âme ? Il me semblait plutôt que la notion incluait l’idée de la réincarnation, et que ces blessures aurait été davantage des traumas vraiment extrêmes, vécus dans certaines vies, et qui seraient restés là, tâches noires indélébiles handicaps au démarrage d’une nouvelle vie, rendant plus vulnérables à ces actes lors de ces nouvelles vies. Faut croire que j’avais tort.

Tous s’accordent pour lister ces « blessures » dans cet ordre ou pas :

Blessures :

  1. Le rejet
  2. L’abandon
  3. L’humiliation
  4. La trahison
  5. L’injustice

Masques :

  • Fuite
  • Dépendance
  • Masochisme
  • Contrôle
  • Rigidité

Certains ajoutent selon leurs interprétations ou leurs traumas personnels, ou encore ce qu’ils ont observés en tant que praticien psychologue, psychiatre, je ne sais pas, d’autres blessures, elles peuvent monter jusqu’à 7 comme j’avais initialement noté, en fonction des gens le tableau est différent. Cependant pour le moment, je vais m’arrêter sur ces 5 actes qui peuvent effectivement blesser à vie dans l’enfance, mais pas que dans l’enfance. L’idée est que pendant l’enfance on se construit, et que les blessures faites à l’âge de la construction mentale sont bien plus pernicieuses que celles faites à un être « fini » en quelques sortes.

Donc, à chacune de ces blessures, correspondent des masques, qui sont des stratégies visant à souffrir le moins possible en cas de remise dans la situation qui a provoqué ladite blessure. La fuite, l’isolement, pour éviter le rejet ; la dépendance affective, à l’autre, pour prévenir l’abandon ; le masochisme afin de ne plus souffrir de l’humiliation, le masochiste au contraire va aimer l’humiliation et n’en souffrira plus ; le besoin de tout contrôler pour éviter en amont la trahison ; une rigidité à outrance pour prévenir l’injustice.

Bref ça ne m’intéresse pas plus que ça finalement, car ça n’a pas de notion spirituelle. On parle de psychologie, et ce n’est qu’un autre nom pour qualifier des choses que je connaissais déjà. Disons que si on peut réduire les « blessures » à 5 actes bien documentés et connus, ça peut simplifier les choses, souvent sophistiquées par l’alter-ego pendant des années, afin que le casse-tête soit le plus complexe possible, voire impossible à résoudre.

Communication Non Violente

Fuck

Conscience : Oooh, mon p’tit chou qu’est-ce qu’il y a, pourquoi t’es tout rabougri comme ça, pourquoi tu pleures, pourquoi ? Qu’est-ce qui va pas ?

Ego : Je veux baiser.

Conscience : Hahaha… mmm pardon. Je m’attendais pas à ça.

Ego : Tout le monde baise, sauf moi. Ça me rend… frustré.

Conscience : Mais ça c’est rien mon petit loup ! C’est facile ça ! Y a même des professionnelles pour ça si tu en es à ce point !

Ego : Ça fait longtemps que j’ai pas baisé.

Conscience : Combien ?

Ego : Tu le sais connard ! Ça se compte en années.

Conscience : Mais tu l’as voulu un peu ce temps de vide. Parce que t’es sentimental mec, que tu veux pas mettre ta queue dans un bout de viande abandonné le lendemain, parce que t’as besoin de considérer ce bout de viande comme étant l’être humain qu’il est, d’être attentif pendant l’acte, pas penser qu’à ta gueule, tout ça…

Ego : Bah ouais mais merde quoi, j’ai des besoins comme tout le monde. L’impression de devenir dingo.

Conscience : Branle-toi !

Ego : Fais style tu me vois pas quand je fous un porno… Vas-y.

Conscience : Hahaha… pardon. Oui, bah je peux aussi tourner la tête hein !

Ego : Putain, cette conversation tourne en rond.

Conscience : Maaaais non !

Ego : Maaaais si !

Conscience : T’as honte de ça ?

Ego : De quoi ?

Conscience : De pas avoir baisé depuis… 2 ans ?

Ego : Un peu, non. Non en fait, pas du tout. J’ai dépassé ça je crois. La pression sociale qui dit que si tu baises t’es quelqu’un alors que si tu baises pas, t’es rien. C’est de ça que tu parles.

Conscience : Oui. Donc ça n’a rien à voir avec ça.

Ego : Je peux pas dire sincèrement. C’est un sujet qui me fait chier généralement.

Conscience : Je sais. C’est pour ça que je prends des gants. C’est pas un sujet anodin. C’est un des besoins naturels. Mais tu me disais pas que tu avais pas envie qu’on te touche ? Ni de toucher quelqu’un ?

Ego : On peut baiser sans se toucher ?

Conscience : Non.

Ego : Alors pfff… Je passerai outre sur ce détail. Rien à branler. Parfois je pense justement aux professionnelles, je me dis que ça pourrait être une solution. Mais payer pour baiser ça me gonfle. Je donne aussi quand je baise. Je donne beaucoup. Je vois pas pourquoi y aurait que moi qui serait redevant si quelqu’un doit l’être… Pis j’aime pas les capotes.

Conscience : Ça c’est un réel problème !

Ego : Bah pas forcément, ça m’est déjà arrivé d’attendre d’avoir fait un test que j’ai montré à ma partenaire.

Conscience : Y a pas que les maladies, on attrape aussi des enfants comme ça… Toi t’as rien à faire le lendemain, tu as pas à aller au planning familial, tu te souviens quand tu y accompagnais Anne-Germaine (*) ? C’était pas une partie de plaisir pour elle. Pour toutes c’est pareil. Il faut que tu reconsidères tes priorités. Ton statut d’homme ne t’impose pas d’ignorer certaines réalités pour lesquelles tu as aussi tes responsabilités. Tu choisis de le faire, ou de pas le faire.

Ego : La plupart du temps quand je dis que j’aime pas la capote, j’entends que c’est réciproque. On peut trouver aussi des solutions alternatives.

Conscience : Qui n’apporteront des contraintes que pour elles… Pas pour toi. Toi tu peux jouer le gentil mec qui compatis, mais ce type de comportement est égoïste.

Ego : Je suis l’Ego, je suis égoïste par définition.

Conscience : Tu choisis.

(*) Le prénom a été changé

Communication Non Violente

Chaque matin

Ego dit : Putain de merde ça fait chier quoi, merde.

Conscience dit : Qu’est-ce qui se passe ?

Ego dit : C’est le matin. J’aime pas le matin.

Conscience dit : Pourquoi ?

Ego dit : Parce que j’ai jamais assez dormi, je dors pas, je dors mal, je dois me relever 15 fois par nuit, du coup le matin j’aime pas me lever, je suis crevé. En plus là j’ai mal aux côtes, je dois sortir le chien, au moins, mais aussi aller à la boulangerie sinon je vais crever la dalle j’ai rien à grailler, aucune envie de voir des gens, ça te suffit ?

Conscience dit : …

Ego dit : En plus ce con de chien a niqué sa laisse du coup j’ai un tout petit truc de 50cm pour le sortir, faut que je choppe une laisse.

Quelques manipulations plus tard…

Conscience dit : Tu as vu comme c’est beau la modernité ? A peine tu dis que tu as besoin d’un truc, déjà commandé, livré en 24h… Demain matin tu as ta laisse.

Ego dit : C’est d’Amazon dont tu parles là ? J’utilise beaucoup Amazon, c’est vrai, mais c’est pas une fierté. Les GAFAM c’est pas trop mon truc, une société ne doit pas avoir de monopole sinon ça devient un tyran.

Conscience dit : Amazon, machin, truc, y en a plein. Mais les délais de livraisons si rapides sont effectivement dus à la base à leur monopole sur le marché, qui leur apporte de plus en plus de clients, qui fait grimper le CA, les bénéfices, ce qui permet d’ouvrir des centres de stockage un peu partout, et de réduire les temps de livraison, enfin tu as vraiment envie de parler de ça ?

Ego dit : C’est un système de classe. Plus tu raques, mieux on s’occupe de toi. C’est injuste pour beaucoup de monde, et les employés sont traités comme des robots, performance, rapidité, seul interlocuteur, une machine et sa voix mal humanisée.

Conscience dit : Tu as plus besoin de laisse du coup ?

Ego dit : Si, aujourd’hui, enfin je vais prendre le petit bout qui reste, j’espère juste que le nœud va tenir pour le tour.

Conscience dit : Fais partir le café avant de partir, tu vas râler qu’il est pas fait en revenant sinon.

Ego dit : Ah ouais…

Conscience dit : Tu y verras plus clair après ton café, le ventre plein.

Ego dit : Si tu le dis. Faudra voir.

Quelques minutes, un café chaud, deux croissants & un pain au raisin, plus tard…

Conscience dit : Alors !? C’était si dur ?

Ego dit : Ouais. Tu crois quoi ? Que je fais semblant ? Comme d’ailleurs doivent croire pas mal de monde… C’est hallucinant comment les gens pensent savoir à ta place ce qu’il y a dans ta tête, dans ta vie, les raisons de ceci, de cela, bref.

Les gens… Monsieur Tout-le-monde les connait bien ! Il est l’un d’eux, voilà pourquoi Monsieur Tout-le-monde ne les aime pas !

Lofofora

Conscience dit : Tu as du mal à cohabiter avec tes semblables ?

Ego dit : Mais regarde les bordel ! Ils te jugent pour une coupe de cheveux, un rien, alors qu’ils sont cent fois pire, mais sur eux ça se voit moins, c’est sur que quand un mec ne viole son gosse que chez lui et que le gamin a suffisamment peur de lui et honte pour jamais en parler à personne, le père quand tu le croises chez le boucher, bah tu lui dit bonjour, parce que tu sais pas. Tu lui dirais bonjour toi si tu savais ?

Conscience dit : Tu vas un peu loin là. Comme souvent. Et tu dépeins une caricature, un genre de cliché crado, ça veut rien dire ce que tu viens de dire ou faut citer des noms. Sais-tu quelque chose de pas net ?

Ego dit : Là non. C’était qu’un exemple et je l’ai voulu extrême exprès. Pour que ça te choque, que ça te bouscule quoi !

Conscience dit : C’est pas à moi que tu parles là ? Passons.

Ego dit : Effectivement, non, c’était pas à toi que je parlais, mais je ne parlais à personne de particulier – précision. Et oui passons. Je finis le joint en buvant ce café d’hier qui étonnamment est meilleur qu’hier, réchauffé au micro-ondes. Ensuite un autre café, j’attaque un croissant, et je donne la gamelle au clébard.

Conscience dit : Dis moi juste un truc : là comment ça va ?

Ego dit : On peut dire que ça va.

Conscience dit : OK. Alors je peux dire : problème réglé. Ça a du bon la CNV hein ?

Ego dit : Cool pour le problème réglé. C’est vraiment de la CNV tout ça ?

Conscience dit : En partie, enfin ce que nous faisons est une simple singerie de ce que fait Marshall avec ses marionnettes chacal et girafe, mais est davantage inspiré de ce que fait Isabelle avec ses bébêtes rouge et bleue (si ma mémoire des couleurs est bonne).

Ego dit : Ouais mais on s’arrête là ? Elle est où la technique OSBD ? Observation, Sentiment, Besoin, Demande ?

Conscience dit : On ne l’utilise pas, pas encore, pas pour l’instant. La discussion est intérieure, introspective, on a juste besoin d’une écoute alors on se la prodigue directement, de l’être au même être, auto-empathie. Et pour donner du sens à tout ça, on le fait via la connaissance qu’on a des différentes parties cognitives (ego vs. conscience, mais on pourrait aussi jouer en faisant discuter conscience vs. inconscient, cœur vs. tête…), de la pensée, réfléchie, instantanée, non consciente. La plupart du temps on a juste besoin d’être rassuré, écouté, considéré, qu’on prenne en compte cette colère par exemple, sans la juger, sans chercher à la restreindre ni la sublimer, juste écouter. Tout ça c’est rien de grave. Si tu dois pleurer, bah pleure… Si tu dois rire, alors ris. C’est si simple…

Ego dit : Mais du coup on fait de la CNV, mais seulement en partie…

Conscience dit : Jamais content… On peut pousser plus loin, mais ça nécessitera de se déplacer, d’assister à des stages, ça coûte des ronds. Et en plus y a plein de monde, des gens bien, parce que ceux qui pratiquent la CNV ont forcément des intentions positives, c’est seulement quand on zoome sur quelqu’un qu’on commence à voir toute la merde. Mais en règle générale, une personne dans une démarche d’apprentissage de la CNV est une personne souhaitant faire du bien à autrui, et à elle-même (dans cet ordre ou inversé). En autodidacte, tu as déjà atteint ta limite, quoi qu’on est en train de développer une branche unique sur mesure, pour nous, j’ai l’impression.

Ego dit : Et c’est bien ?

Conscience dit : Oh bah on trouvera toujours des cons pour dire que c’est pas comme ça, que faut faire autrement (souvent comme eux) ceci, cela, mais bien sûr que c’est bien. C’est le mot, ça sert, ça te sert, ça me sert, ça sert à l’autre grand con là assis en tailleur le dos en compote le clavier sur les genoux en train de nous regarder converser, d’avoir l’impression de nous contrôler, matte le l’autre débile !

Ego dit : C’est bon, c’est mon pote dont tu causes ! Tu cherches les problèmes toi !

Conscience dit : Souris ! Y a pas d’chat…

Ego dit : Gnagnagna…

Conscience dit : Allez on raccroche. Toi d’abord…

Ego dit : Mais ta gueule…

Conscience dit : Tu veux absolument avoir le dernier mot hein ?

Ego dit : Non, même pas, tiens comme hier je vais le laisser à quelqu’un d’autre, même !

It’s a new dawn, it’s a new day, it’s a new life for me, and I’m feeling good.

Nina Simone

Communication Non Violente

Conversation innocente

Conscience : Waow ok. Vas-y.

Ego : Pffff… Personne passe.

C : Ouais mais tu leur a tous dit de pas passer aussi alors faut savoir !

E. J’avoue. Mais faut savoir lire entre les lignes aussi.

C. Bah tu vois y a que toi qui te connaisses assez pour lire entre tes propres lignes, lignes verbales, tu vois ? T’envoies pas une lettre à tes potes en leur disant « dorénavant plus personne passe à la maison ». C’est moins formel, plus subjectif… 

E. J’aime bien ma tranquillité. Y a des gens que j’aimerais voir, d’autres moins. D’autres pas du tout.

C. Comme tout le monde je crois. Non ?

E. Donc je suis donc comme tout le monde ? Et moi qui croyais que… mais des fois tu ferais mieux de fermer ta gueule.

C. Bref. T’as envie de voir quelqu’un là ?

E. Non.

C. Problème réglé.

Communication Non Violente

Marchandage

23.9.2019 11:37 Conscience dit :
Bon. Qu’est-ce que tu as encore ?

23.9.2019 11:38 Ego dit :
Je sais pas. Ça fait toujours mal. Je l’aimais bien, juste bien.

23.9.2019 11:39 Conscience dit :
T’es encore là-dessus… T’as mal où exactement ? Dis-moi, on va tenter de s’occuper de ça.

23.9.2019 11:40 Ego dit :
C’est ma fierté qui a été malmenée. J’ai mal à ma fierté.

23.9.2019 11:41 Conscience dit :
D’accord. As-tu l’impression d’avoir été humilié ?

23.9.2019 11:42 Ego dit :
Ah non, pas à ce point là. On est humilié par quelqu’un, or ici, c’est moi qui me suis provoqué ces sentiments de mécontentement. Je suis seul responsable de ce que je ressens, et là je ressens… oui, du mécontentement.

23.9.2019 11:44 Conscience dit :
Est-ce que tu te penses humble ?

23.9.2019 11:45 Ego dit :
En générale, oui. Là, moins, mais j’en ai quand même l’impression. Mais c’est une illusion. Je le sais bien. Je peux me mentir, je peux te mentir, mais là je n’ai aucune envie de me servir de la fuite pour régler mes problèmes.

23.9.2019 11:47 Conscience dit :
Bon, tout à l’heure tu as fait un truc intéressant. Tu as cessé d’écouter ta propre peine, et tu as tenté d’écouter la sienne. Et oui, tu as ressenti un instant ce qu’elle pourrait ressentir. Alors évidemment ça reste très sommaire, c’est selon tes propres critères et expériences, mais pendant une seconde tu as eu envie de lui donner de l’empathie.

23.9.2019 11:52 Ego dit :
C’est vrai. Je l’avais pas vu comme ça. J’ai eu honte d’avoir eu envie de lui offrir mon empathie, j’ai envisagé pendant une micro-fraction de seconde de lui envoyer un message, puis je me suis souvenu d’une chose, et ça m’a fait regretter tout de suite mon envie. Cette chose, ce sont ses derniers mots. Ils résonnent. Pourquoi ils résonnent ?

23.9.2019 11:54 Conscience dit :
Parce qu’elle est importante ? Non ? C’est pas la bonne question de toutes façons. Comment faire cesser ces mots qui se répètent ? Ca c’est une question plus intéressante. On va tenter d’y répondre. On ne souhaite pas la contacter. Tu es d’accord avec cette dernière affirmation ?

23.9.2019 11:56 Ego dit :
Pffff… Quelle connerie.
Ouais.

23.9.2019 11:57 Conscience dit :
On va faire une petite pause et on s’y remettra plus tard.

23.9.2019 11:57 Ego dit :
Waaah ! J’ai cru que ça s’arrêterait jamais… Merci.

Communication Non Violente

Ne pleure pas Jeannette (avec paroles)

♫Traaaalalalalalalalalaaalalaaa♫
♫ Ne pleuuuu-re pas Jeanee-ette♫
♫ Nous te mari-erons nous te mari-erons♫
♫ Aveeee… Ta gueule

Méthode CNV
Version Isabelle Padovani

Conscience dit :
Qu’as-tu donc à pleurer petit bonhomme ?

Ego dit :
J’ai mal au ventre et j’ai des nausées, j’arrive pas à dormir et je suis fatigué. Ça va pas. Je suis malade. J’ai vomi. Maintenant ça va un peu mieux, mais les nausées reprennent. J’ai peur de développer un truc chiant.

Conscience dit :
Ça doit être difficile à vivre. Je compatis. Et qu’as tu tenté pour améliorer ton état physique ? Tu as fait des examens ?

Ego dit :
Pas grand chose, mon état mental m’empêche d’agir. Et la totalité de mon système veineux apparent est foutu à cause d’injections répétées de Subutex qui était le seul truc qui je pouvais m’envoyer à une époque où j’avais vraiment envie de me défoncer. Donc lorsque j’arrive à l’hôpital les travailleurs ne font pas leur travail, il y a des alternatives mais eux sont perdus, errant dans un vague qu’il soit juridique ou médical. Peut-être ont-ils peur…

Conscience dit :
As-tu vu un médecin pour un de ces symptômes ? Un généraliste, un spécialiste ? Hors des hospitalisations forcées ça va sans dire.

Ego dit :
La dernière fois ça fait très longtemps. Mon médecin traitant, généraliste, est incompétent. On m’avait prévenu au départ, mais devant son comportement avenant, et considérant surtout la difficulté de me procurer le traitement de substitution aux opiacés que je devais continuer à prendre pour vivre normalement, sachant qu’on est dans une petite ville et qu’elle seule daignait prescrire du sub. aux junkies, j’avais décidé de lui laisser une chance. Mais dans la réalité, je n’ai pas vraiment eu le choix.

Conscience dit :
Y a-t-il un CAARUD ou un CSAPA près de chez toi ? Si oui tu pourrais y voir des intervenants qui connaissent mieux le sujet de l’addiction aux opiacés, et par extension l’addiction au geste de l’injection.

Ego dit :
A 25 kilomètres et je n’ai plus de voiture, et puis les intervenants ici traitent surtout l’alcoolisme, c’est la campagne. Devant un toxicomane qui sort du cadre habituel héroïne, cocaïne, crack à la rigueur, cannabis évidemment puisqu’ils ont décidé que c’était pas bien, ils sont paumés comme mon toubib. Ils apprennent.
Mais comment tu sais que j’injecte ?

Conscience dit :
Je suis toi je te rappelle…

Ego dit :
C’est vrai. De toutes façons je ne les sens pas. Au contraire, je sentais les gens de mon précédent centre de soins. Eux étaient vraiment bien et je pouvais tout leur dire sans risquer de me retrouver avec les flics chez moi.
Quoi qu’il y ait une infirmière avec qui ça passe vraiment bien, assez douce, apaisante.

Conscience dit :
On avance. Quand tu ne sauras plus qui est qui on sera proche du but. Rien de sexuel ?

Ego dit :
C’est gênant.

Conscience dit :
Passons. Mais sache que c’est courant de faire des transferts sur des thérapeutes. C’est pas la fin du monde, mais si ça va trop loin ou qu’une limite a été dépassée, alors suffit de changer de thérapeute, voilà tout. Je vulgarise.

Ego dit :
Déjà c’est pas une thérapeute, c’est une infirmière. Elle est plus âgée que moi, et je lui ai parlé seulement deux ou trois fois. Donc pour le transfert tu repasseras, ou alors ça serait un transfert express. Ensuite je ne pense pas à cette personne comme ça, je ne suis pas incapable de contenir mes pulsions, mes envies, je contrôle mon esprit et je suis seul à décider dans quelle direction il va !

Conscience dit :
Ah non, y a moi aussi qui le contrôle… Mais du calme voyons. Je fais exprès de te faire sortir de tes gonds tu ne vois pas ? Pourquoi cette colère ?

Ego dit :
J’ai pas envie d’en parler, quand j’offre un truc c’est avec le cœur…

Conscience dit :
Holà ! L’appelle pas celui-là sinon ça va vite être le bordel et j’aurais plus assez de couleurs pour m’y retrouver !

Ego dit :
Je peux parler ?

Conscience dit :
Avec le cœur, mais je t’en prie continues.

Ego dit :
Si tu insistes. Quand j’offre mon cœur c’est avec, euh… Tu vois tu m’as encore une fois perturbé, tu fais ça à chaque fois. Moi je veux que tout aille mieux et toi tu arrives et tu brises mes fondations à peine en place.

Conscience dit :
Mais je ne fais que te taquiner, c’est aussi un peu mon rôle de te mettre devant l’absurdité de tes délires.

Ego dit :
J’ai juste eu mal. Voilà tout. Et comme j’avais déjà mal, et que la nouvelle douleur n’était pas du tout le même type, elle s’est ajouté à la première. La première c’est le résultat de l’addition d’une infinité d’autres douleurs, là comme des ballons dirigeables attachés au sol hauts dans le ciel aux endroits stratégiques des événements difficiles ponctuant mon existence, comme pour me les rappeler.

Conscience dit :
Et ça te met en colère ?

Ego dit :
Ça ? Non. Ça m’attriste juste ça. Et faut que j’avoue que ma partie fierté en a pris un coup. Je trouve ça pathétique. Pas toi ?

Conscience dit :
La fierté, tu peux la dompter. Disons, aux vues de ce que tu es, ne cherches pas à le faire directement car tu n’y arriveras pas, mais tu peux glisser dessus, tout comme sur ta montagne de colère, c’était une petite colline il n’y a pas si longtemps, tu te rappelles pas ? Ces émotions, glisse dessus au lieu de te laisser transpercer par elles, de plein fouet, dans un fatras pas possible, un pataquès tonitruant et hélas guignolesque. Tu sais bien de quoi je parle, quel événement j’ai en tête…

Ego dit :
Oui, le lézard et ses verres.

Conscience dit :
Voilà. Mais ce n’était qu’un exemple. Comment crois-tu qu’une personne qui n’est pas dans un délire similaire au tien, ou qui n’a jamais vécu ce que toi tu as vécu, ni personnellement ni par procuration, quelqu’un qui a vécu d’autres choses possiblement aussi dures mais juste différentes ; donc comment crois-tu qu’une telle personne réagirait devant ton spectacle ?

Ego dit :
Je m’en branle.

Conscience dit :
Tu te braques. Tu t’en fous pas du tout mais tu fuies via ce moyen, et tu y crois. C’est un des problèmes. S’attaquer aux effets c’est bien beau, cependant les causes continuent à sévir. C’est comme si on bouchait des trous avec nos doigts à mesure de leurs apparitions alors que la chose à faire serait de couper l’eau et remplacer la pièce.

Ego dit :
Vas-y cause tout seul…

Conscience dit :
Je sens que t’as un truc à dire…

Ego dit :
Ouais, un truc comme : tu me gonfles.

Conscience dit :
Normal. Je suis ta conscience, je suis là pour relativiser, pour te ramener à la réalité, pour te mettre devant tes erreurs, te pousser dans tes retranchements et les mettre à jour. Toi tu es celui qui ressens.

Ego dit :
Ben non, c’est le cœur qui ressent, tu vas pas me la faire !

Conscience dit :
Qui ressent, c’est ce qu’on a décidé parce que pour nous, ça a du sens. Si ça donne du sens à notre vie mec, alors c’est une bonne chose, et j’insiste : tu ressens. Tu ressens pas ? Là t’es tout aigri, tu boudes…

Ego dit :
Nan je boude pas.

Conscience dit :
D’accord, tu boudes pas. On parlait de quoi déjà ?

Ego dit :
Je m’en fous.

Conscience dit :
Ah oui, on parlait de ce qui te met en rogne. Mais au fait, si tu réfléchis bien, que tu regardes en toi là, et aussi autour de toi, y a plus de colère…

Ego dit :
C’est vrai.

Conscience dit :
T’as dit un truc tout à l’heure :
Ego a dit :
« je contrôle mon esprit et je suis seul à décider dans quelle direction il va »
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Mais si c’est vraiment le cas, pourquoi tu le fais pas pour la seringue ?

Ego dit :
Mais… Mais ta gueule…

Alors OK, j’arrête là cet exercice très grisant et utile. C’était une transcription augmentée de la conversation intérieure qui a eu lieu dans ma tête la nuit dernière, après avoir gerbé mes tripes. Cette méthode Ego vs. Conscience est utilisée par Isabelle dans ses conférence sous la forme de deux petites marionnettes rouge et bleue. Et non, je ne suis pas fou, juré craché !

Un truc à ajouter, car je veux être honnête. Dans un précédent billet j’ai dit ne pas avoir eu d’aide lorsque j’ai appelé. Je parlais évidemment d’un événement particulier et non globalement. Or, quand l’événement a survenu, c’était en pleine nuit. Mon état m’empêchait de faire autre chose que rester assis et tenir un crayon, écrire (j’ai tout jeté). Mais au matin j’ai tenté de comprendre et j’ai été entendu par une personne intervenante en milieu hostile toxicomane, au téléphone. J’ai eu des conseils, un retour, un vrai, et une écoute alors que j’étais paniqué. C’est tout.